Comment la puéricultrice peut-elle aider les parents à tisser des liens d’attachement et à devenir parents ?





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METHODOLOGIE DE L’ENQUETE

bébé couveuse.jpg
4. METHODOLOGIE DE L’ENQUETE

4.1 Outils d’enquête
Afin de répondre à ma problématique :

Comment la puéricultrice, en service d’hospitalisation peut-elle aider psychologiquement des parents, préparés ou non à une naissance prématurée, à mieux vivre leur séjour à l’hôpital et à investir plus facilement leur enfant ?
J’ai choisi d’enquêter au sein de trois services qui accueillent des parents ayant un enfant prématuré :

  • Le service de pathologie materno-foetale

  • Le service de réanimation néonatale et pédiatrique

  • Le service de néonatalogie

Je souhaite recueillir le ressenti de parents dont la grossesse est menacée par un accouchement précoce et celui de parents dont le bébé est né en très grande ou grande prématurité ainsi que le ressenti des professionnels de santé face à ces situations difficiles. Mes entretiens sont semi directifs, d’une durée de 30mn en moyenne, confidentiels et enregistrés.

J’ai choisi d’interroger :

  • En PMF : une maman qui a un risque d’accoucher d’un bébé avant 34 SA.

  • En réanimation néonatale : - deux couples (si possible) dont un dont l’accouchement s’est déroulé de façon inopiné et l’autre qui a bénéficié d’un séjour en PMF.

- deux professionnelles, dont une avec de l’ancienneté et l’autre ayant un parcours plus récent en réanimation.

  • En néonatalogie : - deux mamans ayant le même profil qu’en réanimation

- deux professionnels, même profil que le service précédent.
L’interview des parents est réalisé un peu à distance de la naissance afin qu’ils aient du recul face au stress et l’incompréhension de la naissance prématurée.

Mes questionnaires d’enquêtes (annexe 1, annexe 2, annexe 3) font ressortir plusieurs thèmes :

  • Le ressenti psychologique des parents, des professionnels.

  • La séparation, le lien d’attachement.

  • La parentalité.



4.2 Objectifs de mes enquêtes
4.2.1 Enquête auprès des parents

Lors de mes entretiens auprès des parents, j’ai cherché à connaitre :

  • Le ressenti psychologique des mamans, des papas confrontés à une naissance prématurée.

  • Les difficultés causées par la séparation.

  • La façon dont s’établi les liens d’attachements, la parentalité.

  • Leur ressenti par rapport à l’accueil au sein des différents services.


4.2.2 Enquête auprès des professionnels

Mon questionnaire pour les professionnels avait pour objectif de :

  • Identifier comment les professionnelles perçoivent l’état psychologique des parents lors de cette période.

  • Observer comment ils accompagnent les parents pour les aider à investir leur enfant tout au long du séjour.

  • Savoir ce qu’ils pensent de l’accueil qui est fait aux parents actuellement dans les services de réanimation et de néonatalogie.



4.3 Limites de l’enquête
Lors de mes entretiens auprès des parents et des professionnels, j’ai pu constater que mon thème sur les liens d’attachement et celui de la parentalité était lié l’un à l’autre.

Au cours de ma visite dans le service de Pathologie Materno Fœtale, les mamans interrogées avaient déjà donné naissance à un enfant prématuré. Mon entretien fut moins riche en émotions

Lors de l’analyse, j’ai choisi de ne pas traité la question qui abordait l’accueil au sein du service car les parents ne semblent pas gêné par l’environnement (interphone, longs couloirs). Ce n’est pas leur préoccupation principale.

L’analyse ne m’a pas donné de désaccord important entre les professionnelles et les parents. Je dirais même que les puéricultrices sont très à l’écoute des couples en difficulté et sont attentives à leurs besoins.

ANALYSE

bebe nounours.jpg

5. ANALYSE

5.1 Présentation de la population enquêtée
5.1.1 Les parents


Parents

N°1

N°2

N°3

N°4

Séjour en Pathologie Materno-Foetale


Oui

2 semaines


Quelques heures

Oui

1 mois ½ retour à la maison 15j puis à nouveau 10j


Non

Séjour actuel


Réanimation

Néonatalogie

Néonatalogie

Réanimation

Terme en SA*

à la naissance

27 SA

31SA+3j

Enfants jumeaux

30SA+4j

26SA

Terme au moment de l’entretien


28 SA


33SA+6j


33SA+5j


32SA

Parité

primipare

primipare

2e pare

Primipare

Type accouchement


césarienne


Voie basse


Voie basse


Césarienne

Présence du papa lors de l’entretien


oui


non


non


oui

*SA : Semaines d’Aménorrhée

J’ai aussi réalisé un entretien dans le service de Pathologie Materno-Fœtale (PMF), le terme de la grossesse lors de l’entretien est de 29SA+6j, la future maman est hospitalisée depuis une semaine pour contractions intenses. Cette maman a déjà eu un enfant né prématurément à 30SA vingt mois auparavant mais n’avait séjourné en PMF que quelques heures avant d’accoucher.

