I l'âge industriel en Europe et en Amérique du Nord du milieu du xixe siècle à 1939 (8 heures)





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I - L'âge industriel en Europe et en Amérique du Nord du milieu du XIXe siècle à 1939 (8 heures)

1 - Industrialisation et croissance
2 - La société de l'âge industriel

Cette partie du programme est à traiter dans la longue durée qui convient à l'étude d'une civilisation.

Il s'agit de prendre la mesure de la croissance sur près d'un siècle et de la mettre en relation avec son origine : le processus d'industrialisation. L'approche des formes et des phases de ces mutations majeures et des décalages existant entre les espaces européens de ce point de vue doit partir du milieu du XIXe siècle, sans s'astreindre à remonter au démarrage.

La croissance économique est l'accroissement durable de la production globale d'une économie : c'est à la fois un phénomène quantitatif que l'on peut mesurer et un phénomène de longue période ; selon les facteurs qui l'expliquent principalement, elle est extensive (grâce à davantage de travailleurs, d'équipements, de matières premières…) ou/et intensive (utilisation plus efficace des facteurs de production existants). La révolution industrielle marque le point de départ de la croissance économique moderne, qui contraste avec les progrès plus lents et hésitants de l'ère préindustrielle.

L'industrialisation est un processus, dont les différentes dimensions sont interdépendantes : affirmation de la part de l'activité manufacturière dans le produit national et l'emploi, dégagement d'une industrie moderne dont les traits s'étendent à un nombre croissant de branches, extension à tous les secteurs d'activité du modèle industriel ("industrialisation" globale).

L'augmentation considérable des volumes produits, la diversification, la standardisation et la diffusion accrues des biens rendent l'étude de ces phénomènes inséparable d'une évaluation de leurs effets en terme de niveau de vie et de consommation.

C'est dans ce cadre d'ensemble que les crises majeures qui ont marqué ces mutations : Grande Dépression du XIXe ou crise de 1929, sont étudiées : événements conjoncturels aux conséquences graves, qui infléchissent l'évolution sans en remettre en cause les données essentielles.

L'industrialisation transforme considérablement les sociétés européennes et nord-américaines. L'importante mobilité spatiale à différentes échelles, les reclassements sociaux, le jeu d'acteurs collectifs déterminants - bourgeoisie dynamique et prolétariat - ou l'apparition des classes moyennes, symbole d'une ascension sociale et catalyseur des inquiétudes politiques au moment des crises, constituent des entrées possibles pour analyser ces transformations. Ils invitent à ne pas réduire la société de l'âge industriel à un antagonisme simpliste et mettent à jour la complexité des réalités sociales.

La pluralité des courants qui analysent le capitalisme et la société pour les théoriser, les adapter ou les combattre est un autre trait de cette complexité. Le libéralisme est le courant triomphant de l'âge industriel. Il est contesté à la fois par le socialisme, l'action et la réflexion syndicales et le traditionalisme (qui condamne le salariat industriel de masse et la pauvreté des catégories défavorisées, en même temps qu'il exprime sa nostalgie d'un monde rural et d'une société hiérarchisée).

À un moment jugé opportun, une étude plus développée de tel facteur, acteur individuel, entreprise, forme d'organisation de la production ou situation localisée permettrait d'incarner et de mieux comprendre les mutations étudiées, et singulièrement de rendre justice à l'importance des faits scientifiques et technologiques.

- CROUZET François, Histoire de l'économie européenne 1000-2000, Albin Michel, 2000, 440 p
- BARJOT Dominique (s.d. de), Industrialisation et sociétés en Europe occidentale du début des années 1880 à la fin des années 1960, CNED/SEDES, 1997, 445 p.
- MARSEILLE Jacques (s.d. de), L'Industrialisation de l'Europe occidentale (1880-1970), ADHE, "Histoire économique", 1998, 378 p. (notamment la contribution de Jean-Charles ASSELAIN sur le processus d'industrialisation, p. 7-43).
- VERLEY Patrick, La Révolution industrielle, Gallimard, "Folio histoire", 1997, propose, p. 125 s., une série d'études brèves sur "acteurs et facteurs".
- La Société européenne au XIXe siècle. Hiérarchies et mobilités sociales, DEMIER Francis, Documentation photographique, n° 8024, décembre 2001.
- Socialisme et utopies, REBÉRIOUX Madeleine, GEORGEL Chantal et MORET Frédéric, Documentation photographique, n° 8016, août 2000.


