La France depuis 1945 : fin de la ivème République, Ve République, politique et société





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Louis XIV, monarque absolu

1/L’enfance d’un roi

En 1643, à la mort de Louis XIII, Louis XIV n’a que 5 ans. Durant sa jeunesse, sa mère Anne d’Autriche exerce la régence, avec le cardinal Mazarin comme Premier ministre. De 1648 à 1653, la France traverse une période de guerre civile : les Grands et le Parlement de Paris, qui veulent participer davantage au pouvoir, ainsi que les Parisiens, excédés par la lourdeur des impôts, se révoltent contre le gouvernement. C’est la Fronde. Mazarin l’emporte, mais le jeune roi restera marqué par ces évènements. En 1661, à la mort de Mazarin, Louis XIV décide de prendre en main le gouvernement du pays et de se passer de Premier ministre.

2/Louis XIV a le pouvoir absolu

Comme tous les rois de France, Louis XIV a été sacré à Reims et il se dit roi de droit divin. Il considère qu’il est le lieutenant de Dieu sur Terre et qu’à ce titre, il doit avoir le pouvoir absolu. De 1661 à 1675, il ne partage donc son autorité avec personne et prend seul les décisions qui concernent le pays. Il retire même au Parlement de Paris son droit de remontrance. Louis XIV prend des avis auprès de conseils spécialisés et il est aidé par des ministres (Colbert, Louvois, Vauban) qui ont chacun une fonction précise. Il évite de recruter conseillers et ministres parmi les Grands et les choisit pour leurs compétences. Dans les provinces, il nomme les intendants qui se chargent d’imposer ses décisions.

3/Le roi contrôle ses sujets

Louis XIV attire les Grands à sa cour et leur verse des pensions. Il s’attache les écrivains en les pensionnant, en leur passant des commandes, en les faisant entrer dans les académies, c’est-à-dire des associations de gens de lettres, de savants ou d’artistes, qu’il contrôle. Les journaux et les livres ne peuvent paraître sans avoir au préalable obtenu une autorisation du roi. Si le roi aime récompenser ceux qui le servent, il punit avec vigueur ceux qui s’opposent à lui. Par lettre de cachet, il peut emprisonner qui il veut sans aucun jugement.

Le château de Versailles :

Depuis le milieu du XVIe, les rois habitent le palais du Louvre à Paris. Mais Louis XIV veut un nouveau palais qui montre la grandeur et la puissance de la monarchie. Il tient aussi à s’éloigner de Paris parce qu’il craint les révoltes depuis l’épisode de la Fronde où il a dû fuir la capitale. Il fait donc construire son château à Versailles, sur les fondations d’un pavillon de chasse de Louis XIII ; il le fait prolonger par un superbe jardin dessiné par Le Nôtre. Plusieurs architectes successifs ont dirigé les travaux du château de 1661 à la mort de Louis XIV : Le Vau, D’Orbay et Mansart. Modèle de l’architecture classique, il sera copié par plusieurs souverains européens au XVIIIe siècle.

La vie à Versailles :

En 1682, Louis XIV se fixe à Versailles, qui est en même temps le siège de son gouvernement et sa résidence. Il s’y est entouré de sa famille et de ses courtisans, membres de la haute noblesse ou grands personnages du royaume, qui logent au château ou dans la ville de Versailles. Certains n’ont aucune fonction, d’autres font partis de la Maison militaire chargée de la sécurité du roi, d’autres encore de la Maison civile. La vie s’organise autour du roi. Chacun doit y suivre l’étiquette que celui-ci a définie. Le roi fait donner des fêtes, des concerts, des bals ou des pièces de théâtre auxquels les courtisans doivent assister.

Vocabulaire :

Les Grands : les nobles les plus puissants. Ils possèdent d’immenses domaines et peuvent lever des armées.

Le Parlement de Paris : une cour de justice qui est aussi chargée d’enregistrer les décisions royales ; elle peut proposer des changements au roi (des remontrances).

Un pouvoir absolu : un pouvoir qui se veut sans limite.

Une régence : une période pendant laquelle une personne gouverne le royaume en attendant la majorité du roi.

