Le développement économique territorial : un nouveau concept de dynamisme économique p. 3





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Section II : LE RÔLE DES PME EN MATIERE D'INNOVATION





  1. L'ENTREPRENEUR : UN ACTEUR DE L'INNOVATION PERMANENTE


Au sein de la littérature économique, l'entrepreneur est présenté sous des formes diverses comme le moteur de l'innovation. En effet, dans ses travaux, SCHUMPETER introduit l'entrepreneur dans l'économie en le distinguant nettement de l'entreprise. Pour Schumpeter, l'entrepreneur est celui qui introduit l'innovation dans l'entreprise soit en exploitant une découverte, soit en introduisant de nouvelles méthodes de production. Il distingue plusieurs types d'entrepreneurs ce qui nous conduit à la conception actuelle de l'entrepreneur, qui par son dynamisme recrée cette formule de l'auteur de la "destruction créatrice" qui redonne élan à l'économie. Toutefois, Schumpeter, dans ses travaux, prévoyait l'avènement de l'économie planifiée tandis que nous semblons plutôt redécouvrir aujourd'hui la dynamique de l'entrepreneur schumpétérien.

La théorie économique de l'entrepreneur balise ainsi par ces travaux deux voies particulières, d'une part les travaux visant à placer l'entrepreneur au cœur de l'économie du marché. Il symbolise ainsi dans ces conditions l'initiative individuelle et la prise de risque ; cette conception correspond aux analyses de R. CANTILLON ou J.-B. SAY (Boutillier, 1996 ; Boutillier, Uzunidis, 1995, 1999), et se prolongent aujourd'hui avec les travaux D. R. Audretsch (2006a, 2006b) sur le rôle dynamique des petites entreprises en matière de création d'emplois et d'innovation. D'un autre côté, ont été développées des analyses où l'entrepreneur n'est plus qu'une sorte de métaphore symbolisant le progrès technique et la croissance économique.

Si l'entrepreneur demeure un agent économique clé de la littérature économique, l'étude des différentes analyses économiques montrent que celles-ci sont fortement liées au contexte historique de l'époque dans lequel elles ont émergé. Le facteur technologique reste déterminant dans ces analyses économiques. Cette affirmation est renforcée par la théorie économique de l'entrepreneur, qui est par essence le moteur de l'innovation et du changement. Depuis CANTILLON, cette affirmation demeure une vérité absolue pour beaucoup d'économistes. Certes, durant la période de forte croissance qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale, l'entrepreneur avait un rôle peu valorisant au sein du système économique (les écrits de J. K. GALBRAITH) c'est parce qu'à cette époque le développement économique était marqué par un développement de l'économie managériale, en raison de l'importance accrue des économies d'échelle et des investissements en capital.

Ce n'est qu'à partir des années 1980 que le rôle de l'entrepreneur dans le système économique trouve son ampleur et cela s'explique par l'arrivé sur le marché économique des nouvelles technologiques dans le secteur de la communication et de l'information. En effet la numérisation de l'information de toute nature accroît la vitesse de diffusion de cette dernière ; qui se combinent avec les autres technologies existantes donnent naissance à des connaissances nouvelles. C'est ainsi que progressivement le facteur capital est remplacé par le facteur connaissance, qui deviendra un élément crucial de la croissance économique grâce à l'entrepreneur. La société managériale va progressivement évoluer vers une société entrepreneuriale. Parallèlement des nouvelles politiques publiques sont élaborées afin de créer un cadre institutionnel propre au développement de l'entrepreneuriat tout en réduisant les démarches administratives relatives à la création d'entreprises. Ce cadre institutionnel a pour but d'améliorer la transparence du marché pour contribuer à faire émerger de nouvelles opportunités de création d'entreprise.

En ce début de XXIe siècle alors que l'économie planifié semble avoir révélé ses limites, beaucoup d'économistes soulignent les formes de plus en plus diverses que prend le capitalisme et l'entrepreneur reste sous des formes diverses le moteur de l'innovation permanente.


  1. LES « GRAPPES D'INNOVATION »


Dans un contexte économique en perpétuelle mutation l’accompagnement des PME en matière d’innovation constitue un élément clés du développement économique d’un territoire. En effet la mise en œuvre d’une coopération entre PME, dans le but de gérer des projets innovants ou de construire des approches communes devient une nécessité pour l’économie actuelle. Ce qui a permis l’émergence des réseaux d’entreprises plus ou moins formalisés et souvent fondés sur la proximité sectorielle.

La conception de l'innovation (basée sur des différents stades de recherche, de conception, de production, de commercialisation) trouve son origine dans le rôle organisationnel d’une entreprise. Celui-ci peut être basé sur un modèle de liaison en chaîne, c'est à dire fondé sur une relation interactive entre les services de recherche, de conception, de fabrication et de commercialisation. L'ensemble de ces services permettent donc de redéfinir, en cas de besoin, l'innovation en fonction des contraintes qui peuvent surgir au cours des différents stades. Cet échange d'informations permet ainsi de résoudre les problèmes techniques qui peuvent survenir aux différents stades du processus d'innovation. Mais il autorise aussi ces différents services à tenir compte des informations inconnues au début du processus d'innovation. C'est ainsi que la notion d'innovation inclut également la capacité pour une entreprise d'adopter les dernières technologies issues de la recherche fondamentale.

