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I – Critique du système / L’état actuel du monde

A - Description


Il est possible de décrire de différentes manières le système dans lequel on vit actuellement. On peut en particulier le voir comme :

1 – Un monde libéral


Il faut alors entendre libéral au double sens, économique (ce qu’on imagine quand on parle d’ultra-libéralisme, au sens de la permissivité des échanges marchands) mais aussi sociétal (c’est-à-dire permissif en matière de mœurs). On se réfère ici à la double pensée, de Michéa http://www.amazon.fr/double-pens%C3%A9e-Retour-question-lib%C3%A9rale/dp/2081218399 . On peut aussi mentionner la société ouverte chère à Hayek.

Revenir aux sources du libéralisme, c’est réaliser qu’il s’agit d’une philosophie politique autant qu’économique, s’appuyant sur l’idée de souveraineté de l’individu à tout point de vue (donc parfaitement compatible avec les principes démocratiques). Il est donc absurde de critiquer les libéraux pour leur conservatisme. Le libéralisme extrême se rapprocherait plutôt de l’anarchie, et le libéralisme modéré comprend de très nombreuses variantes, parfois contradictoires (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme#Les_diff.C3.A9rents_courants_au_sein_du_lib.C3.A9ralisme ). Il est difficile aujourd’hui d’élaborer une offre politique alternative, puisque celle-ci devrait être à la fois protectionniste en matière économique, et conservatrice en matière de mœurs, ce qui est dans les deux cas contraire à la tendance dominante. Dans le contexte français, il s’agirait d’un mélange de Chevènement et de Le Pen, ce qui est rendu difficile par la subsistance des trotskystes à gauche des socialistes (qui se donnent pour mission, essentiellement tactique, de discréditer tous les conservatismes), et plus généralement par la volonté de la Gauche française de s’aligner sur la Gauche américaine en se définissant essentiellement par le progressisme sociétal plus que par une alternative économique fondée sur la limitation du libre-échange.

2 – Un modèle social toujours présent


C’est moins intuitif, et pourtant l’indicateur le plus essentiel de la macro-économie est formel. Les prélèvements obligatoires les plus élevés de l’histoire http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vements_obligatoires#.C3.89volution_des_taux_de_pr.C3.A9l.C3.A8vements_obligatoires_dans_quelques_pays_et_ensembles_de_l.27OCDE . Or Giscard avait bien dit en 1974, lorsqu’ils atteignaient 39%., que: « Le jour où ces prélèvements dépasseront 40%, l'Etat sera devenu socialiste.»

Cependant il s’agit d’une socialisation administrative et non communautaire, d’où ses dérives ; de surcroît, la nation étant en voie de disparition et les classes moyennes sous pression, la levée de l’impôt atteint ses limites ; actualité de Robin des Bois comme défenseur des pauvres par la contestation du racket de l’impôt par des élites discréditées ; ceci faisant peut-être partie de la stratégie du choc initiée par le « système » pour faire accepter la baisse des prestations sociales, l’échelle de solidarité nationale ne pouvant plus fonctionner du fait du piégeage des Etats-nations dans le cercle vicieux de la dette.

Il est tout de même troublant de constater que c’est au moment où le libéralisme social a disparu de l’offre politique officielle http://fr.wikipedia.org/wiki/Social-lib%C3%A9ralisme qu’il se trouve être le plus dominant dans les pratiques.