II - La France de 1900 à 1939 (12 heures)

Trois moments se succèdent, que les libellés retenus font correspondre à différents modes d'exposition historique : un tableau, la présentation de la manière dont un événement imprime sa marque sur une société, l'analyse d'une crise complexe et globale.

1 - Tableau de la France à la " Belle époque "

L'expression de "Belle époque" date de l'après-guerre, quand les survivants de l'épreuve affirment leur aspiration à une reconstitution à l'identique. Le point de départ retenu par le programme : 1900, pallie les hésitations de la périodisation (la césure traditionnelle de 1896 entre Grande Dépression et reprise s'exprime nettement dans le mouvement des prix, alors que les performances de la production demeurent médiocres jusqu'au milieu des années 1900). Les traits retenus par le programme l'ont été pour leur contribution à la compréhension de l'histoire nationale durant la Belle époque et ultérieurement ; le fait colonial sera travaillé en terminale.

L'étude de la croissance économique peut être incluse dans le I ou articulée avec lui, en soulignant traits communs et spécificités : cycle industriel rythmant de plus en plus le développement économique, fluctuations longues communes à tous les espaces envisagés mais accentuées, étroitesse du marché intérieur, etc.

S'intéresser au monde rural apparaît une évidence : au début de la période, il rassemble 22 millions de Français et le secteur agricole fait pratiquement jeu égal avec l'industrie au sein du PIB. On comprend l'enjeu idéologique et politique que représente durablement la ruralité. Malgré ses traits communs, un univers aussi ample ne peut être homogène, ce que montre une esquisse de la diversité des sociétés rurales et des différences introduites par la structure agraire, les modes d'exploitation et la distinction salariés/exploitants.

L'expression "large consensus républicain et patriotique" rappelle que, vers 1900, un double mouvement s'achève : l'État-nation est l'espace commun et la République, forme française de la démocratie libérale, est victorieuse dans les rapports de force politiques et culturels.

L'expression de culture politique désigne un ensemble de représentations qui servent de référents communs et de valeurs partagées et nourrissent une action, pour une projection commune dans l'avenir. La domination d'une culture dans une aire et un temps donnés - ici, la culture républicaine dans la France de la Belle Époque - n'exclut pas l'existence d'autres cultures, qui subissent, même à leur corps défendant, l'influence de la première et ont avec elle des zones de recouvrement.

BERSTEIN Serge, "La culture politique", dans RIOUX Jean-Pierre et SIRINELLI Jean-François (s.d. de), Pour une histoire culturelle, Seuil, "L'univers historique", 1997, pages 371-386.

Pour autant, des clivages existent parmi les républicains sur l'attitude à avoir envers le catholicisme, la politique de défense nationale ou la nécessité et la vision d'une action socio-économique. C'est dans ce contexte d'ensemble et face à ces questions vives que se déploie la vie politique des années 1900-1914. Même si des modérés y jouent un rôle majeur (Waldeck-Rousseau et Poincaré), le programme met l'accent sur les radicaux. Cela s'explique par la novation que représente la fondation en 1901 du Parti républicain radical et radical-socialiste et son arrivée au pouvoir en 1902. Constitué initialement d'une fédération assez lâche, ce parti occupera durablement une place importante sur l'échiquier politique. Sa fondation est représentative de la croissance des structures collectives (SFIO, mouvements de jeunesse, syndicats, etc.)