L’étiquette : l’ensemble des gestes, des paroles, fixés par le souverain et que l’on doit respecter en sa présence.

La Maison civile : le personnel au service du roi (qui se charge des faucons, des chiens de chasse, de la nourriture, du ménage…).

 

Les politiques de Louis XIV

1/Un roi, une foi

Louis XIV, roi catholique, supporte mal l’existence en France d’une minorité protestante : il n’a pas la même autorité sur eux que sur ses sujets catholiques et il estime que la division religieuse nuit à l’unité de son royaume. Dès son arrivée au pouvoir, le roi se met donc à combattre le protestantisme. Il fait d’abord persécuter les protestants en usant de la violence et en faisant loger des soldats chez eux pour qu’ils se convertissent : dragonnades. Puis, en 1685, il révoque l’édit de Nantes qui permettait aux protestants de pratiquer leur religion : le culte protestant est interdit et les temples sont détruits. Près de 250 000 protestants quittent alors la France pour se réfugier dans les pays protestants voisins.

2/Enrichir la France

Pour Louis XIV, la puissance d’un pays dépend de sa richesse. Avec l’aide de son ministre Colbert, il entreprend donc de développer l’économie du pays. Pour accroître la production industrielle, le roi crée des manufactures royales et attire les entrepreneurs étrangers en leur octroyant des privilèges ; il cherche aussi à protéger le pays de la concurrence étrangère en augmentant les droits de douane. Pour développer le commerce, et en particulier les exportations, il fait creuser des canaux, aménager des ports (Sète, Lorient, Brest) et crée des compagnies de commerce ; il fait aussi la conquête de colonies en Amérique (ouest de Saint-Domingue et Louisiane).

3/La gloire par les armes

Pendant les 54 ans du règne de Louis XIV, la France connaît 29 ans de guerre. La guerre et les victoires lui permettent de renforcer sa gloire et son autorité en France et à l’extérieur, et d’étendre en même temps son royaume. Sous le règne de Louis XIV, les effectifs de l’armée de métier augmentent fortement et la marine de guerre se développe. La France annexe des territoires surtout situés au nord et à l’est du pays. Dans les régions conquises, le roi fait fortifier des villes par son ministre Vauban pour rendre impossible toute reconquête.

Vocabulaire :

Les dragonnades : le dragon, soldat de la cavalerie ; action qui consiste à loger des soldats chez les protestants pour les obliger à se convertir.

Une manufacture : un bâtiment qui regroupe plusieurs dizaines d’ouvriers travaillant avec des outils simples.

 

La société française sous Louis XIV

1/Les trois ordres de la société

Le clergé dispose de privilèges : il est exempté de la taille royale et a ses propres tribunaux. Ses revenus proviennent des terres qu’il possède et de la dîme. On distingue le haut clergé qui vit richement sur de vastes domaines (évêques, abbés) et le bas clergé ignorant et misérable (curés, moines). La noblesse est le second ordre privilégié. Elle ne paie pas la taille et a des places réservées dans l’administration et dans l’armée. La haute noblesse qui vit à la cour du roi et possède des domaines immenses est beaucoup plus riche que la petite noblesse qui vit sur ses terres en province. Tout le reste de la population forme le tiers état : les bourgeois (marchands, avocats…), le peuple des villes et surtout les paysans. C’est sur eux que reposent la taille et les autres impôts. Parmi les bourgeois, beaucoup aimeraient entrer dans la noblesse : ils imitent les nobles et certains achètent au roi des fonctions qui les anoblissent.

2/20 millions de Français

Sur 20 millions d’habitants, 85% sont des ^paysans. Les paysans de chaque paroisse dépendent d’un seigneur plus ou moins important (noble, évêque, abbé) auquel ils versent des taxes appelées droits seigneuriaux qui s’ajoutent aux impôts payés au roi. La plupart des paysans sont pauvres et certains complètent leurs revenus avec un travail à domicile comme le tissage. Dans chaque ville, à côté des nobles et des clercs, il y a les bourgeois. Mais la plupart des citadins sont des artisans qui travaillent dans les ateliers et appartiennent à des associations de métier, les corporations. Il y a aussi les domestiques, les travailleurs à la journée et des vagabonds que les autorités pourchassent. Les villes sont administrées par des conseils de ville souvent aux mains des plus riches bourgeois. La vie du peuple dépend des récoltes de céréales. Lorsqu’elles sont mauvaises, le prix du pain augmente, la vie devient plus difficile et la mortalité s’élève. Cette hausse de prix peut entraîner des émeutes en ville.

