De la France libre à l’action patronale et entrepreneuriale





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De la France libre à l’action patronale et entrepreneuriale :

le legs de la Guerre à l’histoire des élites économiques
Hubert Bonin, professeur d’histoire économique à Sciences Po Bordeaux et à l’umr Gretha-Université de Bordeaux [www.hubertbonin.com]

On peut penser que tout a été déjà dit à propos de l’histoire patronale durant la Seconde Guerre mondiale et dans les deux premiers lustres de la IVe République. Chacun sait que la Collaboration et, le plus souvent, la simple insertion dans l’appareil économique d’État vichyste1 ont dominé, quand ce n’est pas l’attentisme qui prévalait, marqué par de nombreux ralliements tardifs au soutien à la Résistance. L’opprobre a pu l’emporter au nom de l’histoire de la république des libertés et de l’indépendance, quand ce ne sont pas des critères de morale politique et citoyenne2 qui sont intervenus. Une recension systématique de la présence des patrons dans le mouvement de Résistance et sur la réalité de leur engagement3, ou, plus précisément encore, dans celui de la France libre manque encore4. Mais nombre d’historiens ont par ailleurs insisté sur l’aspiration de la Libération à l’affirmation de nouvelles « élites économiques »5. C’est d’ailleurs une relative obsession (légitime) que de s’interroger sur la capacité, l’intensité et le rythme de renouvellement du patronat6.
Aussi peut-on se demander si la France libre et la Résistance n’ont pas constitué des viviers pour ces rénovateurs de l’action économique et entrepreneuriale. Nous-même avions médité sur l’existence de « banquiers Résistants », au risque de troubler les certitudes de notre collègue Annie Lacroix-Riz, dont les recherches tenaces visent à démontrer les compromissions d’une majorité de financiers et de patrons7. Comme l’appareil d’État s’est amplifié sensiblement, deux champs de déploiement ont pu accueillir ces hommes « neufs », celui du monde public (ou mixte) et celui de l’entreprise privée.
Notre propos délibéré est de ne concentrer notre étude sur les seuls « Français libres » présents à Londres, dans divers territoires d’outre-mer ou aux États-Unis. Nous considérons en effet les patrons, déjà actif ou destinés à cette carrière économique, de la France libre, au sens stricto sensu (les ralliés jusqu’en juillet 1943), mais aussi ceux qui appartiennent à la France combattante, sur le sol français en tant que Résistants, ou dans les armées alliées. C’est en effet, à l’échelle du futur monde de l’entreprise des années 1940-1950 un distinguo que nous jugeons peu opératoire, car ce qui compte a posteriori pour l’historien économiste est bel et bien une solidarité de positionnement géopolitique, voire géomilitaire, qui nourrit ensuite des réseaux d’affinités, d’histoire et de philosophie citoyenne tout autant que des liens au sein de la communauté des affaires.
Faute d’une prosopographie scientifique (Français libres, les 1 025 compagnons de la Libération, les membres des cabinets8 des responsables de la France libre, du Cfln et du Gprf, etc. – et ce malgré des dictionnaires fort pertinents9) et d’un dépouillement de la Revue de la France libre publiée par l’Association des Français libres/Fondation de la France libre, notre vaste champ d’étude manquera de substance exhaustive et de méditations sociologiques10. Sur la base de textes déjà parus, notamment ceux de Jean-François Muracciole11 ou des articles du Dictionnaire des patrons français12, en puisant également des données dans diverses histoires d’entreprise et dans des monographies ou biographies, nous allons tenter d’organiser une analyse des flux d’hommes français des réseaux constitués contre l’Axe aux manettes des entreprises, quelle que soit la nature de celles-ci. Nous nous placerons d’ailleurs dans le sillage de J.-F. Muracciole, qui a identifié des groupes de Français libres ayant connu « des réussites professionnelles après la guerre », en investissant des « commandes de l’industrie française ». « Ce phénomène s’explique à la fois par les origines sociales élevées de la majorité des Français libres et par la formation scientifique de nombre d’entre eux, mais il atteint de telles proportions qu’il donne une des clés de la politique industrielle du gaullisme. »13 Polytechnique fournit par exemple un certain nombre de Résistants14.
Notre approche sera donc empirique, et nous en admettons a priori les lacunes. Le sujet même de notre essai présente un « biais » scientifique (voire éthique) puisque nous n’étudions que les Résistants et combattants destinés à une trajectoire économique future, généralement dans le monde de l’entreprise, encore que certains aient rejoint l’appareil d’État et la nouvelle cohorte de « technocrates » de la République15, alors que plusieurs dizaines de leurs compagnons du monde des affaires ou des grandes écoles sont morts au combat ou en déportation.
1. De vrais combattants passés à la guerre économique
Parmi les milliers puis dizaines de milliers de combattants de la France libre émergent quelques dizaines de hauts cadres de l’économie car y règne, là aussi, quelque « élitisme républicain ». Nombre de combattants retournent après-guerre à leur vie « normale », restent dans la nouvelle armée, ou rejoignent la politique ou la haute administration. Il faut tenter par conséquent de déterminer comment l’esprit de guerre a pu conduire certains d’entre eux à s’insérer dans les réseaux de la guerre économique de la paix.