3 - Tentaculaire : à la fois immense et globalisé/interconnecté. Non seulement le monde n’a jamais été aussi peuplé, mais jamais civilisation n’a été aussi étendue, si on considère qu’il existe une unité civilisationnelle par la marchandise, à la fois au niveau des classes aisées –culture d’aéroport et de business school, globbish- et des classes moyennes –Facebook, Macdo, idoles people communes). Jamais un américain n’a été si dépendant d’un Arabe pour son pétrole, l’inverse étant vrai aussi (exemple du développement de Dubaï ); la Chine commence à avoir les moyens d’une grande autonomie, mais pour l’instant le dollar peut être considéré comme une arme de dissuasion massive, du fait de la quantité de devise américaine accumulée par la Chine. La division du travail, connue depuis l’antiquité, et à la source de tout commerce (et de beaucoup d’efficacité), n’a jamais été poussée si loin. En 1993, une étude montrait déjà que la spatialité pour fabriquer les différents éléments d’un simple pot de yaourt aux fraises, à Stuttgart en Allemagne, formait une distance de près de 9115 km.

En 1993, une étudiante allemande a étudié le nombre de kilomètres parcourus par les différents ingrédients entrant dans la composition et le prix de vente final d'un pot de yaourt. Elle est partie d'un pot de yaourt aux fraises vendu à Stuttgart. Le verre a été fabriqué en Bavière à partir de tessons récupérés, de sable, de chaux, de zinc provenant de diverses régions d'Allemagne. Pour réunir les différents ingrédients, cela représente 546 km de transports. Pour emmener le pot fini à la coopérative de Stuttgart, il faut encore ajouter 260 km. Le lait a été récolté dans 5930 fermes à une distance moyenne de 36 km. Les fraises viennent de Pologne et ont parcouru 1246 km. Le sucre vient d'une raffinerie de betteraves située à 72 km. Les betteraves ont, elles, été récoltées à une distance moyenne de 35 km de la raffinerie. Les bactéries pour faire fermenter le lait viennent d'une usine au Nord de l'Allemagne à 917 km. Le couvercle en aluminium a été fabriqué dans une usine à 304 km à partir de bauxite extraite du sol à 560 km. L'étiquette sur le pot est imprimée à 314 km sur un papier qui a déjà parcouru 634 km. La colle pour l'étiquette vient de poudre de céréales issues des surstocks de l'Union européenne et a parcouru 419 km. Les pots sont conditionnés dans un emballage carton fabriqué à 647 km puis emballés dans un film plastique français qui a parcouru 408 km. Les lots obtenus sont transportés dans des cartons ondulés fabriqués à seulement 55 km. Le carton d'origine est importé d'Autriche (1048 km) et il est fermé par une colle venant du Nord de l'Allemagne (659 km), colle fabriquée avec des céréales en surstock à Hambourg (75 km de plus). Ces cartons sont ensuite distribués en magasin : le parcours moyen de l'usine au consommateur est de 668 km. Au total, I'ensemble des ingrédients a parcouru 9115 km. http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/brochure-porte-conteneurs.pdf pour une critique plus construite

A l’exception de quelques peuplades reculées, dont certaines sont pratiquement inviolées, la quasi-totalité du monde dépend, ne serait-ce que pour sa survie alimentaire, de chaînes logistiques longues, pour le carburant par exemple.

4 – Trop technique pour être compris : de la même manière que la plupart des gens/activités dépendent de gens/activités d’autres zones géographiques pour leur survie, ils dépendent de techniques qu’ils ne maîtrisent pas eux-mêmes, ce qui peut provoquer un certain nombre de troubles mentaux. L’obligation de contribuer à une action dont on ne comprend pas le sens peut mener les plus exigeants à des formes légères de schizophrénie, et les plus nombreux à un sentiment d’inutilité confinant à la dépression (lien vers Ellul, Truong).