 

L’esprit des Lumières

1/ Les Lumières

Au XVIIIe siècle, en France, des penseurs commencent à critiquer l’Eglise catholique, l’organisation de la société et la monarchie absolue. Leurs critiques s’appuient sur la raison, c’est-à-dire sur une réflexion approfondie qui laisse de côté tout préjugé. On les appelle les philosophes des Lumières car ils veulent éclairer les esprits. A cette époque, l’Angleterre fait figure de pays libre. Son système politique est un modèle pour les philosophes, en particulier pour Voltaire.

2/ Des idées politiques nouvelles

Les philosophes réclament la liberté de culte et la tolérance religieuse ainsi que les libertés d’opinion, de presse, de réunion. Ils veulent une justice plus humaine et condamnent les emprisonnements arbitraires et la torture. Les philosophes critiquent la monarchie absolue. Montesquieu dénonce la concentration des pouvoirs aux mains d’une même personne et demande la séparation des pouvoirs. Pour Diderot, le roi est un homme comme les autres qui ne peut gouverner qu’avec le consentement de la nation. Pour Voltaire, l’idéal est la monarchie éclairée, c’est-à-dire un gouvernement où le roi gouverne en vue du bonheur de ses sujets et non comme un tyran. Pour Rousseau, enfin, le pouvoir doit appartenir au peuple tout entier. Les philosophes proclament l’égalité naturelle des hommes ; c’est pourquoi ils veulent la suppression des privilèges et l’égalité des droits.

3/ La diffusion des nouvelles idées

Les œuvres des philosophes connaissent un grand succès, surtout auprès de la bourgeoisie. Leurs idées sont reprises par des brochures vendues par des colporteurs. Elles sont discutées dans les salons comme celui de madame de Geoffrin ou dans les cafés. Les philosophes voyagent et exposent leurs idées à l’étranger. L’usage du français comme langue internationale facilite la diffusion de leurs œuvres hors de France.

L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert :

Publiée de 1751 à 1772, sous la direction de Diderot et d’Alembert, l’Encyclopédie comprend 17 volumes de textes et 11 volumes de planches. C’est une œuvre collective à laquelle ont participé 130 auteurs, dont les philosophes Montesquieu, Voltaire et Rousseau. L’Encyclopédie fait un état de toutes les connaissances de l’époque dans tous les domaines. Elle présente aussi les idées des Lumières, de façon détournée pour éviter l’interdiction d’ouvrage. Son succès est très important pour l’époque compte tenu de son prix : 25 000 exemplaires sont vendus entre 1751 et 1782.

 

La France en crise

1/ Les difficultés de la monarchie

Au XVIIIe siècle, le royaume est mal administré et le territoire n’est pas unifié : ainsi, les provinces ne paient pas toutes les mêmes impôts, il y a des douanes à l’intérieur du pays et les poids et mesures ne sont pas les mêmes partout. Sous Louis XVI, la France doit faire face à une grave crise financière : les dépenses de l’Etat sont considérables, surtout à cause de la guerre d’Amérique ; or ses recettes sont faibles parce que l’impôt repose presque uniquement sur la paysannerie. Le déficit budgétaire se creuse.

2/ La crise de la société

Les tensions sont de plus en plus fortes dans la société. La bourgeoisie, très sensible aux idées des Lumières, voudrait l’égalité des droits. Mais la noblesse n’est pas prête à abandonner ses privilèges ; au contraire, à partir de 1760, elle revendique toutes les hautes charges de l’Etat, de l’Eglise, de l’Armée et rétablit sur ses terres de vieux droits seigneuriaux oubliés. Une telle attitude mécontente les bourgeois et exaspère les paysans, contraints de payer des taxes supplémentaires. A partir de 1786, de mauvaises récoltes entraînent la disette et la hausse du prix du pain. Les produits de l’artisanat se vendent mal et le chômage augmente dans les villes. La colère grandit.

