Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011





télécharger 72.62 Kb.
titrePre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011
page1/5
date de publication10.10.2017
taille72.62 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > économie > Documentos
  1   2   3   4   5

Pre-print pour « Les Enjeux de l’information et de la communication », 2011.

Le documentaire élargi au web


Evelyne Broudoux

1. Introduction


Sur le web, la panoplie des genres éditoriaux s’élargit progressivement : blogs, portails, wikis collaboratifs, webzines, vidéos « citations », etc. Depuis 2004, nous assistons à l’émergence d’un nouveau type de création – le web-documentaire1 – qui allie films documentaires et spécificités du web et dont les techniques d’écriture apparaissent se stabiliser. Des organismes comme le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC) n’hésitent pas à subventionner ce type de production et des médias comme Arte ou Le Monde montent des plateformes dédiées à ce nouveau mode d’expression.

Qu’appelle-t-on exactement web-documentaire ? Un agencement spécifique scénarisant la consultation sur le web d’un documentaire thématique sous une forme participative. On peut le définir comme :


  • un documentaire réalisé en vidéos, en bandes sons, en textes et en images,

  • dont la scénarisation tient compte de l’interactivité

    • dans la fragmentation des récits

    • et dans l’interface graphique

  • et qui s’insère dans un dispositif personnalisant la communication avec l’internaute (réseaux sociaux, commentaires, etc.).

Il existe une multiplicité des appellations comme animations interactives, petites œuvres multimédia (POM), documentaires multimédias, cyberdocumentaires, qui indique l’émergence d’un nouveau style qui n’a pas encore trouvé son nom et qui oscille entre plusieurs directions de développement.

2. La transformation des médias par le numérique

Changements dans le mode de consommation des médias


Dans son livre « Convergence culture », Henry Jenkins tente de décrire cette phase de turbulences dans laquelle sont plongés les médias de diffusion qui opèrent dans un environnement devenu réactif et participatif et qui doivent coopérer avec une audience moins fidélisable, c’est-à-dire qui est capable de migrer pour réaliser des expériences qui lui conviennent. Il nomme convergence l’intersection entre au moins trois processus : celui de la mise en flux des contenus, celui de la multiplicité des plateformes médiatiques et celui du caractère versatile de l’audience.

L’arrivée des web-documentaires s’insère dans un paysage médiatique caractérisé par des changements dans le mode de consommation des médias. Alors que le lectorat de la presse écrite continue de baisser inexorablement, la télévision a progressivement cédé sa première place à l’internet en termes de temps passé devant l’appareil récepteur chez les « digital natives ».
Deux remarques s’ensuivent :

  • La récente et forte croissance du visionnage de vidéos sur internet laisse augurer l’essor d’un marché de masse constitué par un gros volume de vidéos professionnelles souvent revisitées par des amateurs et s’adressant à une large audience sur les web TV (ex : Current.tv) et les plate-formes (ex : Dailymotion, YouTube) et se relayant sur de multiples réseaux sociaux. Ces vidéos étant rarement monétisées, leurs revenus publicitaires générés sont basés sur la mesure quantitative de l'audience qui les visionne.

  • Dans le déluge informationnel, la captation de l’attention passe par des artifices interactifs maintenant l’internaute en immersion dans des univers contraints et addictifs (réseaux sociaux, etc.) fortement inspirés par l’univers des jeux vidéo. Depuis les simulateurs de vols pour l’apprentissage du pilotage des avions à l’utilisation de « jeux sérieux » (ex : pour la simulation d’exercices militaires), les systèmes de représentation du réel n’ont cessé de se diversifier. Avec la notion de « réalité augmentée » sur mobiles, une hybridation est atteinte, celle de l’image captée en temps réel sur laquelle viennent s’inscrire différentes formes d’information (infographies, logos, publicités, données, etc.) documentant les contenus captés.