5.1.2 Les professionnels


Professionnels

N°1

N°2

N°3

N°4

Lieu de travail


Réanimation

Réanimation

Néonatalogie

Néonatalogie

Ancienneté en pédiatrie

2 ans

7 ans

6 ans à Paris

9 mois à Besançon

19ans

Grade de la personne interviewée


IPDE*


IPDE


IPDE


IPDE

*IPDE : Infirmière Puéricultrice Diplômée d’Etat

5.2 Thèmes émergeants suite à l’analyse des entretiens
Lors de l’analyse de mes entretiens, j’ai pu voir émerger trois thèmes importants autour de la prématurité :

  • La détresse parentale

  • Le ressenti des parents par rapport à l’enfant, par rapport à l’environnement

  • La création des liens d’attachement et la parentalité

Je choisis donc de poursuivre mon analyse en respectant ces thèmes. J’ai choisi de confronter le ressenti des parents à celui des professionnelles.

5.3 La détresse parentale
5.3.1 Le vécu de l’accouchement

Sur les quatre mamans interrogées, deux ont accouchées par césarienne et deux par voie basse. La césarienne est très mal vécue. La maman n°4 l’a ressenti comme un échec : « je n’étais pas prête, je voyais ça à la télé, je me disais ça ne peut pas m’arriver… ». Quant à la maman n°1 qui a longuement été hospitalisée en PMF, elle n’en parle pas, elle était probablement préparée à ce mode d’accouchement et le vit différemment de la maman n°4 qui a accouché spontanément. En parlant de son enfant, elle dit « elle était mieux vers eux que vers moi ».

L’accouchement par voie basse est un processus normal qui est ressenti comme une fierté dans la prématurité. La maman n°3 en témoigne « ah non, j’ai au moins fait les choses correctement ».

Les puéricultrices notent que l’accouchement prématuré est vécu comme difficile. C’est d’autant plus vrai si il y a césarienne car ce mode d’accouchement est vraiment ressenti comme un échec. La puéricultrice n°1 ajoute que lorsqu’il y a une anesthésie générale, les mamans ne voient pas ou n’entendent pas leur bébé et ceci ne fait qu’accentuer leur souffrance « si c’est un accouchement en urgence par césarienne avec anesthésie générale, c’est très compliqué par la suite pour elle… ».

Ce ressenti atteste bien ce que j’ai pu décrire dans le cadre conceptuel par rapport à l’accouchement qui est vécu comme un échec.


      1. Les émotions de la maman par rapport à cet accouchement

Les quatre mamans se culpabilisent énormément de ne pas avoir pu mener leur grossesse à terme. La maman n°1confie : « je me sens coupable et encore aujourd’hui, de ne pas être allé jusqu’au bout de cette grossesse, de ne pas être allé plus loin ». A ce sentiment de culpabilité se mêlent de la frustration : « je pleurais dès que je voyais une dame enceinte car je n’ai pas eu de gros ventre », et de doute, « j’ai quand même culpabilisé un peu, est ce que j’ai fait quelque chose de mal pour mes bébés » m’assure la maman n°2.

Elles se sentent coupable de donner à leur enfant un environnement agressif. La culpabilité est omniprésente, forte et perdure malgré leur investissement auprès de leur enfant. La maman n°3 me confie, à deux jours de la sortie vers un hôpital périphérique cette culpabilité intense. C’est une maman qui s’est peu investie dans sa grossesse de peur de perdre son bébé.

Les quatre professionnelles confirment ce sentiment de culpabilité qu’éprouvent ces mamans. La professionnelle n°3 me rapporte à leur sujet: « elles se disent coupable, responsable » et la professionnelle n°4 : « je pense qu’il y a notion de culpabilité là au milieu « c’est à cause de moi qu’il est dans la couveuse » je l’ai déjà entendu dire », elle ajoute aussi en citant les mamans : « c’est de ma faute, là il souffre, il devait être dans mon ventre », la culpabilité est très forte, témoin d’une grande détresse, frein à la création des liens d’attachement.

