Leçon 14 3l Mars l965 théocrite : Le Cyclope pascal : Lettre à Fermat signorelli : Fresques d’Orvietto MÜnch : Le cri La dame à la licorne video02 Décembre l964 Table des séances «Colorless green ideas sleep furiously Furiously sleep ideas green colorless»





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LACAN
Problèmes cruciaux

1964-65



Ce document de travail a pour sources principales : 

Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.
N.B. :

  • Le texte de ce séminaire nécessite la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici : http://fr.ffonts.net/LACAN.font.download (placer le fichier Lacan.ttf dans le répertoire c:\windows\fonts)




  • Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.



TABLE DES SÉANCES
Leçon 01 02 Décembre l964

Leçon 02 09 Décembre l964

Leçon 03 l6 Décembre l964
Leçon 04 06 Janvier l965

Leçon 05 l3 Janvier l965

Leçon 06 20 Janvier l965

Leçon 07 27 Janvier l965 *

Leçon 08 03 Février l965

Leçon 09 24 Février l965 *

Leçon 10 03 Mars l965

Leçon 11 l0 Mars l965

Leçon 12 l7 Mars l965

Leçon 13 24 Mars l965 *

Leçon 15 07 Avril l965

Leçon 16 28 Avril l965 *
Leçon17 05 Mai l965

Leçon 18 l2 Mai l965

Leçon 19 l9 Mai l965

Leçon20 26 Mai l965 *
Leçon 21 02 Juin l965

Leçon 22 09 Juin l965

Leçon 23 l6 Juin l965

Leçon 24 23 Juin 1965 *
(* : séminaire fermé)

Leçon 14 3l Mars l965 *
THÉOCRITE : Le Cyclope

PASCAL : Lettre à Fermat

SIGNORELLI : Fresques d’Orvietto

MÜNCH : Le cri

La dame à la licorne


VIDEO02 Décembre l964 Table des séances

« Colorless green ideas sleep furiously

Furiously sleep ideas green colorless » 1 Noam Chomsky, Structures syntaxiques
« Songe, songe Céphise, à cette nuit cruelle

Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle » 2 Jean Racine, Andromaque

Si je n’étais pas devant un auditoire francophone, je pourrais tout de suite émettre : « Voilà qui s’appelle parler ! »

Mais il se trouve que je dois supposer que malgré l’évidente nécessité du bilinguisme dans notre culture,

il y a quelques personnes ici, qui n’entravent point l’anglais. J’en donnerais une équivalence mot à mot.


  • Le premier mot [Colorless] veut dire : sans couleur,

  • le second mot [green] : vert,

  • le troisième mot [ideas] : idées (au pluriel),

  • le quatrième [sleep] peut vouloir dire « sommeil »,

peut vouloir dire « dormir », à condition de mettre to devant [to sleep], et peut vouloir dire « dorment », à la troisième personne du pluriel de l’indicatif présent. Vous verrez pourquoi c’est le sens auquel nous nous arrêterons.
La nature de l’indéfini en anglais, qui ne s’exprime point, permet de traduire jusqu’ici en mot à mot : « d’incolores vertes idées dorment... », à quoi s’ajoute ce qui est très évidemment un adverbe [furiously] en raison de sa terminaison : furieusement.

J’ai dit : « Voilà qui s’appelle parler ! ». Est-ce bien là « parler » ? Comment le savoir ? C’est précisément pour le savoir qu’a été forgée cette chaîne signifiante, j’ose à peine dire « phrase ». Elle a été formée par un linguiste nommé Noam CHOMSKY. Cet exemple

est cité dans un petit ouvrage qui s’appelle Syntactic structures paru chez MOUTON à La Haye. De quoi s’agit-il ? De structuralisme,

croyez en ma parole, et de structure syntaxique, de syntaxe. Ceci mériterait tout de suite commentaire plus précis, je ne fais que l’indiquer.
Syntaxe, dans une perspective structuraliste, est à situer à un niveau précis :

  • que nous appellerons de « formalisation » d’une part,

  • et d’autre part, concernant le syntagme : le syntagme c’est la chaîne signifiante considérée dans ce qui regarde la jonction de ces éléments.