La télévision connectée c’est-à-dire raccordée directement ou indirectement à l’internet est en passe de remplacer la télévision hertzienne. Conçue dès les débuts du web, la « télévision interactive » intéresse aujourd’hui de près les industriels (opérateurs réseaux, télécommunication audiovisuelle, fabricants d’écrans, de récepteurs) et les acteurs des industries de la culture ; le visionnage actuel massif des vidéos prouvant que l’offre aura du succès. Composée d’un appareil récepteur-émetteur et d’un écran multi-fenêtres et tactile, elle devrait proposer des contenus délinéarisés  aux côtés du flux télévisuel habituel autorisant le visionnage de vidéos type YouTube/Dailymotion, la TV de rattrapage (catchTV, ex : Hulu, arte+7) et les vidéos à la demande (Vod, ex : Netflix, mySkreen), mais aussi l’usage de services informatiques susceptibles de la transformer en véritable « poste de commande » domotique. L’intérêt pour les annonceurs publicitaires d’une télévision connectée est d’avoir accès à des systèmes de mesure de l’interactivité de l’audience impossibles à imaginer dans le cas d’une télévision hertzienne.

Contexte économique de l’apparition des web-documentaires


En économie des médias, les web-documentaires font partie des « biens informationnels » qui concentrent de l’information librement appropriable (ex : connaissances, mélodies) et il s’agit également de « biens publics » régis par un principe de « non rivalité » dans la mesure où leur usage n’induit pas une diminution de leur quantité pour d’autres consommateurs. [Chantepie, Le Diberder, 2010] constatent un mouvement dans les modèles économiques traditionnels des diffuseurs et des éditeurs. Les contenus numériques fixés sur les supports physiques lorsqu’ils sont immatérialisés sur les réseaux changent de statut : de biens privés susceptibles de paiement direct, ils passent à l’économie des biens collectifs et deviennent non-rivaux. Ce qui engendre toute une série de changements pour les ayants-droits dont les revenus cessent d’être proportionnels mais vont dépendre d’allocations réglementées, mais aussi pour les bénéficiaires consommateurs transformés en « passagers clandestins » qui voient leurs pratiques (écoute musicale, lecture d’e-books) rendues illégales. Il ne faudrait pas oublier non plus les conséquences de développement pour les industries techniques qui bénéficient des effets d’externalité positive (DRM, etc.).

Subventionnés en amont par le CNC qui soutient l’expérimentation de nouvelles formes d’expression, les documentaires portés sur le web sont bénéficiaires de ce changement de régime. Mais ils servent aussi de tests à des médias qui cherchent à diversifier leur production et tentent de trouver de nouveaux modèles économiques pour leurs futurs revenus. C’est ainsi que des éditeurs de presse écrite et audiovisuelle comme Le Monde, Arte, France 5, France 24, Canal+ se sont lancés dans la publication régulière de « web-documentaires » dont la particularité est d’avoir été conçus pour être consultés sur le web. Cette orientation de mise en ligne de contenus «  interactifs » de la part d’acteurs de la presse audiovisuelle et imprimée pourrait être envisagée comme un rodage de nouvelles techniques d’écriture adaptées au web.
  1   2   3   4   5

similaire:

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconAdoptée par l’Assemblée nationale le 3 octobre, la loi visant à encadrer...
«études», 2007; «Lieux d’achat du livre», dans Ministère de la Culture et de la Communication, Chiffres clés 2011; «Baromètre multi-clients,...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconParcours pré-professionnels aux métiers de l'enseignement et de l'Education
«métiers de l’enseignement» et l’information sur l’iufm pour le concours de professeur des écoles

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconTwitter : questionnement sur les usages par les professionnels de la communication
«Pour les professionnels de la communication des organisations, quelles potentialités du distic twitter dans ses dimensions stratégiques...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconEnjeux de la securite et de la defense
«pré carré africain», envoie un détachement d’assistance militaire et d’instruction (dami) épauler les fragiles forces armées rwandaises,...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconRésumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours...
«Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires», oai: hal archives-ouvertes fr: hal-00325928 v1, 2008-09-30...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconMultimédiatiser l'école ?
«nouvelles», dites multimédia, dont Internet est le fer de lance. Les initiales tice sont entrées dans les textes officiels, nous...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconDoctorat Science de l'information et de la communication (71e section)

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconLa notion d’information : entre journalisme et communication Adeline Wrona

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconRésumé de la communication (Laurence Marie)
«Modalités et enjeux de l’insertion du spectateur dans les textes dramatiques», avec S. Marchand, en ligne sur le site du Centre...

Pre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011 iconLes différents types de communication De la communication de masse à la communication one to one






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com