3/ La convocation des Etats généraux

De 1786 à 1788, les ministres des finances de Louis XVI, Calonne puis Brienne, essaient de faire payer des impôts aux privilégiés pour résoudre les problèmes financiers. Mais les parlements, soutenus par la noblesse, s’opposent à ces mesures et refusent d’enregistrer les édits royaux. Louis XVI décide de convoquer les Etats généraux. Au début de 189, les Français de chaque ordre se réunissent dans le cadre de la paroisse ou du baillage (un territoire administratif plus grand que la paroisse) pour élire les députés qui vont les représenter à Versailles.

 

Le bouleversement de 1789

1/Une Assemblée constituante se forme

La séance d’ouverture des Etats généraux a lieu le 5 mai 1789 à Versailles. Parmi les députés, la moitié appartient au tiers état, l’autre moitié à la noblesse et au clergé. Mais le roi n’annonce aucune réforme profonde et les députés du tiers état sont très déçus. Ils décident alors de se déclarer Assemblée nationale, puis, le 20 juin, dans la salle du jeu de paume, ils font le serment de ne pas se séparer avant d’avoir rédiger une constitution. Ils sont finalement rejoints par les députés des autres ordres (pas tous) avec lesquels ils forment l’Assemblée nationale constituante.

 

2/ Le soulèvement du peuple

Les Parisiens s’inquiètent lorsque Louis XVI regroupe des troupes autour de Paris et de Versailles parce qu’ils pensent que le roi veut disperser la nouvelle Assemblée. La tension monte après le renvoi par le roi de Necker, le ministre des Finances partisan des réformes. Le 14 juillet, une foule nombreuse assiège et prend la forteresse de la Bastille dans l’espoir d’y trouver des armes. A Paris, mais aussi dans toutes les villes du royaume, des révolutionnaires s’emparent du pouvoir et forment des Gardes nationales. Dans les campagnes, à la fin du mois de juillet, de fausses rumeurs annoncent l’arrivée de brigands à la solde des nobles : c’est la Grande peur. Les paysans s’arment de fourches et de faux puis attaquent souvent les châteaux de leurs seigneurs.

3/ La fin de l’Ancien Régime

Dans la nuit du 4 août, pour mettre fin au soulèvement des paysans, les députés abolissent les privilèges, les droits seigneuriaux et la dîme. C’est la chute de l’Ancien Régime. Trois semaines plus tard, l’Assemblée vote la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mais le roi tarde à accepter les décrets de l’Assemblée. Le 5 octobre, les femmes de Paris, furieuses à cause de l’attitude du roi et de la hausse du prix du pain, se rendent à Versailles pour l’obliger à signer les décrets et le ramènent à Paris au palais des Tuileries.

 

La nouvelle France (1789-1791)

1/ La souveraineté de la nation

En 1789, les libertés fondamentales sont établies : libertés de presse, de culte, de réunion, d’association. Un esprit nouveau souffle sur le pays : on discute de politique à l’Assemblée, mais aussi dans les clubs comme ceux des Jacobins ou des Cordeliers à Paris ; un peu partout, les journaux de diverses tendances politiques se multiplient. De 1789 à 1791, l’Assemblée constituante élabore la première Constitution française, qui est promulguée en septembre 1791. Le pouvoir y est partagé entre le « roi des Français » et une assemblée élue. Mais les députés, bourgeois pour la plupart, se méfient du peuple ; c’est pourquoi ils établissent le suffrage censitaire qui interdit aux plus pauvres de voter.

