Leçon 1 l4 Novembre l962 *





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LACAN

L’Angoisse




1962-63

Ce document de travail a pour sources principales :


  • L’angoisse, sur le site E.L.P. (sténotypie au format Pdf).

  • L’angoisse, sur le site de Patrick VALLAS : enregistrements au format mp3 de 22 séances sur 25.

  • L’angoisse, version imprimée, datée 1982 (deux volumes, format thèse).


Le texte de ce séminaire nécessite l’installation de la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici :

http://fr.ffonts.net/LACAN.font.download (placer le fichier Lacan.ttf dans le répertoire c:\windows\fonts)

Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)
Remerciements aux auteurs des superbes schémas du « vase renversé » (Wikipedia), ici repris et modifiés.
TABLE DES SÉANCES




Leçon 1 l4 Novembre l962 *

Leçon 2 21 Novembre l962

Leçon 3 28 Novembre l962
Leçon 4 05 Décembre 1962

Leçon 5 12 Décembre 1962

Leçon 6 19 Décembre 1962
Leçon 7 09 Janvier 1963

Leçon 8 16 Janvier 1963

Leçon 9 23 Janvier 1963

Leçon 10 30 Janvier 1963
Leçon 11 20 Février 1963 *

Leçon 12 27 Février 1963


Leçon 13 06 Mars 1963

Leçon 14 13 Mars 1963

Leçon 15 20 Mars 1963 *

Leçon 16 27 Mars 1963
Leçon 17 08 Mai 1963

Leçon 18 15 Mai 1963

Leçon 19 22 Mai 1963

Leçon 20 29 Mai 1963

Leçon 21 05 Juin 1963

Leçon 22 12 Juin 1963

Leçon 23 19 Juin 1963

Leçon 24 26 Juin 1963
Leçon 25 03 Juillet 1963

* : enregistrement non disponible.
l4 Novembre l962 Table des séances
Je vais vous parler cette année de l’angoisse.
Quelqu’un qui n’est pas du tout à distance de moi dans notre cercle, m’a pourtant l’autre jour laissé apercevoir quelque surprise que j’aie choisi ce sujet qui ne lui semblait pas devoir être d’une tellement grande ressource. Je dois dire que je n’aurai pas

de peine à lui prouver le contraire. Dans la masse de ce qui se propose à nous, sur ce sujet, de questions, il me faudra choisir

et sévèrement. C’est pourquoi j’essaierai, dès aujourd’hui de vous jeter sur le tas.
Mais déjà cette question m’a semblé garder la trace de je ne sais quelle naïveté jamais étanchée, pour la raison que ce serait croire que c’est un choix : que chaque année, je pique un sujet, comme ça, qui me semblerait intéressant pour continuer le jeu

de quelque sornette, comme on dit. Non !
Vous le verrez, je pense, l’angoisse est très précisément le point de rendez-vous où vous attend tout ce qu’il en était

de mon discours antérieur et où s’attendent entre eux un certain nombre de termes, qui ont pu jusqu’à présent

ne pas vous apparaître suffisamment conjoints.
Vous verrez sur ce terrain de l’angoisse, comment, à se nouer plus étroitement, chacun prendra encore mieux sa place.

Je dis « encore mieux » puisque récemment il a pu m’apparaître, à propos de ce qui s’est dit du fantasme à une des réunions

dites « provinciales » de notre Société1, que quelque chose avait dans votre esprit - concernant cette structure si essentielle

qui s’appelle le fantasme - pris effectivement sa place. Vous verrez que celle de l’angoisse n’est pas loin de celle-la,

pour la raison que c’est bel et bien la même.
Je vous ai mis sur ce tableau - pourtant, après tout, ce n’est pas grand un tableau - quelques petits signifiants, repères

ou aide-mémoire, peut-être pas tous ceux que j’aurais voulu, mais après tout il convient de ne pas non plus abuser

quant au schématisme. Cela, vous le verrez s’éclairer tout à l’heure. Ils forment deux groupes, celui-ci et celui-là :
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Celui-là que je compléterai. À droite, ce graphe :
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dont je m’excuse depuis si longtemps de vous importuner, mais dont il est tout de même nécessaire - car la valeur de repère vous en apparaîtra, je pense, toujours plus efficace - que je rappelle la structure qu’il doit évoquer à vos yeux.

