Jusqu’où collaborer ?





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Conclusion : quelle voie choisir ?


Parmi les voies d’action possibles, listées et explicitées plus haut, on ne peut en choisir une en particulier qui serait valable pour tous, car il faut tenir compte de la sensibilité propre de chacun, dépendant de ses traits de personnalité, pour faire ce choix. En conséquence, je ne peux pas tenir un discours aussi précis que : Se tenir à l’écart des banques, des produits techniques à fort effet de levier (cf bouddhisme et armes, l’instrument financier comme arme de destruction massive).

Existe-t-il alors des facteurs communs à toutes les voies listées ?

Qu’est-ce qui est mal, qui fait le mal ? Peu de gens volontairement. De nombreux milliardaires se consacrent à leur fondation, les traders de Wall Street sont gênés par leurs revenus, beaucoup de nantis accepteraient le principe d’une redistribution.

Il faut sans doute plutôt voir le mal dans chacun d’entre nous, quand nous préférons la facilité à l’effort, le paraître à l’être, la consommation à la production (encore qu’il en faut pour tous, histoire Zen du maître qui a travaillé et de celui qui a dormi). La grande source du mal, ce serait plutôt le manque d’honnêteté vis-à-vis de soi.

Les difficultés sont connues : L’intention ne suffit pas, mais la connaissance des conséquences est impossible ; l’indifférence est inhumaine ; l’épicurisme est vain (la faim est le seul cuisinier)

Reste le stoïcisme, qui me semble parfait dans la façon de structurer l’ensemble des grandes questions philosophiques qui se posent à l’homme. L’approche d’Epictète en particulier, qui hiérarchise bien l’importance des questions philosophiques ( « La question principale à laquelle tente de répondre la philosophie d’Épictète est de savoir comment il faut vivre sa vie. Face à cette première interrogation, tous les autres grands questionnements de la philosophie sont de peu d’importance à ses yeux. »  ) et introduit la notion de mesure ( En gros, il ne faut s’intéresser, en termes d’action, qu’à ce sur quoi on a prise, et la raison est précisément là pour nous indiquer la ligne de démarcation. [c’est ainsi qu’il est légitime que je me désintéresse de la bourse si j’estime son comportement chaotique] « Et si on perd la partie? Perdre aussi fait partie de la nature des choses. Si on perd la partie, la dihairesis qui nous guide nous empêche de faire quelconque réclamation pour ce qui advient et qui ne dépend pas de nous. En effet, il faut accepter ce que les événements et le destin nous apportent, tant que ceci n’est pas de notre ressort. L’Homme est partie intégrante d’un système qui le dépasse. Plutôt que de s’opposer vainement au sort qui lui est réservé, il l’accepte et dit merci pour l’occasion qu’il a eu de jouer, car il comprend le divin qui est en lui et fait raisonner sa vie au diapason de ses jugements guidés par la dihairesis. Cela signifie que, pourvu qu’on ait sauvegardé la liberté de notre prohairesis et respecté les règles du jeu, même si on a perdu le match d’un jour, le vrai match a toujours été gagné. »  ). Malheureusement, les réponses traditionnellement proposées par les stoïciens de l’époque antique sont à la fois trop techniques et trop primitives dans leur formulation. En revanche, une actualisation du stoïcisme pourrait être d’une puissance formidable. Mon seul point de désaccord avec cette voie de sagesse concernerait la position métaphysique excluant toute transcendance. En bref, ma préférence irait à une doctrine stoïcienne modernisée et faisant une place à la transcendance (non révélée) comme cause première. J’aimerais aussi introduire dans le stoïcisme la notion de modération (qui ne s’y trouve que trop indirectement) avec la distinction entre les effets à long terme et longue distance (inconnaissables) qui amènent à préférer les actions à courte portée dont les effets connaissables sont objectivement (rawlsiennement) positifs, ce qui semble être une position kantiennement acceptable. Milieu de Grimperet Soral 2 (enregistré) sur la voie moyenne

Se limiter en action à la mesure de son discernement (donc freiner sur les trop hautes rémunérations qui font perdre de vue le sens de l’action qu’on peut mener avec l’argent gagné). Le stoïcisme appliqué à la micro-économie rejoint ici un Rawlsisme bien pensé.

Autonomie relative : Laver son écuelle (lien) (mais limite de l’efficacité). S’enraciner (limitation du nomadisme/tourisme réducteurs d’humanité). Ne pas accepter le tourisme urbain ou le tourisme d’affaires, ou les affaires internationales où on considère à la manière d’Attali toutes les nations comme des hôtels http://www.youtube.com/watch?v=ys64OFPB9os (+vidéo déjà téléchargée dans sources\video).

