Première partie : la grammaire des futurs urbains 14





titrePremière partie : la grammaire des futurs urbains 14
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date de publication05.10.2017
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Troisième partie :

1 - Les villes entrent en scène (une histoire française)

La généalogie que nous venons de dresser fait de la ville intelligente non pas le produit d’une pensée urbaine mais plutôt le prolongement spatial du déploiement des technologies numériques. La crise du « Large technical system », crise de croissance, de limitation ou de décroissance, apparaît comme motif et comme opportunité d’expérimentation de ces technologies qui vont pouvoir s’instituer comme « solutions » et se disséminer tandis que la recherche d’une compétitivité schumpéterienne poussait les autorités européennes à en favoriser l’essor au nom de l’innovation.

Mais il ne faudrait pas interpréter ce mouvement comme l’imposition unilatérale d’une rationalité technologique et entrepreneuriale à un domaine vierge, dépourvu de toute capacité à agir et à être co-acteur en quelque sort de ce déploiement.

Il y a dans l’histoire récente des territoires urbains des pays industrialisés un certain nombre d’éléments qui prédisposaient les villes à cette rencontre, à s’en emparer, quitte, au passage, à en réorienter le récit.

On peut ainsi faire une histoire urbaine de la ville intelligente, histoire qu’il ne faudrait confondre en aucun cas avec celle de la ville intelligente elle-même, et qui, par un côté, remonterait à un temps antérieur à l’adoption de cette expression et de l’autre en dessinerait des prolongements singuliers, fragmentaires, s’autonomisant parfois de la matrice numérique qui l’a portée.

Il y aurait ainsi une balistique de la ville intelligente : les fragments par lesquels ont la saisit peinent à nous renseigner sur sa trajectoire générale, et la généalogie qu’on en dresse ne dit pas tout de ce vers quoi elle tend. Car ces fragments ont agrégé en cours de route d’autres composants dont le récit se mêle aux leurs pour constituer des explications, des justifications et des perspectives, bref, pour former le discours « politique » de la ville intelligente, celui que les villes, leurs élus ou leurs techniciens vont mobiliser pour s’en faire les acteurs.

Parmi ces dispositions, on peut citer ce que certains auteurs ont appelé le tournant entrepreneurial des villes (REFERENCE). En cessant pour partie

De l’administration à la gestion et de la gestion à la logique entrepreneuriale.

Le new public management et la bonne allocation de la ressource

La technicisation des services urbains, entre maîtrise et dépossession.

Mais l’ensemble de ces dispositions qui expliquent la réceptivité des villes à la smart city et qui vont en nourrir le récit municipal ne forment pas à elles seules le schéma complet de son adoption. Elles ne permettent pas non plus d’élucider les différences de discours, les différences de stratégies -si ce n’est de rhétoriques- qui distinguent une ville d’une autre alors qu’elles revendiquent un certain volontarisme en matière de ville intelligente.

En première analyse – nous invitons les chercheurs à en proposer d’autres – nous avons identifié plusieurs grands vecteurs par lesquels, de façon plus explicite, la ville intelligente a pris place dans le discours et la stratégie affichée des villes.

Le premier reprend ce que nous évoquions à propos du large technical system, à savoir la crise des réseaux, et concerne la place des réseaux intelligents d’électricité dans la formation de la smart city française en faisant l’hypothèse qu’ils y occupent une place particulière à travers notamment les nouvelles opérations d’urbanisme.

Le second concerne les politiques de passage au numérique de la relation des villes à leur administrée. La smart city s’inscrirait alors dans le prolongement de la e-Administration.

Le troisième concerne le changement de régime de circulation des biens et des personnes.

Enfin, moins des vecteurs que des registres de légitimité : le développement durable et les politiques d’attractivité des villes interviennent également. Ils seront examinés afin de mettre en lumière les relations qui les relient à la ville intelligente.

    1. Du smart grid à la smart city

Dans de nombreuses opérations d’aménagement, notamment celle placées sous le sceau de la ville durable et inscrites dans des grands programmes nationaux ou européens, il est désormais courant que la question énergétique fasse l’objet d’une attention spécifique. Souvent, au détour d’un document, il est question de smart grids.

Les smart grids désignent des réseaux intelligents d’énergie. En réalité, il s’agit essentiellement des réseaux d’électricité. Car c’est l’électricité, son transport et sa distribution qui sont les premiers intéressés par une forme de régulation nouvelle : les pics journaliers et saisonniers de consommation augmentent plus vite que la base et l’électricité présente cette double caractéristique de mal se stocker tout en demandant un équilibre constant en tension (lois de Kirchov), sans quoi il y a risque de black-out, c’est à dire de rupture de connexion sur l’ensemble des segments d’une même boucle, avec des effets en cascade. Si le terme « smart grid » est étendu à d’autres formes d’énergie c’est parce que ces autres énergies peuvent intervenir dans un schéma de maîtrise de la courbe de charge électrique d’un territoire mais aussi parce que la logique régulatoire inspirée de l’électricité peut leur être appliquée.

