Thèse pour le Doctorat en Sciences Économiques





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En termes absolus, la population économiquement active s’accroît près de 9,81 millions de personnes en vingt années. L’analyse en termes relatifs montre une tendance à la hausse malgré une fluctuation oscillante durant la période de la crise économique. À la lecture du tableau 1-1, les taux d’activité tendent à s’accroître entre 1985 et 1990, suivis par une baisse entre 1995 et 2000. En effet, en 1985, près de 52,2 pour cent de la population participent à la mise au travail avant d’atteindre 56 pour cent en 1990. L’évolution est inversée durant les années de turbulence : on assiste à une réduction continue de la part de la population active, passant de 55,4 en 1995 à 54,1 en 2000. Toutefois, à partir de 2003, la proportion de la population participant au travail commence à s’accroître jusqu’en 2004. Parmi la population active, la part d’individus masculins est nettement supérieure à celle d’individus féminins, donnant un écart du taux d’activité compris entre 7 et 11 pour cent. Bien que la proportion de femmes dans la participation aux activités économiques soit relativement faible, la contribution au travail des femmes joue un rôle prépondérant dans la structuration du marché. Dans la région du Sud-est asiatique, l’implication des femmes contribue à la fois à une expansion de l’offre de travail et à l’ajustement quantitatif du marché [Dowling et Worswick (1999), p.91]33. Comme dans la plupart des pays en développement, les femmes thaïlandaises subissent de diverses pratiques discriminatoires aussi bien dans l’accès à l’emploi que dans la promotion des carrières. Par conséquent, le genre et la qualification sont souvent considérés comme principaux déterminants de la discrimination, notamment au sein du secteur privé [Bourguignon et Goh (2002), p.22]. Ce résultat ne doit pas dissimuler l’existence de la segmentation du marché du travail, provoquant ainsi une disparité homme-femme en matière de la répartition salariale. Si les femmes sont les premières victimes de la discrimination de l’emploi et de l’accès aux emplois mieux rémunérés, elles adoptent une stratégie alternative en ayant recours aux emplois informels avec les bas salaires et les conditions de travail peu confortables.
L’existence des écarts de productivité apparente entre secteurs agricole et industriel crée simultanément une inégalité des revenus dans le pays. À l’inverse, la fluidité géographique rurale-urbaine de la main-d’œuvre tend à la réduire par le biais des transferts monétaires envers les zones rurales en provenance des travailleurs immigrés34. En effet, le déséquilibre sectoriel est généré, dans une certaine mesure, par le fait que la part de la production agricole dans le PIB reste largement en dessus de celle du secteur non agricole, alors que le pourcentage des travailleurs au sein du secteur traditionnel dépasse celui du secteur industriel, malgré une baisse tendancielle depuis les années quatre-vingt [Acharya(2000), p.6]. La répartition des individus par secteur industriel montre que, en 1985, le secteur primaire – agriculture, prêche et industrie extractive – englobe près de 70 pour cent d’actifs occupés, équivalent à 18,30 millions de personnes. Cette proportion diminue progressivement durant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix pour atteindre près de 50 pour cent en 2000, soit 16,31 millions de personnes. Une telle chute résulte en réalité d’un important transfert géographique de main-d’œuvre du secteur à faible productivité à celui à forte productivité. Ainsi, le départ des jeunes diplômés à la recherche des opportunités d’emploi a déclenché un mouvement d’exode rural qu’a connu la Thaïlande durant les années d’industrialisation. L’écart des productivités entre ces secteurs est généralement mesuré par les différences en valeur ajoutée émanant de chaque secteur. En fait, le tableau A-1-1, reporté en annexe, suggère que, entre 1980 et 2004, la part de la production agricole reportée au PIB ne cesse de diminuer, au rythme annuel de 3,2 pour cent. La variation à la baisse est accélérée dès la première moitié des années quatre-vingt à partir de laquelle une croissance économique phénoménale a été enregistrée. À l’opposé, la part de la production non agricole continue de croître, notamment celle des produits manufacturés qui représente à elle seule 23,9 pour cent du PIB en 1980, et a atteint près de 41 pour cent du PIB en 2004 [Banque centrale de Thaïlande (2004)]. Ce déséquilibre sectoriel en termes de croissances est spécifique à la Thaïlande, et rarement observé dans d’autres pays voisins35.
La répartition des actifs occupés selon les secteurs de production présente un intérêt particulier pour permettre d’observer une structure globale du marché du travail et de son évolution. Parmi les secteurs non agricoles, les emplois dans des secteurs du commerce et du service occupent une proportion significative dans la totalité des actifs occupés en 1985 : près de 9 pour cent et 9,4 pour cent des actifs occupés travaillent dans les secteurs du commerce et du service, respectivement. Entre 1985 et 2004, la part des travailleurs non agricoles augmentent considérablement au détriment du secteur agricole, notamment dans les secteurs manufacturiers, du commerce et du service. Ainsi, les proportions d’effectifs occupés sont passées de 8 pour cent, soit équivalent de 2,13 millions, à 15,4 pour cent, soit 5,61 millions pour l’industrie manufacturière, de 9 à 15,1 pour cent, et de 9,4 à 18 pour cent pour les secteurs du commerce et du service, respectivement. En outre, les secteurs de la construction et du transport et de la communication englobent également une part non négligeable de main-d'œuvre, mais leur rythme de croissance respectif est sensiblement moins accéléré.
La disparité de productivité du travail générant les inégalités des revenus persiste non seulement entre les secteurs moderne et traditionnel, mais également au sein même du secteur non agricole. En effet, au sein du secteur non agricole, les valeurs ajoutées diffèrent d’une industrie à l’autre. Ainsi, la répartition du PIB, montrée dans le tableau A-1-1 en annexe, suggère que le ratio de la production manufacturière dans le PIB est largement en dessus de celui des autres secteurs, et que la part de la production du secteur du commerce dans le PIB continue à s’accroître avant de chuter dès la veille de la crise économique des années quatre-vingt-dix. La récession a pesé lourdement sur les activités de commerce, le ratio de la production dans le PIB est passé de 24,3 pour cent en 1995 à 18,1 pour cent en 1999 bien qu’elles aient rapidement repris à partir de 2002 pour atteindre 21,5 pour cent en 2004. Sa part de production dans le PIB reste toutefois encore loin derrière celle des industries manufacturières, alors qu’elle a été quasi-équivalente durant les années quatre-vingt. Par conséquent, l’accélération des activités industrielles est essentiellement stimulée par l’expansion du secteur manufacturier par lequel les produits hautement technologiques font l’objet d’une croissance d’exportations à l’époque.
En dépit d’une hausse des effectifs dans les branches du service, sa part de la production dans le PIB semble être substantiellement réduite, ainsi que le secteur de construction. Au total, les disparités sectorielles conduisent inévitablement à des états économiques et sociaux susceptibles de favoriser un phénomène persistant de l’inégalité des salaires, aussi bien au niveau national que sectoriel. À cet égard, l’examen de la structure d’offre du travail et de son évolution permet de révéler un ensemble d’éléments explicatifs de ces disparités. Pour ce faire, l’analyse descriptive des taux d’activité36 selon les caractéristiques productives consiste à éclairer une autre dimension du marché relative aux conditions d’offre du marché en milieu rural et urbain.


