Le développement économique territorial : un nouveau concept de dynamisme économique p. 3





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PREMIERE PARTIE : L'APPROCHE THEORIQUE DES PÔLES DE COMPETITIVITE EN FRANCE



L'attractivité comme la compétitivité d'un pays dépend beaucoup de son potentiel technologique c'est à dire de sa capacité à investir dans les dépenses de recherche et développement. Or, dans ce domaine, la France est un pays de moyenne-haute technologie et, par conséquent, elle occupe une mauvaise position sur ce domaine. Ce constat s’est soldé par un déficit de compétitivité en matière technologique. Pour tenter d'enrayer ce déclin du potentiel de recherche, a été lancée à partir de 2005, une politique de création de pôles de compétitivité. Cette politique a pour finalité de stimuler la compétitivité industrielle et l'attractivité des territoires français en renforçant leurs capacités à imaginer ou à créer des produits, des activités et les emplois de demain. Il convient donc d'examiner en deux chapitres cette politique récente sous un aspect de levier de croissance économique (chapitre I) dont le facteur déterminant est l'innovation, puis sous un aspect organisationnel des pôles de compétitivité mis en place par les pouvoirs publics (chapitre II).
CHAP. I : Les pôles de compétitivité : un nouveau levier de croissance et d’innovation
L’objet de ce chapitre est de montrer par l'analyse économique que l'innovation constitue un levier déterminant de la croissance économique. Il est vrai que la mondialisation économique et l'émergence de certains pays asiatiques ou latino-américain attire de plus en plus des capitaux privés comme moyens de financement dans le domaine de l’innovation. La problématique de la croissance économique mérite d'être élucider à travers à une analyse économique de l’innovation. Cependant la définition de la croissance reste une notion assez variable dans le contexte économique. L’approche de la notion de croissance économique peut être définie à travers l'évolution de la production intérieure brute d'un pays d'une année sur l'autre, c'est à dire par son augmentation en volume de biens ou services produit chaque année.

De nombreux économistes avant Schumpeter se sont penchés sur cette question de la croissance économique sans détecter ces véritables clés. Cette notion a connue de multiples évolutions à travers l’histoire de la pensée économique. Les économistes orthodoxes avaient défini la croissance par le biais du capital et du progrès technique. D’autres économistes ont apportés une évolution du concept de croissance au travers les notions d’institution et d’innovation dans la théorie de l’économie de la connaissance. Il s'avère toutefois que le premier économiste à se pencher sur cette question de la croissance est SCHUMPETER qui retient comme élément clés le progrès industriel. Celui-ci permet l'avènement de nouveaux produits de consommation, de nouvelles techniques de production et de nouveaux types d'organisation industrielle sur le marché.


Section I : L’INNOVATION COMME FACTEUR DE CROISSANCE ECONOMIQUE



A). LE CONCEPT D’INNOVATION : APPROCHE THEORIQUE


  1. LA NOTION D’INNOVATION


Il convient dans un premier temps de définir le concept d’innovation avant de s’intéresser aux différentes analyses économique du concept de l’innovation.

