Révolution, libertés, nations, à l'aube de l'époque contemporaine Démarche du B. O





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titreRévolution, libertés, nations, à l'aube de l'époque contemporaine Démarche du B. O
date de publication07.11.2017
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Une journée révolutionnaire. Le 10 août 1792 (1h)

Thème de seconde : Révolution, libertés, nations, à l'aube de l'époque contemporaine

Démarche du B.O : On met l’accent sur quelques journées révolutionnaires significatives, le rôle d’acteurs, individuels et collectifs

Capacités mobilisées :

  • Nommer et périodiser les continuités et ruptures chronologiques

  • Situer et caractériser une date dans un contexte chronologique

  • Situer un événement dans le temps court ou le temps long

  • Identifier des documents (nature, auteur, date, conditions de production)

  • Relever, hiérarchiser et confronter des informations selon des approches spécifiques en fonction du document ou du corpus documentaire

Ressources : on garde les documents du manuel Nathan 2nde pp.264-265 qui comprennent

-le tableau de Jacques Bertaux ( 1742-1818), La prise du palais des Tuileries dans la cours du Carrousel ( 10 août 192), peint en 1793.

-le manifeste de Brunswick

-le dessin de François Gérard (1770-1837), Le peuple français demandant la destitution du tyran à la journée du 10 août, peint en 1794

-le décret de suspension de la monarchie pris par l’Assemblée législative
Place de la séance dans le thème :

  • 4 heures

1. L'année 1789, comment passe-t-on du « sujet » au « citoyen » ? On insiste sur la politisation des Français (clubs, journaux, manifestations...) et la naissance d’un imaginaire révolutionnaire

Deux moments clés :

-les Etats généraux et la naissance de l’Assemblée nationale constituante à partir tableau de Jacques Louis David, qui voit l’affirmation d’une nouvelle souveraineté aux côtés du roi.

- les journées de juillet et août avec l’étude de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ; la révolution prend alors toute sa dimension politique et sociale.

  • 3 heures

2. La France à la recherche d'un régime politique (1791-1799)

-pourquoi la monarchie constitutionnelle a-t-elle échoué ? On évoque de façon magistrale la divergence des révolutionnaires quant au contenu de la participation politique, de la réalisation concrète ou partielle des principes énoncés en 1789. L’année 1792 rompt avec la période antérieure.
La journée du 10 août 1792 intervient ici dans une séance d’une heure :

Introduction ; c’est une journée inscrite dans une dynamique révolutionnaire, un processus de construction politique. Il y a un rythme, un sens à l’évènement du 10 août. Les acteurs s’y inscrivent dans une permanence, une mémoire et un horizon d’attente. Ici, la démarche inductive n’est pas « les élèves partent des documents et remontent le fil de l’Histoire » pour en trouver le sens, mais les documents sont porteurs de sens car le professeur les inscrit dans un processus historique. Une contextualisation préalable permet de déclencher le travail sur documents.

Problématique : comment expliquer la radicalisation des révolutionnaires à partir de 1792 ?

De façon magistrale, on insiste sur les tensions intérieures et extérieures depuis le début de 1792 et on montre le début de la division du camp révolutionnaire. On inscrit le 10 août dans un contexte1 pluriel.

Voir le diaporama

Contextualisation

La difficulté pour l’historien est qu’il existe des modes disparates d'explication de l’évènement. Le professeur peut indiquer aux élèves qu’il n’existe aucune preuve que les acteurs agissent en fonction d'une mémoire de 1789 ou 1791 mais qu’il faut bien introduire un certain ordre, une certaine unité dans les faits qui se présentent. Ceci relève aussi de choix théoriques et idéologiques et l’administration de la preuve n’est pas certaine. Sophie Wahnich propose une lecture parmi d’autres de l’évènement.

L’originalité des documents est qu’ils sont des traces de l'évènement mais l'évènement devient lui-même aussi une trace, une trace signifiante, un résultat, un commencement.