A. De l’entreprise à la guerre

Notons d’abord qu’un certain nombre de cadres d’entreprise ont rejoint la mouvance gaullienne pendant le conflit. L’entourage de De Gaulle au sein de son cabinet parisien en 1944-1946 comporte ainsi quelques représentants du secteur privé (10 % des 65 membres), comme le note Bernard Lachaise16 : Christian Funck-Brentano – l’un des fondateurs du journal Le Monde en 1944 –, Jean Monnet, le colonel Rémy car Gilbert Renault a (mal) géré une petite société de production de films17 en 1934-1938. Loin de ces palais de la République en reconstruction, plusieurs cadres déjà actifs dans la branche aéronautique ont rejoint eux aussi la mouvance de la France combattante et retournent ensuite au monde de l’entreprise à la paix – comme nous l’étudierons plus bas.


L’histoire de ces flux de la France libre et résistante vers la communauté économique aura été plurielle, par conséquent : tout n’a pas commencé de façon unilatérale avec les juniors engagés autour de la vingtaine ou trentaine d’années auprès des forces antinazies et antivichystes. Jean Monnet18 et René Pleven, notamment, ont été dans les années 1930 des banquiers d’affaires d’envergure, au sein de la banque euro-américano-asiatique animée par le premier – et ils restent ensuite fidèles à la vie publique. Paul Bernard, le grand homme d’influence de l’empire colonial et du Comité de l’Asie française, s’affirme en Résistant clair, avant que de revenir aux affaires et de créer la compagnie Transport aériens internationaux-Tai, l’un des ancêtres d’Uta (lignes aériennes vers plusieurs outre-mers) tout en reprenant la gestion de la holding Société financière pour la France et les pays d’outre-mer-Soffo (en tant que vice-président directeur général)19. Le gestionnaire de la firme familiale d’armement maritime et de banque internationalisée Louis-Dreyfus, Pierre Louis-Dreyfus, est également représentatif de ces combattants déjà responsables d’entreprise et qui le redeviennent à la paix20 – lui-même devenant p-dg de Louis Dreyfus & Cie (1967-1975). Tout jeune quant à lui, mais lui aussi situé au cœur du Paris de la finance, le baron Jean-Pierre Mallet21, de la vieille maison de Haute Banque Mallet frères & Cie, s’affirme en jeune Résistant (car né en 1915), avant de rejoindre la banque familiale comme associé-gérant en 1944 (et ce jusqu’au directoire de Nsm en 1969-1972)22. Marcel Bleustein, qui a lancé Publicis dès 1926 et repris des stations radiophoniques, combat dans une escadrille de bombardiers (Blanchet), puis reprend les rênes de Publicis et lance Régie-Presse23 – tout comme Émilien Amaury, d’une stature moindre alors, rejoint l’Organisation civile et militaire, et mobilise son Office de publicité générale au service de la presse de la Résistance (comme co-créateur de la Fondation nationale de la presse clandestine), ce qui le conduit à diriger la reprise du Petit Parisien mis sous séquestre et à lancer Le Parisien libéré à la Libération.
Cependant, des cadres dirigeants sans liens familiaux deviennent des têtes de pont entre le monde de l’entreprise et la France combattante. C’est le cas d’Aimé Lepercq (X-Mines) : ce directeur des services de l’Union européenne, industrielle et financière en Tchécoslovaquie de 1923 à 1929, est un haut cadre du groupe métallurgique Schneider ; il est promu directeur général de l’Ueif à Paris, jusqu’à la guerre, ainsi qu’administrateur-délégué des Usines Skoda, agrandies et transformées de manière à devenir l’arsenal de la Petite Entente24. Après sa mobilisation dans l’Artillerie et un temps de captivité en 1939/40, il prend la présidence du Comité d’organisation de l’industrie des combustibles minéraux solides ; révoqué en 1943 pour ses positions hostiles au Sto, il se consacre à la Résistance au sein de l’Organisation civile et militaire, dont il prend la présidence le 25 février 1944. Premier commandant des Ffi de Paris, il est arrêté par la Gestapo le 8 mars, puis libéré le 17 août suite aux désordres de l’administration allemande ; c’est alors qu’il est nommé ministre des Finances du Gprf (jusqu’à sa mort le 9 novembre 1944)25. Mais il a un émule, d’un groupe directement concurrent de Schneider, le groupe belge Empain, lui aussi orienté vers l’électrotechnique : Aristide Antoine (X-Ponts) (Fontaine), patron des filiales de distribution électrique d’Empain en France, rejoint Londres dès l’été 1940 et se voit confier la responsabilité des services civils de la France libre, avant de devenir l’un des adjoints de Pleven en janvier 1941.
Plus jeune, Étienne Hirsch (Mines-Paris)26, cadre et chercheur dans la firme chimique Kuhlmann depuis la seconde moitié des années 1920, suit un parcours plus modeste mais tout aussi engagé27 – avant de rejoindre l’industrie privée à la paix, mais seulement pour quelques mois puisqu’il est appelé par Monnet au Commissariat général au Plan, où il se place tout de même au cœur de la communauté économique et de l’économie mixte. Louis Armand28 est destiné à devenir une figure emblématique du renouveau économique : ingénieur en chef de la région Sud-Est de la jeune Sncf en 1938-1945, il devient finalement le chef de la Résistance au sein de l’entreprise publique, dans le cadre de Nap-Fer (Noyautage des administrations publiques), dont il devient le dirigeant en janvier 1944 – avant d’être détenu par l’Occupant du 24 juin à août 1944. Ce compagnon de la Libération s’identifie au renouveau des élites de l’après-guerre, comme directeur général adjoint de la Sncf en 1946, puis comme son directeur général en 1949, avant d’en assumer la présidence en 1955-1958.
