100 ans après, le scoutisme en 1914-1918





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100 ans après, le scoutisme en 1914-1918
En ce 11 novembre, nous célébrons la victoire de la France et de ses alliés après quatre années d'une guerre terrible. Et nous rappelons le souvenir des 1 400 000 morts tombés pour la défense de notre pays.

En 1914-1918, les Scouts et guides de France n'existaient pas. Ils n'apparaîtront qu'au début des années 20. Mais le scoutisme existait en France depuis 1911 et regroupait en 1914 plus de 15 000 jeunes, essentiellement au sein des Eclaireurs de France et des Eclaireurs unionistes de France, nos frères aînés dans le scoutisme. En Grande-Bretagne, en Allemagne, le scoutisme était infiniment plus développé.

Fiers de servir leur pays, les éclaireurs français participeront activement à l'effort de guerre de la nation de 1914 à 1918. Ils rendront service de mille manières, servant d'estafettes pour porter les messages, confectionnant les colis pour les blessés ou les prisonniers, accueillant et hébergeant les dizaines de milliers de réfugiés fuyant l'avance allemande, mettant en culture des terrains abandonnés afin d'améliorer le ravitaillement, surveillant parfois les voies ferrées. En janvier 1921, l'association des Eclaireurs unionistes sera décorée de la médaille de vermeil de la Reconnaissance française, créée pour récompenser le dévouement exceptionnel des civils pendant la guerre : « Sous la conduite de jeunes gens de 16 à 20 ans, les troupes d 'éclaireurs se sont dépensées dans toutes les activités locales et régionales où il leur était possible de faire œuvre utile et réconfortante » affirme la citation récompensant cette association.

Durant ces quatre terribles années, suivant l'attitude de Baden-Powell en Grande-Bretagne, les éclaireurs français furent fidèles à leur patrie mais en veillant toujours à ne pas tenir un discours de haine vis-à-vis de l'adversaire, refusant tout chauvinisme et se limitant à un patriotisme raisonné.

De nombreux cadres des associations scoutes mourront au combat. Dès le 17 décembre 1914, Nicolas Benoit, introducteur du scoutisme en France et l'un des fondateurs des Eclaireurs de France tombait en Belgique à la tête de sa compagnie de fusiliers-marins. Mais comment ne pas associer à son nom celui de Maximilian Bayer, introducteur du scoutisme en Allemagne, tué le 25 octobre 1917 en Lorraine ? En France comme en Allemagne, la guerre a tué ceux qui avaient créé le scoutisme dans leur pays respectif

Car dès ses débuts, le scoutisme voulut constituer une fraternité mondiale au service de la paix, transcendant les nationalités et les religions. Baden-Powell devait le rappeler solennellement en août 1920 à la fin du 1er jamboree, la première rencontre mondiale de scouts tenue à Londres : « Frères scouts, je vous demande de faire un choix solennel. Entre les peuples du monde, il existe des différences dans la pensée et dans les sentiments comme il en existe dans la langue et l'aspect physique. La guerre nous a appris que si une nation cherche à imposer sa volonté égoïste aux autres, il est inévitable qu'une réaction cruelle s'ensuive. Le Jamboree nous a appris que si nous pratiquons une indulgence réciproque et si nous sommes ouverts à l'échange avec les autres, la sympathie et l'harmonie s'installent naturellement parmi nous. Si telle est notre volonté, partons d'ici avec la ferme détermination de développer parmi nous et nos garçons cet esprit de camaraderie, par l'esprit mondial de la fraternité scoute, de façon à pouvoir contribuer au développement de la paix et du bonheur dans le monde et de la bonne volonté entre les hommes. Frères scouts, répondez moi. Voulez vous vous unir dans cet effort ?

Aujourd'hui comme hier, par son action éducative, le scoutisme veut construire la paix dans le monde en rapprochant les jeunes de cultures et de religions différentes. Que les leçons des drames d'hier et spécialement celles de la première guerre mondiale nous aident dans la réalisation de cette fraternité mondiale.





