Leçon 1 15 novembre





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L’Acte



1967-1968

Ce document de travail a pour sources principales :


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Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)
TABLE DES SÉANCES


Leçon 1 15 novembre 1967
Leçon 2 22 novembre 1967

Leçon 3 29 novembre 1967



Leçon 4 06 décembre 1967



Leçon 5 10 janvier 1968
Leçon 6 17 janvier 1968
Leçon 7 24 janvier 1968
Leçon 8 31 janvier 1968


Leçon 9 07 février 1968
Leçon 10 21 février 1968
Leçon 11 28 février 1968



Leçon 12 06 mars 1968
Leçon 13 13 mars 1968
Leçon 14 20 mars 1968
Leçon 15 27 mars 1968

Leçon 16 08 mai 1968 
Leçon 17 15 mai 1968

Conférence du 19 juin 1968




15 Novembre 1967 Table des séances


J’ai choisi cette année pour sujet, l’acte psychanalytique. C’est un couple de mots étrange qui, à vrai dire, n’est pas usité jusqu’ici.

Assurément ceux qui ont suivi depuis un certain temps ce que j’énonce ici, peuvent n’être pas étonnés de ce que j’introduis sous ces deux termes ce sur quoi s’est clos mon discours de l’année dernière : à l’intérieur de cette logique du fantasme

dont j’ai essayé d’apporter ici tous les linéaments.
Ceux qui m’ont entendu parler d’un certain ton et dans deux registres de ce que peut, de ce que doit vouloir dire le terme, également couplé, de l’acte sexuel, ceux-là peuvent se sentir en quelque sorte déjà introduits à cette dimension que représente l’acte psychanalytique. Pourtant, il me faut bien faire comme si une partie de cette assemblée n’en savait rien et introduire aujourd’hui ce qu’il en est de cet emploi que je propose.
La psychanalyse - il est entendu au moins en principe, il est supposé par le fait que vous êtes là pour m’entendre -

que la psychanalyse, ça fait quelque chose. « Ça fait », ça ne suffit pas. C’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose. La poésie aussi ça fait quelque chose. J’ai remarqué d’ailleurs en passant, à m’être intéressé

un peu ces derniers temps à ce champ de la poésie, qu’on s’est bien peu occupé de ce que ça fait et à qui, et plus spécialement - pourquoi pas ? - aux poètes. Peut-être à se le demander serait-ce une forme d’introduction à ce qu’il en est de l’acte dans la poésie.
Mais ce n’est pas notre affaire aujourd’hui puisqu’il s’agit de la psychanalyse qui fait quelque chose, mais certainement pas

au niveau, au plan, au sens de la poésie. Si nous devons introduire – et très nécessairement au niveau de la psychanalyse –

la fonction de l’acte, c’est pour autant que ce « faire » psychanalytique implique profondément le sujet, qu’à vrai dire…

et grâce à cette dimension du sujet qui rénove pour nous complètement ce qui peut être énoncé du sujet

comme tel et qui s’appelle l’inconscient

…ce sujet, dans la psychanalyse, y est - comme je l’ai déjà formulé - mis en acte.
Je rappelle que cette formule je l’ai déjà avancée à propos du transfert, disant dans un temps déjà ancien

et à un niveau de formulation encore approximative, que le transfert n’était autre que la mise en acte de l’inconscient.

Je le répète, ce n’est là qu’approche, et ce que nous aurons cette année à avancer sur cette fonction de l’acte de la psychanalyse nous permettra d’y apporter une précision digne des pas nombreux et - je l’espère - certains, décisifs, que nous avons pu faire depuis. Approchons simplement par la voie d’une certaine évidence.
Si nous nous en tenons à ce sens qu’a le mot « acte », de constituer - par rapport à quoi... laissons-le de côté - un franchissement, il est sûr que nous rencontrons l’acte à l’entrée d’une psychanalyse. C’est tout de même quelque chose qui mérite le nom d’acte de se décider, avec tout ce que cela comporte, à faire ce qu’on appelle une psychanalyse. Cette décision comporte un certain engagement. Toutes les dimensions qui d’ordinaire, sont affectées, à l’usage commun, à l’emploi courant de ce mot d’acte, nous les rencontrons là.
Il y a aussi un acte qui peut se qualifier, l’acte par lequel le psychanalyste s’installe en tant que tel : voilà quelque chose

qui mérite le nom d’acte, jusques et y compris que cet acte, mon Dieu, il peut s’inscrire quelque part : M. UNTEL, psychanalyste. À la vérité il ne paraît pas insensé, démesuré, hors de propos, de parler d’acte psychanalytique de la même façon qu’on parle d’acte médical. Qu’est-ce que c’est que l’acte psychanalytique à ce titre ? Je dois dire que ça peut s’inscrire sous cette rubrique au registre de la Sécurité Sociale. L’acte psychanalytique est-ce la séance par exemple ?

