Le programme Lundi 21 novembre





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Mois du film documentaire

Cinquième édition

Du 21 au 30 novembre 2011


Dossier de Presse

Le mois du film documentaire à Périgueux
« Peter Watkins : un esthète du réel face à la perversion médiatique »
Pour la cinquième année consécutive, les Archives départementales de la Dordogne, la Bibliothèque municipale de Périgueux, le MAAP (Musée d'art et Archéologie du Périgord), la librairie Des Livres et Nous, le Lycée Bertran-de-Born et l’association Ciné Cinéma participent à la manifestation nationale du « Mois du film documentaire » (*). Cet événement, dont l’objectif est de montrer et de faire aimer à un public toujours plus large la richesse et la force du documentaire, fédère les multiples initiatives mises en place par les programmateurs dans différents lieux (bibliothèques, salles de cinéma etc.).

En 2010, plus de 120 500 spectateurs dans 1 200 lieux s’étaient réunis à travers la France, pour plus de 2000 films projetés1.
Invité d’honneur : Peter Watkins
Pour cette nouvelle édition, l'invité d'honneur est Peter Watkins, cinéaste militant et « critique des médias»
Plusieurs films du cinéaste seront projetés durant neuf jours, donnant à voir et à comprendre son regard sur le monde et son implication cinématographique.

Comme les années précédentes, avec Chris Marker en 2007, Nicolas Philibert en 2008, Claire Simon en 2009 et Pierre Carles en 2010, ce « Mois du film documentaire » à Périgueux mettra l’accent, à travers Peter Watkins, sur la notion d’œuvre et d’auteur.
Le programme
Lundi 21 novembre :
Bibliothèque municipale de Périgueux :

18h30 : ouverture de la manifestation avec une présentation de l’œuvre cinématographique de Peter Watkins, suivie d’une projection du film Evening Land
Jeudi 24 novembre :
MAAP (Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord) :

12h30/13h00 : Pause-Musée autour de l’œuvre picturale d’Edvard Munch

Beaux-arts : Edvard Munch, par Véronique Merlin-Anglade (entrée gratuite)
Ciné Cinéma (Multiplexe – place Francheville) :

19h30 : présentation du film Edvard Munch, la danse de la vie par Cédric Vilatte, médiateur culturel

19h45 : début de la projection
Mercredi 30 novembre :
Archives départementales de la Dordogne :

17h30 : clôture de la manifestation et projection de La Commune (3h30) avec entracte