Si l'innovation devient aujourd'hui un des axes majeurs de développement stratégique des entreprises, elle ne constitue pas pour autant un phénomène nouveau. En langage courant, on définit le terme "innover" par le fait de créer quelque chose de nouveau. Joseph Schumpeter12, qui est l'un des pionniers dans ce domaine, a su identifier l'innovation comme le principal "moteur" de l'économie capitaliste.
Dans ses travaux, l’auteur distingue l'innovation de l'invention, en effet l'innovation peut être protéiforme en ce sens qu'elle peut prendre différentes formes : la mise sur le marché d'un bien nouveau ou la modification de la qualité d'un bien existant ; l'introduction d'une nouvelle méthode de production ; l'ouverture d'un débouché nouveau pour l'industrie d'un pays ; la conquête d'une nouvelle source de matières premières ou de produits semi-ouvrés ; la réalisation d'une nouvelle organisation du marché. Ces différentes actions ont pour point commun de mettre fin à un équilibre au sens néoclassique du terme. Il en résulte que toute innovation ne découle pas d'une invention et que toute invention ne débouche pas sur une application industrielle et commerciale. Même en se limitant aux avancées technologiques, le décalage dans le temps entre l'invention technique et son application industrielle (l'innovation) peut être considérable. Selon Norbert Alter13 « [l’innovation] représente le processus par lequel un corps social s’empare ou ne s’empare pas de l’invention en question ». Alors que l’invention est perçue avant tout comme un processus technique, l’innovation est davantage un processus sociaux économique et politique (dans la mesure où elle implique des jeux de pouvoirs) : « l’invention, qui conduit de l’idée originale à la réalisation de prototype en passant par les plans et les maquettes demeurent confiner dans l’univers technique. […] l’invention se transmue en innovation à partir du moment où un client ou plus généralement un utilisateur, s’en saisit […]. »14.
D’autres auteurs, Robert Le Duff et André Maïsseu15, contestent cette séparation entre l’acte technique et économique. Ils démontrent, à travers l’exemple de l’imprimerie que même si les inventions que l’histoire attribue à un inventeur isolé sans en fait le fruit d’une série de circonstances économique. Or c’est encore plus vrai aujourd‘hui la recherche est davantage organisée notamment dans les entreprises pour répondre à des besoins, explicite ou non. Ces auteurs, nous semble-t-il, rassemblent donc les deux termes au sein d’un seul concept à savoir « l’innovention ». En fait, d’une manière générale, le caractère linéaire de l’innovation est de plus en plus contesté. De même la technologie, elle-même est un compromis social c'est-à-dire le résultat d’une négociation explicite ou implicite, ne serait-ce que pour augmenter la probabilité d’accepter un bien par le marché. Au final, il n’y a pas de définition de paramètre technique puis commerciale mais une interconnexion des deux aspects.
Au terme de ce paragraphe, l’innovation ne constitue pourtant pas un phénomène nouveau. Schumpeter l’avait identifié il y a déjà fort longtemps. Cependant, deux phénomènes se conjuguent actuellement pour lui donner une ampleur sans précédent. Tout d’abord, les secteurs économiques dits de « haute technologie » constituent une part croissante de l’économie aujourd’hui à savoir l’électronique, l’informatique, d’autres secteurs aussi comme les agro-industries, la pharmaceutique… sans oublier les services. On a vu se développer certains domaines de manière spectaculaire sur le plan de l’innovation notamment les biotechnologies, bientôt les nanotechnologies, les télécommunications qui ont subi de mutation avec une poussée généralisée des technologies de l’internet.
2) L’EVOLUTION DU CONCEPT D’INNOVATION
L’innovation ne constitue pas un phénomène nouveau, cependant plusieurs phénomènes se conjuguent aujourd'hui pour lui donner une ampleur sans précédent. En effet les secteurs dits de "haute technologie " représente une part croissante de notre économie après l'électronique, l'informatique, on a vu se développer les biotechnologies et bientôt les nanotechnologies ; les télécommunications ont subi une véritable mutation avec la généralisation des technologies liées à l'internet. En outre le plus marquant, cette obsession de l'innovation touche désormais des secteurs assez éloignés des hautes technologies, c'est ainsi que de "nombreux secteurs industriels, comme l'agroalimentaire, où les activités de recherche et développement n'étaient traditionnellement qu'une activité secondaire, voire marginale, investissement désormais massivement dans le développement de nouveaux produits et axent une part importante de leur communication tant interne qu'externe sur les nouvelles technologies maîtrisées".