Son double statut de capitale incontestée et de ville-monde, au fort rayonnement symbolisé par l'Exposition universelle de 1900, explique que l'on accorde à Paris une attention particulière. Parmi les entrées possibles, le programme privilégie l'attraction culturelle qu'elle exerce à l'échelle nationale et internationale.

- WINOCK Michel, La Belle Époque. La France de 1900 à 1914, Perrin, 2002, 432 p.
RIOUX Jean-Pierre et SIRINELLI Jean-François, Histoire culturelle de la France 4. Le temps des masses, Seuil, 1998, p. 6-111.
- BERSTEIN Serge, "Naissance des partis politiques modernes", dans BERSTEIN Serge et WINOCK Michel (s.d. de), L'Invention de la Démocratie. 1789-1914, Histoire de la France politique, Seuil, "L'univers historique", 2002, p. 415-466 (438-443 sur le parti radical).
- CHARLES Christophe, Paris fin de siècle. Culture et politique, Seuil, "L'Univers historique", 1998, p. 7-48.

2 - Les Français dans la Première Guerre mondiale

Le second moment retenu pour l'étude de la France entre 1900 et 1939 est un événement majeur : la guerre de 1914-1918. Le fil conducteur retenu par le programme est le vécu et les représentations des Français ; il se veut, comme les pistes proposées ci-dessous l'explicitent, au service d'une analyse globale.

Les premiers mois méritent une attention particulière, parce que des traits durables se cristallisent. L'opinion et les pouvoirs publics font face à un conflit qui, quoique envisagé depuis une dizaine d'années, les surprend par sa soudaineté ; si le passage brusque de l'état de paix à celui de guerre suscite d'abord consternation ou résignation, très vite prévaut un sentiment définitivement installé : le patriotisme défensif et la résolution à se défendre. Durant les quelques mois de la guerre de mouvement, 300 000 Français sont tués, 600 000 portés disparus, blessés ou faits prisonniers : le pays entre dans une ère de mort de masse. L'échec d'une victoire rapide entraîne une série de remises en cause et d'adaptations progressives. Parmi celles-ci, la recherche d'un équilibre entre exécutif, législatif et haut commandement et l'engagement dans une guerre totale : mobilisation de l'ensemble des ressources humaines, intégration au phénomène guerrier du potentiel économique et productif, affirmation des moyens d'encadrement de masse, recherche et banalisation de moyens de destruction massive.

Fin 1914, la société est installée dans la guerre : les années 1915-1917 constituent le cœur de l'étude. Sur toute l'étendue du front s'est constitué un réseau défensif formé de deux positions parallèles. L'existence des soldats des tranchées s'organise. Leur résistance à l'inhumanité quotidienne et lors des tentatives des états-majors de briser la continuité du front (essais de percée de Joffre en 1915, stratégie de l'usure en 1916 par les Allemands puis les Alliés) invite à poser des questions difficiles : celles du consentement et de l'acceptation de la violence, donnée et subie. Un puissant sentiment de solidarité nationale, la lutte individuelle et de groupe pour la survie, l'intériorisation de l'idée que l'adversaire appartient à l'univers de la barbarie constituent des éléments de réponse. En 1915 et 1916, l'arrière affirme le même consensus, à partir d'un réseau identique de convictions, favorisées par le maintien de conditions de vie supportables, la persistance de l'Union sacrée, la solidarité avec le front et le conditionnement de l'opinion. Au contraire, 1917 connaît une crise qui affecte tous les secteurs. Sa résolution est le fait d'une répression mesurée et d'une seconde série de remises en cause et d'adaptations.