En quoi consiste-t-elle ?

Commençons par caractériser les smart grids.

Les smart grids sont des réseaux de distribution d’énergie, essentiellement l’électricité, disposant, par l’intégration généralisée de TIC, d’une capacité nouvelle à optimiser en temps réel l’offre et la demande78. L’efficacité économique mais aussi environnementale de l’ensemble s’en trouverait ainsi améliorée : lissage des « pointes » de consommation appelant auparavant des sources carbonées, possibilité d’intégrer, de bien utiliser voire de stocker la production intermittente des énergies renouvelables (éoliennes et photovoltaïque, etc), optimisation du dimensionement des systèmes...

Cette meilleure allocation entre l’offre et la demande, cette plus grande réactivité et capacité d’anticipation obtenues grâce à des TIC embarquées, n’acquièrent une réelle valeur que si l’on peut moduler la demande d’électricité et non simplement l’offre (ou, si l’on préfère, la production). C’est là où ce qui n’était qu’une innovation invisible peut prendre, si elle se généralise, un caractère disruptif79 : le dispositif de télécommunication dépasse sa simple fonction informative pour devenir un système de commande permettant d’agir à distance sur les consommations, directement ou indirectement. En consentant à s’effacer du réseau à la demande, les usagers de l’énergie, leurs bâtiments et leurs territoires participent à l’efficacité générale du système -désormais sous contrainte environnementale (disponibilité et coût de la ressource) - à sa robustesse face aux aléas, voire à sa résilience en cas d’accident.

Plus qu’une technologie d’optimisation offre/demande en temps réel, les smart grids seraient donc un moyen d’obtenir une flexibilité des consommations d’énergie par un système d’information mais aussi de commande dans un contexte où l’intermittence de la production d’énergies renouvelable et les appels de puissance liés aux nouveaux usages (notamment les véhicules électriques) obligeraient tout à la fois un renforcement des réseaux de distribution d’électricité et le recours à des sources complémentaires, souvent plus carbonées, d’énergie.

Il y aurait là, en première lecture un bénéfice collectif - environnemental et économique du moins- qui semble évident.

Il faudrait ici mesurer et discuter : le contenu carbone de ces technologies, leur coût global, etc. ne contrarient-il pas le bénéfice escompté ? De même, il faudrait détailler, distinguer : il est abusif d’assimiler les smart grids à l’effacement et l’effacement aux smart grids. Il existe des modèles d’effacement diffus qui ne se fondent pas directement sur une infrastructure technico-numérique dédiée si ce n’est en aval du compteur de chaque client particulier et qui jouent sur le nombre important d’abonnés consentant s’effacer (à l’exemple de Voltalis). Inversement, il existe des infrastructures territorialisées de smart grids qui ne s’inscrivent pas dans un schéma de demand-response de mais mais sur des appariements localisés de bâtiments fonctionnant à des rythmes opposés (activités, habitat, par exemple) et pour lequel, d’ailleurs, le modèle d’affaire n’est pas totalement établi (on pense ici aux premières version d’IssyGrid).

Ce n’est pas l’objet de ce chapitre ni même de cet ouvrage que d’approfondir le sujet.
La question est plutôt de préciser la façon dont le smart grid a tracé ou pas la voie à la smart city dans certaines collectivités.

Le motif mis en avant pour faire du smart grid non plus un simple instrument du distributeur mais l’objet d’un intérêt collectif a d’abord été en France l’idée que les pointes de consommation étant carbonées, tout dispositif permettant d’araser cette pointe permettait de diminuer les émissions de CO2. Autrement dit : au lieu d’activer des moyens soupes de répondre aux besoins de pointe comme par exemple activer une centrale à charbon, on reconstitue l’équivalent cette offre par « soustraction » de la demande. Mais un second motif (qui d’ailleurs a été premier dans le cas des Etats-Unis) est de considérer cette pointe du point de vue de la puissance appelée et donc du risque qu’elle fait courir au réseau de distribution d’électricité dès lors qu’il est peu maillé avec d’autres réseaux de distribution ou de transport et surtout s’il se trouve en fin d’arborescence (ce qui est le cas de la Bretagne et de l’Est de la région PACA). La problématique CO2 ne disparaît pas complètement car la puissance appelée s’apprête à devenir encore plus importante si aux usages domestiques de l’électricité eux-mêmes en croissance vient s’ajouter la charge des véhicules électriques prévus pour se substituer aux véhicules actuels, dotés de moteurs thermiques (essence ou diésel).

Plus encore, l’arrivée de nouvelles sources renouvelables de production d’électricité risque, avec l’éolien et le photovoltaïque, de générer non plus des appels mais des envois de puissance intermittents du fait du caractère intermittent de l’ensoleillement et de la variabilité du vent.