Tableau 1-2 : Taux d'activité (1) selon l'âge, le niveau d'éducation, la région et la zone (1985-2004)







Rural

 

Urbain

 

Total







1985

1990

1995

2000

2004




1985

1990

1995

2000

2004




1985

1990

1995

2000

2004

Classe d'âge























































11-14(2)




25,4

20,1

7,8

4,5

-




9,2

7,1

3,8

2,2

-




21,2

16,7

6,7

3,8

-

15-19




76,5

76,6

52,7

37,6

37,1




42,5

42,9

35,7

26,5

26,3




67,9

68,0

47,6

34,2

33,7

20-24




88,5

90,0

85,0

75,5

78,2




69,4

75,4

71,3

63,2

62,3




83,1

86,1

80,5

71,5

72,8

25-34




92,1

92,7

91,5

87,9

88,7




84,4

86,1

86,1

87,8

89,5




89,7

90,7

89,7

87,8

89,0

35-54




93,1

93,6

92,4

90,0

90,8




83,1

85,0

85,0

86,0

86,0




90,1

91,0

90,0

88,6

89,1

>55




54,2

59,3

52,6

49,2

56,0




39,4

42,3

38,1

37,6

43,0




50,2

54,6

48,3

45,7

51,9

Niveau d'éducation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans instruction




