Les frontieres de la guyane entre tensions et integration





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THEME N°1

Un espace français et européen

peu intégré régionalement

LES FRONTIERES DE LA GUYANE ENTRE TENSIONS ET INTEGRATION
Seul territoire continental des Outre-mers, la Guyane connaît une autre originalité, celle de posséder les frontières terrestres les plus longues du territoire français. Or celles-ci le séparent de deux Etats considérés en développement : le Surinam et le Brésil à travers l’Etat d’Amapá, un Etat pauvre et enclavé de la fédération brésilienne.

Longtemps contestées du fait des rivalités coloniales, ces frontières sont marquées par des fleuves, le Maroni et l’Oyapock, du fait de la politique des frontières naturelles qui a longtemps prévalu entre les puissances coloniales, au mépris de la logique des populations traditionnelles pour qui ces fleuves ont toujours constitué des voies de communication. Loin d’exercer un rôle de coupure pour protéger le territoire français des flux migratoires informels causés par le gradient de développement, l’ancienneté des flux et relations entre les deux rives aboutit au contraire à la constitution de régions transfrontalières informelles qui en font de véritables interfaces avec un ensemble géographique amazonien auquel longtemps la Guyane a tourné le dos.

L’émergence du Brésil comme puissance économique et l’ancienneté de ses relations avec la France, qui ne sont quasiment jamais passées par l’Oyapock, ont abouti à des accords de coopération régionale en 1996, puis à la construction d’un pont binational par-dessus ce fleuve, à l’initiative des autorités locales et nationales des deux Etats. Mais du coup, la frontière guyano-brésilienne, longtemps isolée géographiquement du reste du territoire guyanais, se voyant raccordée à la capitale guyanaise par la route en 2003, voyait se refermer une frontière longtemps ouverte, par peur d’une recrudescence des flux migratoires expliquée là encore par le gradient de développement entre les deux territoires voisins. Terminé en juin 2011, le pont attend toujours son inauguration, alors que nombreux sont les observateurs à s’interroger sur son utilité, du fait de la faiblesse des échanges et de la difficulté des conditions d’accès au territoire français tant pour les hommes que pour les marchandises.

1. LES FRONTIERES GUYANAISES, UNE ORIGINALITE GEOPOLITIQUE

1.1 Une difficile délimitation des frontières

1.2 Des remises en cause toujours non résolues

1.3 Le Maroni : une frontière qui peine à s’affirmer
2. DES FRONTIERES TERRESTRES EN NORD ET SUDS : LE CAS DU PONT DE L’OYAPOCK

2.1 Genèse d’un pont entre la France et le Brésil

2.2 Un « pont géopolitique » ?

2.3 Une frontière qui se renforce
ACTIVITES PEDAGOGIQUES
Documents proposés
1. LE FLEUVE MARONI ENTRE GUYANE ET SURINAM : UNE REGION FRONTALIERE EN GESTATION ?

Document 1

Frontières et population du plateau des Guyanes (carte)

Document 2

Chronologie de l’histoire de la frontière entre Guyane et Surinam (texte)

Document 3

Une frontière qui traverse les territoires traditionnels (carte)

Document 4

Indicateurs de développement pour la Guyane et le Surinam (tableau statistique)

Document 5

Les étrangers dans l’Ouest guyanais (graphique)

Document 6

Le doublet Saint-Laurent – Albina (texte)

Questions
2. LE PONT DE L’OYAPOCK : UNE FRONTIERE ENTRE OUVERTURE ET FERMETURE

Document 1

Chronologie de la construction du pont de l’Oyapock (texte)

Documents 2a et 2b

L’impact prévisionnel du pont (textes)

Document 3

Les objectifs économiques du pont (texte)

Document 4

Guyane et Brésil : des échanges encore marginaux (graphiques)
Document 5

Evolution des deux communes frontalières de Saint-Georges et d’Oiapoque (tableau statistique)

Documents 6a et 6b

Le pont sur l’Oyapock dans son contexte régional (carte et texte)

Document 7

La Guyane dans le réseau routier sud-américain (carte)

Document 8

Une frontière qui se renforce (texte)

Document 9

La carte de circulation transfrontalière, une revendication ancienne (texte)

Document 10

Le pont de l’Oyapock en attente de son inauguration (photographie)
1. LE FLEUVE MARONI ENTRE GUYANE ET SURINAM : UNE REGION FRONTALIERE EN GESTATION ?
Document 1 : Frontières et population du plateau des Guyanes (source : G. Poirout)





Document 2 : Chronologie de l’histoire de la frontière entre Guyane et Surinam



  • 1679 : traité de Nimègue : France et Hollande reconnaissent le Maroni comme frontière entre leurs possessions guyanaises.