« J'étais parfaitement adapté à l'âge de l'information, c'est-à-dire à rien. Valérie et Jean-Yves, comme moi, ne savaient utiliser que de l'information et des capitaux; ils les utilisaient de manière intelligente et compétitive, alors que je le faisais de manière plus routinière et fonctionnarisée. Mais aucun de nous trois, ni aucune personne que je connaisse, n'aurait été capable, en cas par exemple de blocus par une puissance étrangère, d'assurer un redémarrage de la production industrielle. Nous n'avions aucune notion sur la fonderie des métaux, l'usinage des pièces, le thermoformage des matières plastiques. Sans même parler d'objets plus récents, comme les fibres optiques ou les microprocesseurs. Nous vivions dans un monde composé d'objets dont la fabrication, les conditions de possibilité, le mode d'être nous étaient absolument étrangers. » (Michel Houellebecq, Plateforme)

5 - Donc complexe (qui résume l’ensemble et se révèle le plus déterminant pour poser la question morale). Même s’il existe des zones de simplification (par la standardisation, par exemple 1000 personnes qui mangent au Macdo, c’est d’une certaine manière plus simple que 10 personnes qui mangent en Thaïlande), il existe aussi des zones non redondantes considérable, en particulier dans l’hypertexte de l’internet (la quantité d’information non redondante, cachée derrière la redondante, a également cru). Lien vers MH insoluble.

6 - Festif au sens de Muray (c’est-à-dire au-delà du spectacle)

7 - Sécuritaire (obsédé par le principe de précaution, probablement utilisé comme outil de conditionnement des peuples, par exemple pour encadrer/limiter les choix individuels). On est là sur une quasi-contradiction avec le libéralisme authentique, d’ailleurs.

8 - Matérialiste (les deux pôles dominants actuels, américain et chinois, sont principalement matérialistes, même s’ils ne sont évidemment pas que cela)

B - Les caractéristiques positives du système :


La solidité logique de son fondement moral (John Stuart Mill et Adam Smith comme moralistes respectables dans le contexte de l’époque), rappelé par Michéa (l’Empire du moindre mal)

Ses succès historiques (croissance mondiale, améliorations techniques, en particulier médicales), surtout par comparaison avec les modèles concurrents (échec du communisme, stagnation/conflits incessants des sociétés tribales, effacement de la social-démocratie à la scandinave)

Capacité à gérer une communauté gigantesque et diverse (ce que peut difficilement faire un système fondé sur une culture spécifique)

Sa capacité à d’adapter à différentes cultures (ou à les détruire) : exemple de la progression du libéralisme en Occident, mais aussi en Chine, en Inde, en Russie, etc.

Adaptation avec la transition post-humaine (logique de système ouvert et de fonctionnement procédural excluant tout arbitraire et tout hasard)

C - Les caractéristiques négatives du système

1 – D’un point de vue général

a- Son absence de régulation externe

(si ce n’est par la nature), le rendant incapable de gérer le risque d’explosion (ie consommation de toutes les ressources non renouvelables du fait que l’économie les sous-valorise tant qu’elles sont disponibles (on pourrait monter une expérience à l’aide d’une simulation sur le sujet, cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Rente_d%27Hotelling ), puis éclatement « catastrophique » ) à la Thom, image du ballon de baudruche qui évolue vers un changement d’état, et ne connaît la catastrophe qu’instantanément après avoir atteint son acmé, cf. lien vidéo). Une évolution sans auteur défini (machinique ou machinal, les choses de choses inanimées).
b - Son côté total (donc totalitaire)

qui fait qu’on peut tout perdre (alors qu’un génocide entre deux tribus de Nouvelle-Guinée ne mettait pas en péril la survie de l’humanité). « Cultures internationales » comme absurdité. cf. l’analyse de Lévi-Strauss sur la vitesse d’adaptation. Le pouvoir des agences de notation. La difficulté, pour un système qui n’a pas d’extérieur, consiste à se fabriquer un ennemi imaginaire qui permette à la théorie du bouc émissaire de s’appliquer. Actuellement, plusieurs figures peuvent en tenir lieu : le terroriste islamiste (qui n’a pourtant guère plus de réalité que le Goldstein de 1984) (inadaptation du modèle du choc des civilisations, cf. « Chers Djihadistes » comme l’analyse de MH) ; ou bien la crise essentialisée. Peut-on établir un parallèle entre notre contexte de crise permanente et le contexte de guerre permanente décrit dans 1984 (Orwell), comme moyen de soumettre les volontés individuelles à une forme de totalitarisme politique invisible ? Pour poursuivre sur Orwell, observer à quel point les caractéristiques de la Novlangue sont proches de celles du Globish (la domination des esprits par la langue faisant l’objet d’une théorisation explicite dans 1984) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anglais_basic#Contexte_d.27.C3.A9mergence_et_diffusion_du_Basic_english http://www.amazon.fr/novlangue-n%C3%A9olib%C3%A9rale-rh%C3%A9torique-f%C3%A9tichisme-capitaliste/dp/2940189390 )
c- Son incertitude