58,7

57,5

50,3

47,1

52,8




41,0

41,7

33,5

37,8

38,2




54,8

53,9

46,4

44,9

49,4

Primaire




65,8

78,7

80,0

74,3

80,8




51,8

64,3

69,7

67,2

73,3




62,6

75,6

77,5

72,6

78,9

Second. (1er cycle)




60,2

67,2

61,4

62,1

62,6




56,1

60,1

61,1

62,2

61,0




58,0

63,6

61,2

62,1

62,0

Second. (2ème cycle)




78,5

81,4

76,1

75,9

74,9




46,8

57,3

55,5

54,3

56,4




55,9

66,6

63,5

65,0

66,0

Secondaire prof.(3)




56,7

64,3

44,5

44,4

5,0




55,9

62,7

57,3

55,3

12,7




56,2

63,2

52,3

50,2

7,4

Diplôme (Bac+2)




93,9

93,0

88,3

85,1

89,4




87,7

84,0

81,4

80,1

86,5




90,8

88,2

85,1

82,6

87,9

Universitaire




94,7

92,9

92,4

88,6

91,7




89,8

91,2

91,3

87,5

86,9




90,6

91,6

91,6

87,8

88,5

Région

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bangkok




0,0

0,0

0,0

0,0

0,0




43,6

49,5

53,4

55,9

56,4




43,6

49,5

53,4

55,9

56,4

Région centre




54,4

55,9

55,8

55,2

57,7




47,6

52,1

53,8

54,3

56,2




52,6

54,9

55,1

54,9

57,2

Nord




58,4

61,7

58,2

57,6

58,8




50,4

53,4

54,0

53,6

56,6




56,8

60,1

57,4

56,8

58,4

Nord-est




54,1

60,1

58,2

53,6

56,0




44,9

49,2

50,0

49,7

52,0




530,1

58,8

57,0

53,0

55,3

Sud




51,5

51,0

51,7

51,2

54,3




43,1

44,5

47,8

47,6

51,4




49,8

49,7

50,9

50,4

53,6

Total

 

54,8

58,2

56,7

54,4

56,7

 

45,48

50,1

52,5

53,5

55,2

 

52,18

55,9

55,4

54,1

56,2

Notes : (1) Rappelons que le taux d'activité, appelé également taux d'offre, est le rapport entre la population économiquement active -employé et chômeurs- et la population totale ; (2) L'âge de travailler est de plus de 13 ans pour 1985-2000 et de plus de 15 ans pour 2003-2004 ; (3) Secondaire professionnel fait référence au niveau d'études secondaires second cycle de filière professionnelle et le diplôme de bac+2 regroupe des niveaux d'études secondaires second cycle de filière professionnelle supérieure et de diplôme spécifique pour être professeurs des écoles.

Source : à partir des bases de données des enquêtes LFS au troisième trimestre (1985-2004).