L’invité d’honneur, Peter Watkins
Peter Watkins cinéaste militant
« Cinéaste atypique et maudit, Peter Watkins tient une place à part dans l'industrie du cinéma - celle de trouble-fête. Après des débuts comme comédien pour une petite troupe théâtrale, et une expérience de mise en scène avec un court-métrage, The Web, il est embauché par la société George Street and Company pour produire et réaliser des spots publicitaires. Cette expérience forme son sens critique. Il devient ensuite assistant monteur chez World Wide Pictures, boîte de production documentaire, où il apprend la technique.
Pacifiste affirmé, Peter Watkins fait de la guerre son sujet de prédilection pour mieux en souligner les absurdités. Après deux courts-métrages, Journal d'un soldat inconnu et Les Visages oubliés, ayant pour contexte respectivement la Première Guerre mondiale et la révolution hongroise anti-communiste, il réalise son premier téléfilm, La Bataille de Culloden, reconstitution de la sanglante bataille écossaise de 1746. La BBC lui commande alors un documentaire sur le nucléaire. Le résultat est La Bombe, où le cinéaste imagine le déclenchement d'une guerre entre l'OTAN et l'URSS et les suites désastreuses d'une explosion atomique. Cette tentative marque la première vendetta critique des médias envers le réalisateur : la BBC refuse de diffuser le film, prétextant sa piètre qualité.
Autre cible privilégiée de Peter Watkins : l'hégémonie des mass médias. Avec Privilege en 1966, il fabrique une allégorie virulente sur la manière dont les médias et l'establishment britanniques concourent à détourner l'énergie politique de la jeunesse. La nécessité de construire un discours critique sur les médias devient alors son cheval de bataille : durant ses années de nomadisme, à partir de 1968, il enchaînera conférences et séminaires sur l'unilatéralisme des médias de masse - ce qu'il appelle la "monoforme".
Exténué par l'accueil glacial réservé à ses films, Peter Watkins s'installe en Suède en 1968. Il y tourne Les Gladiateurs, fable politique autour de combats de soldats organisés pour canaliser l'agressivité humaine. Son discours sur la violence atteint son paroxysme avec Punishment Park, tourné aux Etats-Unis, qui dénonce la politique répressive de l'ère Nixon. Le film fait scandale et se voit retiré de l'affiche seulement quatre jours après sa première à New York. Il déménage ensuite en Norvège pour une biographie du peintre expressionniste Edvard Munch, que le cinéaste traite comme une autobiographie en creux. C'est la seule fois où l'un de ses films est accueilli avec chaleur.
Avec Le Voyage, film pacifiste international, qu'il tourne de 1983 à 1986, Peter Watkins épuise ses envies de réalisation. Fatigué, il s'installe en Lituanie en 1994 pour y vivre paisiblement. En 1999, le projet de La Commune, co-financé par Arte, lui donne l'occasion de reprendre temporairement ses activités. Mais, une nouvelle fois, l'accueil critique est mauvais, la chaîne française accusant le cinéaste d'avoir crée un "fiasco".
Artiste avant-gardiste, Peter Watkins est surtout l'inventeur de principes cinématographiques audacieux : ses films dénoncent la "monoforme" (uniformisation de la forme télévisuelle et cinématographique) par des auto-interviews, des mélanges entre fiction et documentaire, et un style visuel atypique, qui s'affranchit de toutes les formes narratives et esthétiques convenues. Détesté des médias, Peter Watkins est devenu un modèle pour plusieurs générations contestataires.»
(Allocine.fr)
Peter Watkins critique des médias

L'œuvre de Peter Watkins est éminemment politique, tant par les sujets qu'il choisit (armement nucléaire, guerres, révoltes populaires, personnalités iconoclastes) que par la façon dont il les traite. Il a payé ce non-conformisme par des obstacles récurrents à son travail, tant au niveau de la production (financement) que de la distribution (projections en salles) ou de l'accueil critique.

Sa défiance grandissante à l'égard des médias traditionnels l'a conduit à préférer aux entretiens conventionnels, auxquels il reproche d'évacuer les considérations les plus politiques, la pratique des « auto-interviews », où il se pose les questions que le public lui a régulièrement adressées, ou celles qui lui semblent fondamentales.

En 1997, à l'occasion du 75e anniversaire de la BBC, il écrit La Face cachée de la lune, une critique des mass media audiovisuels, qu'il envoie à l'ensemble des médias professionnels du monde : il y dénonce la crise démocratique qui y règne, l'omniprésence de la « Monoforme» à la télévision comme au cinéma, et propose des idées de réforme de l'enseignement des médias

Peter Watkins a explicité sa critique radicale des médias dans son livre Media crisis (éd. Homnisphères, 2004) où il dénonce l'attitude totalisante des mass-médias audiovisuels et leur impact sur la société.
Il publie sur son site internet des textes critiques où il reprend son analyse de la « Monoforme».

(wikipedia)

« Ainsi, mon travail s’est orienté vers l’objectif de trouver des formes susceptibles d’aider le public à se libérer de ce système répressif, à se détacher des nouveaux mythes médiatiques de « l’objectivité », de la « réalité » et de la « vérité », et à rechercher ses propres processus alternatifs d’information audiovisuelle ».