C'est ainsi qu'apparaît un ensemble d’institutions, d’organisations et de réseaux qui favorisent la production de connaissances nouvelles et l'innovation dans un secteur donné d'où l'expression de système sectoriel d'innovation. Ce terme est utilisé depuis une quinzaine d'années pour caractériser les processus d'innovation technologique à l'échelle d'un secteur, analyser leurs déterminants institutionnels et cognitifs, en évaluer leurs effets économiques et en préciser les spécificités éventuelles. Les travaux se sont étendus à différents secteurs, notamment agriculture et agroalimentaire, santé, transport, services et mobilisent plusieurs approches et cadres théoriques. Au-delà d'une meilleure connaissance des conditions concrètes de l'innovation dans un secteur, ils questionnent l'évolution même des frontières sectorielles et leur articulation avec d'autres espaces d'interaction pour l'innovation, depuis le milieu local ou régional, jusqu'au cadre national ou plus global des firmes, réseaux de recherche ou institutions de développement.

A titre d'exemple, l'agriculture et l'agro-alimentaire constituent un secteur où se sont constitués aux échelles nationales des dispositifs de recherche et d'appui à l'innovation, prenant en compte les spécificités sectorielles de l'innovation (atomisation des entreprises, influence de facteurs naturels, externalités multiples, rôle de l'Etat...). Les approches en termes de système sectoriel d'innovation y ont été particulièrement développées, mais depuis une dizaine d'années, celles-ci sont remises en cause par la révision des politiques publiques, l'affirmation de nouveaux acteurs comme les firmes multinationales et les ONG, ou la coexistence de plusieurs modèles de production (agro-industriels).
3) L’APPROCHE EVOLUTIONNISTE DE L’INNOVATION
C’est à travers les différentes analyses économiques menées par les grands économistes tels que Schumpeter et Veblen, que nous essayerons de montrer en quoi l’innovation est un moyen privilégié pour les entreprises pour augmenter et maintenir les ventes d’une part et d’autre part qu’elle permet également aux entreprises de conquérir les parts du marché des concurrents.

Parmi les différentes analyses économiques portant sur l’innovation on distingue trois grands courants de pensées : la théorie de l'économie industrielle16 (elle repose sur des modèles de comportement des firmes et d'équilibre des marchés articulés autour de la concurrence par l'innovation), la théorie du commerce international17 (elle met l'accent sur l'innovation technique, considérée ici comme une variable centrale dans la localisation des activités et de la compétitivité), enfin les différentes théories portant sur la croissance endogène18 (elles considèrent le progrès technique comme une variable endogène qui joue un rôle essentiel dans le processus de la croissance).
Si tous les pionniers des nouvelles théories de la croissance endogène s’accordent à dire que l’innovation est un élément essentiel du processus de la croissance économique, il faut prendre en compte l’aspect risqué du processus d’innovation dans le domaine économique. En effet en matière économique, la recherche est considérée comme un investissement à caractère risqué, en ce sens qu’une même connaissance peut être utilisée dans une certaine mesure sans aucune altération. Cette même connaissance peut également perdre sa valeur économique dès qu’un produit nouveau d’innovation apparaît. Afin de pallier cet inconvénient les brevets permettent donc à l’innovateur d’avoir pendant un certain temps le monopole de l’exploitation de son idée et d’en tirer tous les avantages économiques. Ainsi l’efficacité d’un système économique nécessite un certain rythme d’innovation, ce qu’exige donc la protection des inventeurs. C’est ainsi qu’en matière de développement économique, l’innovation en tant qu’investissement paraît plus avantageuse que l’investissement physique. La rémunération des découvertes issues de la recherche appliquée à but économique ou encore les découvertes fondamentales à caractère scientifique, entraînent parfois l’existence des conflits de contestation. Tandis que l’innovation en tant qu’investissement présente un rapport de calcul coûts-avantages plus intéressant qu’un investissement physique. En ce sens que le coût d’investissement de l’innovation est indépendant du volume de la production. Ce coût peut être fixe ou partiellement variable en ce sens il suffit d’avoir fait une découverte pour que celle-ci soit indéfiniment utilisable sans un coût supplémentaire variable ; en effet il fait une découverte pour que celle-ci soit indéfiniment utilisable sans un coût supplémentaire. Cependant le risque associé à l’innovation est très important dans la mesure où sa performance est difficile à évaluer car le produit ou le service nouveau modifie l’environnement qui l’accueille.
Dans son ouvrage « Théorie de l’évolution économique»19 (1912), Schumpeter souligne les opportunités pour innover. Ainsi, grâce à l’audace des entrepreneurs en matière d’innovation, ces derniers peuvent mettre en œuvre des nouvelles combinaisons, pour accéder à des nouveaux marchés, de produire de nouveaux produits. C’est ainsi que l’esprit d’entreprise est un facteur de croissance et de dynamisme de l’économie.