Ainsi, c’est l’accueil du renouvelable, autrement dit, la variabilité de l’offre autant que les pics de consommation qui justifient désormais le recours au smart grids, allant jusqu’à rechercher le moyen de mettre certains des espaces temporairement hors alimentation électrique extérieure. L’autonomie énergétique de la maison, modèle initial de l’usage de l’électricité tel qu’envisagé par Edison et récusé par l’édification des réseaux d’électricité dans les pays industriels, devient ainsi une ressource pour ces réseaux, une condition de leur perpétuation.

Cette évolution dans l’exposé des motifs des smart grids n’en font pas le déterminant de la smartification des villes mais participe à ce que chaque projet urbain, chaque opération d’aménagement devienne l’occasion de déployer un smart grid, participant à l’incorporation de celui-ci dans la panoplie de la panoplie des opérations d’urbanisme.

Cette smartification énergétique de l’espace urbain participe-t-elle de la smartification des villes ? Difficile à dire à ce stade. Mais poursuivons.

Si l’on reprend la figure de l’effacement contractuel et diffus, on note une forme d’enrôlement du consommateur érigé en « acteur » du système énergétique, devenant s’il dispose de moyens propres de production (photovoltaïque, éolien), un « consommacteur » (« prosumer » en anglais), autrement dit l’agent actif d’un système dont chaque élément devient tout à tour producteur et consommateur, offreur et demandeur, selon des modalités rendues possibles et régulées par l’informatisation distribuée du réseau.

Ce consommacteur est-il véritablement acteur ou variable d’ajustement ? Est-il autre chose que le support du contrat qui relie son installation au réseau de distribution ? Il y aurait des travaux et des débats à mener plus avant.

Nous contenterons ici de prendre acte de la formation de ces nouveaux modèles et infrastructures en nous demandant s’ils constituent un idéal-type de la smart city, sa matrice, ou un exemplaire localisé ne pouvant être pris pour le tout.

Il faudrait pour répondre à cette question étudier au cas par cas comment, par quels acteurs les smart grids ont imprimer leur marque sur la manière d’envisager la régulation de l’ensemble des services urbains en réseau ou si ils témoigne du même air du temps, du même Zeitgeist, ou encore des mêmes nécessité de gestion des flux sous contraintes environnementales et économiques.

L’association smart grid/smart city telle qu’on a pu la rencontrer dans des salons industriels ou des manifestations des années 2014-2015 ne dit peut-être rien d’autre que le fait que ces différents types de rapport sous les espèces du smart se mêlent désormais pour se justifier mutuellement.

On pourra alors se demander si cette justification mutuelle de la smart city par le grid et réciproquement ne traduit pas autre chose. Une hypothèse à creuser serait ainsi que la smart city ne se constituerait à partir des smart grids comme l’extension de leur succès mais précisément comme une réponse à leur échec ou, si ce n’est leur échec, leurs difficultés..

En effet, le « faible » coût actuel de l’énergie, en France tout du moins rend difficile l’établissement d’un modèle d’affaire convaincant qui justifierait les investissements à réaliser. Pour le dire autrement, les économies d’énergie réalisées au moyen des smart grids conçus comme dispositifs d’effacement ou de MDE ne paient pas l’investissement que l’on consent à leur endroit. Dès lors, il est tentant de chercher à rentabiliser l’investissement par des services connexes : non pas tant des services énergétiques secondaires que des services d’une autre nature, rendus possibles par l’introduction, jusqu’au cœur des logements, de dispositifs de communication et de commande/contrôle liés à la présence et à l’activité en son sein. Ainsi, l’intégration au sein d’une même plateforme numérique de services de sécurité ou de surveillance, d’assistance médicale, d’informations ciblées sur les besoins repérés procéderait-elle tout autant de cet impératif économique de rentabilisation que d’ergonomie dans l’accès à un bouquet de services constituant le nouveau mode d’existence des services à l’habiter. Cette offre, relevant encore de la prospective t de la R&D, procéderait toutefois moins des fournisseurs ou distributeurs d’énergie, moins des collectivités territoriales que d’opérateurs cherchant à diversifier le marché de leurs solutions.

Quoi qu’il en soit, les smart grids entretiennent avec la smart city des relations complexes de consécution, de coextensivité ou de compensation et ne peuvent être réduits à une simple modalité, la composante énergétique de la ville intelligente.


    1. La poursuite de la e-Administration par d’autres moyens

Certaines villes qui se sont parées de l’étiquette smart city, l’on fait de façon assez peu corrélée à la réalisation d’une opération d’urbanisme ou de la transformation de leurs services techniques en réseau.

Elles le font à travers la promotion de nouvelles formes de relation avec leurs administrés qui passe désormais pour une large part par Internet.

De ce point de vue, la ville intelligente apparaît pour ces villes comme une extension de la e-Administration, c’est à dire, la dématérialisation des documents administratifs, leur accès et leur remplissage directement de chez soi et la possibilité de contacter par e-mail, l’ensemble des services municipaux avec la promesse d’une réponse rapide par le même canal.