(Media crisis / Peter Watkins. Ed. Homnisphères)

« J’ai poursuivi cette idée de « faux » documentaire dans mes films professionnels, essentiellement pour décoder et interroger certaines pratiques « objectives » des MMAV [Mass medias audiovisuels]. Nous savons bien qu’il n’existait pas de caméras en 1746, à l’époque de La Bataille de Culloden. Nous savons également que l’Angleterre n’a pas (encore) subi d’attaque nucléaire – j’ai pourtant filmé ces évènements avec toutes les apparences du « réel » comme un documentaire traditionnel ou le journal télévisé du soir. Mon espoir à cette époque était d’initier un dialogue au sein de ma profession, et avec le public, sur les dangers de manipulation inhérents aux films soi-disant réalistes ou les documentaires « objectifs » ».

Peter Watkins, sept 2010
Filmographie de Peter Watkins :
1956 : The Web - 20 min. - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1958 : The Field of Red - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1959 : Journal d'un soldat inconnu (The Diary of an Unknown Soldier) - 20 min. - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1961 : Les Visages oubliés (Forgotten Faces) - 17 min. - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1964 : La Bataille de Culloden (Culloden) - 69 min. - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1966 : La Bombe (The War Game) - 48 min. - Grande-Bretagne - anglais - noir et blanc

1967 : Privilège (Privilege) - 103 min. - Grande-Bretagne - anglais – couleur

1969 : Les Gladiateurs (Gladiatorerna / The Gladiators) - 102 min. - Suède - anglais – couleur

1971 : Punishment Park - 88 min. - États-Unis - anglais – couleur

1975 : The Seventies People - 127 min. - Danemark - danois – couleur

1975 : The Trap (Fällan) - 65 min. - Suède - suédois – couleur

1976 : Edvard Munch, la danse de la vie (Edvard Munch) - 210 min. - Suède et Norvège - anglais et norvégien – couleur

1977 : Evening Land (Force de frappe, Aftenlandet) - 109 min. - Danemark - danois – couleur

1988 : Le Voyage (The Journey, Resan) - 873 min. - Australie, Canada, Danemark, Finlande, Italie, Japon, Nouvelle Zélande, URSS, Suède, Norvège - anglais, français - noir et blanc, couleur

1994 : Le Libre-Penseur (The Freethinker) - 276 min. - Suède - suédois – couleur

2000 : La Commune (Paris, 1871) - 375 min. (version intégrale) - France - français - noir et blanc

Bibliographie


Media crisis . Trad. Patrick Watkins, éd. Homnisphères, coll. « Savoirs autonomes », Paris, 2004, 247 p.; rééd. 2007

Le site de Peter Watkins : http://pwatkins.mnsi.net/
Sur Peter Watkins :
L'insurrection médiatique : médias, histoire et documentaire dans le cinéma de Peter Watkins. Sous la direction de Sébastien Denis et Jean-Pierre Bertin-Maghit, Presses universitaires de Bordeaux, 2010 (Collection Cinéma(s))

Le Mois du film documentaire à Périgueux : Les films projetés
- Bibliothèque municipale de Périgueux :

Evening Land   (titre original Aftenlandet, Denmark, 1977, durée 109 mn) :

En 1977, Peter Watkins réalise pour l'Institut du Cinéma danois Aftenlandet (Evening Land, ou Force de Frappe) avec 192 acteurs non professionnels et sans que les dialogues aient été écrits - une méthode régulièrement employée par le réalisateur pour laisser les comédiens faire appel à leurs expériences et opinions propres dans leurs rôles. Le film décrit une grève dans les docks de Copenhague contre la construction de quatre sous-marins pour la marine française : les ouvriers protestent contre le gel des salaires conclu par la direction pour remporter le contrat, mais aussi contre l'équipement des bateaux en missiles nucléaires. Un sommet européen se tenant au même moment dans la ville, un groupe d'activistes enlève le ministre danois pour contester la construction d'armements nucléaires au Danemark et soutenir les revendications des grévistes. La manifestation est brutalement réprimée par la police, qui sauve le ministre et capture ou tue les « terroristes ». Le film est mal reçu par la critique (« Quand Watkins cessera-t-il d'effrayer le public ? » s'insurge un chroniqueur), mais aussi par les marxistes, qui lui reprochent d'être plus proche des « terroristes » que des ouvriers. Il ne sera plus présenté ensuite.
- MAAP :