Jacques Bingen29, quant à lui, ne parcourt la trajectoire que dans un sens, du secteur des affaires à la Résistance, puisqu’il meurt dès mai 1944 sous la torture de la Gestapo ; or, diplômé de Mines-Paris et Sciences Po, cet ingénieur est un temps cadre auprès d’André Citroën, son beau-frère ; quand celui-ci décède après sa faillite en 1935, il passe à l’armement et au commissionnement maritimes, en tant que directeur de la Société anonyme de gérance & d’armement (Saga), et devient secrétaire du Comité central des armateurs. C’est alors que, en 1940-1943, il assume des responsabilités au sein du mouvement de la France libre30.
B. De l’esprit guerrier à l’esprit d’entreprise ?
Au cœur de notre propos, il faut considérer comment des combattants ont pu glisser de l’uniforme militaire au costume de patron. Tandis que Bernard Brézet, dirigeant de la Société générale, est mort au combat, un futur grand banquier, Jacques de Fouchier31 (inspecteur des Finances en 1934, directeur de cabinet du ministre Pierre Cathala en 1942), un temps directeur de cabinet du ministre des Finances de Laval en avril 1942, a démissionné après le discours de ce dernier sur la victoire de l’Allemagne et l’occupation de la zone libre, et a rejoint lui aussi l’armée française en Algérie puis en Italie... Après une brillante campagne militaire en Italie et en France (1943-1944), Fouchier se retrouve à la croisée des chemins : une carrière de haut fonctionnaire – sous-directeur du Trésor, puis directeur adjoint des Relations économiques extérieures en 1944-1946 – ou progresser dans une grande institution financière, grâce à son réseau et à son « profil » – son père était magistrat de la Cour des Comptes – comme le fait son frère Louis de Fouchier, destiné à devenir banquier et dirigeant du Crédit du Nord. Or il rejette les deux et décide de devenir banquier à son compte, de lancer sa maison : il veut être un « patron entrepreneur », conquérir une position (et une fortune) en brassant et valorisant des actifs. Paradoxalement, dans le secteur privé, comme son camarade Jack Francès, il contribue à la transformation du secteur bancaire autant que « les grands commis » de l’appareil économique d’État mobilisés en élites novatrices. Il tire parti d’occasions procurées par des « niches » du marché. Il comprend ainsi l’utilité de mobiliser des stocks de devises disponibles pour financer des importations de matériels et se lance en septembre 1946 dans le crédit à l’équipement (Ufefe puis en 1950 Ufb, après l’absorption de la Banque française d’acceptations). Il comprend alors les mécanismes alliant droit des affaires, banque et négociations pour faire évoluer la législation. Il se lance alors (comme Francès) dans la révolution des « crédits spécialisés », par « une suite d’opportunes décisions au jour le jour » (Fouchier), d’où, plus tard, du crédit à la consommation (Cetelem, 1953), du crédit immobilier aux particuliers et aux promoteurs (Ucb en 1951, Cfec en 1954) – en liaison avec des « prescripteurs » (vendeurs de meubles et électroménager, promoteurs) et du crédit-bail mobilier (Ufb) – regroupées en 1959 sous la houlette d’une holding, la Compagnie bancaire. De ce cas d’étude ressort une question : l’esprit combattant, le rejet du « système Vichy », ont-ils débouché sur l’esprit d’entreprise et le rejet d’une vie au cœur du « système des Finances » ? L’historien doit se demander si le monde de l’après-guerre n’est pas trop « petit », décevant, pour nombre de ces hommes d’initiative guerrière ou résistante, d’où leur envie de « faire bouger les choses » sur des registres novateurs – comme cela a été également le cas pour Francès, lui aussi issu de l’armée d’Italie et créateur d’un groupe d’entreprises financières et bancaires32. On pourrait citer également, avec un rôle et une envergure moindres dans le monde bancaire, Pierre Lebon, le fils de l’ancien ministre et homme d’affaires André Lebon, qui s’est engagé dans la Résistance et participe à l’Assemblée consultative de Paris en 1944, avant de développer l’Union de banques à Paris à partir de 1952 et présider l’Union des fabricants d’huile de lin et vice-présider le Groupement interprofessionnel pour le développement des oléagineux dans les territoires d’outre-mer33.
J.-F. Muracciole évoque plusieurs entrepreneurs véritables : « Certains de ces Français libres font figure de véritables condottieri modernes, poursuivant dans le civil l’épopée commencée sous la croix de Lorraine. »34 Il cite ainsi Roland de la Poype, « ancien du groupe [de chasse aérienne] Normandie, inventeur du berlingot Dop [un shampoing de masse] et de la Méhari [un véhicule chez Citroën], est le fondateur du Marineland d’Antibes. » « Son camarade de Normandie [-Niemen], Marcel Albert, tout juste muni du certificat d’études et ouvrier chez Renault [devenu pilote militaire en 1938-1940, rallié à la France libre en octobre 1941], second “as” français de la guerre [23 victoires homologuées], fait fortune [après avoir quitté l’armée en 1948] en fondant une chaîne d’hôtels aux États-Unis. » Jean Volvey, « un ancien des Forces aériennes françaises libres », part en Afrique diriger des sociétés de transport au Cameroun et en Ouganda, peut-être pour y retrouver l’air de la liberté d’initiative – avant de rentrer en France pour rejoindre l’appareil économique d’État (voir plus bas).
C. Des officiers de la France libre aux cadres de l’entreprise
Cela dit, tous les combattants du conflit n’ont peut-être pas les mentalités, le caractère trempé et baroudeur, qui caractérisent les créateurs d’entreprise et les « entrepreneurs », sans parler des risques financiers et capitalistiques. Il faut donc prospecter le monde de l’entreprise afin d’y détecter comment certains officiers de la France libre se sont reconvertis en hauts dirigeants d’entreprise. J.-F. Muracciole présente plusieurs cas de dirigeants de grande entreprise issus des forces combattantes, au sein de la communauté des affaires françaises, et nous leur apportons quelques précisions :