Ceci nous conduit à aborder le modèle de Schumpeter, qui repose essentiellement sur des hypothèses d’information et de rationalités limitées et donc d’incertitude. Contrairement aux modèles endogènes, le modèle de Schumpeter ne prend pas en compte le rôle des structures économiques et sociales dans l’apparition et l’exploitation des innovations. En effet, les théories de la croissance endogène prennent plus en compte des variables économiques telles que les structures des marchés, les modes relationnels entre les firmes, les politiques d’éducation, les politiques publiques d’offre et de demande de recherche pour expliquer l’innovation.
D’une manière générale les modèles théoriques de croissance endogène placent l’innovation au cœur de la dynamique économique en mettant l’accent sur les rendements importants de l’innovation, ce qui contribue aussi activement au cercle vertueux de la croissance. Quant à Adam Smith20, dans son ouvrage « la richesse des nations », il explique les traits fondamentaux de la période d’essor, ce qui permet d’opérer une liaison entre les cycles technologiques et les cycles économiques. C’est ainsi que l’évolution économique suivait des cycles animés par la mise en œuvre de l’innovation. Dans ces travaux Schumpeter emploie assez souvent le terme de cycle, que l’auteur défini par « un genre d’activités que l’on doit primordialement attribuer à la responsabilité des prospérités récurrentes qui qui tiennent au déséquilibre causé par le choc des méthodes ». Cependant pour que cette dynamique s’enclenche il est nécessaire que les initiatives soient prises aux différents niveaux.
Dans ses analyses, Schumpeter place l’entrepreneur au cœur du phénomène d’innovation ; celui-ci est à la base du processus de la fameuse expression « destruction créatrice ». Ce qui signifie que les nouveaux produits sont créés, de nouvelles techniques de productions se substituent progressivement aux anciennes, ce qui entraîne un bouleversement des structures économiques. C’est ainsi que certaines firmes ont la capacité de s’adapter et de se maintenir sur les nouveaux marchés contre celles qui sont dépourvues de cette capacité ; ce qui génère pour eux une baisse de production de leurs produits et une augmentation de leurs coûts de production pour finir par disparaître. Selon Schumpeter, l’entrepreneur a pour rôle essentiel de réformer, de révolutionner la production, en exploitant des techniques inédites, par exemple la production de marchandises nouvelles par l’exploitation des nouvelles sources de matières premières. Ainsi, la principale fonction de l’entrepreneur ne consiste pas essentiellement à inventer un objet mais aussi à aboutir à une réalisation.
En révolutionnant le marché par l’introduction des produits nouveaux ce qui a pour effet de bouleverser l’offre et la demande de demain. Sauf qu'en économie la recherche est considérée comme un investissement risqué c'est ainsi qu'une même connaissance peut être utilisée dans une certaine mesure sans aucune altération et simultanément par un nombre quelconque d'agent mais elle perd sa valeur économique dès qu'un produit nouveau d'innovation apparaît sur le marché. Cependant ou c'est la raison pour laquelle les brevets permettent à l'innovateur d'avoir le monopole de l'exploitation de son idée et d'en retirer ainsi les avantages. L'efficacité d'un système économique passe par un certain rythme d'innovation, ce qu'exige donc la protection des inventeurs. En effet la rémunération des découvertes issues de la recherche appliquée à but économique est très attachée au "secret" alors que les découvertes fondamentales, à caractère scientifique, ne sont reconnues que s'il y a publicité complète, d'où l'existence d'une contestation entre la recherche appliquée et la recherche fondamentale.