Contrairement à une certaine historiographie révisionniste, on peut indiquer que la Terreur n’est pas inscrite dans la journée du 10 août comme on pouvait déjà ne pas souscrire à l'idée de Timothee Tackett pour qui la fuite à Varennes est la matrice de la politique de Terreur.

Pour l’historienne S.Wahnich, l'Assemblée législative doit vaincre pour exister. Déjà le 20 juin, Louis XVI avait été contraint de porter le bonnet phrygien tout en tenant à garder et à utiliser son droit de veto pour protéger les réfractaires et les émigrés.

Il a fait remplacer les ministres jacobins par des Feuillants (de Lessart par exemple), et entretenait des correspondances avec les cours étrangères. Il était aussi hostile à la présence des troupes dans Paris. La proclamation de « la patrie en danger » le 11 juillet 1792 annonce des tensions croissantes entre l’Assemblée législative et le roi. Jérôme Pétion, maire de la Commune insurrectionnelle, demande le 3 août la déchéance du roi ; décision qui est repoussée au 9 août.

Le 10 août est donc une deuxième étape de la révolution ; celle qui s’inscrit contre le roi, après que celle de 1789 se soit prononcée contre l’Ancien Régime.

Mis en perspective, on souligne que le 10 août ne débouche pas sur une dictature mais remet les pouvoirs aux civils au sein d'une République, dont elle entretient le sentiment d’attachement depuis avril au moins et qui naît le 21 septembre 1792.
Questionnaire pour les élèves (le professeur reformule les questions du manuel)

  • Situer dans la chronologie l’évènement. Quelle décision est prise le 10 août 1792 ?

-suspension de la monarchie, le roi est destitué le 21 septembre 1792, naissance de la 1ère République.

  • Quels sentiments justifient la décision prise par l'Assemblée législative d'après le décret ?

-sentiment de patrie en danger, menacée par les puissances étrangères et sentiment de trahison de la part du roi (« défiance » citée deux fois), crainte que la guerre ne serve ses intérêts

  • Au nom de quoi prend-elle cette décision ?

-la décision est prise au nom de la souveraineté du peuple et de la liberté et de l’égalité c'est-à-dire des principes énoncés en 1789-principes enfin concrétisés : le 10 août est à placer dans une histoire plus longue que l'année 1792.

  • En quoi le manifeste de Brunswick peut animer le rejet de la monarchie ?

-le Manifeste de Brunswick menace la France et ses institutions, il défend le royalisme et la famille royale ; la coalition étrangère intervient dans la politique intérieure de la France- cela renforce l’idée de défiance à l'égard du roi et de provocation à l’égard du peuple français.

  • Montrez que les deux images (tableau de Jacques Bertaux et dessin de François Gérard) mêlent deux voies complémentaires vers l'abolition de la monarchie.

-le tableau montre une voie révolutionnaire, violente, avec un peuple en armes / le dessin la voie légale, politique, après le vote à l'assemblée : 10 août ne peut se comprendre sans cette tension entre la Commune insurrectionnelle et la vie parlementaire. On indique que l’exercice de la souveraineté nationale est imposé par la souveraineté populaire. Cette souveraineté nationale s’alimente de la souveraineté populaire, c’est un ''être'' qui transcende la notion même de citoyens, et qui survit à la succession des générations. 

Conclusion : on met en avant l’idée de « rupture », indiquée dans l’introduction de la page de gauche du manuel. Le contexte joue un rôle complexe. On peut souligner que Louis XVI n'est pas non plus Louis XIV en 1792 ; sa crédibilité et sa légitimité sont très affaiblies. L’absolutisme sous Louis XVI apparaît de plus en plus comme une relique qui jette ses dernières armes. Il conforte cette idée d’absolutisme comme pratique théorique et ensemble d'actions discursives, avec un roi déconnecté de la réalité. Avec le 10 août, c'est tout un imaginaire social et politique qui s'effondre. L’idée de République, en germe avant septembre 1792, trouve ici sa première concrétisation même si l’idée monarchique n’est pas définitivement abolie (Cf Napoléon)

