Le ministère de l’education, de la recherche et de l'innovation





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L’image brouillée de la Roumanie en France à l’heure actuelle




Elena MATHÉ

Université de Lyon
Résumé: L’ étude essaiera de mettre en evidénce, à partir d’une analyse des «clichés» exprimés lors de divers témoignages enregistrés se rapportant aux Tsiganes et à la perception de la Roumanie en France, une répresentation souvent «fausse» de la réalité sociale culturelle et économique du peuple roumain avec sa composante formée par les Roms. Cette perception est largement alimentée par les médias et par une méconnaissance quasiment totale de l’histoire des Roumains dans l’Europe de l’Ouest. On remarque aussi l’absence d’une prise de conscience en vue de trouver des solutions pour une meilleure intégration socio-économique des Tsiganes roumains.

Mots clé: Tsiganes, Roms, intégration européenne, interculturel, Roumanie, langues romanes, minorités, éducation, scolarisation, représentations sociales, discours des médias, clichés.
Ce travail est né d’un double constat que nous avons pu faire lors de différents séjours en France.

Tout d’abord, celui d’une très grande méfiance, voire d’un rejet, en France à l’égard de ceux que l’on appelle de manière générique les Tsiganes, ceux qui viennent d’Europe de l’Est, méfiance étendue assez souvent à tous les autres peuples de l’Est. Que ce soit dans des situations scolaires (même si incontestablement un effort est fait, en France, pour mieux les intégrer), professionnelles ou plus généralement sociales (dans les magasins, dans la rue, lors de rencontres privées), un véritable « racisme » s’exerce, qui se manifeste très souvent de manière implicite et doublé d’une certaine « mauvaise conscience » à le formuler. Ce racisme ne concerne d’ailleurs pas, en France, que les Tsiganes, mais ce n’est pas le sujet ici de s’intéresser à ses autres victimes.

Mais surtout, nous avons constaté une méconnaissance quasi-totale, souvent suivie d’une confusion autant sociale que politique concernant l’histoire des Roumains et des Tsiganes en Europe. Le Rôle des Médias montre que l’opinion publique n’est ni plus informée ni plus sensibilisée à ces questions. Une incursion dans l’histoire récente des Roumains a donc été nécessaire à la rédaction de ce travail. Quelques données et figures historiques roumaines à partir de 1848 jusqu’à nos jours, seront indispensables dans les manuels d’histoire ou bien dans les émissions éducatives françaises afin d’essayer d’apporter quelques éclairages concernant l’évolution d’une vie et d’une histoire communes entre les Roumains et les Tsiganes dans une Europe en pleine effervescence, à travers des systèmes politiques différents avec les complexités sociales qu’ils ont engendrées. Des occupations Ottomane et Austro-hongroise aux guerres des Balkans et jusqu’aux deux guerres mondiales, avec un passage par les « années d’or », entre les deux guerres dans un contexte d’eldorado financier sur un fond de francophonie et de francophilie exacerbées, du régime du général Antonescu avec les pogromes et les déportations de juifs roumains et de Tsiganes jusqu’aux atrocités de la dictature communiste, la Roumanie a changé de modèle, d’image et de perspective et a connu tous les extrêmes.

Le rôle des médias: la culture prospère des clichés de misère

« Des racines et des ailes », « J’irai dormir chez vous »48, autant de documentaires et d’émissions de la télévision française qui cherchent à apporter un peu plus d’information sur le mode de vie de nouveaux pays intégrés à l’Union Européenne, comme la Roumanie. En France, pour avoir vu les réactions de téléspectateurs regardant ces émissions, le résultat de ce qu’ils retiennent est souvent récurrent: «ils sont pauvres, c’est triste, les gens sont malheureux, ils ne sourient pas dans la rue, les façades des immeubles sont grises…. Et puis il y a des enfants abandonnés qui mendient dans les rues, il y des clochards drogués, vous êtes sûre que vous avez de quoi manger là bas? ». Les stéréotypes, cela a toujours donné du grain à moudre aux journalistes …