B) LA RELATION INNOVATION-CROISSANCE : UN DETERMINANT DE CROISSANCE ECONOMIQUE
1) L’APPROCHE INSTITUTIONNALISTE DANS LE PROCESSUS D’INNOVATION
L’approche de Veblen21 définit la technologie comme un état de technique (c’est-à-dire quelque chose qui apparait à un moment donné susceptible d’évoluer, voire de se perfectionner) en réalité la technologie est le facteur économique primordiale et déterminant autrement dit la technologie est à la fois un système d’outil et un ensemble de processus de techniques et de savoir-faire. C’est une réalité dynamique de la notion de l’innovation.

Reconnaissant que Veblen est le premier économiste a souligné le rôle des institutions dans la diffusion ou le blocage de l’innovation.

Plusieurs facteurs explicatifs nous permet de montrer que l’approche de Veblen sur les institutions relèvent de la contradiction qui peut exister entre l’innovation et l’institution, à savoir, le facteur culturel, la satisfaction sociale, les structures politiques et les modes de vie économique qui peuvent nuire à l’innovation.

L’approche institutionnalisme en économie place au centre de ses analyses un nouvel objet d’étude, les institutions, et proposent une approche dite évolutionnaire, qui consiste à ne retenir que la réalité des faits pour analyser un processus causal, cumulatif, aveugle et opaque d’évolution des institutions économique.

La théorie veblenienne contraste fortement avec les théories d’évolution sociale de notre époque et aujourd’hui elles deviennent souvent de simple apologie du libéralisme économique. Certains affirment que l’approche de Veblen est l’une des approches économiques évolutionnistes car celle-ci étudie le rôle des acteurs économique à l’intérieur d’un processus historique évolutif.

Comme l’a démontré Diane Gabriel TREMBLAY, dans son article, qui montre l’apport de VEBLEN à la théorie de l’innovation par son développement du rôle des institutions dans le processus d’innovation. Alors que nous parlons de plus en plus aujourd’hui de la diversité des formes d’innovation (innovation technologique mais aussi sociale ou organisationnelle) et que leur compréhension doit tenir compte du facteur institutionnel permettant à la fois leur diffusion ou leur blocage. L’analyse veblenienne de l’évolution institutionnelle en réciprocité avec la donne technologique offre des outils analytiques qui, une fois dépoussiéré s’avère d’une grande richesse malgré leurs limites. C’est dans ce contexte que TREMBLAY compare en fait les analyses de Veblen avec les analyses traditionnelles c’est-à-dire néoclassiques de l’innovation et montre comment le dépassement analytique que permet Veblen est central pour une meilleure compréhension du processus contemporain de l’innovation.

Après avoir présenté les conceptions vebleniennes de la technologie et des institutions ainsi que la manière dont Veblen analyse leur interaction, l’auteur identifie quels ont été les apports et les limites de l’analyse de VEBLEN par rapport à la conception orthodoxe.

IL n’en demeure pas moins qu’en abordant cette question relationnelle entre technologie et institution cette problématique a été finalement abordé dans les transformations de l’économie contemporaine et en particulier dans les travaux des scientifiques autour de la notion d’économie de la connaissance. En effet plusieurs travaux sur l’économie de la connaissance remettent en cause la nature contemporaine du capital en identifiant les actifs intangibles comme les nouvelles de la richesse et de la productivité. Cependant, GAGNON suggère que ces analyses errent, elles lient intrinsèquement les notions de capital et de productivité. C’est justement afin d’évacuer cette aporie que Marc-André GAGNON22 propose de mettre en avant les analyses de VEBLEN et de l’institutionnalisme en recourant à la distinction que fait VEBLEN entre le monde industriel et le monde des affaires. Pour VEBLEN le capital d’affaires n’est pas défini en tant moyen de production mais en tant moyen de prédation sur le système productif. En ce sens, GAGNON23 prend l’exemple des nouvelles technologies de l’information et de la communication, qu’il illustre rapidement en comparaison avec le cas Microsoft pour montrer que le facteur clés pour comprendre la situation de l’économie contemporaine n’est pas la cumulation des moyens de production mais la cumulation sur le contrôle du système productif exemple Microsoft ; c’est à ce titre que GAGNON24 propose donc le retour aux analyses de VEBLEN autour des notions de pouvoirs et de contrôle sur le savoir. Il passe en revue la contribution détaillée de VEBLEN à la théorie du capital.

