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Author: Christine MENGIN

E-mail: Christine.Mengin@univ-paris1.fr

Department: Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Institution: Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Title: Saint-Louis du Sénégal, patrimoine urbain pour qui ? Quelques questions concernant les experts, les habitants et les touristes
Abstract:

Saint-Louis du Sénégal a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 2000.

Jusqu’à l’indépendance, son histoire se décompose en trois grandes périodes. Durant deux siècles, de sa création à la nomination du général Louis Faidherbe comme gouverneur du Sénégal et Dépendances, c’est un comptoir vivant de la traite des esclaves et de la gomme arabique ; de 1854 à 1902, c’est la capitale d’une colonie dont l’économie s’appuie sur l’exploitation de l’arachide ; à partir de 1902, date à laquelle la capitale de la Fédération de l’Afrique occidentale française est transférée à Dakar, Saint-Louis connaît une phase de marginalisation économique et politique. Sa connotation européenne disparaît au profit d’une dynamique de ville africaine. L’histoire architecturale et urbaine de l’île de Saint-Louis s’étend donc sur trois siècles, du comptoir que les Français installent sur l’île de N’Dar en 1643 à la construction dans les années 1950 du dernier grand édifice moderne avant l’Indépendance, le siège de l’IFAN. Aujourd’hui, la forme et la structure urbaines héritées du XIXe siècle sont inchangées. Pour résumer, on peut dire que l’île de Saint-Louis se caractérise à la fois par son urbanisme en damier et par ses maisons à l’occidentale : maisons pourvues du balcon saint-louisien typique, maisons à galerie et maisons dites portugaises. Le déclin économique et politique de la ville, en freinant les investissements de modernisation, a d’une certaine façon préservé tant sa structure spatiale que le bâti ancien. Toutefois, la dégradation rapide de son architecture, à un moment où s’intensifiait la prise en compte du patrimoine urbain au titre de la Convention du patrimoine mondial, a suscité une réaction de la communauté internationale et des autorités sénégalaises, à l’origine de très nombreuses études, plans et mesures de protection. Tous ces instruments se caractérisent toutefois par leur inefficience. Pire : l’inscription comme bien de l’humanité accélère le processus de destruction des caractéristiques architecturales et du tissu urbain de l’île de Saint-Louis.

Dès lors, la question se pose de savoir pour qui cet héritage est susceptible de faire patrimoine, au regard des deux critères retenus par l’UNESCO pour l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial :

- critère (ii) : La ville historique de Saint-Louis témoigne d’un important échange de valeurs et a influencé le développement de l’éducation, de la culture, de l’architecture, de l’artisanat et des services dans une grande partie de l’Afrique occidentale ;

- critère (iv) : L’île de Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique occidentale, est un remarquable exemple de ville coloniale, caractérisée par un cadre naturel particulier, et illustre le développement du gouvernement colonial dans la région.

Par rapport à ces critères, en décalage par rapport à la déclaration de candidature du gouvernement sénégalais, plusieurs questions émergent. La première : s’agit-il d’un patrimoine colonial, alors que c’est la bourgeoisie métisse (les célèbres signares) qui a largement contribué à la construction de ce cadre bâti remarquable ? La seconde est de savoir par qui le patrimoine colonial peut être approprié, sachant que les fonctionnaires coloniaux et les négociants bordelais n’ont pas de postérité dans la ville, et que les fonctionnaires africains sont partis à Dakar (même s’ils sont nombreux à avoir conservé leur maison de famille à Saint-Louis). Quels sont dès lors les groupes sociaux prêts à investir dans la restauration d’une maison ancienne, en acceptant le surcoût et les contraintes que cela implique ? Les « retournants » et anciens coopérants qui y procèdent ne constituent en effet qu’une poignée d’habitants. La troisième enfin concerne le potentiel patrimonial de l’architecture (l’habitat ne semblant pas constituer une référence socio-culturelle dans la région), par rapport à d’autres pratiques culturelles, non liées au bâti.
Dans ce contexte de mise en valeur patrimoniale, quel est le rôle du tourisme ? La région de Saint-Louis est une région à dominante halieutique, agricole et agro-alimentaire ; la proportion de ménages au-dessous du seuil de pauvreté atteint 42 %.

Dans l’île, même si elle bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel, le patrimoine bâti (dont le nombre d’habitants est stagnant) est actuellement faiblement valorisé par ses différents usages économiques (tourisme, hébergement d’activités économiques, logements). Les revenus de la population sont trop faibles pour pouvoir assurer le financement endogène de ce patrimoine. De ce fait, le devenir du patrimoine urbain dépend étroitement des financements extérieurs. La mobilisation de financements internes supposerait que des revenus supplémentaires soient engendrés par le développement économique sur l’île de Saint-Louis, qui pourrait reposer pour une part importante, mais pas exclusive, sur les activités touristiques. Cela dit, pour un développement économique significatif, il faudrait au moins 250 000 visites par an, pour des séjours d’une semaine. Ce qui incite les bailleurs à envisager un investissement massif dans un resort à 20 kilomètres de Saint-Louis (tourisme balnéaire), avec des visites organisées à Saint-Louis. Au-dessous de ce seuil, les potentialités touristiques sont réduites à un « tourisme de niche » et les investissements touristiques n’auront que peu d’effet d’entraînement sur l’activité économique. De 2005 à 2009, la région a attiré entre 30 000 et 45 000 visiteurs par an, avec un temps de visite de l’île de Saint-Louis de 2 à 3 heures, pour une durée de séjour moyenne de l’ordre de 1,6 jour ou encore de 2 nuitées par visiteur, le plus souvent dans le cadre d’un circuit comprenant la visite du parc national des oiseaux du Djoudj, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1981 et distant de 60 kilomètres. Les facteurs qui freinent le développement du tourisme culturel à Saint-Louis tiennent à son enclavement, à la distance (Saint-Louis est à 4 heures de route de Dakar), ainsi qu’à l’absence d’infrastructure touristique.
Compte-tenu de contexte, quels pourraient être les facteurs d’attractivité touristique de Saint-Louis ?
Author Bio:
Docteur en histoire de l’art, titulaire d’une licence de droit, maître de conférences en histoire de l’architecture contemporaine à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne (enseignements répartis entre l’UFR d’Histoire de l’art et archéologie et l’IREST).

Auteur d'un manuel d’histoire de l’architecture moderne en France, de Guerre du toit et modernité architecturale : loger l’employé sous la république de Weimar (Publications de la Sorbonne, 2007) et de différents articles sur l’histoire du logement, de l’architecture allemande... Thème de recherche actuel : la patrimonialisation de la forme urbaine. Elle a participé à l’étude commanditée par l’AFD sur l’évaluation économique de la mise en valeur du patrimoine urbain (à paraître en 2012) et co-dirige avec Alain Godonou un ouvrage sur la patrimonialisation de Porto-Novo (Bénin), à paraître aux Publications de la Sorbonne en septembre 2012.

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