On peut se demander en quoi il consiste, dans quelle sorte d’intervention, puisque après tout on ne rédige pas une ordonnance.
Tout ce qui est à proprement parler l’acte psychanalytique  :

  • Est-ce que c’est l’interprétation ?

  • Est-ce que c’est le silence, ou quoi que ce soit que vous voudrez désigner dans les instruments de la fonction ?


À la vérité, ce sont là éclairages qui ne nous font guère avancer et, pour passer à l’autre bout du point d’appui

que nous pouvons choisir pour présenter, pour introduire l’acte psychanalytique, nous ferons remarquer que dans la théorie psychanalytique précisément, on en parle.
Nous ne sommes pas encore d’ailleurs en état de spécifier cet acte d’une façon telle que nous puissions en aucune manière faire sa limite avec ce qui s’appelle d’un terme général et - ma foi - usité dans cette théorie analytique : l’action.
L’action, on en parle beaucoup, elle joue un rôle de référence d’ailleurs singulier puisque…

c’est bien pour prendre le cas où l’on s’en sert avec un grand accent, à savoir quand il s’agit

d’en rendre compte, j’entends théoriquement et pour un champ assez large

…les théoriciens qui s’expriment en termes analytiques, pour expliquer la pensée, comme par une sorte de besoin de sécurité, cette pensée dont, pour des raisons auxquelles nous aurons à faire, on ne veut pas faire une entité qui paraisse

par trop métaphysique, on essaie de rendre compte de cette pensée sur un fondement qu’à cette occasion on espère être plus réel.


Et on nous expliquera la pensée comme représentant quelque chose qui se motive, qui se justifie de son rapport avec l’action, par exemple sous la forme d’une action plus réduite, une action inhibée, une action ébauchée, un petit modèle d’action, voire qu’il y a dans la pensée quelque chose comme une sorte de gustation de ce que l’action - qu’elle supposerait ou qu’elle rend immanente - pourrait être. Ces discours sont courants, je n’ai pas besoin de les illustrer par des citations,

mais si quelqu’un veut aller voir de plus près ce que je laisse entendre, j’évoquerai non seulement un célèbre article,

mais tout un volume écrit là-dessus par M. David RAPPAPORT 1, psychanalyste de la Société de New York.
Ce qui est frappant, c’est qu’assurément pour qui s’introduit sans préjugé dans cette dimension de l’action, la référence,

en l’occasion, ne me paraît pas plus claire que ce à quoi on se réfère et qu’éclairer la pensée par l’action, supposerait peut-être que d’abord on ait une idée moins confuse que celles qui dans ces occasions se manifestent, sur ce qui constitue une action, pour autant qu’une action semble bien, si nous y méditons un instant, supposer en son centre la notion d’acte.
Je sais bien qu’il y a une façon qui est aussi bien celle à quoi se cramponnent, je veux dire s’appuient énergiquement ceux qui essaient de formuler les choses dans le registre que je viens de dire, c’est d’identifier l’action à la motricité. Il nous faut bien ici faire, au début de ce que nous introduisons, une opération : appelez-la comme vous voudrez, de simple élucidation

ou de balayage, mais elle est très essentielle.
En effet, il est bien connu et après tout - mon Dieu, pourquoi pas ? - acceptable, qu’on veuille ici appliquer d’une façon qui est admise, peut-être de routine , de faire, ou même seulement de faire semblant d’obéir à la règle de ne pas expliquer ce qu’on continue d’appeler - d’ailleurs pas toujours avec tellement de fondement -  « le supérieur » et « l’inférieur »,

de ne pas - dis-je - expliquer l’inférieur par le supérieur, et comme on dit - on ne sait plus trop maintenant pourquoi –

que « la pensée est supérieure » …de partir de cet inférieur qui serait la forme la plus élémentaire de réponse de l’organisme :

c’est à savoir ce fameux cercle dont le modèle nous est donné sous le nom « d’arc réflexe ».
À savoir le circuit qu’on appelle selon les cas « stimulus-réponse », quand on est prudent et qu’on identifie au couple « excitation sensorielle » - quelle qu’elle soit -et « déclenchement moteur » qui joue ici le rôle de réponse. Outre que dans ce fameux « arc »

il n’est que trop certain que la réponse n’est pas du tout forcément et obligatoirement motrice et que dès lors si par exemple, elle est excrétoire, voire même sécrétoire - que la réponse soit ça : que ça mouille - eh bien la référence à ce modèle…

pour y situer, pour y prendre le départ, le fondement de la fonction que nous pouvons appeler action

