Poésies, proses & 33 photographies





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Nicolas SYLVAIN

(Albert-Marie Guye)

LES ARBRES

HORS DU TEMPS

Poésies, proses & 33 photographies

Avec la participation exceptionnelle de :

Jean-Paul Alègre

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Forêt du Pochon (ONF)

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Les poèmes et les proses écrites entre 1979 et 1995, édités pour la première fois dans ce livre numérique, ont été signés de mon pseudonyme : Nicolas SYLVAIN (1977-1995). Quelques-uns sont dédiés à de réelles personnalités bourguignonnes (telles Jean-Pierre Soissons et Jean-François Bazin) Mais figure également le nom de Georges Plaisance qui vécut à Dijon sur la fin de sa vie. Ingénieur honoraire des Eaux et Forêts, auteur de forts ouvrages en son domaine professionnel, dont « La Forêt française » parue chez Denoël et d’encyclopédies. Catholique pratiquant, il s’intéressait également à la vie érémitique en forêt. Je cite également avec tendre nostalgie le nom de Fabienne Landois, à l’époque étudiante à la Manufacture des Gobelins de Paris

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dans l’atelier de Haute Lisse. Elle réalisa pour la revue trimestrielle Florica les interviews du Professeur Jean Bernard et de Pierre Seghers. Et puis, mon exceptionnel invité de ces Arbres hors du Temps est Jean-Paul Alègre qui me dédia une petite pièce de théâtre…biographique pour ce qui est des difficultés que je rencontrais avec ma revue Florica. Enfin je mentionnerai le nom du poète René Bonnet de Murlive, non parce que je lui dédie quelque page, mais parce que je suis l’un de ses disciples tacites dans l’écriture syllabique de la poésie. Murlive est le maître de la poésie syllabique. Cela consiste en une typographie de certains mots qui engage le lecteur à les lire correctement afin que le nombre de pieds d’un vers soit respecté. Des tirets apparaissent donc entre les syllabes. Exemple :

J’entends que sin-gu-li-ers

Ri-ment a-vec plu-ri-els.

Au-delà de cette plage de temps 1979-1995 ? Eh bien ! Je suis parti aux alentours du 15 Août 2012 me retrouver. Retrouver ce Nicolas Sylvain que j’avais tué en 1995. Je suis parti – je me suis enfui – à Saint-Jean-de-Losne, ma mythique petite ville de vitrail dans laquelle je me retirerais si les médecins m’annonçaient qu’il ne me restait qu’un court laps de temps à goûter à notre monde créé si beau par Dieu . Et, du 11 au 19

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Août de cette année, je me suis remis instinctivement à l’écriture poétique avec la même facilité que vingt-quatre à vingt-huit ans plus tôt… Je me suis retrouvé. J’ai revêtu quelques jours ma vie de Nicolas Sylvain. Saint-Jean-de-Losne représente pour moi la découverte de la Côte d’Or. Tout au début des années 60 – peut-être même en 1960. Au temps de l’Ecole primaire bas-jurassienne. Un jeudi après-midi, un camarade de l’époque me propose d’aller au-delà du « Bois de Bourgogne » (La Forêt domaniale du Pochon). Je venais de recevoir un vélo de mon oncle parisien. D’accord, nous partons ! Le ciel gris laissait choir quelques petites gouttes d’eau peu engageantes pour qui prend la route à vélo. Mais arrivé après le Café Niquet de l’époque – aujourd’hui l’Auberge du Paradis – longeant le petit étang arrivant à Losne, j’aperçus les tuiles multicolores de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Losne. Elles m’apparurent tout au-dessus des roseaux du petit étang, sur la droite et…dans le soleil ! A Saint-Jean-de-Losne il y avait du soleil…C’est depuis cette vision que je puis estimer à sa juste valeur le nom du vingt-et-unième département de France : la Côte d’Or.

Saint-Jean-de-Losne, c’est à la fois pour moi la Saône, la forêt domaniale du Pochon et l’orgue Bénigne Boillot de l’église Saint-Jean-Baptiste. Le soleil, l’eau, la forêt, la musique…

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Mes racines littéraires doivent beaucoup à « ma petite Bourgogne » : Samerey, la forêt du Pochon à cheval sur le Jura et sur la Côte d’Or, Saint-François, Saint-Symphorien, Maison-Dieu et Losne – sans oublier l’entrée d’Echenon à cause de sa Vierge dont la statue prie tout en bordure de route.

Aussi ai-je illustré les quelques feuillets de ces Arbres hors du Temps de photographies exclusivement prises dans « ma petite Bourgogne ».

Et je suis fier d’être Bourguignon, d’adoption !

Dijon, Mercredi 24 Octobre 2012.

___________

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ORDRE DE MISSION

Rimerai-je de nouveau ?