Syntactic structures consiste à formaliser ces liaisons. Toutes les liaisons entre ces éléments sont-elles équivalentes ?

En d’autres termes, n’importe quel élément peut-il être immédiatement contigu à n’importe quel signifiant ?

Il saute aux yeux que la réponse penche plutôt vers la négative, au moins en ce qui concerne un certain usage

de cette chaîne signifiante, son usage, disons dans le discours.
Cet exemple se trouve au début de l’ouvrage en question. Il introduit quelque chose qui est à distinguer de la fin de ce travail,

à savoir la constitution, l’amorce ou l’ébauche d’un raisonnement sur la structure syntaxique, il introduit une notion

qu’il convient d’en distinguer, celle de la grammaire.
Il introduit son propos, Syntactic structures, en le spécifiant comme ayant un but : comment établir la formalisation, les signes algébriques, dirons nous, pour vous illustrer tout de suite bien ce dont il s’agit, qui permettront de produire dans la langue anglaise tout ce qui est grammatical et d’empêcher que se produise une chaîne qui ne le soit pas.
Je ne puis m’avancer ici à juger ce qu’obtient l’auteur d’une telle entreprise. Ce que je peux indiquer, c’est que dans les conditions particulières que lui offre cette langue positive qu’est la langue anglaise - je veux dire la langue telle qu’elle se parle - il ne s’agit pas de dégager la logique de la langue anglaise, il s’agit en quelque sorte, de quelque chose qui pourrait être monté - de nos jours

tout au moins - dans une machine électronique, et que de cela ne puissent sortir que des phrases grammaticalement correctes,

et encore - ambition plus grande - toutes les formes possibles qu’offre à l’anglais - je veux dire au sujet parlant anglais - sa langue.
La lecture de cet ouvrage est fort séduisante pour ce qu’elle donne l’idée de ce qu’à poursuivre un tel travail, sorte de rigueur, d’imposition d’un certain réel : l’usage de la langue, et d’une possibilité fort ingénieuse, fort séduisante, fort captivante

qui nous est démontrée, d’arriver à se mouler sur des formules qui sont celles, par exemple du plus complexe conjointement

des auxiliaires avec certaines formes qui sont propres à l’anglais.
Comment engendrer sans faute la transformation de l’actif au passif et l’usage conjoint d’une certaine forme, qui est celle du présent dans son actualité, qui pour dire « lire », distingue « I read » de « I am reading », et qui engendre d’une façon tout à fait mécanique

« I have been reading » par exemple, par une série de transformations qui ne sont pas celles de la conjonction de ces mots

mais de leur composition.
Il y a là quelque chose de fort séduisant, mais qui n’est point cela où je m’engage. Car ce qui m’intéresse, c’est ce pour quoi a été forgé cet exemple. Il a été forgé pour distinguer le « grammatical », d’un autre terme que l’auteur introduit ici dans l’ordre

de la signification, en anglais ça s’appelle « meaning ».
L’auteur pense, en ayant construit cette phrase, avoir donné une phrase qui est sans signification, sous le prétexte :

  • que colourless contredit green,

  • que les idées ne peuvent pas dormir,

  • et qu’il apparaît plutôt problématique qu’on dorme furieusement.


Ce qui le frappe c’est qu’il puisse par contre obtenir d’un sujet, sujet qu’il interroge ou qu’il feint d’interroger, mais assurément

qui est son recours, que cette phrase sans signification est une phrase grammaticale.
Je prends cet exemple historique parce qu’il est dans l’histoire, il est dans le travail, dans le chemin actuel de la linguistique.