Les Scouts et guides de France (SGDF) sont nés en 2004 de la fusion des Scouts de France, mouvement masculin de scoutisme catholique, né en juillet 1920 et des Guides de France, mouvement féminin de scoutisme catholique créé en février 1923. L’opposition de l’Eglise catholique au scoutisme avant la première guerre mondiale explique l’apparition nettement plus tardive du scoutisme catholique par rapport aux Eclaireurs de France et aux Eclaireurs unionistes de France. De même, chez les filles, la Fédération française des éclaireuses sera créée en 1919 avec trois sections : neutre, unioniste, israélite. Dans un contexte de tension avec la République, l’Eglise perçut les débuts du scoutisme comme une manœuvre des protestants contre la jeunesse catholique.
Les Eclaireurs de France naissent en 1911. Leurs fondateurs sont un pédagogue, Georges Bertier et un militaire, Nicolas Benoit. Cette association, à cette époque, est neutre au plan religieux. Elle ne fait pas de choix religieux, encourageant chaque jeune à pratiquer sa religion. Elle est en 1914 la plus importante association de scoutisme en France avec environ 10 000 membres. Après la seconde guerre mondiale, elle fera le choix de la laïcité. En 1964, elle fusionnera avec les Eclaireurs Français et la section neutre de la Fédération française des éclaireuses pour créer les Eclaireuses et éclaireurs de France (EEDF) qui existent toujours.




Les Eclaireurs unionistes de France sont un mouvement de scoutisme protestant qui apparaît en 1911 également. « Unionistes » signifie qu’ils sont membres, à l’époque, d’un grand mouvement de jeunesse protestant, l’Union chrétienne des jeunes gens. Les Eclaireurs unionistes fusionneront en 1970 avec la section protestante de la Fédération française des éclaireuses et créeront les Eclaireuses et éclaireurs unionistes de France (EEUF) qui existent toujours.




En Grande-Bretagne, le scoutisme fondé en 1907 par Baden-Powell, officier de l’armée britannique, remporte un immense succès. Il y a plus de 150 000 scouts dans ce pays en 1914 et 10 000 guides. La Boy Scout Association et la Girl Guide Association sont interconfessionnelles.
En Allemagne, le scoutisme apparaît dès 1909 sous l’impulsion de deux officiers, Maximilian Bayer et Alexander Lion. Il y a 90 000 scouts en Allemagne en 1914 regroupés au sein du Deutscher Pfadfinder Bund, neutre au plan religieux. L’association catholique allemande homologue des Scouts de France n’apparaîtra qu’en 1929. Les guides fondées en 1912 regroupent 6 000 filles en 1914.




La citation est publiée au Journal officiel du 14 janvier 1921.




Dès le début de la première guerre mondiale, Nicolas Benoit qui est officier de marine demande à prendre un commandement sur le front. Lieutenant de vaisseau au 2° régiment de fusiliers-marins, il est tué à Dixmude (Belgique) le 17 décembre 1914 alors qu’il emmène sa compagnie à l’assaut d’une position allemande. Il est enterré au cimetière militaire de Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais). Les EEDF lui rendront hommage lors d’une cérémonie prévue pour décembre 2014. Nicolas Benoit avait découvert le scoutisme lors d’une mission en 1910 en Grande-Bretagne et avait souhaité le développer en France.
Maximilian Bayer est tué par un tir français à Nomény (Meurthe et Moselle) le 25 octobre 1917 alors qu’il inspecte une position avancée du 259° régiment d’infanterie de réserve qu’il commande. Son corps n’est retrouvé que le 2 avril 1918. Il est enterré à Mannheim. Officier colonial comme Baden-Powell, Bayer avait découvert le scoutisme en 1909 et avait souhaité l’introduire en Allemagne.
Baden-Powell écrit le 22 août 1914 dans la revue The Scout que l’Allemagne « est une grande nation » et que « notre différend n’est pas avec le peuple allemand mais avec son gouvernement », se distinguant nettement du discours dominant à destination des enfants britanniques. Tout en encourageant les scouts à participer à l’effort de guerre (surveillance des côtes, garde des ponts, distribution du courrier …), il recommande aussi de se démarquer de toute manifestation antiallemande et de toute forme d’enthousiasme chauvin. (Stéphane Audouin-Rouzeau, La guerre des enfants, Armand Colin, 1993, p 71 t 167)
Le premier jamboree qui se tient à Londres du 30 juillet au 8 août 1920. Il rassemble 8 000 scouts de 21 pays dont ceux des pays nouvellement créés : Pologne, Tchécoslovaquie, Estonie. Les pays vaincus (Allemagne, Autriche-Hongrie) n’y participent pas ais ont été associés à la préparation.. 125 Français sont y présents, essentiellement des Eclaireurs de France et des Eclaireurs unionistes de France. Une petite délégation des Scouts de France dont association n’a été créée que quelques jours auparavant est présente avec le RP Sevin.
Lors ce jamboree, Baden-Powell lance cet appel vibrant pour la paix des nations. Et il sera par la suite un fervent partisan de la Société des nations, l’ancêtre de l’ONU. Pour lui, le scoutisme doit contribuer à répandre la paix dans le monde.

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