Aussi bien sa forme - qui peut-être ne vous est jamais apparue - de poire d’angoisse, n’est peut-être pas ici à évoquer par hasard.
D’autre part, si l’année dernière à propos de cette petite surface topologique à laquelle j’ai fait une si grande part, certains ont pu voir se suggérer à leur esprit certaines formes de reploiement des feuillets embryologiques, voire des couches du cortex, personne - à propos

de la disposition à la fois bilatérale et nouée d’intercommunication orientée de ce graphe - personne n’a jamais évoqué à ce propos, le plexus solaire. Bien sûr je ne prétends pas là vous en livrer les secrets, mais cette curieuse petite homologie n’est peut-être pas

si externe qu’on le croit et méritait d’être rappelée au début d’un discours sur l’angoisse.
L’angoisse, je dirai - jusqu’à un certain point la réflexion par laquelle j’ai introduit mon discours tout à l’heure, celle qui a été faite par un de mes proches, je veux dire dans notre Société - l’angoisse ne semble pas être ce qui vous étouffe, j’entends, comme psychanalystes.

Et pourtant, ce n’est pas trop dire que ça devrait, dans, si je puis dire, la logique des choses, c’est-à-dire de la relation que vous avez avec votre patient. Après tout, sentir ce que le sujet peut en supporter de l’angoisse, c’est ce qui vous met à l’épreuve à tout instant.
Il faut donc supposer qu’au moins pour ceux d’entre vous qui sont formés à la technique, la chose a fini par passer, dans votre régulation, la moins aperçue il faut bien le dire. Il n’est pas exclu, et Dieu merci, que l’analyste, pour peu qu’il y soit déjà disposé

- je veux dire par de très bonnes dispositions à être un analyste - que l’analyste entrant dans sa pratique ressente de ses premières relations avec le malade sur le divan quelque angoisse.
Encore convient-il de toucher à ce propos la question de la communication de l’angoisse. Cette angoisse, que vous savez, semble-t-il, si bien régler, en vous tamponner, qu’elle vous guide, est-ce la même que celle du patient ? Pourquoi pas ?

C’est une question que je laisse ouverte pour l’instant, peut-être pas pour très longtemps, mais qui vaut la peine d’être ouverte dès l’origine, si toutefois il faut recourir à nos articulations essentielles pour pouvoir y donner une réponse valable,

donc attendre un moment au moins, dans les distances, dans les détours que je vais vous proposer et qui ne sont pas absolument hors de toute prévision pour ceux qui sont mes auditeurs.
Car si vous vous en souvenez, déjà à propos justement d’une autre série de journées dites « provinciales » qui étaient loin

de m’avoir donné autant de satisfaction, à propos desquelles dans une sorte d’inclusion, de parenthèse, d’anticipation,

dans mon discours de l’année dernière, j’ai cru devoir vous avertir et projeter à l’avance une formule vous indiquant le rapport de l’angoisse essentiel au désir de l’Autre.
Pour ceux qui n’étaient pas là, je rappelle la fable, l’apologie, l’image amusante, que j’avais cru devoir en dresser devant vous pour un instant :

moi-même revêtant le masque animal dont se couvre « le sorcier de la grotte Des Trois Frères », je m’étais imaginé devant vous,

en face d’un autre animal - d’un vrai celui-là, et supposé géant pour l’occasion - celui de la mante religieuse.

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Et aussi bien, comme le masque que moi je portais, je ne savais pas lequel c’était, vous imaginez facilement que j’avais quelques raisons de n’être pas rassuré, pour le cas où, par hasard, ce masque n’aurait pas été impropre à entraîner ma partenaire

dans quelque erreur sur mon identité, la chose étant bien soulignée par ceci que j’y avais ajouté : que dans ce miroir énigmatique du globe oculaire de l’insecte je ne voyais pas ma propre image.
Cette métaphore garde aujourd’hui toute sa valeur, et c’est elle qui justifie qu’au centre des signifiants que j’ai posés sur ce tableau, vous voyez la question que j’ai depuis longtemps introduite comme étant la charnière des deux étages du graphe pour autant qu’ils structurent ce rapport du sujet au signifiant, qui sur la subjectivité me paraît devoir être la clé de ce qu’introduit

dans la doctrine freudienne le « Che vuoi ? », « Que veux-tu ? ».
Poussez un petit peu plus le fonctionnement, l’entrée de la clé, vous avez « Que me veut-il ? » avec l’ambiguïté que le français permet sur le « me », entre le complément indirect ou direct. Non pas seulement : « que veut-il à moi ? », mais quelque chose de suspendu qui concerne directement le moi, qui n’est pas « comment me veut-il ? » mais qui est « que veut-il concernant cette place du moi »,

qui est quelque chose en suspens, entre les deux étages, d Sa et i(a) m, les deux points de retour qui dans chacun désignent l’effet caractéristique et la distance, si essentielle à construire au principe de tout ce dans quoi nous allons nous avancer maintenant, distance qui rend à la fois homologue et si distinct le rapport du désir et l’identification narcissique.