Et ils ont peut-être raison, les téléspectateurs, vivant en France: si nous n’étions pas d’origine roumaine et n’avions pas vécu en Roumanie, pour en connaître au moins une partie de sa grande complexité historique et culturelle, l’image des villes roumaines véhiculée par les médias étrangers me semblerait à moi aussi désolante et inquiétante. Des cadres filmés dans les quartiers abandonnés ou en pleine reconstruction des banlieues, des sorties nocturnes dans les quartiers des gares, des interviews de chômeurs à la périphérie des grandes villes, la désolation des endroits anciennement industriels, en voie de disparition, les orphelinats, la prostitution, autant d’ingrédients nécessaires à tout journaliste qui se respecte et qui s’est donné la peine de faire le voyage jusque dans ce pays ex-communiste au fin fond de l’Europe de l’Est, avec souvent une idée bien précise de son sujet et un séjour limité, manque de financement. Rien de très inquiétant, puisque ce sont souvent les mêmes journalistes qui nous font découvrir, de la même manière, les autres pays du monde…? L’antidote? « L’esprit critique: certes les lecteurs et les téléspectateurs sont matraqués mais aussi plus informés. Abreuvés pas la multiplication des chaînes privées. « Désintoxiqués » par Internet? A en croire les partisans du Web, le salut ne viendra que de la blogosphère. Une illusion. Les campagnes de désinformation pullulent aussi sur la Toile. Et si le seul véritable contrepoison, dans les « vieux » comme dans les nouveaux médias, était cette « éthique du journalisme », dont parlait déjà Camus? « On cherche à plaire plutôt qu’à éclairer », disait-il à une profession qu’il appelait à être en perpétuelle résistance, en 1950, » titrait le Nouvel Observateur début février 2007.

Le rôle des médias : le mythe du paradis perdu

Vu de Roumanie, des clichés et des idées reçues. Rien à dire cela existe aussi, mais il n’y a pas que cela … « C’est comme si j’arrivais en France dans les villes du nord du pays où il n’y a plus de travail pour les habitants, où les gens sont désespérés et mécontents, furieux pour certains contre leur pays et leur gouvernement, je ferais quelques interviews bien malheureuses, ensuite j’irais filmer les prostituées de Paris et leurs malheurs, les quartiers défavorisés où les maghrébins et les noirs français ne trouvent presque jamais un vrai travail et je laisserais passer cela sur la chaîne nationale en disant : c’est tout, c’est la France, mes amis! », réagit un journaliste roumain las d’avoir à chaque fois à se défendre et à rassurer les Français sur son pays.

Quant à l’image des villages transylvains (c’est souvent en Transylvanie qu’ils vont chercher à « améliorer » l’image du pays) et du style de vie à la campagne, les Français s’y retrouvent plus facilement, surtout ceux d’un certain âge, qui retrouvent leur bonheur d’enfance, une sorte de retour aux racines, dans un paysage bucolique de collines sauvages peuplées encore d’ours et de loups. Les images des paysans roumains qui se réveillent encore de bonne heure pour travailler les champs et s’occuper des bêtes, tandis que leurs femmes vont moudre le maïs dans le vieux moulin à eau et nettoient la maison, font vibrer la corde sensible et excitent les esprits. Et surtout, le moment culminant et incontournable dans tout reportage sur les villages roumains: les « caruta » (charrettes) tirés par un ou deux chevaux qui sillonnent encore les rues non goudronnées des « patelins » perdus dans les montagnes transylvaines.

« C’était comme ça chez nous, dans le Tarn, quand j’étais petit, ma mère vivait dans une maison comme cela sans eau courante et électricité, il y avait un puits comme dans le reportage … c’était exactement ça la France d’il y a cinquante ans! », raconte avec un brin de fierté M G., 78 ans, habitant de St Agnin sur Bion.