En demandant une "ouverture sur certains prolongements de la Grande Guerre", le programme souligne que l'ombre portée par l'événement est durable et incite à examiner si le conflit a créé les conditions nécessaires à des changements structuraux. Le temps sera trop bref pour analyser à parité les trois exemples proposés : une analyse nuancée associée à une ou deux évocation(s) permettront d'atteindre l'objectif visé. À titre d'exemple, on pourrait souligner les traits suivants pour ce qui est de "l'organisation du souvenir". Fin 1918, les deux tiers, voire les trois quarts de la population française ont été touchés par les deuils. Les monuments aux morts érigés durant l'entre-deux-guerres et une foule de plaques commémoratives font mémoire des morts par leurs listes nominatives ; devenant des lieux de commémoration, surtout le 11 novembre (fête nationale à partir de 1922), ils affirment une ambition civique. Monuments et manifestations aident les survivants à surmonter les disparitions, en tissant des harmoniques entre la douleur personnelle et la sacralisation collective. Par le biais de leurs associations, les anciens combattants (c'est-à-dire en 1920, 55 % des plus de 20 ans) jouent un rôle dans l'organisation du souvenir ; un alliage entre pacifisme et patriotisme constitue l'une des caractéristiques de ces associations.

L'étude de la Première Guerre mondiale est propice à la mobilisation des études locales (par exemple : PIERRARD Pierre, "Lille, ville allemande", dans 14-18 : mourir pour la patrie, Seuil, 1992) et des ressources patrimoniales. Elle est propice aussi à un travail avec les professeurs de français, de langues étrangères ou d'arts plastiques sur les corpus épistolaire et littéraire (voir notamment L'école des lettres second cycle n° 14 du 1er juillet 1995 et 13 du 1er mai 1997) ou les représentations de la guerre.

- AUDOIN-ROUZEAU Stéphane et BECKER Annette, 14-18. Retrouver la guerre, Gallimard, 2000, 272 p.
- BECKER Jean-Jacques et Annette, La France en guerre (1914-1918). La grande mutation, Complexe, "Questions au XXe siècle", 1996, 221 p.
- L'Année 14. La fin des illusions, BECKER Jean-Jacques et coll., Textes et documents pour la classe n° 682, CNDP, octobre 1994.
La série des Textes et documents pour la classe éditée par le SCÉRÉN (ex-CNDP) offre dans un format ramassé une synthèse, un gros plan sur un document ou un processus et une sélection documentaire, adaptés au travail des lycéens. Plusieurs titres sont propices à une utilisation en première, repérables sur le site http://www.cndp.fr
- "Sur l'année 1917", Historiens & Géographes, n° 315 de juillet-août 1987.
- L'Histoire de la France religieuse 4. XXe siècle (sous la direction de RÉMOND René, Seuil, 1992, p. 116-128) et l'Histoire des femmes 5. Le XXe siècle (sous la direction de THÉBAUD Françoise, Plon, 1992, p. 31-74) fournissent les axes pour traiter les deux autres prolongements de la Grande Guerre proposés : apaisement des luttes religieuses et évolution des rôles féminins et masculins.

3 - Les années 1930

La France de la décennie 1930 est confrontée à une crise multiforme, au sein de laquelle les aspects économiques, sociaux, politiques et culturels sont interdépendants. La dépression économique, perçue à partir de l'automne 1931, est durable. L'impuissance des gouvernements à l'enrayer nourrit le doute et les mécontentements (agriculteurs confrontés à la baisse des prix, anciens combattants et travailleurs du service public souffrant de la politique déflationniste, ouvriers affrontés à l'aggravation des conditions de travail). La poussée d'antiparlementarisme - dont le 6 février 1934 marque un apogée -, l'instabilité ministérielle et le dynamisme de modèles politiques qui apparaissent plus modernes et plus efficaces (communisme soviétique, régimes fasciste et nazi) traduisent ou renforcent ces causes de fragilité. Cependant, la démocratie est suffisamment ancrée pour résister.