  • 1713 : le traité d'Utrecht confirme et fixe la limite entre les possessions européennes dans les Guyanes.

  • 1776 : installation des Bonis sur la rive française après leur révolte au Surinam.

  • 1861 : début du litige sur les sources du Maroni.

  • 1891 : arbitrage du Tsar de Russie : frontière sur Maroni, Lawa et Litani (la France demandait la Tapanahoni).

  • 1929 : la Hollande demande que la frontière soit fixée sur le Marouini.

  • 1975 : indépendance du Surinam, permanence du litige.

  • 1986-92 : guerre civile au Surinam, 10.000 Surinamiens se réfugient sur la rive française.

Document 3 : Une frontière qui traverse les territoires traditionnels (source : d’après Emmanuel Lézy, Guyane Guyanes, Belin 2000)


Document 4 : Indicateurs de développement pour la Guyane et le Suriname (source : INSEE et l'Etat du Monde 2005)





GUYANE

SURINAME

IDH

0,850

0,758

PIB/hab.

15.833 $

5.683 $

Espérance de vie

75,2 ans

69 ans

Mortalité infantile

10 ‰

20 ‰



Document 5 : Les étrangers dans l’Ouest guyanais (source : INSEE)




Doc. 6 : Le doublet Saint-Laurent – Albina, d'après Marc-Emmanuel PRIVAT, Frontières de Guyane, Guyane des frontières, Terres de Guyane, 2003.

L'îlot de richesse que représente la Guyane française au cœur d'une zone au niveau de vie beaucoup plus faible, a renforcé l'émergence de villes-miroirs sur les rives étrangères. Albina face à Saint-Laurent, Oiapoque face à Saint-Georges ou Villa Brazil face à Camopi. Ces villes, qui sont de véritables centres commerciaux pour les frontaliers français, profitent indirectement de la protection sociale allouée par la France. A échéance fixe ou presque, c'est à dire en début de mois, lorsque les aides sociales sont versées, les familles traversent le fleuve pour faire leurs courses, ce que l'on appelle « vivre en florins1 ». Cela signifie simplement que tous les achats sont effectués de l'autre côté du fleuve, au coût de la vie d'en face, payés grâce aux subsides de la protection sociale, procurant ainsi un niveau de vie sinon confortable, du moins largement supérieur à ce que connaissent ceux qui « vivent en euros ».

Ces trafics, s'ils sont parfaitement connus des autorités, sont difficiles à endiguer : la tactique favorite des piroguiers du Maroni est de traverser simultanément à dix ou quinze pirogues... Les douaniers et gendarmes arriveront bien à arraisonner deux ou trois embarcations pendant que les autres traverseront tranquillement.


Questions possibles

Document 1

1. A l'aide d'un atlas, repassez en rouge les frontières internationales, puis inscrivez les noms des pays en lettres capitales.

2. Relevez sur un atlas les noms des fleuves utilisés comme frontières.
Document 2

3. A partir de la chronologie, expliquez l'origine du conflit entre Français et Hollandais.
Document 3

4. Comment se localisent les différents territoires des peuples traditionnels par rapport au Maroni ? Comment sont-ils disposés ? Quels problèmes cette situation peut provoquer ?
Documents 1 et 3

5. En quoi le Maroni est-il ou non une frontière naturelle ?
Document 4 et 5

6. Quel constat peut-on faire sur les niveaux de développement de la Guyane et du Surinam ?

7. Quelles peuvent être les conséquences sur les espaces concernés ?

8. Quelle est la principale nationalité représentée ? Pourquoi ?
Documents 5 et 6

9. Que peut représenter Saint-Laurent pour toutes ces nationalités ?
Document 6

10. Dans quelle direction s'organisent ces flux ? Pour quels produits? Pourquoi ?
Documents 3 et 6

11. Montrez comment le Maroni constitue un espace de vie avec une culture commune.

2. LE PONT DE L’OYAPOCK : UNE FRONTIERE ENTRE OUVERTURE ET FERMETURE
Document 1 : Chronologie de la construction du pont de l’Oyapock
1) L'idée d'un pont sur l'Oyapock.