Il me gène un peu en raison du fait qu’il n’est point en français, mais aussi bien cette ambiguïté fait partie de notre position,

vous allez le voir. Pour ceux qui ne savent pas l’anglais, je vous demande de faire l’effort, de vous représenter l’ordre inverse des mots, ce n’est pas grammatical :
« Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y ! »

« Y restez cieux aux êtes qui père notre. »
Voilà à quoi ça correspond la phrase inversée, assez connue, de Jacques PRÉVERT3.
Il est clair que le grammatical ici ne repose pas, du moins seulement, sur ce qui peut apparaître dans quelques mots de flexions,

à savoir : le « s » de ideas que vient conforter l’absence de « s » à la fin de sleep, à savoir un certain accord formel,

reconnaissable pour un anglophone, et aussi la terminaison « ly » de furiously qui nous indique que c’est un adverbe.
Car ces caractéristiques restent dans la seconde phrase. Elle est pourtant, pour un anglais, d’un degré tout à fait différent,

quant à l’expérience de la parole, de la première. Elle est non grammaticale, et n’offrira pas plus de sens que la prière ironique,

voire blasphématoire, de PRÉVERT. Mais croyez moi, avec le temps on la baptisera :
« Quel respect dans ce « restez-y ! » de cette phrase, une fois inversée ! »
Ceci indique que vous souligniez au passage, dans ce que je viens d’articuler, le mot de « sens ».
Nous verrons à quoi aujourd’hui il va nous servir, nous verrons ce que par là, j’introduis ici. En effet l’entreprise de CHOMSKY

est soumise, comme de bien entendu, à la discussion. D’autres linguistes ont fait remarquer, et tout à fait à juste titre,

qu’il y a quelque abus, ou en tout cas que la discussion peut s’ouvrir, autour de cette connotation du meaningless, du sans signification.
Assurément, la signification s’éteint tout à fait là où il n’y a pas grammaire, mais là où il y a grammaire, je veux dire construction grammaticale

ressentie, assumée par le sujet, le sujet interrogé, qui là est appelé en juge à la place, au lieu de l’Autre,

pour réintroduire un terme introduit dans notre exposé de l’année dernière, en référence4.

là où il y a construction grammaticale, peut-on dire qu’il n’y a pas de signification ?
Et il est facile, toujours me fondant sur des documents, de vous prier de vous référer à tel article de JAKOBSON5

dans la traduction qu’en a donnée Nicolas RUWET, pour que vous retrouviez dans tel article, dans la partie grammaire

de ses articles groupés sous le titre Essais de linguistique générale, page 205, la discussion de cet exemple.

Il me sera facile de pousser en avant toutes sortes d’attestations dans l’usage en anglais :



  • dans MARVELL, par exemple, Green thought in a green shade, qu’il traduit aussitôt, entre parenthèses, ou plutôt que le traducteur traduit : « Une verte pensée dans une ombre verte… »

  • voire telles expressions russes [cf. Jakobson, Essais de linguistique générale] tout à fait analogues à la prétendue contradiction ici inscrite dans la phrase.


Il n’y a pas besoin d’aller si loin, il suffit de remarquer que dire un round square en anglais - autre exemple pris par le même auteur -

n’est en réalité pas du tout une contradiction, étant donné que square est très souvent usité pour désigner une place,

et qu’une place ronde peut être un square. Dans quoi allons-nous pourtant nous engager ? Vous le voyez, dans des équivalences, et pour tout dire si j’essaie de montrer que cette phrase peut avoir une signification, j’entrerai certainement dans des voies plus fines.
C’est de la grammaire elle-même que je partirai, j’observerai si cette phrase est grammaticale ou non, que c’est par exemple en raison du fait que ce qui surgit dans cette phrase apparemment comme adjectif, à savoir « colorless green », se trouve avant le substantif,

et qu’ici nous nous trouvons, en anglais comme en français, placés devant un certain nombre d’effets qui restent à qualifier. Provisoirement je continue de les appeler « effets de sens ».
C’est à savoir que dans ce rapport de l’adjectif au substantif, l’adjectif nous l’appelons en grec ἐπίθεσις [épithésis] épithète.

