Résumé L’enrichissement monétaire est l’un des objectifs les plus souvent cités dans les œuvres mercantilistes du XVII





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Un commerce hautement rentable



Child reprend tout d’abord l’argumentation de Mun : « Personne ne soutiendra que l’Angleterre perde dans le commerce des Indes […] c’est encore le plus avantageux que la nation fasse aujourd’hui »104 et pourtant la Compagnie importe beaucoup plus de marchandises qu’elle n’en exporte dans ce pays. Les pertes en or et en argent sont finalement largement récupérées par les ventes faites sur les marchés européens : « Ces marchandises que nous transportons dans les pays étrangers où nous les vendons, font rentrer en argent dans le Royaume, par leur produit, plus de six fois la valeur des sommes que la Compagnie en a fait sortir »105. Davenant partage le même constat puisqu’il est clairement convaincu qu’en général, « le commerce avec l’Inde Orientale est grandement bénéfique pour l’Angleterre »106. Ce commerce induit de nombreux courants d’échanges commerciaux en Europe107 ; en effet, : « En transportant vers d’autres places, les marchandises rapportées d’Inde, nous augmentons par tout notre commerce, et obtenons un excédent de notre balance, soit en marchandises étrangères soit en or et argent. En Hollande nous échangeons notre soie brute et nos calicots contre leurs épices, avec des produits indiens, nous pouvons acheter à un meilleur taux en Allemagne, les toiles de lin de Silésie, de Saxe et de Bohème. En temps de paix, nous faisons et nous pouvons avoir plus de trafic avec la France, pour nos produits indiens contre des produits de luxe, qui proviennent très souvent de là ; et par conséquent, nous pouvons obtenir une meilleure balance en notre faveur »108. Enfin ce commerce favorise la production et l’emploi nationaux ; on utilise notamment un nombre important de bateaux, estimés entre 25 et 30 et l’emploi de nombreux marins (60 à 100 par équipage). À l’appui de leur raisonnement, c’est encore l’exemple de la hollande qui revient le plus souvent : selon ces auteurs, les Hollandais se sont essentiellement enrichis en étant les rouliers du monde : « Ils essaieront toujours d’être les premiers rouliers du monde comme ils l’ont été durant de nombreuses années »109.
La relativisation des arguments concernant le « drain » monétaire
Face à la principale critique que les opposants à ce commerce avaient déjà formulée (le « drain » monétaire), les auteurs ne répondent pas en pensant que, au bout du compte, une fois les marchandises écoulées, le stock d’or et d’argent augmenterait110. Ils pensent cependant que l’essentiel, n’est pas de considérer cette accumulation comme une fin en soi. L’important, c’est tout d’abord, l’usage répété de ces espèces, et non leur montant : « Ce n’est pas une grosse somme, employée deux ou trois dans le commerce qui doit être retenue dans le royaume, ni qui permet à la nation d’atteindre en général ces avantages par la fortune que quelques marchands peuvent obtenir eux-mêmes par adresse et bonne conduite […] mais c’est un grand trésor employé dans ce circuit avec un débit constant et régulier qui doit enrichir l’Angleterre et non pas quelques ventes faites par des mouvements hasardeux et de façon variable »111. L’accumulation d’or et d’argent n’est plus l’objectif premier. Il s’agit avant tout de développer les activités commerciales, de répondre à une demande croissante en produits nouveaux, et indirectement de favoriser les activités manufacturières, l’emploi sur le sol britannique et dans le secteur de la marine. Certes, ces auteurs ont bien noté l’existence d’une balance globale déficitaire de leur pays, mais ils considèrent définitivement que : « La monnaie est la servante du commerce »112.
Un commerce libre qui défend les intérêts nationaux
Davenant admet bien le problème que peut poser l’existence d’une consommation excessive de ces biens de luxe, susceptible d’alimenter le commerce, et le problème du « drain » qui en découle : « Si toute l’Europe par un accord commun était d’accord pour ne plus avoir d’autres dons de ces régions, ce côté du monde par une telle résolution permettrait d’économiser une et somme importante et régulière au trésor »113. Mais il écrit également que, « comme le pain est le soutien de la vie, les manufactures de laine sont le principal aliment du corps politique »114. Cependant il développe des arguments plus théoriques dans le prolongement des analyses de Child pour qui, rappelons-le : « La liberté et la propriété tendent à augmenter le commerce »115. En effet il défend l’idée générale que le commerce ne peut être limité ou alourdi par des taxes. Surtout il va montrer que le commerce des calicots, loin d’être préjudiciable à l’économie britannique, lui est profitable à double titre. D’une part, la concurrence devrait faire baisser le prix des produits lainiers116, jouant le rôle de stimulant, idée largement partagée par de nombreux défenseurs de la Compagnie117. Ensuite Davenant expose un début de thèse sur les avantages de la spécialisation de chaque pays. Si on ne produit pas un bien dans de meilleures conditions qu’il n’est réalisé dans un autre pays, il est préférable de l’acheter et de concentrer tous ses efforts sur les activités à propos desquelles, on dispose d’un avantage sur les autres nations. En fait, l’intérêt est d’acheter à meilleur marché ce que l’on ne peut pas produire dans des conditions identiques, et de vendre en plus grande quantité, des biens que les autres nations sont incapables de vendre à aussi bon marché : « Si le peuple d’Angleterre veut et est content de porter des soies indiennes […] à propos desquelles le coût initial n’est pas au-dessus d’un quart de leurs propres marchandises qui sont en vente ici, et si par conséquent ils ne sont pas en mesure d’exporter autant de leurs propres marchandises, quel que soit ce qui est économisé, c’est un gain clair pour le royaume en général »118.
Aussi, les projets de loi qui souhaitent limiter les entrées de cotonnades indiennes, voire interdire le port des soies indiennes, les soies de Perse, du Bengale et les calicots teints et imprimés sont « totalement destructeurs et très préjudiciables pour le royaume »119. Leur interdiction ferait que l’Angleterre les achèterait sur les marchés européens et donc que le coût en serait plus élevé. Les Hollandais en profiteraient pour prendre la place vacante : « Les Hollandais en ce moment, sont très puissants en Inde, ils ont de très nombreux et excellents forts et châteaux bien fournis et d’importantes colonies humaines ; et ils peuvent à n’importe quel moment, faire appel à 40 puissantes frégates, aussi il est admis que dans les circonstances présentes des affaires en Europe, ou avec la nature des alliances qui ont été contractées, c’est, sans aucun doute, dans leur pouvoir d’augmenter ce riche trafic entièrement en leur faveur et de nous chasser à tout jamais de ces pays »120.