Garder un minimum de rapport au réel (autant à titre d’exercice que de production efficace) par le sport de compétition, la production artisanale des denrées (à vocation qualitative plus qu’esthétisante), le bricolage (L’éloge du carburateur)

Combattre les marques, la publicité, la télévision

Combattre le dogmatisme comme source de prescription morale (tout en admettant qu’objectivement, de grandes masses de population semblent avoir plus besoin de règles sociales déterminées que de capacité de discernement indépendant), donc retenir éventuellement un dogmatisme à géométrie variable (qui pourrait bien être accepté par tous, car beaucoup de gens sont grégaires par nature) en évitant de le fonder sur des récits religieux datés et invraisemblables (religions abrahamiques).

Se comporter comme un parasite modeste d’organisations quelconques, ne pas adhérer aux discours triomphants, ne pas faire de zèle. On cherche à adopter un comportement exemplaire du point de vue des conditions de l’action morale, par exemple en n’abondant jamais dans la logique du désir ni dans celle du conformisme. Etre indifférent aux marques officielles de reconnaissance mais sensible aux marques personnelles, se moquer du côté ridicule du fétichisme des marques, pratiquer et promouvoir la frugalité et la modestie, etc. Se sentir libre de consacrer beaucoup de son temps à des activités non utiles sur le plan économique : préférer s’investir dans des activités culturelles, humanitaires, de recherche, tout en tentant d’éviter la dimension courtisane qui accompagne souvent ces activités.

Sobriété : ne pas accaparer plus que ce dont on peut jouir (attention à la dérive hédoniste du fait de la dissonance cognitive). Dans le doute, faire preuve de sobriété dans ses consommations de ressources non renouvelables.

Générosité : Produire plus que ce qu’on consomme : de quel point de vue (ressources minérales contre élaboration de textes, par exemple)

Conscience : Ne jamais cesser de se cultiver (en dehors des grandes manifestations), passer une bonne partie de son temps à lire les encyclopédies, refaire les démonstrations, confronter les idées au réel. Réfléchir jusqu’à ce que ça fasse mal. Le contraire du mal, c’est le sens. Rappel du critère de Terestchenko, soit la confiance en soi acquise en général lors de son jeune âge. Mais limites de nos capacités de connaissance, de toute manière dérisoires par rapport à la complexité des rapports causes/conséquences.

Modération dans les conclusions: ne pas oublier le fondement légitime de la société ouverte libérale, meilleur rempart contre toute forme de dogmatisme. Le prix à payer pour cela est l’apparition (en chacun d’entre nous) de quantité de ces derniers hommes décrits par Nietzsche, et quand on en prend conscience (avilissement du Tittitainment) c’est douloureux et cela pourrait nous amener sur une voie réactionnaire extrême. Ce serait oublier que la promesse qu’il s’agisse de la « moins pire » des solutions compte tenu des faiblesses intrinsèques de l’homme est peut-être une promesse tenue. Dans une société ouverte, rien n’oblige les sujets à se comporter dignement, mais rien ne le leur interdit non plus. Chacun est donc à même de se révéler, dans ce qu’il a de meilleur ou de pire. Il s’agit évidemment d’un individualisme, mais pas seulement. Les clans ne sont pas interdits, il leur est simplement interdit de prendre le pouvoir. C’est peut-être très bien ainsi, car on ne peut plus rien construire qui ne soit, en quelque sorte, autostable.

Equité : S’interroger sur l’universalisation de ses décisions, tout au long de la chaîne du niveau théorique des motivations (on agit tous au nom du Bien) mais au niveau pratique (la fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la graine). Le stoïcisme est un kantisme.

Le kantisme stoïque envisagé comme la seule morale tenable dans la théorie des multivers : ce qui compte est d’agir de manière à sélectionner la meilleure sélection de branes (approche statistique) et si en définitive, les branes qu’on continue de vivre compte tenu des contingences externes sont défavorables, on n’a rien a regretter car on sait que de nombreuses autres branes existent qui sont favorables. De surcroît, en agissant ainsi, on garde intacte la possibilité d’existence de la brane idéale (cas d’un kantisme généralisé). Le cas est transposable à la théorie des probabilités. Si on doit choisir de sauver une âme en fonction d’un coup de dé, qu’on a la responsabilité de choisir comme résultat salvateur 1-2-3-4 contre 5-6, qu’on choisit (logiquement) la première option, et que le 6 tombe, on a perdu mais on avait raison. On ne peut exiger mieux.


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