Pour ce qui est des Tsiganes, heureusement qu’ils existent. Ils deviennent rapidement le bouc émissaire de l’image négative de la Roumanie à l’étranger. Et pour cause, après la révolution de 1989, des vagues successives d’émigration sont constatées en provenance de Roumanie. Les raisons et les conséquences de cette émigration seront développées par la suite. Des familles entières de Tsiganes quittent le pays à la recherche d’une vie meilleure à l’Ouest, cet Ouest tant désiré et tant fantasmé pendant une période de plus de 40 ans d’enfermement et de dictature communiste. En définitif, très peu de choses les lient à la terre et à la société roumaines, ils redécouvrent un certain goût du nomadisme, un air de liberté, les frontières ouvertes, le vent en poupe. C’est ce que la plupart des Roumains répondent quant à cette fuite vers l’ouest et c’est aussi ce qu’ils admirent, « ce courage de tout larguer et de repartir de zéro », « quel culot! ». Et ils ne le savent que très bien, certains d’entre eux, pour avoir quitté eux-mêmes massivement des villages entiers dans le Nord-Est de la Roumanie, en faveur du travail en Espagne ou en Italie sur des chantiers de construction ou tout simplement à la cueillette des fruits. Ils ne se méfient que très peu de l’accueil à l’Ouest, ils espèrent pouvoir redémarrer, comme ils l’ont toujours fait. Surprise: la terre d’accueil n’est pas aussi hospitalière qu’ils le pensaient, le niveau de vie est beaucoup trop élevé, les conditions d’intégration complexes, la langue pas aussi facile à maîtriser, surtout quand on a des préoccupations de survie et de logement du jour au jour. Résultat: ils finissent par laver les pare-brise aux carrefours français, allemands ou italiens, attirent l’intérêt des médias, ou pire encore – commencent à voler pour résoudre plus vite leurs petits problèmes du quotidien.

En Roumanie, le problème ne devient visible et donc est conscientisé que très récemment (2004-2005), quand Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur à l’époque, donne l’ordre de renvoyer, par avion, quelques dizaines de Tsiganes roumains vers leur pays d’origine. Comme cela, le problème est vite réglé et classé, laissant la place en Roumanie comme en France à toutes sortes de dérives de nationalisme extrémiste, comme dans ce témoignage clairement raciste d’un ingénieur roumain francophone vivant à Bucarest:

« Si j’étais dirigeant du pays, j’enverrais tous ces tsiganes sur une île déserte sans leur donner le moyen de pouvoir s’échapper, comme cela ils arrêteraient d’embêter tout le monde avec leur misère et leur saleté. Pourquoi pensez-vous que les Français et les Italiens disent de partout que tous les Roumains sont des Tsiganes, arriérés et primitifs? Parce que les Tsiganes, comme ils n’avaient plus de quoi voler, ou cela ne les satisfaisait plus en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie, sont tous partis mendier et voler dans les pays occidentaux. Et là bas ils se disent des « Roms », alors forcément comme les « Roms » ne peuvent pas venir de Rome, ils viennent de Roumanie, peut importe si en fait ils sont Tchèques, Bulgares, Yougoslaves ou Hongrois. C’est eux qui abîment l’image de ce pays à l’étranger … Alors je vous dis: on élimine le problème des Tsiganes, on change l’image du pays à l’étranger … »

Nous n’avons pas osé lui demander ce qu’il comprenait par « éliminer ».

L’image brouillée de la Roumanie en France

Si en Roumanie l’explication pour l’image négative, actuelle et depuis une dizaine d’années, du pays à l’étranger consiste à renforcer les haines contre les « Tsiganes qui volent, qui mentent, qui sont fainéants, qui préfèrent mendier et traîner dans les rues» (type de discours récurrent en Roumanie), la surprise est encore plus grande quand les Roumains « non Tsiganes » arrivent en France et qu’on les méprise de la même manière, en les guettant du coin de l’œil pour être sûr qu’ils ne volent pas dans les magasins.

Pourquoi les misérables sont ils encore plus misérables et ont-ils besoin de tricher et de voler pour vivre? Voici une question dont personne ne cherche la cause et sur laquelle tout le monde est d’accord: « ils n’ont pas envie de travailler ».

Pourquoi cette identification, de nos jours, en permanence négative et cette confusion récurrente entre les voleurs et les roumains?