On pourra contester le fait qu’il s’agisse de la même « ville intelligente » que celle que nous tentons de cerner depuis le début de cet ouvrage. Il n’en demeure pas moins que ces discours existent et que les démarches qu’ils désignent s’additionnent et quelque fois s’hybrident avec les dispositifs que nous avons décrits. La question est de savoir s’ils traduisent un autre vecteur de constitution de la ville intelligente, quand bien même ils participeraient initialement d’autre chose.

Il y a deux éléments à l’appui de cette hypothèse : d’une part la convergence des instruments, d’autre part l’évolution du régime de relation qui modifie le statut cognitif et, dans une moindre mesure, le statut politique de l’usager dans la production des services urbains.

Par convergence des instruments nous entendons l’adoption des smartphones comme interface de communication dont seraient pourvus, par hypothèse, l’ensemble des citoyens et administrés de la ville. Ce faisant, cette version mobile des sites web de la collectivité consacre l’idée d’une e-Administration qui suivrait le citoyen mobile, dans ces usages variés de l’espace, de son domicile à son lieu de travail ou à l’occasion de ses loisirs et non plus dans son identification exclusive à un son lieu de résidence, à son foyer, révélé par une adresse postale. Les villes ne feraient ici que suivre un mouvement plus vaste dont elles ne sont pas à l’initiative, lié au passage du smartphone comme interface d’usage de l’Internet. Cela modifie néanmoins la donne. Car il y a tout à la fois intégration de la mobilité, de l’individualisation mais aussi de l’idée que le service s’inscrit dans un système de navigation tant spatial (avec les plans d’accès intégrés) que fonctionnel (par l’arborescence des offres d’information générables à partir du téléphone ou de la tablette, par la démultiplication des flashcodes, et bientôt peut-être, du LiFi…).

Or c’est ce même téléphone ou cette même tablette qui constitue l’interface de commande/contrôle des installations domestiques ou de la mobilité connectée proposée dans les formules plus industrialistes de la ville intelligente.

Par évolution du régime de relation, nous désignons l’adoption par les collectivités de la logique du « web 2.0 » qui autorise une interactivité plus grande et déplace sensiblement la production de contenu du service ou de l’autorité détentrice du site vers l’usager, lequel contribue (volontairement ou à son insu), relaie et participe au déploiement et à l’enrichissement de l’offre initiale.

Si les collectivités semblent avoir pris du temps avant d’intégrer ce nouveau schéma de relation (il y a dix ans que l’expression a émergé), certaines l’investissent de façon forte, avec, entre autre, le recours au crowdsourcing.

Le principe d’une « communauté » d’utilisateurs alimentant un système qui redistribue l’information ainsi collectée à ses utilisateurs n’est pas nouveau ni spécifique aux villes80. Il serait peut-être abusif de parler de cognition distribuée mais c’est un peu l’idée.

Mais dans le cas des villes, un autre enjeu ce dessine : celles-ci se trouvent être, de droit, des collectivités politiques et pas simplement l’association d’un pourvoyeur de services et de clients-utilisateurs. Leur caractère démocratique, pour incomplet qu’il soit ou précisément parce qu’il est incomplet, fait de se mode de participation un complément ou un concurrent aux formes canoniques de la démocratie locale, y compris dans sa version participative.

Avec ce type de démarche « collaborative », c’est bien la mise en œuvre du service dans son administration même qui peut être saisie et discutée, c’est bien sa gouvernance qui se trouve soumise à un nouveau régime d’interpellation, une sorte de démocratie à flux continu, une démocratie du « faire » et par le « faire »81. A l’appui de cette idée, l’ouverture des données publiques exprimée par la notion d’open data viendrait réduire l’asymétrie d’information existant entre gouvernants et gouvernés, renforçant ainsi la potentialité démocratique et l’intelligence collective du système.

La ville intelligente apparaîtrait de ce point de vue comme une e-Administration web 2.0 qui intègreraient les initiatives citoyennes, le vecteur d’une nouvelle démocratie urbaine, en somme.

Or, une autre analyse peut être faite du crowdsourcing urbain qui n’en ferait pas tant une démarche qu’un instrument activant les capacités informationnelles des smartphones équipés de leurs usagers, transformant chaque citadin et chaque passant en capteurs, sans que la contrepartie délibérative et démocratique ne soit réellement assurée. Mieux encore, l’intégration technique de la mobilité serait moins le signe d’un desserrement des vieilles assignations spatiales que le moyen de collecter une information localisable et localisée, 24 heures sur 24, et ce de façon bien plus efficace qu’avec n’importe quel service dédié. Enfin, et à l’opposée de l’idéal démocratique décrit ci-avant, on voit poindre à travers ce nouveau type de dispositif instrumental, la tentation du « nudge », c’est à dire de ce guidage des pratiques par l’envoi d’informations destinées à obtenir des usagers les arbitrages attendus par l’émetteur. En délivrant habilement des informations sur les pratiques constatées de l’usager-citoyen lambda et en les inscrivant dans un référentiel plus large, pratique mais implicitement moral on permet à celui-ci de les comparer à celles des autres mais surtout on mise sur son amour-propre et sa capacité à le faire se conformer aux pratiques dites « vertueuses »82. On se retrouverait alors dans quelque chose ressemblant davantage à de la « biopolitique », autrement dit à cette forme subtile et masquer de l’exercice du pouvoir, à l’opposé du conflit, du débat et de la délibération.