L’absence de garantie quant à son avenir : le système dépend de la croissance, qui dépend de l’innovation technologique, qui dépend de… on ne sait pas (modèle de Solow)

2 - Du point de vue de l’efficacité qu’il revendique

a – Sa tendance naturelle au déséquilibre

Son inégalitarisme de revenus, et plus encore de patrimoine (http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1380#inter1 ) En l’absence de système de valeur le concurrençant ou le dominant, le libéralisme tend à créer des inégalités qui finissent par le desservir (exemples contraires du business modèle de Ford qui vise un élargissement du marché, et donc conjugue son action économique avec une action sociale, et des bulles spéculatives qui conduisent au contraire à des prophéties auto-réalisatrices autour de la survalorisation très étroite de certains biens rares). « Quand le dernier arbre aura été abattu, Quand la dernière rivière aura été empoisonnée, Quand le dernier poisson aura été péché, Alors on saura que l’argent ne se mange pas » Géronimo 

Le libéralisme sécuritaire contre le capitalisme (que faire, actuellement, de son argent ? la bourse est chaotique, ce qui reste du pouvoir régalien capte l’argent par l’impôt au profit des banksters, qui les font chanter ; La perversion de son fonctionnement du point de vue de la création de valeur. Le rendement sans risque est actuellement négatif –les banques préfèrent placer leur argent auprès des banques centrales à un taux d’intérêt réel négatif plutôt que de le prêter, confirmant l’intuition marxienne d’une baisse tendancielle du taux de profit). Notion d’entéléchie délétère lien.

Preuve de l’impossibilité de généraliser l’idée du Win-Win : Donner un exemple clair de la théorie des jeux (disons, appliqué au transport en commun contre l’automobile), montrant à quel point il est normal, si l’on veut gagner dans le jeu, de mener à une stratégie perdante. En conclure sur l’obligation d’un arbitre qui soit hors jeu (et boucler sur la théorie des ordres de Pascal). Illustrer avec le sondage sur les traders de la City trouvant leur rémunération trop élevée, ou les grands patrons souhaitant une réduction de leur salaire (alors même qu’ils pratiquent probablement aussi l’évasion fiscale).
b – Sa propension à faire apparaître des rentiers de la forme

Les martingales permise par les effets de levier en bourse consistent en définitive à privatiser les gains et collectiviser les pertes. On pourrait imaginer un montage financier sur la base d’une chaîne de holdings contrôlant le monde entier. Cas des juristes et des traders comme gagnants techniques d’un jeu purement arbitraire (lien vers le Nomic).

3 – Du point de vue de son fondement moral


A partir d’un certain stade, le capitalisme détruit aussi l’idée de mérite sur laquelle il est largement construit (exemples autour de moi ; stage ouvrier : peut-on dire à quelqu’un : tu as mal travaillé à l’école, tu vas galérer pendant 40 ans). Regarder le patrimoine des grands-parents du futur conjoint, plutôt que ses études. Certains continuent d’attribuer au mérite ce qui ressort de la chance du fait du déplacement du critère d’évaluation sur le résultat exclusivement (puisque le système, trop complexe, interdit la mise en évidence d’une relation causale compréhensible entre cause et conséquence, si le résultat est bon, on fait l’hypothèse que la méthode était la bonne (et non la chance, cf. l’expérience du rat superstitieux) : inertie du système en vertu de la maxime « 100% des gagnants ont tenté leur chance », ce qui permet de prolonger l’illusion d’un système méritocratique. La méritocratie n’a peut-être été qu’un allié temporaire du libéralisme (un utile prétexte moral pour s’imposer), qui peut désormais passer à une autre phase de son déploiement (je crois que c’est Drac qui développe cette idée, à retrouver).