L’usage, en anglais, en français et dans toute langue nous montre - encore qu’avec les langues cet usage varie - que cette question

de la place est importante pour qualifier l’effet de sens de la jonction de l’adjectif au substantif. En français par exemple,

c’est avant le substantif que se placera un adjectif qui, si je puis dire est identifié à la substance :

une « belle femme » est autre chose qu’une « femme belle ».
L’usage épicatathète 6, dira-t-on, celui de l’adjectif qui précède, est à distinguer de l’épanathète, de celui qui succède, et que la référence

de la femme à la beauté, dans le cas de l’épanathète, c’est-à-dire de l’adjectif qui suit, est quelque chose de distingué, alors qu’une belle femme, c’est déjà à l’intérieur de sa substance qu’il se trouve qu’elle est belle, et qu’il y a encore un troisième temps à distinguer, l’usage épamphithète ou d’ambiance, qui indiquera qu’elle a paru belle, cette femme, dans telles circonstances, qu’en d’autres termes,

il n’est pas la même chose de dire :

  • Furieuse Hermione,

  • Hermione furieuse,

  • Hermione, furieuse



En anglais le vrai épamphithète, c’est là qu’il est permis de mettre l’adjectif après le nom. Epanathète comme épicatathète se mettent toujours avant, mais toujours l’épicatathète plus près du substantif. On dira :
« Un de belle apparence et pourvu d’une belle barbe vieil homme. »
C’est parce que vieil est plus près de homme que le fait qu’il ait une belle barbe est une apparence rayonnante. Dès lors nous voici,

par les seules voies grammaticales, en mesure de distinguer deux plans et par conséquent de ne pas se faire se rencontrer

dans la contradiction : « green colorless »…
De plus quelques souvenirs de SHERIDAN7 que j’avais là notés pour vous, d’un dialogue entre Lady TEAZLE et son mari Sir Peter…

naturellement c’est les notes qu’on prend qu’on ne retrouve jamais au bon moment

…nous apprend assez, que par exemple, Lady TEAZLE proteste contre le fait qu’on la torture à propos de ces elegant expenses,

de ces « dépenses élégantes », ceci est fait pour nous faire remarquer que le rapport de l’adjectif et du substantif dans l’usage parlé,

quand il s’agit justement de l’épicathathète, n’est peut-être pas à prendre en anglais comme en français et que vous ne pouvez pas traduire « elegant expenses » par « dépenses élégantes », mais en inversant strictement leur rapport, en disant des « Élégances coûteuses ».
Même dans TENNYSON8 j’avais aussi pour vous une certaine « glimmering strangeness » qui, surgie du locuteur au sortir de son rêve, bien évidemment doit se traduire par lueurs étranges et non pas par étrangetés lumineuses.
De sorte qu’ici c’est peut-être bien de cette idée de verdeur - de verdeur idéale - qu’il s’agit, par rapport à quoi colorless est plus caduc :

c’est quelque chose comme des ombres d’idées qui s’en vont là perdant leur couleur, et pour tout dire exsangues.

Elles sont là à se promener... à se promener n’est-ce pas, puisqu’elles dorment.
Et je n’aurais aucune peine - faites-moi grâce de la fin de cet exercice de style - de vous démontrer qu’il est parfaitement concevable que si nous donnons au « sleep » - dorment - quelque chose de métaphorique, il y ait un sommeil accompagné de quelque fureur.

Du reste est-ce que ce n’est pas ce que nous éprouvons tous les jours ?
Et pour tout dire, si aussi bien vous me dispensez de cette vaine queue de discours - je vous laisse le soin de le fabriquer - est-ce que je ne peux pas trouver - à interroger les choses dans le sens du lien de la grammaire à la signification - je ne peux pas trouver

dans cette phrase l’évocation à proprement parler de l’inconscient où il est ?

Qu’est-ce que l’inconscient si ce n’est justement des idées, des pensées - Gedanken - des pensées dont la verdeur extrême...