Sans aller endosser cette dernière posture, une application telle que « Dans ma rue » (version de Fix my street développée par la ville de Paris) exprime bien ce dilemme ou du moins cette double nature politique83.

Ces questions soulevées par les théories implicites de la participation incorporées dans les dispositifs techniques et numériques méritent vraiment d'être exploitées plus avant.

Elles peuvent l'être de façon pratique et empirique : un instrument fondé sur une conception top down et instrumentale de la participation peut-il servir un autre usage et donc un autre rapport politique entre collectivité et citoyens? Et si oui, dans quelles circonstances, à quelles conditions et avec quels résultats?

Elles peuvent l'être de façon plus analytiques et théoriques et c'est alors dans la mise à l'épreuve du crowdsourcing comme instrument démocratique "d'enquête" au sens que lui donne John Dewey dans Le public et ses problèmes, c'est à dire comme moyen de construction du public comme sujet politique concret (par opposition au "peuple", tour à tour omnipotent ou incompétent), que l'on en fera une évaluation et un usage féconds.

Cette mise à l'épreuve est d'autant plus nécessaire que le crowdsourcing, tel qu’on le rencontre aujourd’hui, se trouve pris entre deux pôles: celui de l'espace public, de la controverse et de la délibération, qu'il peut servir, et celui du data mining, qu'il peut alimenter. Autrement dit, et pour caricaturer, d'un côté celui de l'autonomie et de la réflexivité, et de l'autre, celui de l'hétéronomie et de la disqualification cognitive (sans préjuger de l'efficacité de l'un ou de l'autre à apporter des solutions adéquates à des problèmes donnés).

Quoi qu’il en soit, de la même façon que les étymologies profanes finissent par imposer leur valeur signifiante quand bien même elles s’avèrent fantaisistes, l’usage de la notion de ville intelligente pour désigner quelque chose qui a peu de choses à voir avec sa matérialité historique permet d’en retrouver les contours et d’en consolider la compréhension.

    1. Le changement de régime de circulation des biens et des personnes (proximité, accessibilité, connectivité… ?)

Les villes et leur espace

Les parking connectés

La sécurité

L’événement

A abandonner probablement

    1. Entre living lab urbain et marketing métropolitain

Faire de nécessité vertu ?

L’autolabellisation et le ranking : la lutte des places

Du cluster au living lab urbain

Marketting ou développement

    1. Et le développement durable dans tout cela ?

Puiser dans la séance du séminaire

2 Qu’est-ce que connaître dans la ville intelligente

Si la ville intelligente a quelque chose à voir avec les technologies de l’information et de la communication, si elle procède de l’ambiant intelligence et de la cognition distribuée, ces notions ne nous disent à pas elles seules ce que c’est que « connaître » dans la ville intelligente.

Or il semble bien que le succès de la ville intelligente soit lié à cette connaissance dont on postule qu’elle sera augmentée, augmentant d’autant nos capacités à maîtriser notre environnement et notre destin.

Nous avons mis en garde contre l’illusio qui consisterait à identifier ce qu’elle est à ce qu’elle promet ou qu’on lui fait promettre. Il convient, pour cette raison, d’explorer plus avant cette question. On pourra, de façon symétrique questionner ce que fait la vile intelligente à la connaissance, comment elle modifie ou concurrence d’autres formes de connaissances profanes ou savantes relative à nos vies, nos sociétés, notre environnement.

En guise de préalable, nous commencerons par reprendre ce qui nous semble être un risque de mésinterprétation du statut de la connaissance « finale » dans la ville intelligente, risque qui concerne autant ses promoteurs que ses contempteurs : ce que nous avons appelé « les faux semblants de la totalisation ».

Puis nous interrogerons la nature de la fonction scopique et du contrôle, en distinguant le monitoring du panoptisme et en tentant d’en évaluer les conséquences.

Ensuite, nous reviendrons sur le double statut de l’information, à l’état de signal avant d’être à l’état de trace ou de data.

Enfin, nous terminerons en ouvrant une discussion sur le caractère individuel ou collectif, public ou privé des connaissances générées .