  • Roger Lantenois (Polytechnique et Ponts & Chaussées), « responsable de la logistique de la division Leclerc »35, repart pour l’Afrique en 1946 où, comme chef de service, il surveille les travaux nécessaires à l’aménagement du grand Dakar, avant de hautes tâches en 1948-1956 : directeur général des Travaux publics de l’Afrique occidentale française, inspecteur général des Travaux publics de la France d’Outre-Mer et enfin président du Bureau central d'équipement pour les territoires d’outre-mer. C’est alors que, en mars 1956, il rejoint le groupe d’électrométallurgie Pechiney en 1956 – en fait pour superviser jusqu’en 1963 la construction de l’usine d’alumine de Fria, en Guinée, avant d’autres hautes fonctions chez Pechiney en France.

  • Robert Saunal, combattant au sein de la première division française libre (Dfl), « suit une brillante ascension », comme vice-président des Mines d’Anderny-Chevillon, dépendant des aciéries de la Marine & d’Homecourt, puis p-dg de la Sitram, une société de sous-traitance automobile – même si ces fonctions ne paraissent pas de premier plan.

  • Marcel Langer, polytechnicien, combattant au « groupe Lorraine », rejoint la société de gaz industriels L’Air liquide et en devient directeur adjoint.

  • Jean Guyot, « du Bcra » (Gallois)36, rejoint le bâtiment-travaux publics ; mais cet ingénieur de Mines-Paris n’a alors qu’une trentaine d’années et doit monter les échelons, au sein d’Entrepose (pose de tuyaux dans l’industrie pétrolière et gazière)37 : ingénieur, ingénieur en chef, directeur au Maroc (1951-1954), puis en Iran (1954-1958). Il en est consacré directeur général en 1958 puis le p-dg (1962-1983), quand il devient en 1983 le p-dg de GTM-Entrepose, au sein de l’un des grands du secteur des btp.

  • Guy Baucheron de Boissoudy est d’abord militaire (depuis 1926) et à ce titre grand combattant de la France libre38 ; mais il doit quitter l’armée à cause des effets de ses blessures de guerre, et rejoint le groupe Pechiney (1950-1960).

  • Marcel Boiteux participe en 1943 à la campagne d’Italie, puis à la campagne de France, en tant qu’officier de la 1re DFL/DMI, est un brillant mathématicien qui rejoint Edf en 1949 comme expert scientifique – et il est destiné à en devenir directeur des études économiques à la direction générale en 1958, et plus tard, directeur général (1967-1978) puis président (1978-1987)39.