Attesté dans l’obsession des chiffres (par exemple évidente dans l’actualité économique où l’on chipote pour 0.1% de croissance sans se demander ce que cette croissance signifie (si on creuse des trous pour les reboucher, on crée de la croissance obsession_croissance.htm ). Cette domination idéologique du nombre se retrouve dans le sport et se représentation.

Idéal de résultats plus que de moyen faisant perdre de vue la notion de justice, puisqu’un bon résultat obtenu par chance est considéré comme parfaitement valable. Exemple : les succès juridiques obtenus pour des raisons de forme ; à opposer à la logique de l’honneur à l’œuvre dans la pratique des duels, (qui n’ont cessé qu’au cours du XXème siècle), ou plus généralement à l’esprit de la chevalerie : la pensée « magique » à l’œuvre à l’époque (bien rendue par le film « Les Visiteurs ») permet de comprendre pourquoi il pouvait être beaucoup plus souhaitable à l’époque de mourir pour son idéal (Dieu et mon Roi) que de vivre comme un lâche (exemples tirés de la guerre de 100 ans, où les chevaliers français voulaient en découdre

En effet, à Crécy, bien qu'aveugle, il décide pourtant de se faire attacher à deux de ses chevaliers, partant ainsi au coeur de la mêlée. Tuant sur son passage autant d'amis que d'ennemis, il reçoit plusieurs coups d'épée mortels qui le condamnent à mourir sur le champ de bataille. Son cadavre n'est retrouvé que le lendemain ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ier_de_Boh%C3%AAme )

Exemple aussi des procès dont le sort était remis à Dieu : les ordalies) ; à comparer par exemple au comportement de Domenech ou Forgeard.

Le 5 septembre 2010, Raymond Domenech est officiellement licencié par la Fédération française de football pour « faute grave » après son attitude en Afrique du Sud, ayant « refusé de serrer la main de Carlos Alberto Parreira, son homologue sud-africain » ainsi que pour « sa gestion de l’affaire Anelka »16.

Le 23 septembre 2010, suite à son licenciement, il s'inscrit à l'agence Pôle emploi du 15e arrondissement de Paris17.

Le 3 novembre 2010, il saisit le tribunal des prud'hommes pour réclamer 2,9 millions d'euros à la FFF, au titre des « indemnités de licenciement — 400 000 € avec des rappels de salaire — » ainsi que pour « réparation du préjudice professionnel et moral, évalué à trois ans de salaire »18. Il obtient 975 000 € brut (575 000 € sur la base des années d'ancienneté et 400 000 € au titre d'une « indemnité transactionnelle supplémentaire ») et renonce à ses 150 000 € de primes de droits à l'image du Mondial-201019, suite à un accord avec la FFF le 4 août 201120.

En plus de ses plus values sur ses stock-options (note : 2,5 ME avec soupçon de délit d’initié), Forgeard a bénéficié d'une indemnités de départ d'un montant de 8,4 millions d'euros alors que la prime annuelle des salariés d'Airbus avait été fixée à 2,88 € en moyenne avant le mouvement de grève. Elle fut ensuite rétablie, mais un peu tard, à un peu moins de 1000 euros par la direction.

Le 19 avril 2007, le Parti socialiste et l'UDF ont officiellement demandé la démission du ministre de l'économie Thierry Breton qui, selon des informations publiées dans le magazine Challenges du 18 avril 2007 serait personnellement intervenu dans cette affaire dite du « parachute doré », notamment en appuyant la nécessité du versement de ces 8,4 millions d'euros prévus par le contrat de Forgeard, qui aurait sinon pu se retourner contre EADS, ayant été licencié sans faute.