2/ La réorganisation de la France

L’Assemblée donne une nouvelle organisation administrative au pays. La France est divisée en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts, cantons et communes, avec à leur tête des fonctionnaires élus. La justice est réformée : les juges sont élus et payés par l’Etat, les criminels jugés par des jurys de citoyens, la torture abolie. La réorganisation concerne aussi les finances. Pour résoudre ses problèmes financiers, l’Etat s’empare des terres du clergé et les vend. Par ailleurs, il remplace les impôts de l’Ancien Régime par des contributions payées par tous les citoyens en fonction de leur fortune. Dans le domaine économique, les douanes intérieures sont supprimées et les corporations interdites. La réorganisation est enfin religieuse. L’Assemblée vote la Constitution civile du clergé. Les évêques et les curés sont désormais élus et salariés par l’Etat ; les évêques ne reçoivent plus l’investiture du pape (ce qui prive ce dernier d’un pouvoir important). Le 14 juillet 1790, les délégués des Gardes nationales de tout le pays se rendent à Paris pour célébrer le nouveau régime. Cette fête de la fédération rassemble 14 000 délégués sur le Champ-de-Mars.

 

La fin de la monarchie (1791-1792)

1/ La montée de l’opposition

A partir de 1789, les nobles émigrent et poussent les souverains étrangers à intervenir contre la France. Puis, en 1790, le pape condamne la Constitution civile du clergé, ce qui conduit de nombreux prêtres à la refuser et à entrer dans l’opposition au régime : ce sont les prêtres réfractaires. En juin 1791, le roi s’enfuit. Il veut rejoindre les troupes autrichiennes puis marcher sur Paris pour rétablir son pouvoir absolu. Mais il est reconnu à Varennes et ramené aux Tuileries. Cette tentative de fuite lui fait perdre la confiance des Parisiens ; parmi eux, certains commencent à réclamer la République.

2/ Les débuts de la guerre

En avril 1792, l’Assemblée déclare la guerre à l’empereur d’Autriche parce qu’elle veut libérer les peuples de l’Empire et aussi pousser Louis XVI à se trahir. Le roi accepte la guerre parce qu’il espère en profiter pour rétablir son autorité. Mais la France subit des défaites face à l’Autriche et à son alliée, la Prusse. Le nord et l’est du pays sont envahis. L’Assemblée proclame alors « la patrie en danger » et fait appel à des volontaires pour résister à l’ennemi. Des fédérés des départements arrivent à Paris pour protéger la capitale.

3/ La chute du roi

En juillet 1792, le duc de Brunswick, qui commande les armées autrichiennes et prussiennes, menace Paris de destruction s’il est fait violence à Louis XVI. Pour les sans-culottes et les fédérés, c’est la preuve de la trahison du roi. Le 10 août 1792, ils attaquent le palais des Tuileries et s’en emparent. Sous la pression populaire, l’Assemblée accepte l’emprisonnement du roi et l’élection d’une Convention au suffrage universel masculin. Le 22 septembre, la nouvelle Convention proclame la République. Deux jours avant, la France avait obtenu sa première victoire militaire à Valmy.

Vocabulaire :

Les fédérés : les membres des Gardes nationales des villes de France qui se sont associées.

Un sans-culotte (qui porte un pantalon et non la culotte, comme les nobles et les bourgeois) : un habitant des villes qui appartient au petit peuple (artisans, ouvriers,…).

 

Les débuts de la République (1792-1794)

1/ La République en danger

La Convention nouvellement élue comprend le groupe des Girondins, celui des montagnards, et entre les deux, les députés de la Plaine. Son premier acte est de juger Louis XVI. Condamné à mort, ce dernier est guillotiné le 21 janvier 1793. L’exécution de Louis XVI provoque une forte émotion en Europe et dans le pays. Les rois européens forment aussitôt une coalition et entrent en guerre contre la France. En Vendée, les paysans se soulèvent contre la République au nom du roi et de la religion. Les sans-culottes exigent des mesures très énergiques pour défendre la République. Le 2 juin 1793, ils font arrêter 29 députés Girondins, ce qui donne le pouvoir aux députés montagnards, dont ils sont plus proches. Mais cela entraîne la révolte des départements favorables aux Girondins (révolte fédéraliste).

2/ La politique de la Terreur

Face au danger intérieur et extérieur, la Convention montagnarde réagit. Elle nomme un nouveau Comité de salut public qui « met la Terreur à l’ordre du jour ». Robespierre en prend la direction. Les mesures sont radicales. La levée en masse permet de recruter plus d’un million de soldats. La loi des suspects permet d’emprisonner tout opposant. Pour réduire l’influence de l’Eglise, les Montagnards mènent une politique de déchristianisation : un nouveau calendrier remplace le calendrier chrétien et, un peu partout, les prêtres sont pourchassés, les églises fermées. Enfin, pour satisfaire les sans-culottes, la loi du maximum fixe les prix des produits de première nécessité.