Les hydrocarbures accueillent plusieurs jeunes combattants : Étienne Schlumberger (capitaine de corvette dans les Forces navales françaises libres), « fait carrière dans le groupe Shell » : « il participe au développement des transporteurs de gaz liquéfiés puis, pour Shell française, crée et dirige la Société française de stockages géologiques, Geostock »40. Georges Ménage (Forces navales françaises libres) effectue une carrière de haut cadre au sein du groupe de la Compagnie française des pétroles, tandis que Blaise Alexandre (du régiment de marche des spahis marocains) et André Rouxel (du même régiment) rejoignent le groupe Esso France, le premier y finissant directeur commercial et le second responsable des filiales à Madagascar et au Pakistan. L’esprit combattant les aura peut-être mis en osmose avec la culture combative de ces groupes d’hydrocarbures, bataillant à la conquête de gisements, de débouchés et de technologies.
D. Les filières de « l’arsenal français »
Des cohortes bien délimitées ont été reconstituées peu ou prou par J.-F. Muracciole41, dans deux domaines économiques, les filières du nucléaire et de l’aéronautique , qui touchent aux enjeux de la puissance de la nation elle-même, dans le cadre de ce qu’on appelle « la stratégie de l’arsenal ». Cela s’explique en sus par le haut niveau des diplômes, la proximité entre les élites de la Libération et l’appareil économique d’État en cours de construction, et certainement la perception des enjeux de « patriotisme économique » revêtus par un combat technologique.
Dès lors que la Seconde Guerre mondiale se termine en Extrême-Orient et dans le désert nord-américain par la percée d’une révolution stratégique, celle de l’atome militaire, le glissement des officiers de la France libre à l’édification de la force de dissuasion future paraît logique. Le Commissariat à l’énergie atomique42, créé en 1945, devient un vivier de hauts cadres techniciens : Pierre Guillaumat, « qui a servi dans les réseaux du Bureau central de renseignements et d’action (Bcra) », devient secrétaire général du Cea en 1951-1958 – avant d’autres brillantes fonctions. Robert Galley, « un ancien du 501e régiment de chars de combat », rejoint le Cea, mais seulement après avoir effectué ses études d’ingénieur : il devient chef de département de construction des établissements industriels en 1955, d’abord chargé des études de la construction de l’usine de plutonium de Marcoule, puis chargé de la direction des études et de la construction de l’usine de Pierrelatte de 1958 à 1966. Et Volvey, de retour en France, dirige cette usine de Pierrelatte en 1959-1973, tandis que Jean Crépin, « ancien commandant de l’artillerie de la 2e division blindée » et devenu général, « coordonne les applications militaires du Cea », en devenant notamment en novembre 1954 président du Comité des explosifs nucléaires43. Enfin, Yves Rocard, « du service technique des Forces navales françaises libres », notamment comme spécialiste des radars, « coordonne au Cea les aspects scientifiques des applications militaires » à partir de 1947 ; mais il était déjà avant guerre un grand scientifique sur la place universitaire parisienne et le reste en même temps, comme directeur du Laboratoire de Physique de l’École normale supérieure (1945-1973)44.
J.-F. Muracciole a réussi à localiser une filière spécifique où se rencontrent des anciens de la France libre, au sein de l’aéronautique, bien que ce secteur n’attire pas seulement d’anciens membres de la force aérienne de la France libre. La « chance » est de disposer du concours de Marcel Bloch-Dassault, ayant lui aussi survécu à la guerre45. La firme Dassault Aviation accueille ainsi dès 1946 (et pour un gros tiers de siècle) Roger Nordmann46 (futur chef de service à l'usine de Saint-Cloud, puis directeur de la branche achats chez Dassault-Bréguet) et Francis Rougé (tous deux « anciens de la 1re Dfl) ; deux autres cadres relient la guerre et une carrière chez Dassault : Benno Vallières (Bention Grebelsky, qui change de nom en 1953)47 et Henri Deplante (dessinateur chez Bloch dès 1930). À la fin de la guerre, Grebelsky rejoint Dassault, qui lui confie la direction de l’usine de Saint-Cloud ; il y dirige la réalisation du programme Ouragan puis celle des Mystère II et des Mystère IV ; il est nommé en 1955 gérant de l’ensemble des activités de ce qui devient la Générale aéronautique Marcel Dassault, et, à partir de cette date, Dassault lui confie la présidence de son entreprise dans ses différentes appellations. Quant à Deplante48, il rejoint la SNCASO comme directeur technique à sa démobilisation en mars 1945, au sein du bureau d’études ; il étudie et réalise les premiers chasseurs à réaction : Triton, Espadon, puis Vautour ainsi que le SO 30 Bretagne de transport. En 1949, à 42 ans, il accepte l’offre de Dassault de revenir travailler avec lui ; et, en tant que directeur général technique, il anime le bureau d’études de Dassault pendant 32 ans, jusqu’en 1981, en commençant par la responsabilité de l’Ouragan. On pourrait citer à nouveau Jean Crépin, qui, à sa retraite militaire en 1967, devient le président de Nord-Aviation, l’une des firmes nationalisées.
Le cas de Henri Ziegler (X-SupAéro) est plus significatif : après diverses missions pour la Résistance (colonel Vernon) sous couvert d’emplois administratifs à Vichy, il est affecté au commandement des Ffl en 1944 à Londres et est nommé chef d’état-major des Ffi auprès du général Kœnig ; il est nommé chef d’état-major de ce dernier, promu gouverneur militaire de Paris, jusqu’en juin 1945. Il rejoint Air France en 1946 et devient son directeur général après son étatisation en 1948 et jusqu’en 1954, avant d’évoluer vers la charge en 1957-1967 d’administrateur directeur général des Avions Breguet, acquis par Floirat, où il lance les deux premiers programmes de coopération en Europe, le Breguet Atlantic et le Jaguar avec la Grande-Bretagne ; et il ensuite rejoint Sud-Aviation. Sylvain Floirat, lancé dans les affaires dès 1925 (carrosserie automobile), appartient également à ce groupe de Résistants – avant de monter Europe 1 et surtout Matra dans les années 1950. Des hommes encore plus jeunes pendant la guerre sont appelés à accéder à des responsabilités éminentes, tel Robert Masson : en février 1943, après une évasion par l’Espagne, il rejoint le Bcra, qui le parachute plusieurs fois en France ; après la guerre, il fait carrière à Sud-Aviation jusqu’au poste de secrétaire général adjoint de la SOCATA, l’une des grosses filiales du groupe aéronautique. De même, Jacques Maillet49 vit une carrière de cadre supérieur discrète, avant de devenir le patron d’une firme d’informatique proche du groupe Dassault, Intertechnique, mais dans les années 1960.