(http://fr.wikipedia.org/wiki/No%C3%ABl_Forgeard#Le_scandale_de_l.27indemnit.C3.A9_de_licenciement_ou_.C2.AB_parachute_dor.C3.A9.C2.BB )

Cette disposition entraîne aussi une invitation à falsifier, tricher, plagier, copier/coller, et une disparition de la notion de honte : le plus important est de respecter le cahier des charges, tous les moyens sont bons pour y parvenir et même si on se fait attraper, on tentera d’utiliser les procédures de contestation. C’est le contraire le la notion ancienne de « travail bien fait » qui supposait de la part des artisans de bien faire aussi ce qui ne se voyait pas (cas des charpentiers).

4 – Du point de vue des critères de l’humanisme classique


Son anti-humanisme du point de vue de l’idéal classique (de Rabelais au soi-mêmisme).
a – Le désenracinement

L’homme moderne comme personnage hors-histoire, hors-sol, hors-culture : Michéa sur Attali (lien audio)
b - Le culte du divertissement

Le déploiement du divertissement (diversion ?) sous toutes ses formes peut-il être interprété comme un anti-humanisme ? (de Nietzsche à Muray, le tittytainment, panem et circenses) Le succès de la télé-réalité tient en bonne partie à ce que ceux qui la regardent en la méprisant, se croyant vaguement supérieurs à cause de leur position qu’ils estiment ironique, mais la regardent tout de même par complaisance vis-à-vis d’eux-mêmes, donc veulerie acceptée (disparition des modèles de comportement par discrédit des élites, et absence des censeurs puisqu’il est interdit d’interdire : peut-on imaginer des parents interdire à leurs adolescents de 15 ans d’aller sur Facebook par exemple ?) Exemple lien vidéo.
c – La dépendance au principe de désir

Sa dépendance au principe de désir, qui doit en permanence être maintenu et attisé pour faire tourner la machine (sans forcément de complot, mais avec des capos, les hommes de marketing, et parce que le « système » obéit à sa propre dynamique de développement. Vidéo de méga-yachts lien. Comment pourrait-on imaginer pouvoir profiter à proportion d’une bouteille de vin à 5000 euros ? C’est contraire aux lois de la perception (mais conforme à celles du narcissisme prétentieux, et à la théorie du désir mimétique !) Les pétrodollars et les produits de luxe comme pacotille moderne c’est-à-dire outils de la soumission.

Décodage d’une publicité pour les montres Richard Mille : culte de la personnalité, absence d’histoire (ou asservissement), revendication de l’élitisme, affichage de la valeur marchande, fascination de l’argument technique.

Vidéo Carlin on advertising and marketing 1’42’’

Or la base de la sagesse, c’est comprendre que le plus souvent, le désir d’avoir masque un désir d’être. Il est donc capital que les modèles d’être soient des modèles généralisables (par exemple, dans le domaine du sport, donner en modèle des sportifs qui donnent le meilleur de ce qu’ils peuvent, pas forcément ceux qui sont meilleurs que les autres : exemple de Poulidor ou Terry Fox).