Dans ma partie théorique, je parle de ce que ressentent ces mamans : deuil du ventre, arrachement de leur enfant, culpabilité… Ici le discours de ces mères et des professionnelles affirme bien la théorie.
5.3.3 La séparation

La séparation n’est pas vécue de la même manière par les quatre mamans interrogées. Elle est vécue comme difficile mais à des degrés différents. La maman n°4 définit cette séparation comme insoutenable et me fait remarquer : « la seule chose que je voulais c’était de voir mon bébé ». Les professionnelles remarquent que cette angoisse de séparation est d’autant plus marquée chez une maman qui accouche inopinément car elle n’a pas été informée de toute la prise en charge qui peut se faire lors d’une naissance prématurée. L’angoisse des mamans qui ont été hospitalisées auparavant est atténuée mais elles restent dans la découverte de ce petit être qu’elles n’avaient pas imaginé comme ça. La professionnelle n°2 souligne « il y a une différence entre les explications et la réalité ». Elle ajoute « elles ont, entre guillemets, eu le temps de comprendre qu’elles allaient accoucher prématurément même si elles essaient de grappiller des jours ».

Il y a des mamans qui disent l’avoir bien vécu parce qu’elles savaient que leur enfant nécessitait des soins et qu’il était en sécurité, la maman n°2 « plutôt bien, j’avais encore des soins, je les avais vu et je savais qu’elles étaient bien en sécurité », la maman n°1  « elle était mieux vers eux que vers moi ». En contre partie, elles disent avoir ressenti des difficultés lorsqu’elles se sont retrouvées toutes seules dans leur chambre à la maternité. La maman n°2 reconnait « c’est vrai qu’il y a eu 2-3 soirs difficiles ». La maman n°1 a ressenti des difficultés liées à l’adaptation à un nouveau service. La maman n°4 ajoute aussi « ce qui a été dur, c’est quand je suis revenue dans la chambre de la mat, il n’y avait pas de berceau mais un plan à langer, un paquet de couche et de se dire, moi je ne pourrai jamais faire ça ». Elle ajoute «on a l’impression qu’on nous arrache notre bébé, qu’on l’abandonne ». La professionnelle n°2 explique bien cette difficulté d’adaptation « c’est forcément compliqué… à la maternité c’est difficile parce qu’elles ne sont pas toujours mise dans des chambres ou ils n’y a pas de bébés autour et d’entendre les autres bébés c’est compliqué… ».

Le retour à la maison est un autre moment pénible pour ces mamans. Laisser leur enfant tout seul à l’hôpital leur est insupportable. Les parents n°4 l’expriment bien, « je n’ai pas envie qu’il se retrouve seul dans cette petite couveuse,… il n’a pas ses parent tout le temps. ». La maman n°2 dit « on aimerait bien les ramener mais c’est comme ça ». Pour les professionnelles la séparation est en réalité multiple : une séparation lors de l’accouchement et une séparation lors de la sortie de la maternité. Elles m’expliquent que les mamans ont l’impression d’abandonner leur enfant en le laissant seul à l’hôpital, dans la chambre, dans cette couveuse. Ça se traduit par « je suis toute seule à la mat, je suis toute seule chez moi et mon bébé est tout seul dans sa couveuse ». Le fait de laisser l’enfant seul est inimaginable, inconcevable pour les parents car ils ne l’avaient pas du tout envisagé ! La professionnelle n°3 me dit que la maman se conçoit comme ayant un rôle de protection et non d’abandon ce qui renforce le sentiment de profonde culpabilité.

Les parents pour mieux vivre cette séparation trouvent des rituels quotidiens. Par exemple la maman n°2 « moi j’appelle tout les soirs comme ça je peux dormir tranquille…c’est le petit rituel qui m’aide à tenir », les parents n°1 disent « on appelle le matin, le soir, on a les photos d’Hélena dans notre chambre, on a des petits films ».

Les professionnelles discernent très bien les émotions liées à cette nouvelle séparation. La professionnelle n°1 rapporte : « c’est un choc… vécue comme un échec de ne pouvoir mener sa grossesse à terme… », la professionnelle n°4 ajoute « c’est quelque chose d’intenable, les mamans qui partent de là sans leur bébé, elles sont souvent désemparées, elles partent en pleurs. La séparation est très compliquée. ».

Dans le cadre conceptuel, je décris la séparation comme étant un facteur qui réactive la culpabilité, le sentiment d’échec, de frustration, elle n’a pas son rôle de mère. Ici, les professionnelles confirment se ressenti et les parents, par leurs témoignages l’attestent.

Synthèse :

La détresse parentale est une notion que les professionnelles doivent prendre en compte pour faciliter les liens parents/enfants.
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