2. Des Résistants de l’intérieur aux cadres de l’économie
Identifier une filière de promotion issue des Résistants déclarés mériterait une prosopographie minutieuse. Là encore, nous isolerons seulement quelques cas symboliques.
A. Résistants de combat, puis dirigeants d’entreprise
Il faut commencer par les hommes qui ont réellement participé aux combats sur le territoire de la Métropole. Le premier qui vient à l’esprit est celui de Pierre Lefaucheux. Cadre dans trois entreprises successives, dont la Compagnie générale de construction de fours (1925-1939), où il devient directeur, il est nommé en janvier 1940 directeur de la Cartoucherie du Mans. Mais il glisse dans la Résistance (sous le nom de Gildas) : membre de l’Organisation civile et militaire (Ocm), il rejoint les FFI et, à la suite de l’arrestation de plusieurs de ses chefs, devient le chef des FFI de la région parisienne. Il accède au « saint des saints » en tant que neuvième membre du Comité général d’études, l’organisme de réflexion créé par Jean Moulin pour imaginer des pistes de renouveau dans l’après-guerre50. Il a échappé de peu à un sort fatal après son arrestation par la Gestapo ; et, de retour à Paris en septembre 1944, il est nommé dès le 4 octobre administrateur provisoire des Usines Renault réquisitionnées, avant que, après la nationalisation, il en devienne le p-dg le 7 mars 1945 – et ce pour une dizaine d’années, où il mène un second combat, cette fois au service de l’expansion et de l’innovation automobiles51.
L’économie mixte favorise la carrière d’autres Résistants. Préfet avant guerre et proche conseiller d’Édouard Herriot, Émile Bollaert (Beaudoin) a été désigné dès 1942 comme le futur préfet de police de Paris puis comme le commissaire à l’Intérieur à la Libération, avant de remplacer Moulin le 1er septembre 1943 comme délégué général du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la Résistance, jusqu’à son arrestation par les Allemands le 3 février 1944 et sa déportation d’où son remplacement au poste de délégué général du Comité par Alexandre Parodi. Après un temps comme Haut Commissaire en Indochine en mars 1947-octobre 1948, il préside en 1949-1960 la Compagnie nationale du Rhône, la société d’économie mixte énergéticienne du Centre-Est, où il joue un réel rôle d’impulsion, donc en acteur fort de l’entreprise52, qui construit des barrages et des usines hydroélectriques sur le Rhône. Émile Laffon (Mines-Paris 1927), « cheville ouvrière de la Délégation générale en 1944 »53, est successivement président des Houillères du Nord [nationalisées en décembre 1944] en 1947-1952, de la Société Le Nickel [mines en Nouvelle-Calédonie] et des Mines de fer de Mauritanie »54
B. Des « patriotes » antivichystes aux manettes des entreprises ?
De façon plus classique, des hommes de « l’ordre établi » ont pu tout simplement, sans exploits combattants, mobiliser leur conscience personnelle et se placer insensiblement puis explicitement en marge du système institutionnel de Vichy. Celui-ci est traversé de plusieurs courants et ces sensibilités n’ont pas toujours été seulement des nuances car elles ont ouvert la voie à des prises de position non dénuées de volonté de patriotisme. Un signe en est l’attitude d’Olivier Moreau-Néret, inspecteur des Finances entré au Crédit lyonnais comme secrétaire général en 1926 ; devenu secrétaire général aux affaires économiques au ministère des Finances en juillet 1940, il en démissionne en juin 1941 à la suite de son désaccord sur la position à prendre vis-à-vis des Allemands pour les frais des troupes d’Occupation et sur les concessions d’ordre militaire faites par Vichy en Syrie. Indéniablement classable comme « patriote », il revient au Crédit lyonnais comme directeur général par intérim en zone non occupée – avant de redevenir secrétaire général à la Libération et de devenir directeur général en 1949 (puis président en 1955). Chez Paribas, un dirigeant de haut rang tranche par rapport à la majorité de ses collègues, au mieux vichyste, au pire collaborationniste : André Debray, en effet, « se mit au service de la Résistance, organisant clandestinement son financement dans les locaux de Paribas et participant aux combats de Paris en août 1944 »55 ; et il devient directeur de la banque entre 1944 et 1954. On pourrait enfin citer classiquement François Bloch-Lainé, dont le rôle dans la Résistance à partir de 1943 et auprès de Parodi a été bien scruté56, mais rappelons qu’il rejoint les Finances indochinoises puis le Trésor dans l’après-guerre et que ce n’est qu’en 1952 qu’Antoine Pinay le place à la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (1953-1967), avant celle du Crédit lyonnais (1967-1974).
C’est dans cette cohorte de patrons Résistants mais non combattants que se placeraient les Michelin, les Peugeot (à partir du début 1943, surtout grâce à Jean-Pierre Peugeot), si l’on scrutait le rôle de certains membres de dynasties familiales, entre autres dans des opérations de sabotage de leur propre appareil productif, comme ce serait le cas par surcroît dans certaines firmes, comme Pechiney, voire Saint-Gobain (avec son président en 1936-1952, Antoine-Pierre Hély d’Oissel). Et certains « jeunes de bonne famille » sont eux aussi entraînés par le patriotisme comme Arnaud de Vogüé (colonel Colomb), le futur patron de Saint-Gobain en 1953-1969)57, ou Francois Thierry-Mieg (capitaine Vaudreuil), d’une famille du textile alsacien, l’un des 186 (218 ?) officiers et soldats français faits prisonniers par les Allemands et libérés par les troupes russes en septembre 1941 (comme Pierre Billotte, Alain Richemond/Bozel ou Jean-Louis Crémieux-Brilhac), membre de l’administration interne du Bcra, ainsi que, un temps, représentant de la France libre à Gibraltar (en juillet 1942)58 et aussi chef de la section Contre-Espionnage (4e-7e bureaux).
Conclusion