« En ce qui me concerne, curieusement, je n'avais pas peur. Il est vrai que j'avais peu de contact avec les hordes barbares, sinon occasionnellement lors de la pause-déjeuner, lorsque j'allais faire un tour au Forum des Halles, où la subtile imbrication des forces de sécurité (compagnies de CRS, policiers en tenue, vigiles payés par l'association des commerçants) éliminait en théorie tout danger Je circulais donc, dans la topographie rassurante des uniformes; je me sentais un peu comme à Thoiry. En l'absence des forces de l'ordre, je le savais, j'aurais constitué une proie facile, quoique peu intéressante; très conventionnel, mon habillement de cadre moyen n'avait rien qui puisse les séduire. Je ne ressentais de mon côté aucune attirance pour ces jeunes issus des classes dangereuses ; je ne les comprenais pas, ni ne cherchais à les comprendre. Je ne sympathisais nullement avec leurs engouements, ni avec leurs valeurs. Je n'aurais pas pour ma part levé le petit doigt pour posséder une Rolex, des Nike ou une BMW Z3 ; je n'avais même jamais réussi à établir la moindre différence entre les produits de marque et les produits démarqués. Aux yeux du monde, j'avais évidemment tort. J'en avais conscience : ma position était minoritaire, et par conséquent erronée. Il devait y avoir une différence entre les chemises Yves Saint Laurent et les autres chemises, entre les mocassins Gucci et les mocassins André. Cette différence, j'étais le seul à ne pas la percevoir: il s'agissait d'une infirmité, dont je ne pouvais me prévaloir pour condamner le monde [...] Par mon aveuglement certes involontaire, je me mettais en dehors d'une réalité humaine vivante, suffisamment forte pour provoquer des dévouements et des crimes. Ces jeunes, à travers leur instinct demi-sauvage, pressentaient sans nul doute la présence du beau; leur désir était louable, et parfaitement conforme aux normes sociales; il suffisait en somme de rectifier son mode d'expression inadéquat. » Plateforme, p. 279
d- Ses idéaux non kantiens de différenciation narcissique 

Idéal de gloire (validée par le groupe) plutôt que de dignité (validé par soi-même en toute indépendance, à noter que le soi-mêmisme à la mode ne contredit pas cette hypothèse puisque c’est aux yeux des autres qu’il s’agit, par exemple, d’assumer –autant dire d’afficher et d’être ontologiquement fier- ses propres turpitudes) ; Quant tout le monde aspire à devenir une rock star, une grande majorité devient malheureux.

« Qu’était un banquier, un ministre, un chef d’entreprise par rapport à un acteur de cinéma ou à une rock star ? Financièrement, sexuellement et à tous points de vue un zéro. » Particules, p. 193. Ce qui montre bien que conformément à la théorie Girardienne, le désir d’être dépasse le désir d’avoir.

« mais Huxley oublie de tenir compte de l’individualisme. Il n’a pas su comprendre que le sexe, une fois dissocié de la procréation, subsiste moins comme principe de plaisir que comme principe de différenciation narcissique ; il en est de même du désir de richesses. Pourquoi le modèle de la social-démocratie suédoise n’a-t-il jamais réussi à l’emporter sur le modèle libéral ? Pourquoi n’a-t-il même jamais été expérimenté dans le domaine de la satisfaction sexuelle ? Parce que la mutation métaphysique opérée par la science moderne entraîne à sa suite l’individuation, la vanité, la haine et le désir. En soi le désir –contrairement au plaisir- est source de souffrance, de haine et de malheur. Cela, tous les philosophes – non seulement les bouddhistes, non seulement les chrétiens, mais tous les philosophes dignes de ce nom – l’ont su et enseigné. La solution des utopistes –de Platon à Huxley, en passant par Fourier- consiste à éteindre le désir et les souffrances qui s’y rattachent en organisant sa satisfaction immédiate. A l’opposé, la société érotique-publicitaire où nous vivons s’attache à organiser le désir, à développer le désir dans des proportions inouïes, tout en maintenant la satisfaction dans le domaine de la sphère privée. Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. » (MH, Particules, 360)

Exemple de la « peoplelisation » de la politique (cas de Rachida Dati, illustrant le retour de la courtisanerie comme mode d’accès au pouvoir, au contraire de l’idéal méritocrate), de la constitution d’un gouvernement comme un casting. Théorisation de René Girard (le désir mimétique est par essence non Kantien en ce qu’il expose l’impossibilité structurelle d’un partage universellement satisfaisant, le maintien de l’ego ayant tendance à provoquer d’une manière systématique la préférence pour ce qu’on n’a pas).