Cette contribution est principalement notable durant la première décennie du XXe siècle GAGNON, montre également les changements qui ont eu lieu dans la pensée de VEBLEN.

2) L’ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE : UN DETERMINANT DE LA RELATION INNOVATION-CROISSANCE
Depuis trop longtemps, la France fait l’impasse de l’investissement dans le futur, à savoir l’investissement dans l’éducation supérieure, dans la R&D publique et privée. Autant les premiers relèvent de la volonté des pouvoirs publics, autant le troisième doit être accéléré en même temps que les nouvelles institutions mises en place afin de créer les dynamiques endogènes en faveur des nouveaux produits et des nouvelles entreprises.

Pour entrer dans la nouvelle croissance (l’économie de la connaissance), la France doit s’engager dans une nouvelle ambition scientifique et technologique. Par ailleurs, les pôles de compétitivité constituent un outil indispensable pour créer des avantages compétitifs dans la nouvelle croissance. Ces avantages ont engendré une vraie dynamique de projet collaboratif entre les entreprises, les universités et les centres de recherche. Force est de constater, que les 71 pôles concernent toutes les technologies, tous les territoires sont en liaison avec les universités ou les grandes écoles.

L’objectif qu’il faut admettre est de construire de véritables spécificités des clusters qui réussissent. Cependant, les grands clusters étrangers ont la particularité de concentrer les moyens de la recherche publique sur les grandes universités autonomes, c’est le cas de la démarche engagée au niveau des universités françaises, visant l’excellence scientifique et technologique, dotée en moyens humains et financiers.

Les pôles français ne pourront pas échapper à cette logique de réussite, c’est le cas de le dire au regard des expériences d’autres pays. Mais il faut admettre qu’au sein des pôles de compétitivité, l’émergence d’une dynamique de renouvellement des produits ou entreprises est désormais l’enjeu véritable, ce qui ne sera pas réussi sans moyens importants et sans l’instauration de nouvelles institutions. A ce titre, le capital-risque et le capital amorçage, sous toutes leurs formes, doivent trouver une place centrale pour financer les projets risqués, en association avec tous les autres acteurs, étant entendu que l’aspect financier joue un rôle déterminant dans la mise en place de structure de vrais de cluster avec création d’une offre dynamique et diversifier des moyens. Pour entraîner les différents participants dans la nouvelle logique de l’innovation, il serait judicieux de développer cette dynamique en concentrant sur les pôles mondiaux des moyens à la hauteur des enjeux. Et là les pouvoirs publics ont un rôle fondamental à exercer en multipliant les moyens actuels, bien trop faibles25, consacrés à soutenir les projets de recherche et de développement, sans cependant oublier la nécessité sélective des aides qui conditionne la réussite à avenir.

A noter que le dynamisme entrepreneurial français, qui n’a rien à envier aux autres pays, échoue à faire croître et à les transformer en leader mondial. Le diagnostic est bien connu, mais ce qui apparaît nouveau est qu’il faut reprocher à la fois l’inadaptation des institutions du système d’innovation, qui n’incite pas les PME à innover d’une part, et l’absence d’institutions favorisant la croissance des PME d’autre part. On peut prendre le cas des Etats-Unis qui ont pris conscience que des défaillances de marché entravaient leur développement et ont réussi à mettre en place des pôles de compétitivité pour devenir les lieux de cette dynamique vertueuse en faveur des PME.

