Programme d’Économie classe préparatoire à l’ens cachan, D1





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L'égalité dans la République, cela n'est pas l'égalitarisme, pour une raison très simple, c'est que la République, c'est d'abord la promotion sociale. La République ne veut ni l'égalité des situations, ni l'égalité des revenus, elle veut l'égalité des conditions, je veux dire par-là les conditions d'exercice de la citoyenneté. Il y a dans l'égalité l'idée que l'on doit permettre à chacun - non pas de tenter sa chance, mais d'exercer avec la même dignité son rôle de citoyen.

La promotion sociale est quelque chose qui est contraire à l'égalitarisme, et qui est fondamentale dans la République. Pas de République sans promotion sociale. fi n'y a pas non plus de République avec l'égalité des chances. L'égalité dans la République, c'est aussi l'égalité devant la loi, l'égalité devant le service public, l'égalité devant l'impôt, l'égalité devant la culture et pas simplement l'égalité des chances à travers l'école républicaine. Il ne s'agit pas simplement de donner à chacun les moyens d'affronter l'existence en étant sur la même ligne de départ. Il s'agit de permettre à chacun, tout au long de sa vie, d'être un citoyen à part entière. Ce qu'oublient évidemment les républicains ralliés au libéralisme qui réduit l'égalité républicaine à l'égalité des chances. Mais, dans ce cas, l'égalité des chances devient un moyen de justifier l'inégalité. On vous a donné ce qui était nécessaire pour que vous soyez sur la même ligne de départ. Après il vous appartient d'affronter la vie avec vos propres talents et de subir les conséquences de l'inégalité des talents.

On se trouve là au cœur même du débat politique contemporain. Vue de cette manière, l'égalité républicaine, comme l'égalité dans les conditions d'exercice de la citoyenneté, est quelque chose non pas de dépassé mais de tout à fait moderne. Cela n'est dépassé que dans la mesure où nous sommes soumis à des politiques malthusiennes, fondées sur le rationnement, et que l'on impose le rationnement comme condition de toutes les politiques publiques, il est clair qu'on se trouve tout naturellement face à la question de savoir sur qui on va faire porter l'effort de solidarité qu'on ne peut pas faire porter sur tout le monde.

Le rationnement c'est la porte ouverte au renoncement à l'égalité et la porte ouverte à l'équité. Si je n'ai pas les moyens de donner à tout le monde, il faut bien que je concentre sur ceux qui en ont le plus besoin. Raisonnement imparable et qui conduit à renverser toutes nos politiques publiques et à leur faire quitter le terrain des valeurs de la République. Si je n'ai pas les moyens d'offrir l'école gratuite à tout le monde, alors évidemment il faut que je la réserve aux plus pauvres. Si je n'ai pas les moyens de verser des allocations familiales à tout le monde, alors il faut que je les réserve aux plus pauvres. Si je n'ai pas les moyens de faire payer le même impôt à tout le monde, alors il faut que je réserve les exonérations fiscales aux plus pauvres.

Le résultat c'est que dans ce système-là, on a effectivement cette citoyenneté à géométrie variable et à plusieurs vitesses puisqu'on a un statut par catégorie. Le rationnement est l'arme par laquelle les idéologues de l'équité font entrer l'équité en pratique dans les politiques publiques, en réservant le peu de moyens dont elle dispose à ceux qui en ont le plus besoin. Et le résultat de tout çà c'est qu'effectivement, au bout, vous avez la discrimination, dont on dit qu'elle est positive mais qui - en réalité - finit toujours par être négative. Au bout vous avez quelque chose de plus fondamental encore qui est la rupture du pacte politique et sociologique de la République, qui est le pacte entre les classes populaires et les classes moyennes.

Léon Blum, qui connaissait bien la société française et l'histoire politique, avait d'ailleurs annexé cette idée en 1936, il disait : "Le Front populaire c'est la balance ente les classes moyennes et les classes populaires..." Non, c'est la République en réalité qui est fondée sur cette alliance. Et tout ce qui se passe aujourd'hui est une politique systématique de destruction de cette alliance, c'est-à-dire de la désunion de la clé de voûte sociologique et politique de la République.

