Le ministère de l’education, de la recherche et de l'innovation





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Je suis le ménestrel errant


Dans ma course incessante et folle

Je vais riant, chantant, souffrant

Avec mon chien et ma viole.8

Loyal, courageux et honnête, il est heureux quand il réussit à faire sourire ou pleurer d’émotion une belle Dame souvent délaissée par « un seigneur hautain et dur », véritable « lance féodale. » Les aventures amoureuses, quelque attrayantes qu’elles fussent, ne peuvent pas interrompre sa « course errante » car c’étaient là son destin et sa mission :

Je chante, on me paie, et je pars,

Et je reprends ma course folle,

Bravant partout mille hasards,

Avec mon chien et ma viole.9

Ménestrel moderne, la jeune Iulia aimait sans doute ces confrères du Moyen Age et l’époque à laquelle ils ont vécu, époque de gloire et d’amour.

La revivification du Moyen Age inclut aussi la peinture de la femme à cette époque-là. La figure féminine la plus lumineuse reste celle de Jeanne d’Arc. Tel que montre l’écrivain roumain Bogdan Petriceicu Hasdeu, sa fille avait la noble intention d’écrire une épopée dédiée à l’héroïne nationale française qu’elle aurait voulu intituler La Bonne Lorraine.10Malheureusement, sa maladie et sa mort prématurée ne lui ont pas permis de mener à bien ce projet audacieux.

Dans le poème de ce recueil (Jeanne d’Arc) l’héroïne est surprise juste avant sa mort, en attendant d’être brûlée sur le bûcher. Le choix est peut-être délibéré, vu que la poétesse allait mourir tout aussi jeune que l’héroïne qu’elle peignait. Humaine, Jeanne pleure sa « jeunesse et la vie » mais n’accuse personne, ni « son roi » qui l’avait oubliée, ni les « saintes » qui semblaient l’avoir abandonnée. Deux pensées lui donnent le courage d’affronter la mort. La première est l’espoir de sauver la France. Sans doute Dieu qui mit tant de courage et tant de grandeur « d’âme » en elle, une « simple femme », l’avait-il choisie pour que ce grand dessein se réalise. Elle est persuadée que son sacrifice n’est pas inutile, que sa mort sera vengée et son pays sauvé :

Le peuple et le roi se levèrent contre les envahisseurs :

Mes adieux sonneront l’heure de la délivrance

Et c’est en périssant que je sauve la France.

Sa dernière arme contre les Anglais, la plus forte et la plus efficace, sera sa propre mort :

Mon arme invincible et qu’on ne peut m’arracher


Et qui vous chassera d’ici, c’est mon bûcher.11

D’autres figures féminines, célèbres ou anonymes, légendaires ou réelles, grandes dames ou simples vilaines apparaissent dans ce petit recueil. Elles y occupent une place privilégiée, comme elles en occupaient une dans la société médiévale française : Aude, la fiancée de Roland, qui n’hésite pas à rejoindre le célèbre héros dans la mort, Agnès Sorel, qui fait un vœu où l’amour va de pair avec la vaillance, Marguerite, fleur et femme, dont la beauté lui « entr’ouvre les cieux », Odette qui reste fidèle au « pauvre roi fol » abandonné par tout son entourage, une châtelaine « au front pur » qui unit « la timide candeur d’un cœur virginal » à « la fierté superbe d’une reine », la fiancée du croisé, simple vilaine, qui désire ardemment que son fiancé revienne vainqueur et qui regrette de ne pouvoir l’accompagner dans son périple, une autre vilaine qui s’imagine châtelaine, la femme d’un preux chevalier, une Dame couverte de bijoux précieux, entourée de beaux livres et de « superbes reliques » qui « étouffe ses pleurs » pour n’avoir pas d’enfants, etc.

La jeune poétesse regrette de n’avoir pas été une de ces grandes dames. Elle aurait aimé qu’un « vaillant héros » éprouvât pour elle un amour passionné et elle le lui aurait rendu. Ensemble, ils auraient partagé amour, gloire et périls :

J’aurais aimé qu’ainsi l’on conquît mon amour,

Et ce vaillant héros l’eût reçu sans retour

[…]

Dans sa main ferme et ronde ayant posé ma main

J’aurais bravé le sort, sans peur du lendemain ;

[…]

Je l’aurais vu partir sans faiblesse et sans peur,

Sûre que du combat il reviendrait vainqueur

Et du haut du rempart admirant son cortège

De guerriers chevauchant sur des chevaux fringants,

J’aurais songé tout bas au tumulte des camps

Et prié Dieu qu’il le protège.12

Pour Iulia Hasdeu, le Moyen Age était l’époque de la transcendance, de la vaillance, mais aussi de l’amour courtois, de cette fin’amors qui supposait l’idéalisation, voire l’idolâtrisation de la femme, censée être une reine, une déesse. En ce sens, le chevalier qui promet de « porter toujours amour fidèle à sa Dame » est digne d’estime, tandis que le chevalier « poltron », « amant infidèle », qui a trahi sa foi et ses serments » perd sa gloire et devrait tout bonnement « s’enfouir au fond d’un monastère ».Le Moyen Age pourrait très bien servir de modèle pour un art de vivre – élégance, distinction, sentiment de l’honneur, etc., ainsi que pour un art d’aimer : soumission, fidélité, idolâtrie de la femme, bref une véritable religion de l’amour :

Comme l’on sert Dieu, l’on doit servir sa belle,

Le chevalier poltron est amant infidèle :

Le chevalier sert sa Dame et l’honneur

Dans ses combats, elle est présente à sa mémoire,

C’est elle qui l’anime et le pousse à la gloire :

C’est pour elle qu’il est vainqueur.13

La jeune poétesse chantait parfois un amour tout aussi exaltant que celui des troubadours et des trouvères. Férue des lois de l’amour chevaleresques, de cette fin’amors qui faisait de la femme l’inspiratrice des exploits du chevalier et l’objet de la vénération de celui-ci, elle désirait avec ferveur être aimée, idolâtrée, vénérée. L’amour rappelle la mort, Eros rencontre Thanatos, mais qu’importe du moment que l’on est aimée. Pour une femme, c’est la condition sine qua non d’une vie comblée :
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