Toutefois, de nombreux économistes affirment aujourd'hui que les composantes immatérielles de la technologie telles que les connaissances, les savoir-faire, les relations entre individus, font partie intégrale de la technologie. De ce fait la technologie n'est pas une donnée ou même un ensemble d'informations que l'on peut facilement s'approprier. Elle intègre des savoirs techniques codifiés mais aussi un ensemble de connaissances spécifiques mises en œuvre dans les activités productives. C'est ainsi que les économistes différencient les connaissances codifiées des connaissances tacites. Ces dernières peuvent être définies comme étant "ces éléments de savoir, de connaissance, etc. en possession d'une personne donnée qui sont mal définis, non codifiés, non publiés, que la personne elle-même ne peut pas pleinement formuler et qui diffèrent selon des individus, mais que des collaborateurs et des collègues ayant une expérience commune peuvent partager entre eux dans une proportion non négligeable" G. DOSI (1988).

Ainsi, si certains savoir-faire sont susceptibles d'être transmis par le biais de processus de démonstration et d'apprentissage, une partie des savoir-faire liés dans la performance des activités reste ignorée par les individus et reste tacite. L'intérêt de cette analyse économique portant sur les connaissances est de montrer l'importance de la base de connaissances sur laquelle une entreprise ou une firme doit s'appuyer pour produire et innover. Ainsi, la capacité technologique d'une entreprise est conditionnée par ce qu'elle a appris dans le passé. Des auteurs évolutionnistes comme Nelson, Winter, proposent un schéma théorique sur le caractère cumulatif de l'acquisition de connaissances technologiques et des processus d'apprentissage. Les processus d'apprentissage dépendent des mécanismes de coordination interne à l'entreprise et des relations qu'elle entretient avec des acteurs externes. Ainsi, la capacité d'une entreprise à développer un double processus d'assimilation de la connaissance technologique externe et de création de nouvelles compétences détermine sa "capacité d'absorption".

En effet, la capacité pour une entreprise à exploiter les connaissances externes est un élément capital de sa capacité d'innovation. Ce qui signifie que lorsqu'une entreprise est en mesure d'exploiter une opportunité technologique de son environnement selon son savoir de base, le processus d'apprentissage qui s'effectue au sein de l'entreprise augmente sa capacité d'absorption qui ne se limite pas à investir dans la R&D. Cette analyse du développement de capacités technologiques des entreprises permet d'appréhender l'entreprise d'une manière totalement différente. En ce sens que l'entreprise n'est plus un lieu de transformation d'inputs (chose entrant) en outputs (chose sortant) mais comme un ensemble de compétences, intégrant à la fois un objectif de production et d'apprentissage.

A travers ces différentes analyses économiques portant sur l'innovation, il apparaît clairement que l'innovation résulte d'une interaction entre les différents acteurs économiques. L'innovation ne se révèle pas être un processus de décision individuel, indépendant de tout l'environnement, mais un processus liant étroitement les acteurs et les institutions. Une entreprise innove en collaboration et en interaction avec les autres entreprises et les autres organisations (centres de recherche, centre de formation). Le comportement de ces organisations est façonné par des institutions, telles que des lois, des normes qui peuvent favoriser ou entraver l'innovation.

La mise en œuvre des relations d’interdépendance entre les acteurs économiques sont laissés à la libre appréciation des entreprises, ce qui a pour finalité de renforcer la capacité compétitive des PME par la mise en œuvre de comportements coopératifs entre les entreprises pour faciliter leurs accès au marché, à l’innovation, à la gestion des compétences. En parallèle de ces réseaux, les pôles de compétitivité ont vu le jour en 2005, avec un objectif de maillage entre le monde de la recherche, de la formation, et des entreprises pour concentrer les ressources sur des projets de coopération technologiques d’envergure nationale ou internationale. Cette nouvelle organisation mobilise prioritairement des entreprises de grandes tailles ainsi que les petites et moyennes entreprises, ce qui suscite une gouvernance particulière qu’il convient maintenant d’analyser dans un second chapitre de ce développement.
CHAP. II : LA GOUVERNANCE DES PÔLES DE COMPETITIVITE
L’appel à projet des pôles de compétitivité a créé sur l’ensemble du territoire français une forte dynamique, caractérisé par une mobilisation importante des acteurs suivants : les industriels, les acteurs académiques de la recherche et du développement et de la formation, autour des projets de recherche et de développement. L’engouement de ces différents intervenants et la forte implication des collectivités territoriales sur cette démarche ont suscité des interrogations sur le mode de fonctionnement de cette nouvelle forme organisationnelle. En effet les pôles de compétitivité peuvent ainsi être considérés comme une forme de relation inter-organisationnelle dont l’objectif est de comprendre l’organisation des liens inter-organisationnels au sein de cette structure. Celle-ci repose sur une gouvernance spécifique composée d’un acteur extérieur (l’Etat) qui joue un rôle important dans cette nouvelle politique des pôles de compétitivité (section I) puis les différentes modalités organisationnelles des pôles projet (section II).

Notre étude repose dans un premier temps sur l’action étatique en matière de politique de pôle de compétitivité (section I) puis sur ses modalités de financement (section II).
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