…apparaît assurément beaucoup plus précaire.
Au reste on peut remarquer que la réponse motrice, si nous ne l’épinglons que de la liaison définie par l’arc réflexe, ne peut vraiment qu’à très peu de titre nous donner le modèle de ce qu’on peut appeler une « action », puisque ce qui est moteur,

à partir du moment où vous l’insérez dans l’arc réflexe, apparaît tout aussi bien comme un effet passif, comme une pure

et simple réponse au stimulus, et la réponse ne comporte rien d’autre qu’un effet de passivité.
La dimension qui s’exprime dans une certaine façon de concevoir la réponse comme une décharge de tension, terme qui est également courant aussi dans l’énergétique psychanalytique, nous présenterait donc l’action ici comme rien d’autre qu’une suite - voire une fuite - consécutive à une plus ou moins intolérable sensation, disons au sens plus large stimulus, pour autant que nous y fassions intervenir d’autres éléments que ceux que la théorie psychanalytique introduit sous le nom de stimulation interne.
Nous voilà donc assurément dans une posture à ne pas pouvoir situer l’acte de cette référence, ni à la motricité, ni à la décharge, dont il faut au contraire à partir de maintenant se demander pourquoi la théorie a et manifeste encore un tellement grand penchant à s’en servir comme d’appui pour y retrouver l’ordre originel d’où s’instaurerait, d’où partirait, d’où s’installerait comme une doublure, celui de la pensée.
Il est clair que je ne fais ce rappel que parce que nous allons avoir à nous en servir.

Rien de ce qui se produit dans l’ordre de l’élaboration, si paradoxal que ça se présente à être vu d’un certain point, n’est pourtant sans nous laisser l’idée que quelque motivation est là qui soutient ce paradoxe, et que de cette motivation même…

c’est là la méthode à quoi la psychanalyse ne manque jamais

…de cette motivation même nous pouvons tirer quelque fruit.


  • Que la théorie s’appuie occasionnellement donc, sur quelque chose qu’elle précisément - la théorie analytique - est le mieux faite pour connaître n’être qu’un court–circuit au regard de ce qu’il lui faut bien établir comme statut de « l’appareil psychique »,

  • que non seulement les textes de FREUD, mais toute la pensée analytique ne puissent se soutenir qu’à mettre dans l’intervalle, entre l’élément afférent de l’arc réflexe et son élément efférent, ce fameux système Ψ[psy] des premiers écrits freudiens,




  • que néanmoins elle éprouve le besoin de maintenir l’accent sur ces deux éléments, c’est assurément là le témoignage de quelque chose qui nous incite à marquer sa place - à la théorie analytique - par rapport à ce que nous pouvons appeler à un plus vaste titre, la théorie physiologisante concernant l’appareil psychique.


Il est clair qu’ici nous voyons se manifester un certain nombre d’édifices mentaux fondés en principe sur un recours à l’expérience et qui tentent d’user, de se servir de ce modèle premier, donné comme le plus élémentaire…

soit que nous le considérions au niveau de la totalité d’un micro-organisme,

le processus stimulus-réponse au niveau de l’amibe par exemple

…et d’en faire en quelque sorte l’homologie, la spécification pour un appareil qui en concentrerait, tout au moins sur

certains points puissamment organisateurs de la réalité pour l’organisme, à savoir au niveau de cet arc réflexe dans l’appareil nerveux une fois différencié.
Voilà ce dont nous avons à rendre compte dans cette perspective : que cette référence persiste à un niveau, dans une technique - la psychanalyse - qui semble être à proprement parler, la moins appropriée à y recourir, étant donné ce qu’elle implique d’une tout autre dimension, opposée en effet radicalement à cette référence, dont résulte cette conception manifestement boiteuse de ce qu’il peut en être de l’acte

non satisfaisante d’une façon interne si l’on peut dire

…tout à l’opposé nous avons affaire à cette position de la fonction de l’acte que j’ai évoquée d’abord sous ses aspects d’évidence, et dont on sait bien que c’est celle-là qui nous intéresse dans la psychanalyse.
J’ai parlé tout à l’heure d’engagement, que ce soit celui de l’analysé ou de l’analyste, mais après tout, pourquoi ne pas poser

la question de
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