Au début de 1794, l’ennemi est repoussé et les révoltes intérieures sont écrasées. Les Indulgents, derrière Danton et Desmoulin, demandent alors l’arrêt de la Terreur, alors que les Enragés, conduits par Hébert, veulent l’accentuer. Robespierre les fait exécuter (mars et avril). Mais le pays est las et le 10 Thermidor an II (28 juillet 1794), les Conventionnels, qui craignent pour leur vie, font arrêter et exécuter Robespierre.

Vocabulaire :

Le Comité de salut public : comité de 12 membres créé en septembre 1792 et chargé par la Convention de prendre des décisions rapides, qu’elle approuve ensuite.

Les Girondins : groupe de députés appelés ainsi car plusieurs de leurs chefs viennent de la Gironde. Ils défendent les principes de 1789 mais se méfient du peuple.

La levée en masse : le service militaire obligatoire pour tous les hommes célibataires de 18 à 25 ans.

Les Montagnards : groupe de députés appelés ainsi car ils siègent en haut de l’hémicycle. Ils sont plus proches du peuple que les Girondins.

 

La République bourgeoise

1/ De la Convention au Directoire

Après la mort de Robespierre, la Convention est dominée par les députés modérés de la Plaine. On les appelle les Thermidoriens. Ils mettent fin à la Terreur : ils libèrent les prisonniers, rouvrent les églises et abandonnent le maximum des prix, ce qui entraîne la hausse des prix. La Convention élabore rapidement une nouvelle constitution qui est adoptée en 1795. Le pouvoir exécutif est confié à 5 Directeurs et le pouvoir législatif à deux conseils élus ; mais les députés se méfient du peuple et le suffrage censitaire est rétabli. Ce nouveau régime est appelé le Directoire.

2/ Un régime fragile et instable

Sous le Directoire (1795-1799), le pays est en difficulté. L’Etat est ruiné par la guerre qui continue. Une partie de la population vit dans la misère à cause de la hausse des prix, alors que les Directeurs et les fournisseurs aux armées s’enrichissent considérablement. L’insécurité grandit. L’opposition au régime se renforce. Une partie des Français veut le rétablissement de la monarchie. Inversement, les Jacobins veulent le retour au suffrage universel et du maximum des prix. En 1796, l’Etat doit réprimer un complot de Gracchus Babeuf qui voulait renverser le Directoire pour fonder une République des Egaux.

3/ Le coup d’Etat de Bonaparte

A l’extérieur, la France continue de remportée des victoires. Nommé à la tête de l’armée d’Italie, le général Bonaparte est victorieux des Autrichiens et il devient très populaire. Le Directoire l’envoie alors en Egypte pour qu’il coupe la route des indes aux Anglais, mais aussi pour l’éloigner du pouvoir. L’aventure égyptienne tourne mal pour Bonaparte. En 1799, il décide de laisser son armée et rentre en France presque clandestinement. Quand il arrive à Paris, le Directoire est en pleine décomposition. Profitant de la noblesse du régime, il s’empare du régime par un coup d’Etat, le 9 novembre 1799 (18 brumaire).

Vocabulaire :

Les Jacobins (du « club des Jacobins ») : nom donné aux partisans d’une République proche de celle de 1793.

 

Le Consulat de Bonaparte

1/ Bonaparte, maître de la France

Après son coup d’Etat, Napoléon Bonaparte fait rédiger une nouvelle constitution qui donne à un Premier consul, c’est-à-dire à lui-même, le pouvoir exécutif et le contrôle des assemblées législatives. Il la fait ensuite ratifier par la population en organisant un plébiscite au suffrage universel. Deux ans plus tard, en 1802, il se fait nommer Consul à vie à la suite d’un autre plébiscite. Bonaparte étend son autorité sur tout le pays. Il nomme des préfets à la tête des départements pour représenter l’Etat. Il désigne les maires des grandes villes et les juges tandis que les préfets nomment les maires des petites villes. C’est la centralisation. Pour former des fonctionnaires compétents et soumis, il crée les premiers lycées d’Etat.