1997 : Lors de la rencontre entre Cardoso et J. Chirac l'idée d'un pont sur l'Oyapock, conçue initialement par les exécutifs régionaux est lancée.

2) Vers un accord international.

2003 : L’aménagement du franchissement est confirmé par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT).

2005 : Signature lors de la visite à Paris de Lula de l’accord franco-brésilien relatif à la construction d’un pont sur le fleuve Oyapock et de la liaison routière reliant la Guyane et l’État de l’Amapa.

2006 : Ratification de l'accord par le Brésil.

2007 : Ratification de l'accord par la France par une loi du 18 janvier 2007.

3) La construction.

2008 : Appel d’offres relatif à la construction du Pont.

2009 :La commission intergouvernementale réunie à Paris choisit le groupe brésilien EGESA/CMT pour la construction. Le contrat entre le DNIT (Département National des Infrastructures Terrestres) et l’entreprise Egesa Engenharia S/A est signé le 29 juin 2009 et publié au Journal Officiel du 2 juillet 2009.

Juillet 2009 : Démarrage des travaux qui sont retardés par des fouilles archéologiques.

28 mai 2011 : Jonction des deux tronçons du tablier.

Documents 2a et 2b : L’impact prévisionnel du pont

2a : Pierre Bau, médecin tropicaliste et ethnographe, in Chantiers et avancées du front pionnier, quels risques pour les Amérindiens français et brésiliens ? (source : http://www.waiapi-wayapi-teko.org/physique.htm )

Quant au pont sur l'Oyapock on se demande ce qu'il peut apporter de bon. On se demande s'il n'est pas un faux progrès, un progrès définalisé qui, par son échec, servira la cause des environnementalistes. Mais plus tard, après avoir fait beaucoup de dégâts sur son passage...

2b : Michel Leiris, Race et Civilisation, 1951, UNESCO.

« Si le contact est, en principe, un facteur d'évolution culturelle, il est indispensable pour qu'un tel contact soit fructueux qu'il se produise entre peuples situés à des niveaux techniques pas trop différents ».

Document 3 : Les objectifs économiques du pont (source : J.R., France-Guyane, 7 juin 2007)

Occuper le terrain avant les Brésiliens. Pour les entrepreneurs guyanais, la course contre la montre est lancée pour s’implanter à Saint-Georges avant l’ouverture du pont de l’Oyapock. Mais pas dans n’importe quelles conditions […] « On a un mammouth en face de nous » lance l’un d’eux. « Qu’est-ce qu’on va leur vendre ? Ils sont tellement compétitifs », renchérit un autre. […]

Le maire a exposé ses projets – la création d’une zone artisanale et d’une zone franche industrielle destinée à l’exportation – mais ne cache pas les difficultés rencontrées par la commune […] Et même si un programme de construction de soixante logements a été lancé, la commune aura du mal à faire face à faire face à un accroissement rapide de sa population, estimée à 3.600 habitants aujourd’hui et qui pourrait s’élever à 5.000 dans deux-trois ans.


Document 4 : Guyane et Brésil : des échanges encore marginaux (graphiques)



Document 5 : Evolution des deux communes frontalières de Saint-Georges et d’Oiapoque (sources : INSEE et IBGE)


années

Saint-Georges

années

Oiapoque

pop.

Croissance

1999-2009

pop.