De la France libre à la France rénovée
Un certain nombre – expression pitoyable pour un historien économiste, mais celui-ci confesse à nouveau les limites de son essai – de cadres de la France libre, de la délégation de Londres puis du Cfln et enfin du Gprf, se retrouvent donc acteurs de l’histoire des entreprises à la paix, qu’ils « soient partis de rien »59, qu’ils aient été fort jeunes dans cette première moitié des années 1940 ou qu’ils aient été déjà des cadres d’entreprise. Certains sont issus de la communauté des affaires et y retournent après-guerre ; d’autres, tout jeunes, sont diplômés de grandes écoles mais ne valorisent leurs titres qu’une fois revenus dans le civil, et ce, soit au sein de l’économie mixte nouvelle, soit dans le privé. Plusieurs œuvrent à cheval sur le public et le privé dans le cadre de « la stratégie de l’arsenal ».
Notre mini-enquête60 est bien trop sommaire pour préciser si de tels engagements dans la France combattante auront constitué des accélérateurs de carrière ou de promotion dans le monde de la production et de la banque. Certains y auront puisé indéniablement des ressources de caractère afin de s’affirmer à la tête de leur propre entreprise ou dans les états-majors de grandes sociétés. D’autres s’y seront tissé des réseaux d’amitié, de compagnonnage, qui n’auront pas manqué de leur être durablement utiles – tout comme ce qui s’est passé dans le monde politique, administratif (comme aux Finances) ou militaire. La Résistance et la France libre auront été des constituantes de ce « mouvement de l’Histoire »61 qui aura mis en mouvement des forces de rupture et de renouveau durables – même si des experts de Vichy imaginaient eux aussi en parallèle un « plan de dix ans » de « révolution économique » du pays.
On pourrait évoquer, en cas de figure symbolique, le rôle de l’Union des ingénieurs et techniciens de la France combattante, fondée à Londres le 11 novembre 1942 par Antoine. Comme l’indiquent ses statuts, elle « a pour but : de réunir tous ceux qui au sein de la France combattante ont une formation scientifique et technique (ingénieurs, savants, techniciens, architectes, etc.) […] pour l’étude en commun des problèmes techniques que posent la guerre et l’après-guerre ». En mai 1943, des sections sont créées en Syrie et au Liban, en Afrique équatoriale française et à Tahiti, puis aux États-Unis, grâce notamment à Henri Laugier, membre actif de l’association France Forever que préside l’architecte Paul Nelson ; en France occupée se crée un mouvement comparable, l’Union des cadres industriels de la France combattante. À l’automne 1943, l’Unitec s’installe à Alger. Son congrès, qui s’ouvre le 16 mars 1944 à Alger, « réunit tout ce que l’Afrique en guerre compte d’ingénieurs et d’architectes, de techniciens des travaux publics et du bâtiment. Les congressistes veulent « jeter les bases d’une action coordonnée, définir les prémices d’une politique économique et sociale ». Conformément au vœu de De Gaulle dans son discours de clôture, priorité est donnée à la planification et à l’intervention de l’État pour la reconstruction du pays, dans le domaine économique et social comme en matière d’architecture, d’urbanisme et d’aménagement62.
Nombre de cadres publics et privés ont participé à la France libre ou à la Résistance, malgré le poids de la Collaboration économique. Mais la nouvelle République a-t-elle bénéficié d’un sang neuf grâce à ces Français libres ? Ont-ils contribué à forger ces « nouvelles élites »63 auxquelles aspiraient les libérateurs du territoire républicain ? Peut-on identifier dans la paix, au sein du patronat public et privé, une filière qui aurait privilégié ces hommes de la guerre ? Peut-on déterminer une spécificité sociologique, idéologique, managérial à propos de cette cohorte de cadres et dirigeants d’entreprise ? Bref, l’esprit combattant a-t-il nourri l’esprit d’entreprise ?
Faute de pouvoir réellement répondre à de telles questions, nous terminerons en citant Jean-Louis Crémieux-Brilhac64 : « Plus que la présence de grands patrons dans la France libre, ce qui paraît avoir été décisif est ce que j’appellerais l’esprit de la France libre, qui a été une passion patriotique et volontariste. La volonté de reconstruction et de modernisation/rénovation économique et sociale en a été une composante. Elle a été stimulée pour partie sous l’influence britannique, en partie du fait de la lucidité de De Gaulle, enfin sous une forme clairement affirmée et débattue après la déclaration de De Gaulle aux mouvement de Résistance, rendue publique fin juin 1942 […]. Il est significatif que, dès 1942, fonctionnent à Londres des commissions d’étude et de proposition de réforme de la France d’après-guerre, créées sur l’initiative de René Cassin », après « le rendez-vous manqué des relèves »65 dans les années 1930 et l’impasse où était contrainte la politique vichyste. On pourrait enfin reprendre l’analyse d’Alain Beltran à propos de Guillaumat : « Il fait partie de cette cohorte de Polytechniciens Résistants, patriotes, volontaristes et étatistes, qui désirent construire une France différente, forte, indépendante. »66
Index
Albert Marcel