b- L’opposition protectionniste ou la dangereuse concurrence des comptoirs coloniaux


La principale critique au cours de cette période porte sur la concurrence et le préjudice que subissent les industriels anglais et les lainiers en particulier. Comme nous l’avons noté, la demande de produits textiles indiens est en pleine expansion, et concurrence directement les produits textiles anglais sur les marchés locaux. Child admet l’existence d’un réel préjudice à l’égard des lainiers, - certains manufacturiers de Gloucester et de Worcestershire avaient d’ailleurs déposé en 1674, une pétition contre les calicots indiens- mais il considère que leurs ventes sont toutefois en phase d’expansion : « Ils font et vendent plus de 20 fois la quantité de vêtements qui était fabriqués avant que la Compagnie fut érigée »121. Aussi ne comprend t-il pas cette vive opposition.
Bien que l’on admette progressivement la compensation des fuites en espèces, par des entrées liées au commerce de réexportation, certains opposants à ce commerce de comptoir, continuent à défendre l’idée d’un appauvrissement monétaire net. John Pollexfen, Commissioner of trade and plantation, grand défenseur de la cause des lainiers, est l’un de ces opposants122. Il juge ce commerce responsable d’une perte du trésor de 400 000 livres annuelles, en or et en argent. Plus généralement, le « commerce au loin » n’enrichit pas la nation123. Mais la principale critique de Pollexfen faite à l’égard de ce commerce porte sur le préjudice supporté par les industries nationales : il favorise des goûts nouveaux, il est à l’origine de modes qui font péricliter les manufactures lainières. Pollexfen ne conteste pas le fait que les prix des produits lainiers soient peu compétitifs. Cependant, il demeure persuadé que le bas prix des cotonnades indiennes anéantira totalement l’industrie lainière britannique, car, note t-il, « le peuple ira vers les marchés les moins chers […] celles (marchandises) qui proviennent d’Inde doivent être par ailleurs les moins chères »124. Il ne partage pas non plus l’idée qui consiste à dire que l’importation des produits indiens bon marché, fera baisser les prix des produits anglais : « Devoir par conséquent envoyer notre argent en Inde pour acheter des biens fabriqués en Inde, à la place des nôtres, dans le but de faire baisser les prix de nos marchandises en rendant la laine et le travail bon marché est une fausse conclusion tirée de vrais principes »125. Il insiste sur la liberté que l’on a, de ne pas ouvrir ses marchés, il rejette le principe d’échanges entièrement libres, qui conduit à la ruine de l’industrie nationale126.
3- De l’opposition « libérale » à l’opposition aux colonies
A- L’opposition « libérale » ou les avantages de l’échange inégal
Un pamphlet anonyme Considerations on the East-India Trade, publié en 1701 et attribué à Henry Martyn, prend le contre-pied des analyses précédentes. Il conteste également le rôle de la Compagnie des Indes orientales dans le commerce « au loin ». Pour lui, en effet, le commerce avec l’Inde orientale est basé sur un échange inégal. L’échange d’or et d’argent contre des produits indiens est le meilleur moyen, selon l’auteur du pamphlet, de se procurer plus d’espèces, en nous rendant capables d’exporter, plus de produits manufacturés que nous aurions exporté, pour la même quantité d’argent : « Exporter de l’or contre des marchandises indiennes, c’est échanger une moindre valeur contre une plus grande valeur ; c’est échanger de l’or contre des biens manufacturés de plus grande valeur, non seulement pour le bénéfice du marchand mais aussi pour celui du royaume »127. Ce commerce est même plus intéressant que la seule vente de produits manufacturés fabriqués en Angleterre à destination des marchés européens : « Ce commerce est un échange continuel d’une faible quantité d’or contre plus de marchandises, il est par conséquent de tous les commerces, le plus à même d’augmenter, et plus rapidement, l’abondance en biens de luxe et en consommation, […] il est par conséquent plus à même d’augmenter nos exportations »128.