Parvenu au pouvoir, le Front populaire fait aboutir des mesures sociales d'importance, qui reconnaissent la légitimité des revendications des ouvriers et contribuent à leur intégration. Il participe de la réflexion sur la modernisation politique (affirmation du rôle de l'exécutif, entrée de femmes au gouvernement, sans pour autant que les femmes obtiennent le droit de vote). L'État se pose désormais en arbitre entre les grandes forces sociales. Il étend ses compétences dans les secteurs économique (relance par la demande, régulation et impulsion, notamment en renforçant une "économie mixte") et culturel (prolongation de la scolarité obligatoire, mesures pour démocratiser la culture).

L'existence du gouvernement de Front populaire est brève : elle s'achève en 1938, année où l'échec économique est aussi avéré. Mais, par sa portée sociale, politique et symbolique (par exemple, mise sur le devant de la scène des usines - dont les occupations sont fortement médiatisées -, politisation des relations et des revendications professionnelles, etc.), la période prend une place à part, sur laquelle le programme invite à se pencher. Elle est ainsi durablement un élément majeur de la mémoire collective de la classe ouvrière, dont elle fonde la fierté. Elle est aussi une référence-clef du discours du mouvement syndical et de la gauche, pour lesquels elle constitue un temps d'unité d'action, d'expansion et de reclassements internes entre Parti radical, SFIO et PCF. Admiré, regretté, redouté ou haï (régime de Vichy), le Front populaire est un mythe mobilisateur de notre histoire contemporaine.

Au fil de cette approche des années 1930, il serait intéressant de s'appuyer sur la connaissance des droits sociaux acquise en éducation civique, juridique et sociale en seconde.

- BARJOT Dominique (s.d. de), Industrialisation et Sociétés en Europe occidentale du début des années 1880 à la fin des années 1960, SEDES/CNED, 1997, p. 185 à 201 et 235 à 246 (contributions de Dominique BARJOT et Alain BELTRAN).
- MARSEILLE Jacques (s.d. de), L'Industrialisation de l'Europe occidentale (1880-1970), ADHE, "Histoire économique", 1998, p. 273-293 (contribution de Jacques MARSEILLE).
- BRUNET Jean-Paul, Histoire du Front populaire (1934-1938), PUF, "Que sais-je ?", éd. de 1998, 127 p.
- TARTAKOWSKI Danielle, Le Front populaire, la vie est à nous, Gallimard, "Découvertes", 1999, 144 p.


III - Les totalitarismes et la guerre (12 heures)

1 - Les totalitarismes

L'objet de ce thème du programme consiste à mettre en évidence les traits fondamentaux et communs des régimes totalitaires, tout en faisant la part de la spécificité de chacun.

La notion de totalitarisme fait problème. Elle a été un instrument de guerre froide qui impliquait une identité entre les régimes fascistes et le communisme stalinien, affirmation qui ne résiste pas à l'analyse historique : ces régimes sont différents, voire opposés par leur niveau économique, leur évolution sociale, leur culture politique, les forces sur lesquelles ils s'appuient, les buts qu'ils poursuivent. Toutefois, les travaux historiques contemporains valident cette notion pour qualifier les dictatures d'un type nouveau apparues au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Ce que ces travaux désignent comme totalitarisme n'est pas une doctrine, mais une pratique d'encadrement de la société au sein de structures qui ont pour objet de "transformer l'homme" en le modelant sur l'objectif idéologique que s'assigne le régime. Cet objectif peut être différent : l'exaltation de l'État, la prédominance de la race aryenne ou la société sans classes dans un système de propriété collective. Mais les méthodes tendent, elles, au même but : donner à la masse de la population une volonté collective, absorber l'homme sous tous ses aspects dans le tout idéologique (national, racial ou social), faire que, non seulement ses idées politiques ou son rôle social, mais également sa vie professionnelle et familiale, ses croyances, ses valeurs, ses goûts esthétiques, soient mis au service de l'idéologie d'État. Le but, qui n'a été atteint nulle part mais vers lequel ces trois régimes ont tendu, a été d'abolir la "société civile" en l'absorbant dans cette entreprise collective.