2.1 Les faux-semblants de la totalisation

En tant que projet industriel, la smart city repose sur la fin du fonctionnement des services urbains par silos, au profit d’une gestion intégrée dans laquelle les données relatives à chaque secteur peuvent être croisées les unes avec les autres. Le traitement unifié d’une gigantesque quantité de données hétérogènes est le principe unificateur qui, dans la ville intelligente, permet de passer d’un fonctionnement cloisonné à un fonctionnement « total ». IBM, par exemple, rassemble dans son offre trois grandes briques (« Planning & Management » ; « People » ; « Infrastructure ») qui, assemblées, peuvent être représentées simultanément sur un Intelligent Operation Center for Smarter Cities, tableau de bord informatique et télévisuel sur lequel les données sont restituées sous la forme d’informations à destination des élus et techniciens de la ville.

© IBM

L’installation de ce dispositif numérique dans la ville de Rio a permis de largement publiciser cette idée, selon laquelle la ville peut être gérée comme un tout, à partir de procédés de visualisation globaux.

L’expérience brésilienne est ainsi relatée dans le New York Times :

City employees in white jumpsuits work quietly in front of a giant wall of screens — a sort of virtual Rio, rendered in real time. Video streams in from subway stations and major intersections. A sophisticated weather program predicts rainfall across the city. A map glows with the locations of car accidents, power failures and other problems.84

L’hypothèse du dédoublement virtuel de Rio, la possibilité qu’une ville puisse être embrassée dans sa totalité par une carte dynamique, par un mur d’écrans, sont les conséquences spectaculaires de l’unification fonctionnelle des services urbains.

Source : http://www.news-sap.com/how-intelligent-is-your-city/

Les dispositifs de visualisation des données urbaines(l’UOSTM du PlanIT Valley, le ctOS de Watch Dogs, le CyPT de Cisco, l’Intelligent Operation Center d’IBM, le Community Management System de Toshiba, etc.), qu’ils soient réels, en projet ou fictionnels, scénarisent la capture et la figuration de la ville en son ensemble. La personne derrière l’écran verra aussi loin que seront installés les réseaux de capteurs, et se figurera une pluralité synthétisée grâce à l’agrégation et au traitement algorithmique des données. Le croisement de Google street view, d’informations en temps réel, de SCADA (Supervisory Control And Data Acquisition), d’images fournies par les caméras de télésurveillance (ou encore par les Smartphones des usagers de la ville) et autres outils vidéo/info/cartographiques peuvent laisser croire à l’apparition d’un instrument capable de confondre la carte et le territoire, transformant instantanément les événements et ce qui arrive localement en signes perceptibles et localisables pour quiconque regarderait la « carte ». La couture entre l’image macro et ce qui arrive au niveau de granularité le plus fin, les ruptures d’échelle, seraient rendues imperceptibles. La possibilité que le regard puisse parcourir chaque recoin de la ville, zoomer et dézoomer n’importe quoi n’importe où, le tout en temps réel sur un écran alimenté par des flux de données révèle l’idée sous-jacente selon laquelle la ville serait un agrégat prêt à être ressaisi en une image totale. Symboles de cette ambition totalisatrice, les dashboards vendus par les industriels aux Villes se signalent à la fois comme un instrument de préhension et de circonscription de ce qui arrive, et comme un instrument qui permettrait à la ville d’advenir à la conscience réflexive de son unité. Cela étant, rien n’est moins évident que le fait selon lequel une telle totalité (celle de la ville) serait totalisable.

Et une première raison à cela tient au fait, comme le rappelait récemment Bruno Latour, que « la totalité ne se présente pas comme un cadre fixe, comme un contexte toujours déjà présent, mais s’obtient par un travail de totalisation, lui-même localisé, toujours à reprendre, et dont le parcours peut se suivre à la trace. »85. La totalisation procède d’une volonté scopique, qui repose sur l’ « illusion du zoom » cherchant le passage entre les mondes du micro et du macro, afin de représenter cette chose supposée être la ville dans son ensemble. Si l’augmentation du nombre de données urbaines perfectionne les assemblages, les transitions, entre différents dispositifs de visualisation informatisés, puis produit des images supposément toujours plus complètes de ce qui arrive et conforte enfin l’idée selon laquelle l’urbanité pourra être captée par les données, il n’en demeure pas moins que la vision ainsi obtenue reste tributaire d’une conception selon laquelle l’espace urbain est un cadre que l’on peut circonscrire.

Cette rêverie du panorama parfait, ajusté à tout instant à chaque pulsation urbaine, du point de vue idéal auquel aspirerait le Pouvoir tissant les rets de son panoptique est l’illusion perspective de ces outils de visualisation qui ne représentent jamais que ce qui a pu suivre la chaîne passant de la donnée brute à l’information sensée et interprétable, élément microscopique du déluge numérique, lequel déluge ne retranscrit qu’une portion congrue de la « noise » des villes.