En définitif, la France doit se ressaisir dans cette mutation de grande ampleur pour revenir dans la course de la mondialisation, en visant à restaurer sa compétitivité par des nouveaux procédés conforme aux enjeux du XXIe siècle. Il est donc nécessaire de concilier au travers de la nouvelle convention de croissance, indispensable pour la régulation des marchés, des entreprises et des produits, avec un dynamisme entrepreneurial sur des objectifs de la nouvelle croissance. La France, par sa culture de la régulation et de sa tradition scientifique et technologique, est en mesure de rejoindre les pays avancés dans la nouvelle ère économique qui s’ouvre.
3) LE FACTEUR FINANCIER : UN ELEMENT DETERMINANT DE L’INNOVATION
La profonde crise économique de 2008 atteint une France affaibli depuis trop longtemps par un manque structurel de dynamisme économique et par une perte de compétitivité. Le taux de croissance du produit intérieur brute et de la productivité.26 Sont en tendance, en baisse régulière depuis plusieurs décennies tandis que le déficit commercial négatif depuis 2004, atteint 56 milliards d’euros en 2008. Ce déficit commercial record alors que l’Allemagne enregistre un excédent record de l’ordre de 100 milliards la même année, prouve que le système productif français est devenu inadapté aux nouvelles réalités économiques.

Cet aperçu de l’économie française nous permet d’aborder la question du financement, et de sa raison d’être sur l’innovation. Comment les entreprises financent-elles leurs activités d’innovation dans un paysage économique presque incertain, où trouvent-elles les capitaux ? Et sous quelles formes contractuelles (autofinancement, action, obligation, crédit bancaire) les mobilisent-elles ? Ces questions ouvrent le débat dans le cadre de la théorie orthodoxe de la finance. Celle-ci prévoit que toutes les formes de financement sont équivalentes, sous l’hypothèse que les marchés des capitaux sont parfaits. La levée de cette hypothèse donne tout son sens à la question que les activités d’innovation ne sont pas financés par les mêmes méthodes que les autres formes d’investissement. Des instruments financiers spécifiques ont été développés et l’aptitude des firmes à les manier conditionne leur accès aux capitaux.
L’innovation présente deux caractéristiques qui la distingue d’un point de vue économique des autres formes d’investissement : un risque souvent plus élevé d’une part, une information imparfaite d’autre part. En effet, en cas d’échec d’un projet, les investisseurs perdent souvent toute leur mise (si la recherche n’aboutit pas alors elle n’engendre aucun revenu). En cas de succès, cela dépend de la forme contractuelle de l’investissement. Dans le cas d’un emprunt bancaire ou d’une émission d’obligations, la rémunération des investisseurs est fixe, indépendante de l’ampleur du succès, et ne peut excéder de beaucoup le taux de marché. Nous pouvons constater donc une asymétrie face aux risques : le prêteur a beaucoup à perdre et peu à gagner. On s’attend donc qu’un projet risqué ne soit pas financé par emprunt. Pour le second aspect, l’innovateur a souvent une information meilleure sur la valeur de son projet que les investisseurs potentiels extérieurs à l’entreprise.
En définitive, nous pouvons dire que ni les banques, ni les marchés obligataires, ni les marchés des actions ne sont favorables au financement de l’innovation. Que restent-ils ? Deux possibilités : l’autofinancement et la constitution d’institutions particulières pour le financement de l’innovation. En donnant l’exemple d’une étude empirique pour montrer que les dépenses de recherche sont largement autofinancées HIMMELBERG et PETERSEN [1994] montrent que l’investissement en recherche des firmes aux Etats-Unis est lié positivement à leur « cash-flow » (disponibilité financière). Cela est fréquemment utilisé comme argument pour soutenir les petites entreprises qui sont désavantagé par rapport aux grandes entreprises dans l’innovation du fait de leur moindre revenu interne. C’est le cas de le dire qu’en France le modèle de financement qui s’articule par le biais des institutions publiques trouve bien le sens dans cette démarche auprès des PME.

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