Edvard Munch, la danse de la vie (titre original : Edvard Munch, Norvège, 1974, durée 210 mn)

Présenté comme un documentaire d'époque, retrace les débuts de la carrière artistique du peintre expressionniste norvégien Edvard Munch (1887-1901). De ses recherches picturales à la réception de son œuvre par le public et les critiques, des drames amoureux à la peur de la maladie qui s'abat sur sa famille telle une malédiction, de son rejet de la société bourgeoise à son accueil par des groupes anarchistes ou d’artistes révolutionnaires, le film brosse un portrait subjectif et intime de Munch tout en liant l’artiste à son époque et aux grands mouvements culturels et sociaux qui agitent cette fin du XIXe siècle.

En 1973, exilé en Norvège, Peter Watkins réalise Edvard Munch en anglais et en norvégien. Le film est co-produit par les télévisions norvégienne (NRK) et suédoise. Biographie du peintre expressionniste norvégien, c'est aussi une autobiographie en creux du réalisateur, qui reconnaît dans la vie de l'artiste les épreuves auxquelles il s'est lui-même heurté. Ce film, né d'une visite de Peter Watkins au Musée Munch d'Oslo, est tourné de nouveau avec des acteurs non professionnels (habitants d'Oslo et de son fjord), dans des lieux que Munch fréquenta, et dans des tons proches de ceux de ses toiles. C'est, de l'aveu du réalisateur, son film le plus personnel, et une expérience créative « magique », l'équipe de techniciens et d'acteurs étant l'une des meilleures avec lesquelles il ait travaillé. Les critiques sont majoritairement positives, et le film sera montré dans de nombreux pays.

- Archives départementales de la Dordogne :

La Commune (Paris, 1871) (France, 2000, durée 345 mn, version courte) :

Napoléon III perd la guerre contre la Prusse après un siège de Paris particulièrement dur pour le peuple parisien. Nous sommes en 1870-1871 et la misère est grande. Le 17 et 18 mars 1871, le peuple parisien, qui refuse la capitulation, se révolte. La Commune de Paris est née. Alors que la télévision versaillaise rapporte l'événement de façon partielle et orientée, une télévision communarde se crée et s'organise pour relayer ce moment qui, bien que majeur dans l'histoire du mouvement ouvrier, reste néanmoins l’une des périodes les plus méconnues de l’histoire de France. Les équipes de télé se rendent sur les lieux où vit la Commune : mairie, barricades, clubs féministes, etc. et procèdent à des interviews pour rendre compte de la réalité à la population. Les gens disent leurs rêves, leurs révoltes, leurs combats et opposent leurs opinions.
En 1999, Peter Watkins reprend la caméra et tourne à Montreuil, en banlieue parisienne, dans les anciens studios de Georges Méliès, La Commune (Paris, 1871), une reconstitution de la Commune de Paris, où dans une forme proche du théâtre, il remet encore plus radicalement en question sa manière de filmer. Travaillant toujours avec des acteurs non professionnels et sous la forme des actualités (présence assumée de la caméra, prise à parti du « journaliste »), il s'interroge à la fois sur l'épisode historique et sur le contexte contemporain : les comédiens énoncent par exemple des critiques sur le gouvernement versaillais tout en donnant leur avis sur les grèves de 1995.

Le film est mal accueilli et ARTE, co-productrice, ne le défend pas. Les acteurs se réunissent au sein de l'association « Rebond pour la Commune », afin de soutenir le film et de poursuivre le travail d'accompagnement et de débat critique impulsé par Peter Watkins autour de ses réalisations précédentes. L'association produit en 2001 un documentaire sur et avec Peter Watkins, intitulé Peter Watkins - Lituanie, tourné, par ironie, au sein d'un parc à thème soviétique près de Vilnius, où le réalisateur revient sur La Commune et sur la crise des médias.

Certains des films de Peter Watkins sont à la bibliothèque municipale de Périgueux et pourront être empruntés dès la clôture du Mois du film documentaire.


1 Le site du Mois du film documentaire : http://www.moisdudoc.com/

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