C.R., journaliste roumain, se souvient de son premier voyage en France, après la révolution de 1989. « C’était impressionnant … cela m’a surpris énormément surtout qu’à l’époque on ne savait pas très bien qui quittait le pays, même si les chiffres montraient un vrai flux migratoire inquiétant vers l’Ouest, mais surtout on ne savait pas ce qu’ils devenaient, tous ces migrants. A la gare, à Paris, des dizaines de personnes affichaient un bout de papier avec le message: Aidez-nous, SVP, nous sommes Roumains! ». Une colère occultée dans les têtes de milliers de Roumains partis à l’Ouest, une indignation et une frustration de ne pas pouvoir expliquer à tout le monde que cela n’est pas représentatif de la Roumanie. D’ailleurs, cela n’est pas forcément représentatif de l’ensemble des Tsiganes non plus. Les mendiants déplaisent aussi à beaucoup de Tsiganes. Mais pendant des années, après la « révolution » de 1989, ce sont les seuls représentants de la communauté que rencontrent la plupart des Européens. C’est l’humiliation d’une nation de mendiants, située en plus du mauvais côté de l’Europe qui irrite les habitants de la Roumanie49.

D.M., professeur de français dans un collège privé à côté de Lyon explique: « parce qu’on entend régulièrement à la télé qu’un groupe de Roms vandalise des dépôts à tel endroit, mendient dans les rues, ou lavent des pare-brises en centre ville de Lyon pour quelques sous. Comment je sais qu’ils sont Roumains? Ils sont Roms, Rom c’est Roumain …!? ». Certains témoignages mettent en évidence, comme ci-dessus, une confusion entre les deux termes « Roms » et « Roumains ». D’où vient cette confusion? Une seule hypothèse est envisageable: une mauvaise connaissance de l’histoire de la Roumanie. Quant à la culture franco-roumaine, le constat ne peut être que le même. La même personne interviewée ci-dessus répondra affirmativement à la question « Avez-vous entendu parler de Emil Cioran et de Eugène Ionesco? », mais argumentera sa réponse en insistant sur la nationalité française des deux écrivains tout en avouant n’avoir pas fait naturellement le lien avec la Roumanie.

En France, la confusion est visible, non seulement entre Tsiganes et non Tsiganes, mais aussi entre Roumains, Hongrois, Bulgares et autres « peuplades de l’Est ».

Pour l’anecdote: il nous est arrivé plus d’une fois, à Bucarest, à l’Ambassade de France, d’entendre des bouts de discours, certes gentils et encourageants quant au soutien toujours présent de la France, mais complètement brouillé quant au message d’accueil « Je suis très content d’être aujourd’hui à Budapest, parmi vous … ». Plus d’une fois, l’attaché de presse de l’Ambassade de France a dû organiser des conférences de presse pour expliquer la fatigue et les programmes chargés de certains ministres et députés français, qui prennent l’avion à Paris et ont l’impression d’atterrir en Hongrie?!

Un autre constat fait cette fois ci auprès de la jeunesse française, des étudiants pour la plupart, qui avouent ne pas bien voir la localisation géographique de la Roumanie, chose pas très grave en soi, mais ne pas entendre non plus la différence entre la langue russe et la langue roumaine: « J’avoue que je ne vois pas très bien la différence entre les langues polonaise, russe, roumaine, bulgare, hongroise … Je sais que ce sont des langues slaves … (balbutiements) Non? », avance M.S., étudiante en licence, préparant le concours de professeur des écoles, lors d’une soirée entre jeunes. Le plus surprenant encore, c’est que parmi la trentaine d’étudiants (toutes filières confondues) présents à la soirée, un seul a soulevé le problème tout en pointant son désaccord quant à la déclaration de M.. C’était un étudiant en Droit International, de nationalité grecque, qui a fini par faire un cours magistral sur l’histoire des Balkans (notamment la révolution grecque déclenchée en Roumanie à la fin du XIXème siècle par Alexandru Ipsilantis) et sur cette fameuse latinité de la langue roumaine « dans un océan de slavitude ».

La Grande Roumanie50 existe dans ses frontières actuelles depuis 1918 (à l’exception du Quadrilatère donné à la Bulgarie, de la Bessarabie et une partie de la Bucovine perdues en 1947, en faveur de la Russie), date avant laquelle il existait le même territoire disputé progressivement entre les Turcs (Empire Ottoman), les Hongrois (Empire Austro-hongrois) et les Russes, pays frontaliers de la Roumanie actuelle. Terre de mélange de différentes nationalités, mais surtout et pendant longtemps, terre de bataille et de division entre les grands pouvoirs de la région, dont les habitants, pour la plupart agriculteurs, sont souvent réduits en esclavage. Des siècles et des siècles d’occupation étrangère, occultés soigneusement pendant le système communiste, n’attendent que d’être digérés et intégrés aux tripes de cette Roumanie, qui risque autrement de tomber dans l’extrême de la fierté nationale.