L'égalité républicaine, c'est l'égalité devant le service public. Toute atteinte au principe de péréquation du service public est une atteinte au principe d'égalité républicaine. Là encore, l'attaque est frontale. On ne parie plus jamais dans le débat sur le service public d'égalité. Il est devenu exclusivement un débat sur l'efficacité, sans qu'on ne démontre jamais que la concurrence c'est plus d'efficacité. Mais surtout on a complètement oublié l'aspect moral de cette affaire. C'est un débat qui est totalement évacué. On en raisonne plus, au mieux, qu'en termes d'équité. Il n'y a pas besoin d'égalité devant le service public, il suffit d'aider ceux qui en ont le plus besoin à prendre le train, ou rendre gratuite la santé pour ceux qui ne peuvent pas accéder aux soins et cela suffit. Donc, au bout vous avez non seulement plus d'égalité devant l'impôt vous n'avez plus de service public assurant l'égalité.

l'idée d'une citoyenneté éclatée, à géométrie variable ou une citoyenneté flexible. Chacun a la sienne en fonction des circonstances dans lesquelles il se trouve placé et il n'y a plus du tout de référence unique valable pour tout le monde et en tous lieux. Donc, l'égalité comme principe directeur, comme socle de la République, comme clef de voûte du pacte social républicain, c ‘est exactement cela qui est en cause aujourd'hui.

Alors, de quoi s'agit-il ? L'égalité dans la République, on le voit bien aujourd'hui pour une partie de la gauche ralliée à l'équité, l'égalité c'est une forme d'égalitarisme qui ne tient pas compte des situations concrètes, une sorte d'égalitarisme théorique opposé à un égalitarisme pratique. Et pour une partie de la droite, la droite libérale, l'égalité dans la République ça ne saurait être autre chose que l'égalité des chances sous peine d'être de l'égalitarisme niveleur. Cela n'est évidemment ni l'un ni l'autre.

L'égalité dans la République, cela n'est pas l'égalitarisme, pour une raison très simple, c'est que la République, c'est d'abord la promotion sociale. La République ne veut ni l'égalité des situations, ni l'égalité des revenus, elle veut l'égalité des conditions, je veux dire par-là les conditions d'exercice de la citoyenneté. Il y a dans l'égalité l'idée que l'on doit permettre à chacun - non pas de tenter sa chance, mais d'exercer avec la même dignité son rôle de citoyen.

La promotion sociale est quelque chose qui est contraire à l'égalitarisme, et qui est fondamentale dans la République. Pas de République sans promotion sociale. fi n'y a pas non plus de République avec l'égalité des chances. L'égalité dans la République, c'est aussi l'égalité devant la loi, l'égalité devant le service public, l'égalité devant l'impôt, l'égalité devant la culture et pas simplement l'égalité des chances à travers l'école républicaine. Il ne s'agit pas simplement de donner à chacun les moyens d'affronter l'existence en étant sur la même ligne de départ. Il s'agit de permettre à chacun, tout au long de sa vie, d'être un citoyen à part entière. Ce qu'oublient évidemment les républicains ralliés au libéralisme qui réduit l'égalité républicaine à l'égalité des chances. Mais, dans ce cas, l'égalité des chances devient un moyen de justifier l'inégalité. On vous a donné ce qui était nécessaire pour que vous soyez sur la même ligne de départ. Après il vous appartient d'affronter la vie avec vos propres talents et de subir les conséquences de l'inégalité des talents.

On se trouve là au cœur même du débat politique contemporain. Vue de cette manière, l'égalité républicaine, comme l'égalité dans les conditions d'exercice de la citoyenneté, est quelque chose non pas de dépassé mais de tout à fait moderne. Cela n'est dépassé que dans la mesure où nous sommes soumis à des politiques malthusiennes, fondées sur le rationnement, et que l'on impose le rationnement comme condition de toutes les politiques publiques, il est clair qu'on se trouve tout naturellement face à la question de savoir sur qui on va faire porter l'effort de solidarité qu'on ne peut pas faire porter sur tout le monde.