Croire cela, autrement dit, croire que ce qui était là-bas et qui arrive ici transite sans altération, sans perte et sans gain, c’est oublier le chemin, le réseau complexe par lequel quelque chose qui était visible sous une certaine forme le devient sous une autre. Ces raccourcis perspectifs transforment la ville en un tableau qui, pour être complet, doit obérer des passages, boucher des voies de circulation, afin de faire apparaître sur un même plan des éléments auxquels il est impossible d’accéder de la même façon. La production de l’effet de totalité est le fruit de ces courts-circuits, qui stoppent le cheminement et arrêtent le mouvement en un endroit qui serait la pointe aiguë de la pyramide, depuis laquelle la ville ou la société pourraient être contemplées. Bruno Latour, dans un ouvrage antérieur écrit avec Emilie Hermant86, montrait comment, en mettant en relation information et représentation, l’oubli de l’élaboration de la première conduisait aux illusions de la seconde. L’articulation entre l’information et ce à quoi elle fait référence (par exemple : telle figure pixellisée pour tel monument), par le fait qu’elle peut être établie de différente manière (soit cette figure pixellisée est ce monument, soit cette figure pixellisée représente ce monument, soit cette figure pixellisée est un procédé de traduction informatique pour virtualiser ce monument (mais jamais : ce monument est une représentation de cette figure pixellisée, à moins que…), conditionne autant de façons de « voir » la ville. Si l’on grossit quelque peu l’argument de Latour et Hermant, il est possible de dire que l’étude de la production et l’interprétation de l’information permettent de déduire les modes de mise en visibilité de l’espace urbain.

Cela considéré, comment désigner, comprendre la multiplication de données et l’agrégation d’informations sur des interfaces numériques les synthétisant ? Si ce ne sont ni des panoptiques, ni des panoramas, comment qualifier ces dispositifs de visualisation des données urbaines informatisées ? Que voit-on lorsque l’on regarde les dashboardsdes Urban Operating Systems où circulent les real-time data ?

Pour poursuivre encore un temps avec Bruno Latour, nous reprendrons le néologisme « oligoptique » qu’il emploie pour parler des outils de « sommations provisoires » grâce auxquels des totalités incomplètes peuvent être aperçues. Qu’est-ce qu’un oligoptique ? « Je désigne par ce néologisme les étroites fenêtres qui permettent de se relier, par un certain nombre de conduits étroits, à quelques aspects seulement des êtres (humains et non-humains) (…) ». Ces oligoptiques existeraient de longue date. Bruno Latour décrit, par exemple, la salle de contrôle de la SAGEP où le Paris de l’eau s’organise sur un gigantesque tableau de bord qui représente la ville dans son ensemble87, et de citer ensuite l’électricité, le téléphone, la circulation, la météorologie, etc. Pour tout voir, il faut accepter de se rendre aveugle à de nombreuses choses. La notion d’oligoptique fait apparaître le système de gain et de perte par lequel les totalités, nécessairement incomplètes, sont établies.

Mais justement, pourrait-on rétorquer, l’ouvrage de Latour et Hermant parle d’une ville ancienne, dans laquelle les services urbains fonctionnaient indépendamment les uns des autres, et si les tableaux de bord de la SAGEP et celui de la circulation routière étaient séparés, ils se trouvent aujourd’hui réunis, réalisant la sommation des sommations provisoires, et instituant ce point de vue prétendument inaccessible. Pourquoi la smart city ne serait-elle pas justement ce moment de l’histoire urbaine à partir duquel la vue « totale » fut rendue aux hommes ?

Là encore, il ne faudrait pas se méprendre sur l’image arrêtée d’une interface numérique à la surface de laquelle toutes les informations apparaîtraient simultanément. Prendre cette image au sérieux sans considérer plus avant les mouvements qui la constituent revient à retomber dans le schéma illusionniste rappelé plus haut. De plus, considérer que le croisement des oligoptiques produit un panoptique réinstaure l’idée selon laquelle il existe un cadre total, et que tous ces oligoptiques seraient différents « points de vue sur la même totalité ». La visibilité dégagée par les oligoptiques ne constitue pas les morceaux d’un puzzle qui attendent d’être assemblés, et encore moins des images que l’on pourrait détacher du complexe parcours de traces qui constitue cette perspective particulière, cette totalité partielle. Enfin, la superposition des vues oligoptiques sur une même surface ne conduit pas à un surcroît de visibilité, pour la simple et bonne raison, que, comme nous l’avons évoqué ci-dessus, un oligoptique ne peut dévoiler qu’en dissimulant, et donc que leur addition revient à sommer leurs différents aveuglements.

Bref, les parties ne forment pas un tout, et ce tout ne pré-existe pas, attendant d’être révélé par celui qui saura trouver le bon angle.