2/ Une France pacifiée et prospère

En 1801, après la conquête de toute l’Italie, Bonaparte fait la paix avec l’Autriche (1801), puis avec l’Angleterre (1802). Pour la première fois depuis 1792, la France n’est plus en guerre. Bonaparte mène une politique de réconciliation nationale. Il autorise le retour des nobles émigrés. Il offre des postes de fonctionnaires aux anciens royalistes comme aux anciens révolutionnaires. Il se réconcilie avec les catholiques en signant avec le pape le Concordat de 1801 : l’Etat nomme et salarie les évêques et exige leur soumission mais il accepte en retour que le pape les investisse. Bonaparte maintient cependant les principes acquis de 1789. Il ne rétablit pas les privilèges et ne revient pas sur la vente des biens du clergé. Il fait rédiger le Code Civil (1804), qui confirme les libertés individuelles, l’égalité devant la loi et le droit à la propriété. Avec la paix retrouvée, le pays s’enrichit. La politique de Napoléon est favorable aux affaires. Il crée une monnaie stable, le franc germinal (1803) ; il aide financièrement les industriels et les inventeurs, il fait entreprendre de grands travaux pour améliorer les routes et les canaux ; le livret ouvrier permet à l’Etat et aux patrons de surveiller les ouvriers. Pour récompenser les meilleurs serviteurs de l’Etat, il instaure la légion d’honneur.

Le Sacre de Napoléon :

Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte franchit un nouveau pas dans le renforcement de son pouvoir. Il se fait sacrer empereur sous le nom de Napoléon Ier : après avoir été oint par le pape Pie VII, il se couronne puis couronne son épouse Joséphine. Le peintre David a été chargé par Napoléon d’immortaliser la cérémonie du sacre. Achevée en 1808, son œuvre représente le couronnement de l’impératrice par Napoléon. L’artiste a cherché à rendre compte de la cérémonie tout en glorifiant l’empereur.

 

L’Empire de Napoléon (1804-1815)

1/ Un empereur autoritaire

Après son sacre, Napoléon se comporte comme un roi. Ainsi il crée une cour autour de lui et une nouvelle noblesse, la noblesse impériale, avec des titres de noblesse. Afin de se rapprocher des autres dynasties européennes et avoir un héritier, il divorce de Joséphine pour épouser la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise (1810). Napoléon gouverne désormais seul ; les assemblées qu’il avait créées ne sont plus consultées, ni même les ministres. Les libertés de presse et de réunion disparaissent et les opposants sont arrêtés.

2/ Des guerres meurtrières

A partir de 1803, la guerre reprend, opposant bientôt de nouveau la France à toute l’Europe. La flotte française est anéantie en 1805 à Trafalgar mais, sur terre, Napoléon remporte la victoire d’Austerlitz (1805) et de nombreuses autres victoires qui lui permettent de dominer le continent. Le régime est d’abord renforcé par les succès militaires. Mais peu à peu le mécontentement grandit dans le pays, à cause des guerres interminables et meurtrières et de l’augmentation des impôts ; de plus, les relations entre les catholiques et Napoléon se détériorent à partir de 1807, quand celui-ci s’empare des Etats de l’Eglise puis fait emprisonner le pape.

3/ La chute de Napoléon

En 1812, Napoléon subit un grave revers en Russie et, en 1814, la France est envahie par l’Europe coalisée. Les souverains européens exilent l’empereur sur l’île d’Elbe et rétablissent la monarchie en France en nommant Louis XVIII, le frère de Louis XVI, à la tête du pays. Mais les Français craignent que le nouveau roi ne restaure l’Ancien régime. Napoléon en profite pour revenir en France et reprendre le pouvoir. Il ne règne que cent jours. De nouveau vaincu à Waterloo en 1815, il est exilé dans la lointaine île de Sainte-Hélène, où il meurt en 1821.

Note: Document proposé le 28/05/04 par leeloo261.
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