Le rationnement c'est la porte ouverte au renoncement à l'égalité et la porte ouverte à l'équité. Si je n'ai pas les moyens de donner à tout le monde, il faut bien que je concentre sur ceux qui en ont le plus besoin. Raisonnement imparable et qui conduit à renverser toutes nos politiques publiques et à leur faire quitter le terrain des valeurs de la République. Si je n'ai pas les moyens d'offrir l'école gratuite à tout le monde, alors évidemment il faut que je la réserve aux plus pauvres. Si je n'ai pas les moyens de verser des allocations familiales à tout le monde, alors il faut que je les réserve aux plus pauvres. Si je n'ai pas les moyens de faire payer le même impôt à tout le monde, alors il faut que je réserve les exonérations fiscales aux plus pauvres.

Le résultat c'est que dans ce système-là, on a effectivement cette citoyenneté à géométrie variable et à plusieurs vitesses puisqu'on a un statut par catégorie. Le rationnement est l'arme par laquelle les idéologues de l'équité font entrer l'équité en pratique dans les politiques publiques, en réservant le peu de moyens dont elle dispose à ceux qui en ont le plus besoin. Et le résultat de tout çà c'est qu'effectivement, au bout, vous avez la discrimination, dont on dit qu'elle est positive mais qui - en réalité - finit toujours par être négative. Au bout vous avez quelque chose de plus fondamental encore qui est la rupture du pacte politique et sociologique de la République, qui est le pacte entre les classes populaires et les classes moyennes.

Léon Blum, qui connaissait bien la société française et l'histoire politique, avait d'ailleurs annexé cette idée en 1936, il disait : "Le Front populaire c'est la balance ente les classes moyennes et les classes populaires..." Non, c'est la République en réalité qui est fondée sur cette alliance. Et tout ce qui se passe aujourd'hui est une politique systématique de destruction de cette alliance, c'est-à-dire de la désunion de la clé de voûte sociologique et politique de la République.

L'égalité républicaine, c'est l'égalité devant le service public. Toute atteinte au principe de péréquation du service public est une atteinte au principe d'égalité républicaine. Là encore, l'attaque est frontale. On ne parie plus jamais dans le débat sur le service public d'égalité. Il est devenu exclusivement un débat sur l'efficacité, sans qu'on ne démontre jamais que la concurrence c'est plus d'efficacité. Mais surtout on a complètement oublié l'aspect moral de cette affaire. C'est un débat qui est totalement évacué. On en raisonne plus, au mieux, qu'en termes d'équité. Il n'y a pas besoin d'égalité devant le service public, il suffit d'aider ceux qui en ont le plus besoin à prendre le train, ou rendre gratuite la santé pour ceux qui ne peuvent pas accéder aux soins et cela suffit. Donc, au bout vous avez non seulement plus d'égalité devant l'impôt vous n'avez plus de service public assurant l'égalité.

Vous avez le ticket modérateur dans l'assurance maladie en fonction des revenus, vous avez l'école payante et vous avez la rupture du pacte politique et sociologique de la République. Je crois qu'on est là dans le sujet le plus important et le plus confus. Et c'est une stratégie que cette confusion volontairement entretenue autour de ce su et, débat dans lequel on glisse d'un champ sémantique à un autre, d'un principe à un autre. On glisse de l'égalité républicaine vers l'exercice de la démocratie considérée uniquement sous l'angle de la liberté individuelle.

On se trouve au cœur de tout le débat politique avec des conséquences concrètes, des conséquences pratiques qui touchent l'ensemble de nos politiques publiques. La principale qui nous saute aux yeux, au-delà du débat sur la faille et sur le service public, c'est évidemment celle sur l'école. Philippe Cohen l'a fort bien dit tout à l'heure : la ZEP c'est évidemment a priori quelque chose de tout à fait souhaitable, quelque chose qui répond à une morale, il faut mettre plus de moyens pour compenser les inégalités... En réalité, on n'a pratiquement jamais supprimé une ZEP, c'est-à-dire qu'elle n'a jamais été un détour vers davantage d'égalité. La ZEP est l'archétype d'une discrimination négative parce qu'elle enferme ceux qui sont à l'intérieur dans un statut particulier et qu'à partir de la création de la ZEP l'école devient non plus un facteur de réduction d'inégalité, mais un facteur de creusement d'inégalité. La ZEP, c'est-à-dire la discrimination positive, c'est-à-dire l'équité, c'est une façon de se dispenser de corriger les inégalités. C'est une façon, non pas de venir par plus d'égalité au sens républicain du terme, c'est une façon de rendre plus supportables les inégalités.