Dans un deuxième temps, l’auteur remet en cause les arguments protectionnistes en matière de production et d’emploi. Dans la controverse à propos des calicots, Martyn se prononce ouvertement contre les projets de lois de 1697 et de 1699. Le commerce avec les comptoirs indiens lui apparaît plus stimulant que destructeur pour l’industrie nationale : « Nous ne pouvons pas davantage nous appauvrir par un usage libre et indifférent de n’importe quel bien manufacturé »129. Cette ouverture à la concurrence internationale est un puissant facteur de dynamisme pour l’industrie britannique : « En important à bon marché, le commerce avec l’Inde orientale peut réduire le prix des biens manufacturés anglais, toutefois, c’est un fait que les salaires des hommes ne seront pas abaissés »130. Martyn pense que cette concurrence est un moyen de favoriser la recherche de progrès technique dans les manufactures, permettant, sans remettre en cause le niveau des salaires, d’économiser de la main-d’œuvre. La concurrence conduit à réduire les coûts de production via le progrès technique. Il admet que des industries doivent disparaître et donc des emplois, mais d’autres doivent se développer : « Ceux qui sont employés dans ces manufactures iront s’employer eux-mêmes dans d’autres manufactures »131. En revanche, employer des gens à faire des produits manufacturés qui pourraient être importés d’Inde, est une perte pour le royaume. C’est à une véritable division internationale du travail que nous conduit l’auteur. L’Angleterre a intérêt à se spécialiser d’autant plus que : « Aussi longtemps qu’un pays possède n’importe quelle chose que veut l’Angleterre, l’Espagne, l’or et l’argent d’Amérique, la hollande les activités de pêche et autres commerces, la France le vin. Le travail anglais pourra être échangé contre d’autres »132.
Enfin, il convient, selon cet auteur, de poursuivre ce commerce en dehors de toute structure monopolistique. Le commerce organisé par des agents privés fonctionne selon « l’effet de la nécessité et de l’émulation, choses inconnues quand il n’y a qu’une seule compagnie »133. Il est plus profitable à l’ensemble de la collectivité, même s’il l’est moins, au niveau de chaque marchand. Ainsi l’enrichissement est « d’un demi-million annuel plus important, aussi longtemps que ce commerce se développe par l’émulation de deux compagnies plutôt s’il se réduit à une seule compagnie par action »134. Toutefois, Martyn n’exclut pas la question des infrastructures nécessaires à la réalisation de ce commerce, et en particulier, la construction de forts et d’établissements commerciaux. Il suggère un financement public et rejette l’argument de monopole « naturel » défendu par la Compagnie des Indes. Il défend plutôt l’idée que cet investissement public indispensable, peut être largement compensé par des revenus supérieurs (en raison d’un commerce plus important) provenant des droits de douane : « Ce dernier peut être mieux payé par un plus grand gain issu d’un commerce ouvert »135.

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