Tsiganes et paysans roumains sont soumis pendant des siècles aux oppressions des propriétaires de terrains (les boyards, vrais acteurs administratifs pendant plus de quatre siècles de protectorat Ottoman), de l’Eglise Orthodoxe sur les propriétés des monastères, des commerçants aisés. Le terme de « Tsigane » devient vite synonyme d’esclave d’où l’importance actuellement de la dénomination de « Rom ». Leur mode de vie « bizarre », souvent nomade, leurs traditions de liberté et d’insouciance les différencient des autres esclaves, les réduisant à un statut de bouc émissaire de la misère et de la pauvreté. Assujettis à une assimilation forcée et à la discrimination, les Roms ont développé à travers les siècles leurs propres stratégies de survie, stratégies qui creusent encore plus les différences avec d’autres ethnies. Les Tsiganes sont malins, ils sont capables de vendre n’importe quoi et quand ils n’ont plus rien à vendre, ils volent ou bien, à la limite extrême, ils mendient. Ce n’est pas une source de honte ou d’humiliation: c’est tout simplement une autre manière d’atteindre son but dans la vie: gagner de l’argent pour vivre.

Plus tard, le racisme contre les classes sociales, poussé à l’extrême pendant l’époque communiste, grâce à la valorisation d’un certain type de nationalisme, fierté d’appartenance à la nouvelle grande nation en train de renaître, s’amplifie après la révolution de 1989 et se dirige presque exclusivement contre les communautés de Roms. De nouveau boucs émissaires pris dans un contexte politique et économique, d’un pays toujours en voie de développement, les Roms seront-ils encore « les souffre douleurs » des Européens?

Obligés par les lois du pays de baptiser leurs enfants et de les enregistrer à l’office de la population, de les scolariser et d’entrer dans le rang de la société moderne roumaine, pour ceux qui vivent en Roumanie, ils sont officiellement de nationalité roumaine, tout en restant volontairement ou non, différents. Mais ce sont ces petites différences qui font l’intolérance. La nationalité est souvent vue en Roumanie comme « appartenance », par le groupe, par le sang, et par la culture, non pas par le territoire et surtout pas par la citoyenneté. Et cela s’explique peut-être par toute cette histoire d’occupation étrangère.

De nos jours, la Roumanie reconnaît officiellement l’existence d’une vingtaine de « minorités nationales »51. D’autres sources parlent de l’existence d’environ 2 millions de Roms (auto identifiés ou en négation par peur de discrimination) sur le territoire de la Roumanie, avec une plus grande concentration en Transylvanie.

La problématique

Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons donc procédé à une première investigation modeste sous forme d’un questionnaire52 envoyé d’une part à des Français ayant vécu en Roumanie pendant une période de quatre à dix ans et d’autre part à des Français n’ayant jamais vu la Roumanie, mais ayant une représentation personnelle sur les Roms (Tsiganes) et les Roumains. Ce questionnaire a concerné une trentaine de personnes et nous a permis, sans aucune prétention statistique, de dégager deux points qui posaient problème:

  • une méconnaissance de la Roumanie comme pays de l’Est de l’Europe et de sa complexité ethnique et sociale,

  • une confusion presque systématique en France (et en partie compréhensible) entre Tsiganes et Roumains.

Le but de ce mémoire est donc de proposer quelques éléments de réflexion et d’information concernant la place et le rôle des Tsiganes, historiquement et de nos jours en Roumanie mais aussi en Europe, et de mettre en évidence comment la société européenne actuelle (roumaine et française dans un premier temps) comprend et tente maladroitement d’assimiler une culture et un style de vie différents. Pour ce faire, nous partirons du constat des clichés et des stéréotypes véhiculés notamment à travers un discours discriminatoire permanent mais non argumenté et des images télévisées autant en France qu’en Roumanie. Et pour mieux comprendre la déception des Roumains quant à la dégradation systématique de l’image de leur pays à l’étranger, il faut commencer par mettre en lumière quelques données historiques de l’époque moderne roumaine.
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