Alexandre Blaise

Amaury Emilien

Antoine Aristide

Armand Louis

Baucheron de Boissoudy Guy

Beltran Alain

Bernard Paul

Billotte

Billotte Pierre

Bingen Jacques

Bleustein Marcel (Blanchet)

Bloch Marcel (Dassault)

Bloch-Lainé François

Boiteux Marcel

Bollaert Emile

Brézet Bernard

Crémieux-Brilhac Jean-Louis

Crépin Jean

De Gaulle Charles

Debray André

Deplante Henry

Floirat Sylvain

Fouchier Jacques (de)

Fouchier Louis (de)

Francès Jack

Funck-Brentano Christian

Galley Robert

Guillaumat Pierre

Guyot Jean

Hély-d’Oissel Antoine-Pierre

Herriot Emile

Hirsch Etienne (commandant Bernard)

Joly Hervé

Koenig Pierre

La Poype Roland (de)

Lachaise Bernard

Lacroix-Riz Annie

Laffon Emile

Langer Marcel

Lantenois Roger

Laugier Henri

Lefaucheux Pierre

Lepercq Aimé

Louis-Dreyfus Louis

Maillet Jacques

Mallet Jean-Pierre

Masson Robert

Ménage Georges

Michelin

Monnet Jean

Moreau-Néret Olivier

Moulin Jean

Muracciole Jean-François

Nelson Paul

Nordmann Roger

Parodi Alexandre

Peugeot Jean-Pierre

Pinay Antoine

Pleven René

Renault Gilbert (colonel Rémy)

Richemond Alain (Bozel)

Rocard Yves

Rougé Francis

Rouxel André

Saunal Robert

Schlumberger Etienne

Thierry-Mieg François (capitaine Vaudreuil)

Vallières Benno (Grebelsky Bention)

Vogüé Arnaud (de) (colonel Colomb)

Volvey Jean

Ziegler Henri (colonel Vernon)


1 Olivier Dard, Hervé Joly et Philippe Verheyde (dir.), Les entreprises françaises, l’Occupation et le second xxe siècle, Metz, Crulh-Centre de recherche universitaire lorrain d’histoire, Université Paul Verlaine de Metz, 2011.

2 Cf. Hubert Bonin, « Morale & entreprise dans l’histoire », Le Débat (Gallimard), n°67, novembre-décembre 1991, pp. 167-185.

3 Sur ces enjeux sans véritable réponse, cf. François Marcot, « Qu’est-ce qu’un patron résistant ? », in Olivier Dard, Jean-Claude Daumas & François Marcot (dir.), L’Occupation, l’État et les entreprises, Paris, Adhe Éditions, 2000, pp. 277-292.

4 Comme le souligne Philippe Verheyde, « L’Occupation », in Jean-Claude Daumas (et alii, dir.), Dictionnaire historique des patrons, Paris, Flammarion, 2010, pp. 1297-1304.

5 Richard Kuisel, Le capitalisme et l’État en France. Modernisation et dirigisme au xxe siècle, Paris, Gallimard, 1984. Andrew Shennan, Rethinking France: Plans for Renewal, 1940-1946, Oxford, Clarendon Press, 1989. Bernard Cazes & Philippe Mioche, Modernisation ou décadence. Contribution à l’histoire du Plan Monnet et de la planification en France, Aix-Marseille, Publications de l’Université de Provence, 1990. Michel Margairaz, L’État, les Finances et l’économie. Histoire d’une conversion, 1932-1952, Paris, Publications du Cheff, 1991. Matthias Kipping, La France et les origines de l’Union européenne, 1944-1952. Intégration économique et compétitivité internationale, Paris, Comité pour l’histoire économique et sociale de la France, 2002.

6 Michel Bauer & Élie Cohen, Qui gouverne les groupes industriels ? Essai sur l’exercice du pouvoir du et dans le groupe industriel, Paris, Seuil, 1981. Michel Bauer & Bénédicte Bertin-Mourot, Les 200. Comment devient-on un grand patron ?, Paris, Seuil, 1987. Jane Marceau, « Plus ça change, plus c’est la même chose: Access to elite careers in French business », in Jolyon Holworth & Philip Cerny (dir.), Elites in France: Origins, Reproduction, and Power, London, 1981. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Nouveaux patrons, nouvelles dynasties, Paris, Calmann-Lévy, 1999.

7 Annie Lacroix-Riz, Industriels et banquiers sous l’Occupation. La Collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999 (nouvelle édition complétée en 2013). Cf. aussi : Renaud de Rochebrune & Jean-Claude Hazéra, Les patrons sous l’Occupation, Paris, Odile Jacob, 1995, 1997 et 2012.

8 Voir le numéro (8) de la revue Histoire@politique (Sciences Po Paris) sur « les entourages » en 2009.
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