La configuration de l’offre de travail s’est profondément modifiée consécutivement à des fluctuations économiques et sociales au cours de ces vingt années considérées. Aussi bien en milieu urbain que rural, l’évolution du taux d’activité suit une tendance à la hausse. En milieu rural, le taux d’activité s’est accru jusqu’au début des années quatre-vingt-dix avant de se réduire progressivement entre 1990 et 2000, passant de 58,2 pour cent en 1990 à 54,4 pour cent en 2000, et à 56,7 pour cent en 2004. En outre, la répartition des taux d’offre selon l’âge, le niveau d’éducation et la région constitue un ordre d’idée de l’analyse du marché du travail rural. Tout d’abord, on observe une corrélation positive entre l’âge et la propension à participer au travail rural, hormis le taux d’activité des personnes ayant de plus de 55 ans qui apparaît relativement faible. En 1985, le taux d’offre de travail de ce sous-groupe est égal à 54,2 pour cent contre 93,1 pour cent pour les individus âgés de 35-54 ans. Cette relation positive pourrait s’expliquer, d’une part, par le fait que, contrairement aux jeunes diplômés, les personnes âgées vivant en milieu rural ont moins de possibilités de se mobiliser afin de trouver un emploi dans le secteur industriel et, d’autre part, la majorité des jeunes sont encore en âge de scolarisation. Par conséquent, le secteur agricole regroupe de plus en plus les travailleurs âgés, peu qualifiés et moins instruits. En termes d’évolution de la structure du marché, on remarque une diminution globale des taux d’activité, en particulier pour les jeunes âgés de 15 à 19 ans dont le taux d’activité a diminué près de la moitié entre 1985 et 2004. Une baisse progressive tient au fait que, d’un côté, ces derniers sont de plus en plus incités à poursuivre leurs études supérieures et, de l’autre, une diminution du taux de natalité durant les années soixante-dix contribue à accentuer cet effet [Chandoevwit (2003), p.2].
Il semble difficile de conclure l’évolution des taux d’activité selon le niveau d’instruction bien qu’on observe une sensible supériorité des taux d’offre pour les personnes les plus instruites par rapport aux autres niveaux. D’abord, la proportion de personnes ayant un niveau d’étude primaire dépasse celle des individus ayant une éducation secondaire premier cycle et deuxième cycle de filière professionnelle. Plus particulièrement, le taux d’offre relatif aux salariés ayant un niveau d’étude secondaire de filière professionnelle est au plus bas, à 56,7 pour cent, tandis que celui des diplômés de l’université s’élève à 94,7 pour cent en 1985 selon le tableau 1-2. La mise au travail en milieu rural montre une similitude pour différentes régions considérées : les taux d’activité sont presque équivalents malgré certaines disparités en termes d’intensité du développement économique entre régions : le taux d’offre pour la région du Nord est de l’ordre de 58,4 pour cent contre 51,5 pour cent pour la région du Sud. Toutefois, bien que la participation au travail dans le milieu urbain soit moins importante que dans le milieu rural, elle pourrait être marquée par une évolution quasi-constante des activités productives. Ainsi, le taux d’activité en milieu urbain est compris entre 45 et 55 pour cent entre 1985 et 2004.
La répartition de l’offre selon l’âge est très nettement en forme de U inversé : d’un côté, les participants au travail à l’âge moyen sont relativement nombreux et, de l’autre, la part des jeunes et des plus expérimentés au travail reste inférieure. En fait, les travailleurs âgés de 25 à 54 ans détiennent une grande partie de la totalité de la quantité d’offres du travail et les taux d’offre s’élèvent à près de 84,4 et 83,1 pour cent pour les personnes âgées de 25 à 34 ans, et de 35 à 54 ans, respectivement. La probabilité de participer à la mise au travail des jeunes âgées de 15 à 19, bien qu’elle soit proche de celle relevant au marché rural, a considérablement diminué, passant de 42,5 pour cent en 1985 à 26,3 pour cent en 2004. Par ailleurs, l’offre de travail en milieu urbain évolue également avec le niveau d’instruction : la probabilité de participer au travail est relativement importante parmi les plus éduqués. Ainsi, à la lecture du tableau 2-1, les taux d’offre en 1985 s’élèvent à 51,8 pour cent pour les personnes ayant un niveau d’étude primaire, et à 41,1 pour cent pour les employés sans instruction, alors que près de 89,8 pour cent sont attribués aux personnes ayant une éducation universitaire. Enfin, s’agissant d’offre de travail urbain en fonction de zones géographiques, les taux d’activité pour la capitale, Bangkok et son agglomération, et la région du Sud sont relativement faibles malgré une hausse sensible durant les années quatre-vingt dix. La participation au travail dans la région du Nord reste particulièrement élevée.
Si le changement de structure économique interne contribue à modifier la composition du marché du travail, l’ouverture économique et commerciale conduit également à une nouvelle configuration de l’économie thaïlandaise. Le passage de l’industrie intensive en travail au processus d’intensité en technologie fait appel aux compétences et aux qualifications de plus en plus spécifiques. Or, l’évolution de la productivité dans les industries de production en Thaïlande ne permet pas, dans une période à venir, d’attraper le rythme de croissance des besoins industriels.

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