Et à partir du moment où renonce, et par tous les moyens, à réduire les inégalités, c'est-à-dire tout ce qui rompt les conditions d'exercice de la citoyenneté, à partir de ce moment-là on sort totalement de la République pour entrer dans un tout autre système, et c'est bien l'enjeu aujourd'hui du débat politique français. Enjeu fondamental, qu'on le prenne sous l'angle économique, sous l'angle juridique, sous l'angle social, sous l'angle scolaire, sous l'angle des politiques de santé, ou des politiques culturelles, ou des politiques de service public.

Oui ou non, allons-nous sortir de la République ? Oui ou non, allons-nous renoncer pour la première fois dans notre histoire à progresser dans la lutte contre les inégalités ?

Marie-Noëlle LIENEMANN – ancien ministre, député européen, maire d’Athis-Mons (Essonne)

Je crois que nous sommes là dans une bataille tout à fait essentielle, mondiale, qui est une bataille entre deux conceptions historiques. D'un côté une version républicaine, fondée à la fois sur l'idée qu'il n'y a pas de champs des activités collectives humaines qui ne soient pas régulés, organisés, par des arbitrages démocratiques des citoyens, et deuxièmement fondée sur des valeurs communes Liberté, Égalité, Fraternité auxquelles on s'attache d'ajouter le concept de Laïcité. En face, nous avons un camp qui est porté, grosso modo, par le modèle anglo-saxon puisqu'a disparu un troisième protagoniste qui était le camp communiste.

Et que ce camp d'ailleurs, l'échec du communisme, a fait largement déplacer le rapport de force entre le camp républicain et le modèle anglo-saxon. Nous avons eu conjointement la remontée du libéralisme, la montée en puissance des thèses du modèle anglo-saxon et l'échec du communisme qui nous a renvoyés classiquement dans nos buts, sur le thème : l'égalité, c'est l'égalitarisme "moteur" pour demander l'égalité. Car l'autre chose qui est terrible dans l'équité, c'est qu'elle tue la revendication, elle tue la volonté d'émancipation. Parce qu'on vous a légitimement donné ce qui est équitable, vous devez vous en satisfaire. Tandis que l'égalité est un formidable moteur de l'émancipation. Car c'est à la fois un moyen, et un objectif Tant que l'objectif n'est pas acquis, vous êtes en légitimité de demander que le moyen s'améliore. Et pour les plus défavorisés, et pour l'ensemble de la société.

C'est un fantastique moteur qu'on est en train de tuer pour nous faire un système de fatalité ambiante, pour un ordre dominant qu'on veut nous faire accepter contre vents et marées et dont le peuple ne veut pas.

Chirac a été élu contre Balladur, Jospin a commencé sa campagne sur "je ne veux pas du modèle anglo-saxon". A gauche comme à droite, il y a un camp républicain majoritaire, il doit se faire entendre. Mais il ne doit pas être qu'en résistance, il doit être en propositions.

Pierre-Didier TCHÉTCHÉ APÉA – militant associatif à Vaulx-En-Velin (Rhônes)

Je viens d'un lieu où les questions sur les valeurs de la République et sur la République sont remises en cause de manière quotidienne. Les questions que l'on se pose, les débats qu'on essaie de mettre en œuvre, ce sont les questions qui posent l'existence de la République. Ce sont des mots, mais aussi des comportements, dans le sens de pratique des choses concrètes et palpables. Et malheureusement cette République n'est pour nous que des incantations, des discours, qui ne participent pas à l'existence de ces valeurs. Il y a trois éléments sur lesquels je voudrais intervenir. Tout d'abord, pour moi, la discrimination positive et la politique de la ville mettent en lumière les rapports de la société française dans sa globalité avec des populations issues d'une immigration non européenne. Il y a un amalgame permanent sur la question de l'immigration alors qu'il y a plusieurs statuts. Pour les familles qui vivent dans ces quartiers-là, il y a des statuts différents, il y a des exigences différentes, il y a des projets différents. Il y a aussi une confusion entre communautarisme et individualisme. On oscille entre ces deux tendances, ce qui ne participe pas non plus à la cohérence de la République.
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