La mode étant l'imitation de qui veut se distinguer par celui qui ne veut pas être distingué, il en résulte qu'elle change automatiquement. Mais le marchand règle cette pendule. VALÉRY, Rhumbs, p. 116.
e- L’homme instrumentalisé par la machine à profit

On pourrait ajouter, mais ce serait un peu subjectif, que le système est également difficile à combattre parce qu’il se caractérise par la baisse du niveau général, donc une perte de pouvoir critique (thèse de « L’enseignement de l’ignorance ») et qu’il repose aussi sur le pouvoir de l’émotion plutôt que celui de la raison (thèse du contrôle des masses par le sensationnalisme) : http://www.youtube.com/watch?v=dNGF2LDqMcc&feature=related 10 stratégies de manipulation des masses, dont :
- Diversion : sensationnel, clips de plus en plus brefs, émissions débile, faux débats ...
- Choc et solution : 11 septembre 2001, crise 2008, Émeutes 2005
- Dégradé : Réforme des retraites, perte des acquis sociaux, privatisation
- Infantilisation : publicités comme des comptines, les jeux télévisés
- Emotion : Le terrorisme, l'immigration, principe de précaution
- L'ignorance : baisse du niveau d’exigence au baccalauréat, en particulier pour les mentions (cf. étude du Sénat)
- Médiocrité : télé-réalité
- Culpabilité : Chômage
...auxquels on pourrait ajouter le noyage (du vrai dans le faux, stratégie classique du contre-espionnage ou de la contre rumeur)

Développements sur le cheptel vu par Truong, ou le parc humain vu par Sloterdijk, voire aller jusqu’à Soleil Vert ou Matrix.

5 – Conclusion


En résumé, solidité des hypothèses de la fin de l’Histoire, Fin de l’Homme. Le monde moderne étant le premier à nous monter à quoi se consacre un homme arrivé, il nous révèle aussi les limites d’un humanisme prométhéen qui a pu ignorer jusqu’alors les tares constitutives de l’homme : sa veulerie morale, sa dépendance au plaisir facile, son incapacité à dominer son ego.

Or, on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre : si on veut le confort et la facilité, alors on doit accepter la compromission.

— Mais je n'en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.
— En somme, dit Mustapha Menier, vous réclamez le droit d'être malheureux.
— Eh bien, soit, dit le Sauvage d'un ton de défi, je réclame le droit d'être malheureux.
— Sans parler du droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d'avoir la syphilis et le cancer ; du droit d'avoir trop peu à manger ; du droit d'avoir des poux; du droit de vivre dans l'appréhension constante de ce qui pourra se produire demain ; du droit d'attraper la typhoïde ; du droit d'être torturé par des douleurs indicibles de toutes sortes.
Il y eut un long silence.
— Je les réclame tous, dit enfin le Sauvage.
Mustapha Menier haussa les épaules.
— On vous les offre de grand cœur, dit-il.

Dès lors, le choix entre travailler dans le marketing, la finance, ou l’audit (instrumental), voire les ressources humaines : tous peuvent être vus comme des secteurs d’activité odieux : le marketing attise le désir, la finance déconnecte du réel, les ressources humaines gèrent le rapport de force capital/travail donc dans une certaine mesure substituent le principe d’utilité à l’humain, le contrôleur de gestion facilite l’ensemble.

Nike n’améliore pas le monde (ni du point de vue du travail, ni du point de vue de la satisfaction créée –qui ne se fait qu’au détriment du désir des autres).

On pourrait aussi détailler en suivant le raisonnement de Comte Sponville à propos des managers devant trouver les moyens de faire travailler ceux qui « travailler, ils préféreraient pas » sans le secours du fouet. Anecdote de sa présentation chez Auchan où le seul ayant levé la main à la question « viendriez-vous travailler si vous n’étiez pas payé ? » était le cadre dirigeant.
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