- Le Stalinisme, La Documentation photographique, n° 8003, Van REGEMORTER Jean-Louis, juin 1998.
- BURRIN Philippe, Fascisme, nazisme, autoritarisme, Seuil, "Points", 2000, 315 p.
- Les Totalitarismes : fascisme et nazisme, La Documentation photographique, n° 7037, MUSIEDLAK Jacqueline et MUSIEDLAK Didier, octobre 1996.
- Nazisme et Communisme. Deux régimes dans le siècle (présenté par FERRO Marc), Pluriel, 1999, 278 p.
- ROUSSO Henry (s.d. de ), Stalinisme et Nazisme : histoire et mémoire comparées, Complexe, "Histoire du temps présent", 1999, 387 p.
- TRAVERSO Enzo (textes choisis et présentés par), Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Seuil, "Points", 2001, p. 9-110.

2 - La Seconde Guerre mondiale

Il s'agit d'étudier la Deuxième Guerre mondiale de son déclenchement à l'arrêt des combats : le bilan géopolitique du conflit sera tracé en terminale (I. 1).

Tout ne pouvant être traité avec la même précision, le programme a opéré des choix.

La présentation des grandes phases de la guerre peut se faire à partir de cartes et d'une chronologie évoquant la conquête hitlérienne en Europe et la conquête japonaise en Asie, l'extension de 1941, le reflux de l'Axe et la victoire des Alliés après le tournant de 1942-1943  ; elle met en valeur le caractère mondial du conflit.

Le génocide des Juifs et des Tziganes - élément commun de l'histoire et de la mémoire européennes - constitue un élément capital pour comprendre la nature du conflit et son importance dans l'histoire contemporaine. Il exige d'être présenté avec une rigueur excluant toute approximation, fondée sur les nombreux travaux scientifiques dont il a fait l'objet.

L'étude de la France dans la Seconde Guerre mondiale relève de la même exigence, sans schématisme. Le pays est anéanti par sa défaite. Les Français, englués dans les difficultés de la vie matérielle quotidienne, tentent de s'accommoder de l'occupation ; mais cela n'empêche ni un rejet massif de l'occupant et de la Collaboration, ni une désaffection croissante à l'égard du gouvernement de Vichy. Ce régime, négation des principes républicains, attaché aux apparences de sa souveraineté mais pris dans l'engrenage de la collaboration d'État et des surenchères collaborationnistes, se met volontairement au service des exactions de l'occupant. À ce choix s'opposent la Résistance intérieure, minoritaire et diverse, et le général de Gaulle, avec la France libre, qui, d'abord isolé, rallie une partie de l'Empire et impose l'image d'une France de la Libération rassemblée autour de lui et figurant dans le camp des vainqueurs.

Ces approches permettent de mettre à jour le caractère de guerre totale du conflit, marqué par l'implication des populations civiles autant que des militaires, l'importance des facteurs idéologiques, économiques et psychologiques, les phénomènes de collaboration et de résistance, les déportations, les massacres programmés massifs (Pologne, URSS) et la politique d'extermination.

- BÉDARIDA François, La Politique nazie d'extermination, Albin Michel, 1989, 332 p.
- HILBERG Raul, La Destruction des juifs d'Europe, (2 tomes), Gallimard, "Folio Histoire", 1992, 1098 p.
- AZÉMA Jean-Pierre et BÉDARIDA François (s.d. de), La France des années noires, (2 tomes), Seuil, "Points", 2000, 580 p.-632 p.
- BURRIN Philippe, La France à l'heure allemande 1940-1944, Seuil, "Points", 1995, 576 p.
- LABORIE Pierre, L'Opinion française sous Vichy : les Français et la crise d'identité nationale. 1936-1944, Seuil, "Points", 2001, 406 p.
- PESCHANSKI Denis, La France des camps. L'internement 1938-1946, Gallimard, 2002, 560 p.
- ROUSSO Henry, Les Années noires. Vivre sous l'occupation, Gallimard, "Découvertes", 1992, 192 p.

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