Une mise en intrigue simple

Contexte

Acteurs

Action

Défiance croissante à l'égard du roi

Le « peuple » de Paris

La désacralisation par la violence (Tuileries) puis la loi (Assemblée)

Compléments :

Les dimensions des deux œuvres sont différentes : F.Gérard 67/92cm, tandis que pour J.Bertaux c’est un très vaste tableau dont les dimensions en font à part entière une peinture d’histoire, genre très codifié, de 124/192cm ; la nature du support, huile sur toile de J.Bertaux et dessin à la plume avec rehauts de couleurs pour F. Gérard.

Le tableau de Bertaux : il est un peintre de batailles et expose son œuvre au Salon en 1793. Il a un but documentaire et sert une « histoire immédiate ». On peut y voir des similitudes avec les images de la prise de la Bastille. La minoration du palais royal, et des acteurs, ici anonymes, appuient l’idée d’une force symbolique, le Peuple de Paris, qui écrase la monarchie. Ni héros, ni symboles forts ne sont mis en valeur comme dans d’autres œuvres de la période 1789-1848.

Le dessin de Gérard : nous sommes aussi dans la mémoire vive de l’évènement. C’est une commande du Comité de Salut Public pour le Concours de l’An II de la République. Les révolutionnaires doivent mettre en image leur combat et organise une « politique des arts » pour cela. Le titre « Peuple français demandant la destitution du tyran à la journée du 10 août » est illustré par l’effet de foule (qui rappelle le Jeu de Paume de J.L David) et la revendication égalitaire ; le peuple s’adresse directement à ses représentants. La loge où est isolée la famille royale fait référence l’interdiction faite à l’Assemblée de délibérer en présence du roi.



Ces tableaux peuvent être complétés par un extrait des Mémoires de P.G Chaumette (ci-dessus), procureur de la Commune de Paris, pour donner à l’action du 10 août sa force.

Les arts et l’Histoire

Nous sommes bien là dans l’iconographie qui a joué un rôle très important tout au long de la Révolution ; qui livre des représentations du pouvoir politique, et propose des lectures d’un événement. Malgré l’effet de réel que cette iconographie suggère, on est bien dans des re-présentations ( d’autant que le dessin de François Gérard, tout comme le Serment du jeu de paume de J.L David, est une esquisse pour gagner un concours pour J Gérard ; pour celui de David c’était une commande pour célébrer un événement revu a posteriori dans un autre contexte. La révolution avançant plus vite que le travail du peintre a rendu le dessin caduc par la suite. C’est un art au service d’une cause, un art de propagande, de commémoration presque, qui en dit plus sur l’interprétation de l’époque, les commanditaires, les engagements de l’auteur que sur l’événement lui-même qui finalement résiste toujours !

Nous pourrions engager avec les élèves un débat sur les images et l’événement, même chose par exemple pour celles du 11 septembre qui défilent en boucle, ou de la guerre du Vietnam et l’image célèbre de la petite fille dont l’interprétation s’est avérée fausse par la suite. L’art a aussi une fonction politique et didactique (A. de Baecque), Napoléon saura ensuite très bien en faire usage.

1 L’historien Jacques Revel a démontré la difficulté de contextualiser dans son ouvrage « Jeux d’échelles » paru en 1996, il relève son « usage commode et paresseux dans les sciences sociales », son "usage rhétorique ; le contexte produit « un effet de réel autour de l'objet de la recherche » son « usage argumentaire »; « une réalité y trouve sa place, même si l'on ne va pas toujours au-delà d'une simple mise en regard de deux niveaux d'observation" et de son "usage représentatif ; du contexte, on tire parfois des raisons générales qui permettent de rendre compte de réalités particulières » or il n’y a pas de « contexte unifié, homogène ». Il y a donc une pluralité de contextes qui puisent dans des chronologies différentes et dans des « expériences vécues » qui contiennent aussi une dimension inconsciente, d’où la nécessité de varier les échelles.


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