C’est dans le jeu de la dialectique, qui noue si étroitement ces deux étages, que nous allons voir s’introduire la fonction de l’angoisse, non pas qu’elle en soit elle-même le ressort, mais qu’elle soit par les moments de son apparition ce qui nous permet de nous y orienter.
Ainsi donc au moment où j’ai posé la question de votre rapport d’analyste à l’angoisse, question qui justement laisse

en suspens celle-ci : qui ménagez-vous ?
L’Autre, sans doute, mais aussi bien vous-même et ces deux ménagements pour se recouvrir ne doivent pas être laissés confondus. C’est même la une des visées qui à la fin de ce discours vous seront proposées. Pour l’instant, j’introduis

cette indication de méthode que ce que nous allons avoir à tirer d’enseignement de cette recherche sur l’angoisse,

c’est à voir en quel point privilégié elle émerge. C’est à modeler sur une horographie2 de l’angoisse qui nous conduit directement sur un relief qui est celui des rapports de terme à terme que constitue cette tentative structurale plus que condensée

dont j’ai cru devoir faire pour vous le guide de notre discours.
Si vous savez donc vous arranger avec l’angoisse, cela nous fera déjà avancer que d’essayer de voir comment. Et aussi bien,

moi-même, je ne saurais l’introduire sans l’arranger de quelque façon, et c’est peut-être là un écueil : il ne faut pas que je l’arrange trop vite, cela ne veut pas dire non plus que d’aucune façon, par quelque jeu psychodramatique, mon but doive être

de vous jeter dans l’angoisse avec le jeu de mots que j’ai déjà fait sur ce « je » du « jeter ».
Chacun sait que cette projection du « je » dans une introduction à l’angoisse est depuis quelque temps l’ambition d’une philosophie dite existentialiste pour la nommer. Les références ne manquent pas, depuis KIERKEGAARD :

Gabriel MARCEL, CHOSTOV, BERDIAEV et quelques autres, tous n’ont pas la même place ni ne sont pas aussi utilisables.
Mais au début de ce discours, je tiens à dire qu’il me semble que dans cette philosophie - pour autant que de son patron, nommé le premier, à ceux dont j’ai pu avancer le nom, incontestablement se marque quelque dégradation - il me semble la voir,

cette philosophie, marquée dirais-je, de quelque hâte d’elle-même méconnue, marquée dirais-je, de quelque désarroi par rapport à une référence qui est celle à quoi, à la même époque, le mouvement de la pensée se confine : la référence à l’histoire. C’est d’un désarroi - au sens étymologique du terme3 - par rapport à cette référence, que naît et se précipite la réflexion existentialiste.
Le cheval de la pensée, dirais-je - pour emprunter au petit Hans l’objet de sa phobie - le cheval de la pensée qui s’imagine, un temps, être celui qui traîne le coche de l’histoire, tout d’un coup se cabre, devient fou, choit et se livre à ce grand Krawallmachen,

pour nous référer encore au petit Hans qui donne une de ces images à sa crainte chérie.
C’est bien ce que j’appelle là, le mouvement de hâte, au mauvais sens du terme, celui du désarroi. Et c’est bien pour cela que c’est loin d’être ce qui nous intéresse le plus dans la lignée - la lignée de pensée - que nous avons épinglée à l’instant,

avec tout le monde d’ailleurs, du terme d’existentialisme.
Aussi bien peut-on remarquer que le dernier venu, et non des moins grands : M. SARTRE, s’emploie tout expressément

- ce cheval - à le remettre, non seulement sur ses pieds, mais dans les brancards de l’histoire. C’est précisément en fonction de cela que M. SARTRE4 s’est beaucoup occupé, beaucoup interrogé sur la fonction du sérieux.
Ιl y a aussi quelqu’un que je n’ai pas mis dans la série, et puisque j’aborde - simplement en y touchant à l’entrée - ce fond de tableau...

les philosophes qui nous observent, sur le point où nous en venons [s’interrogent] :

« les analystes seront-ils à la hauteur de ce que nous faisons de l’angoisse ? »

...il y a HEIDEGGER5.
Ιl est bien sûr qu’avec l’emploi, que j’ai fait tout à l’heure, de calembour du mot « jeter », c’est bien de lui, de sa déréliction originelle que j’étais le plus près. « L’être pour la mort » pour l’appeler par son nom - qui est la voie d’accès par où HEIDEGGER,

dans son discours rompu, nous mène à son interrogation présente et énigmatique sur
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