Croissance

2000-2010

1999

2.096




2000

12.886




2009

4.218

+ 101,2 %

2010

20.962

+ 62,7%


Documents 6a et 6b : Le pont sur l’Oyapock dans son contexte régional (source : Hervé Théry, France-Brésil : un pont géopolitique, Diploweb 20 juin 2011, http://www.diploweb.com/France-Bresil-un-pont-geopolitique.htm)






Avec leur conclusion, l’axe RN1 / RN2 assure désormais la liaison sur 450 kilomètres entre Saint Laurent du Maroni et la frontière du Surinam, à l’Ouest, et Saint-Georges de l’Oyapock et la frontière brésilienne, à l’Est. Avec la construction du pont, la route côtière constitue donc désormais un maillon d’une « panaméricaine atlantique », doublant celle qui parcourt le continent, sur le versant Pacifique, de la Terre de Feu à l’isthme de Panama. Il faut toutefois noter que le Brésil n’avait pas attendu pour se doter d’une autre sortie vers les Caraïbes, l’ouverture de la route BR174, Manaus – Caracas permettant déjà la liaison Venezuela – Buenos Aires que Jacques Chirac imaginait passant par la Guyane.

Mais cet axe guyanais n’est pas pour autant inutile pour le Brésil. Il est inclus dans les projets d’aménagement à l’échelle continentale sous le nom d’« Arc Nord », rejoignant l’axe de la BR174 à l’ouest. Cet axe ne rejoint toutefois pas Belém et l’axe amazonien du côté oriental, il reste un obstacle à franchir entre Macapá et Belém, la vallée de l’Amazone. On peut se faire une idée des distances en question si l’on se rappelle que l’île de Marajó, qui en occupe l’embouchure, a sensiblement la taille – 40 000 km2 – des Pays Bas…



Document 7 : La Guyane dans le réseau routier sud-américain




Document 8 : Une frontière qui se renforce (source : Michel Peyrard, « On a marché de la France au Brésil », Paris-Match, 14 janvier 2012).
« Le pont “durcit” une frontière qui, jusque-là, existait à peine, les gens de la vallée de l’Oyapock vivant entre eux, bien isolés de la France et du Brésil […] La révolte gronde à Oiapoque, « entrée en guerre contre les Français ». Dans la ville champignon, passée en deux décennies du statut de simple comptoir de « garimpeiros » – les chercheurs d’or – à celui de cité bouillonnante de 30 000 habitants, Raimundo Aguinaldo, le maire […] a la mine grave d’un général débordé par ses troupes. Les 150 piroguiers d’Oiapoque qui assurent depuis des lustres la liaison avec Saint-Georges viennent de se ­déclarer en grève illimitée. La raison de la grogne : « Tout. » Le pont dont ils craignent qu’il ne les mette au chômage, les contrôles incessants de la Paf, les humiliations. Car depuis la construction de l’ouvrage, les policiers français appliquent à la lettre cette règle incongrue qui veut qu’un Brésilien se rendant en France métropolitaine soit dispensé de visa, mais que le même, désireux de passer en Guyane, en soit muni.

Pour ­obtenir le précieux tampon, les habitants d’Oiapoque doivent parcourir 600 kilomètres de piste défoncée jusqu’à Macapa, la capitale de l’Etat, qui transmet ensuite au consulat français de Brasilia. « Ce que nous voulons, c’est que les autorités françaises reconnaissent le droit de circulation des habitants d’Oiapoque : celui dont nous avons toujours disposé pour aller acheter librement, à Saint-Georges, une bouteille de vin, un peu de fromage, visiter nos amis et nos parents. Au lieu de cela, mes administrés sont humiliés, contrôlés, parfois jetés en prison. Ce que je souhaite éviter, c’est que se développe un sentiment anti-Français. Ce n’est plus un pont, c’est un mur qu’on a érigé. »

Sur l’autre rive du fleuve, à Saint-Georges, la française, petite bourgade assoupie de 4 600 habitants, dont la moitié au moins sont brésiliens, la menace est prise au sérieux. « Ce pont, nous ne l’avons pas souhaité, mais nous devons faire avec, constate Fabienne Mathurin-Brouard, la jeune maire. Un contrôle à la frontière est nécessaire, mais il doit se faire en y mettant les formes. Et nos voisins d’Oiapoque doivent bénéficier d’une carte transfrontalière pour venir librement à Saint-Georges, comme ils en ont l’habitude depuis des siècles. C’est urgent, car la tension est énorme. »

Document 9 : Le pont de l’Oyapock en attente de son inauguration en novembre 2013 (cliché S. Granger)



1L'expression vaut aussi pour la façade brésilienne (on y « vit en reals »).

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