FREUD9 ne nous dit-il pas quelque part comment « les ombres de l’évocation aux enfers parvenant au jour, demandent à boire du sang pour retrouver leurs couleurs ? » [Um mich eines Gleichnisses zu bedienen: es gibt für sie keine andere Art der Vernichtung als für die Schatten der odysseischen Unterwelt, die zum neuen Leben erwachen, sobald sie Blut getrunken haben. (Traumdeutung, Ch. 7c, note 1)]

...si ce ne sont pas des pensées de l’inconscient dont il s’agit, qui ici dorment furieusement ?
Eh bien tout cela aura été un très joli exercice, mais je ne l’ai poursuivi - je ne dirai pas jusqu’au bout puisque je l’abrège -

que pour souffler dessus, car c’est tout simplement complètement idiot. L’inconscient n’a rien à faire avec ces significations métaphoriques

si loin que nous les poussions, et chercher dans une chaîne signifiante grammaticale, la signification, est une entreprise d’une futilité extraordinaire.
Car, si en raison du fait que je suis devant cet auditoire, j’ai pu lui donner cette signification là, j’aurais aussi bien pu lui en donner une tout autre, et pour une simple raison, c’est qu’une chaîne signifiante engendre toujours - quelle qu’elle soit, pourvu qu’elle soit grammaticale - une signification, et je dirai plus : n’importe laquelle. Car je me fais fort, en faisant varier…

et on peut faire varier à l’infini les conditions d’entourage, de situation, mais bien plus encore les situations de dialogues

…je peux faire dire à cette phrase tout ce que je veux, y compris, par exemple, à telle occasion, que je me moque de vous.
Attention ! Est-ce que n’intervient pas là autre chose, à cet extrême, qu’une signification ?

Que je puisse dans tel contexte, en faire surgir toute signification, c’est une chose, mais est-ce bien de signification qu’il s’agit ?
Car la signification de tout à l’heure, pourquoi ai-je dit qu’aussi bien rien ne l’assurait. C’est dans la mesure même où je venais de

lui en donner une. Par rapport à quoi ? À un objet, un référent, quelque chose que j’avais fait surgir là, pour les besoins de la cause,

à savoir : l’inconscient.
En parlant de contexte, en parlant de dialogue, je laisse disparaître, s’évanouir, vaciller, ce dont il s’agit, à savoir la fonction du sens.

Ce qu’il s’agit ici de serrer de plus près, c’est la distinction des deux. Qu’est-ce qui fait en dernière analyse que cette phrase

- son auteur même l’a choisie - s’est si aisément confortée de quelque chose de si douteux, à savoir : qu’elle n’ait pas de sens ?
Comment un linguiste qui n’a pas besoin d’aller aux exemples extrêmes, au « carré rond » [round square] dont je parlais tout à l’heure, pour s’apercevoir que les choses qui font le sens le plus aisément reçu, laissent complètement passer à l’as, la remarque d’une contradiction quelconque ?
Ne dit-on pas, avec l’assentiment général : « une jeune morte » ? Ce qui pourrait être correct, c’est de dire qu’elle est morte jeune.

Mais la qualifier de « jeune morte », avec ce que veut dire l’adjectif mis avant le substantif en français, doit nous laisser singulièrement perplexe ! Est-ce comme morte qu’elle est jeune ?
Ce qui fait le caractère distinctif de cette phrase, je me le suis demandé, ne pouvant croire à une telle naïveté de la part de celui

qui la produit comme paradigme. Pourquoi a-t-il pris un tel paradigme, manifestement forgé ? Et pendant que je me demandais

ce qui faisait effectivement la valeur paradigmatique de cette phrase, je me suis fait apprendre à la bien prononcer.
Je n’ai pas un phonétisme anglais spécialement exemplaire. Cet exercice avait pour moi un usage : de ne pas déchirer les oreilles de ceux pour qui ce phonétisme est familier.
Et dans cet exercice, je me suis aperçu de quelque chose : qu’entre chaque mot, il fallait que je reprenne un peu de souffle.

Colorless... green... ideas... sleep... furiously. Pourquoi est-ce qu’il faut que je reprenne souffle ? Est-ce que vous avez remarqué

que sinon ça fait ss’gr idea(s’s)leep : un « s » s’enchaîne avec un « s », et après ça : p’furiously. [colorle
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