Mais si, mais si, mais si j’ose, j’ose

En vers fi-ers jouvenceaux,

Rimes roses non moroses.

J’entends que sin-gu-li-ers

Ri-ment a-vec plu-ri-els,

Que masculins débridés,

Féminins, fassent la belle !

Avant les mathématiques

Rogues, ridées, roides, rudes ;

Que vi-en-ne la musique,

Ses lé-ni-fi-ants préludes !

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Eh oui ! Poésie française

Est synonyme de chant ! *

E-ti-em-ble met à l’aise

Le diapason bondissant.

Ma-ni-ons la di-é-rèse

Ou molestons-la, morbleu !

Ah ! Qu’il en prenne à son aise

Le musicien talentueux !

Il faut rajeunir la donne,

Alléger les orphéons ;

Que la rime soit luronne !

Que l’on rit sans sommation !

Poésie n’est pas formol.

Alexandrins, pieds, césures

Et rimes ne sont pas geôles

Pour qui a muse en mesure !

L’art est ques-ti-on de goût,

De sci-en-ce et de Culture,

De curiosité sur tout,

De lecture et de lectures…

Finies, toutes les querelles

De Modernes, d’An-ci-ens ;

Que sur la même marelle

Sautent poètes sereins !

Chrétien de Troyes et Villon

Marot, Du Bellay, Ronsard,

Rimbaud, Prévert, Aragon,

Hugo, Péguy, E-lu-ard :

Maîtres, monumentaux maîtres !

Après vous, comment peut-on

Sur le marché apparaître

Et se ciseler un nom ?

Il faut bien ou pla-gi-er

-et faire du sous-Untel-

Ou bien alors innover

-ce à quoi fort je m’attèle.

Attelé, délibéré, suis-je

A dompter le ver libéré.

___________

*  « Eh oui, imbéciles, la poésie française avant tout c’est le chant ! » (Etiemble, préface du Roman inachevé de Louis Aragon, NRF Gallimard, 1966).

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Sur la Saône à Saint-Jean-de-Losne (Côte d’Or)

BONNE ANNĖE !

Aux poètes mis au ban de la société.

Ne venez pas à moi ;

C’est moi qui vais à vous !

En chair, en os et par courrier.

De France ou bien d’ailleurs

-mais vrais et viscéraux poètes-

Ne mourez plus, j’arrive !

Comprenez-moi ! :

J’ai tant perdu de temps

avec les faux poètes

Et les muses fades de la même mousse ;

Que j’ai envie de vie

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sans fard, sans sucrerie

et sans cholestérol…

Vous savez,

en fin de comptes :

Je suis sans doute un égoïste

à ne vouloir faire que ce que j’aime…

Même si c’est avec vous,

Même si c’est avant tout pour vous.

Enfin, tout le monde est gagnant :

Vous avec moi

Moi z-avec vous ;

Mais avec la syntaxe,

la grammaire,

la musique,

l’originalité

Et tout ce qui peut enrichir

nos talents innés de poètes.

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Comprenez-moi :

L’argent ne m’a jamais intéressé…

Comme valeur toute seule

Je veux vivre pour vivre

Et je veux voir vivre la vie

aux yeux de mes contemporains.

Je n’ai peut-être pas sollicité la vie,

Vous non plus,

N’avez peut-être pas sollicité la vie ;

Alors pourquoi subir les conséquences fâcheuses ?

Vivons, plume à la main

ou bien ne vivons pas du tout !

L’argent ne m’a jamais intéressé,

comme valeur tabou,

comme valeur toute seule.

Je n’en ai besoin

que pour un gîte et le couvert.

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Plus tard j’en aurai besoin

pour le toit de ma compagne,

l’assiette de ma compagne

Et le bonheur de mon enfant.

Et le trop de mon escarcelle,

Il sera donc pour qui mendie.

Mais j’aime la discipline,

Le vrai vers frais

et la musique sans couac.

Quand vous saurez cela

tirez la chevillette

et le Sylvain vous ouvrira.

Comme je l’écrivais plus haut :

Pas de chichis, de patchouli,

De poésie bancaire,

De lyrisme aseptique,

De muses Marie-Chantal !

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Holà, les vers sont sur la table

emplis de sève sans étiquette ;

Foin des discours, des patenôtres !

Buvons, mes sœurs, buvons, mes frères ;

Communions à la poésie,

A la mémoire de tous nos maîtres :

Ronsard, Brassens et Aragon,

Verlaine, Prévert et Pierre Seghers !

Je ne me colle qu’une étiquette

celle de « serf de la Culture ».

Et pour vous faire une idée vraie

du pèlerin que je suis ;

Représentez-moi en cotte de mailles.

Un poète en cotte de mailles.

Je suis un poète-éditeur en cotte de mailles !