Il y aurait un paradoxe à affirmer que la ville intelligente révèle de façon éclatante l’invisibilité des villes, étant donné le nombre d’outils de visualisation sur lequel elle s’appuie et le fait que sa spécificité se dégage de la représentation virtuelle d’une masse de phénomènes et d’événements urbains sur des interfaces numériques à destination des élus et des citoyens. La smart city propose plus d’images, plus de cartes, plus de géolocalisation, etc. On pourrait même dire, rapidement, que la smart city transforme la gouvernance des villes en offrant aux élus un système de visualisation qui sera l’instrument déterminant de l’action publique locale, que le « coup d’œil » sera la faculté décisive pour celui qui dirigera les villes de demain. Et une question récurrente qui se posera sera de savoir comment rendre le déluge de données urbaines lisible, ou plutôt visible, pour les différentes populations composant une ville. Ainsi l’âge de l’intelligence serait-il celui de la transparence numérique, où voir et être vu constitueraient les deux pôles de l’axe le long duquel se déclineraient toutes les autres activités.

Il y a, selon nous, un fond d’iconolâtrie dans cette façon de saisir la smart city par sa surface d’images miroitantes, une importance trop grande accordée aux effets d’optique, et ce au détriment de l’analyse des conditions de visibilité. La contemplation de la superposition des bits d’information sur un écran, par les correspondances évidentes qu’elle induit entre tel événement et tel symbole graphique, a tôt fait de faire oublier tout ce qui ne figure pas sur ledit écran, et dissipe toutes les particularités instrumentales qui permettent au spectateur de tenir un tel point de vue. Se défier des faux-semblants de ces images qui organisent une totalité factice revient non pas à les répudier au nom de leur statut, mais à les recontextualiser dans le long processus de leur fabrication.

C’est d’ailleurs ce qui nous guide dans le présent travail d’enquête et qui invite ceux qui le souhaiteraient à une pratique réflexive de la smart city : abandonner les longs vols d’aigle au-dessus de la nuée bleuâtre des data et préférer la myopie de l’enquêteur qui ne peut avancer que traces par traces, car « oui, on touche, on réfère, on voit, mais à condition de désigner du regard, du doigt, le cheminement d’une trace à l’autre à travers les abîmes successifs de la transformation. »88.

Quoi qu’il en soit, en rendant la ville à son invisibilité principielle, notre enquête tente pour sa part de se défaire de ce type d’illusions (il existerait un moyen de représenter la ville en sa totalité) ainsi que de grandes problématiques (surveillance de masse, panoptisme) qui, appliquées de façon inconsidérée à la ville, réduisent l’espace urbain à une accumulation d’occurrences totalisables et divisent le jeu d’acteurs entre ceux qui voient et ceux qui se sentent vus.

2.2. Du panoptisme au monitoring urbain ?

La dimension scopique n’est qu’une parmi d’autres des voies par lesquelles l’information est saisie et restituée. Elle n’intervient que dans une partie et sans doute une petite partie des technologies de captation de l’information la ville intelligente.

La « digital skin of the cities », pour reprendre la formule de Rabari et Storper, est faite d’instruments de transmission et de traitement informatique mais également de capteurs. Or ces capteurs, senseurs miniaturisés sensibles à la température, à la tension électrique, à la lumière, au son, à la vitesse, à l’humidité, à la concentration dans l’air de différentes de différentes substances, couvrent une palette très large de flux différents en nature et en intensité.

Or tout cela témoigne-t-il d’une extension de la raison panoptique ? Rien n’est moins sûr. Ce qui a présidé à leur installation n’était pas subsumé d’une volonté de connaissance généralisée mais au contraire localisé, spécifique. Et leur généralisation relève de la diffusion et de l’extension tout autant que de la pénétration et de la totalisation.

Les écrans de contrôle, lesquels ne donnent pas toujours à voir un flux d’image vidéo, ressortiraient-ils alors d’une autre logique que celle du panoptisme à laquelle invite assez naturellement l’expérience de la video-protection ?

Le point peut se discuter mais nous formerons ici l’hypothèse que ces écrans ont moins une fonction panoptique dans laquelle la vision serait une condition du contrôle, qu’une fonction de monitoring dans laquelle ce qui est donné à voir est d’abord le contrôle lui-même, c’est-à-dire le bon ajustement des réseaux aux flux qui s’y meuvent, le bon niveau en contenus des contenants, la bonne allocation des ressources aux besoins, de façon à minimiser toute intervention correctrice susceptible de générer coût et désordres.

Il y aurait là, dans ce pilotage de la ville par les capteurs, un simple fantasme – celui déjà ancien de la ville cybernétique – si ces dispositifs n’étaient pas déjà présents et actifs.

Poursuivre

2.3. Le signal, la trace et la data

l’interface est le capteur

data mining vs SHS ?(storper)

2.4. Du smart et du citadin

Privacy ou libertés publiques (doc de la CNIL)

Stress cognitif ou stress du sevrage (Simay et Füzessery à partir d’une lecture de Simmel, in Villes numériques)

3 Trois régimes d’optimisation de la ville intelligente

3.1 L’optimisation fonctionnelle de la ville gouvernée

3.2. Optimisation individuelle de l’urbanaute connecté

3.3. L’optimisation horizontale du peer-to-peer citadin

Retrouver le texte, coller les images

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