Poésie musicale et sociale,

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Poètes vrais, vers guillerets sans apprêts,

Poètes pas forcément établis

ni nourris, ni vêtus, adulés ;

Poètes pas non plus libres ;

Poètes emprisonnés, rejetés, en exil :

Je suis là, Florica tend les bras.

A vous et bonne année !

___________

(18 décembre 1987 – Canal de Samerey – Côte d’Or)

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L’auteur en avril 2012 (le long du canal de Samerey, Côte d’Or)

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L’IMPROMPTU DE FLORICA

à Nicolas SYLVAIN

Personnages :

Le Poète

La Revue

Le Fantôme de la Musique

L’Ingénieur des Eaux et Forêts

L’Imprimeur

Le Responsable du Ministère

Le Passant

Le Chien

La scène représente une forêt. Mais pas n’importe quelle forêt, une forêt du Jura ! La décoration apportera donc un soin particulier à la qualité de ses couleurs, à la finesse du feuillage, aux nuances des fougères, à l’essence des arbres, au velouté des mousses.

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Au milieu d’une clairière, claire, se trouve le poète, sombre.

Le poète :

Si je suis sombre, mesdames et messieurs, ce n’est pas parce que je suis triste ! Non, en fait, je suis plutôt un poète gai, optimiste en quelque sorte… Il en faut de l’optimisme, pour mener à bien la tâche qui est la mienne… (Un temps).Non, si je suis sombre, c’est tout simplement parce que je suis mal éclairé ! (Un temps). C’est une question de budget, voyez-vous ! Et c’est toujours la même histoire : on soigne le décor, on s’ingénie à créer des beaux costumes, on peaufine le maquillage…et quand on pense enfin à éclairer toutes ces merveilles, on s’aperçoit qu’il n’y a plus d’argent dans la caisse… (Un temps). C’est comme nous, les poètes ; nous soignons notre écriture, nous améliorons notre style, nous hésitons longuement sur le choix des mots, le volume des adjectifs, la souplesse des verbes, la sonorité des images…et puis quand vient le temps de la publication, nous nous retrouvons bien seuls et mal éclairés au milieu de la jungle de l’édition (un temps, regard circulaire). Encore ai-je de la chance ! Au moins je suis dans une clairière… Et puis, je ne suis pas venu là pour me plaindre ! J’aime la solitude… (Bruits en coulisses. apparaît la Revue. Jeune et jolie. Elle est, bien sûr, vêtue de feuilles !)

La Revue :

Bonjour !

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Le poète !

Heu…bonjour !

La Revue :

Ainsi donc, c’est là que tu me fuis…dans cette clairière…les heures que tu ne me consacres pas, c’est ici que tu les passes !

Le Poète :

Tu ne vas pas me dire que tu es…

La Revue :

Ta revue, Florica, bien sûr ! Suis-je différente lorsque je ne suis pas étalée dans ton bureau, mes pages dans tous les sens ? C’est bien moi, Florica, 80 pages, format 21 x 15, quatre numéros par an…

Le Poète :

Ca alors ! Mais que viens-tu faire ici ?

La Revue :

Te rappeler qu’il est temps de sortir mon prochain numéro !

Le Poète :

Je ne le sais que trop ! Voilà des mois que j’y travaille… Tu es exigeante, tu sais ! Tu n’es pas toujours d’un caractère facile.

La Revue :

Ah oui ? Parce que, toi, tu es irréprochable ? Tu laisses toujours

imprimer sur moi la meilleure prose, la meilleure poésie ? Tu ne te laisse jamais aller à quelques faiblesses ?

Le Poète :

Je n’ai jamais dit ça ! Mais reconnais que je te protège de tout mon cœur…Je suis attentif à ta qualité…Je te respecte et je respecte tes lecteurs…

La Revue :

Je sais. Je sais bien que tu m’aimes, va… Et même, c’est pour ça que je suis venue te voir, en encre et en papier, pour te dire que je suis heureuse d’être ta revue…

Le Poète :

Vraiment, tu peux dire que tu me fais plaisir ! Je doute souvent, comme tous les poètes, je pense, et là… (Bruits en coulisses)

La Revue :

Vite, je te laisse…J’entends du bruit…J’ai les pages fines…Allez, à tout à l’heure, sur ton bureau ! (Elle s’enfuit).

Le Poète (vers les coulisses) :

Attention à ta couverture dans ces broussailles ! (Il se retourne) Du bruit…alors que je n’ai jamais vu personne ici ! (Apparaît le fantôme de la Musique – Musique d’orgue)

Le Fantôme :

Poète, je suis la Musique ! Ecoute ! (La Musique augmente) Trop

souvent tu m’as délaissée, moi le langage universel, moi, la première des muses, pour tes mirages de papier ! Alors je viens te trouver aujourd’hui… (Bruits côté cour. Entre l’Ingénieur des Eaux et Forêts)
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