La France depuis 1945 : fin de la ivème République, Ve République, politique et société





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Le monde musulman
Mohammed, prophète de l’islam

1/ L’Arabie au Vie siècle

L’Arabie est une péninsule désertique au Moyen-Orient. Au Vie siècle, elle est peuplée d’éleveurs nomades ; on y trouve aussi des agriculteurs et des marchands, qui vivent dans les oasis de Yathrib et de la Mecque ou encore au Yémen, la seule région humide.

A cette époque, les Arabes croient en plusieurs dieux : ils sont polythéistes. La Mecque est leur principal lieu saint parce que c’est là que les statues de leurs dieux, les idoles, sont exposées.

2/ Un nouveau prophète

Mohammed naît vers 570 à La Mecque. Très jeune, il conduit les caravanes de son oncle, un riche marchand ; au cours de ces déplacements, il rencontre des chrétiens et des juifs avec lesquels il a des discussions religieuses. Après son mariage avec la riche Khadîdja, il se met à méditer dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque. Un jour, l’ange Gabriel lui apparaît et lui annonce qu’il est le nouveau prophète d’Allah (« Dieu » en arabe).

A La Mecque, Mohammed annonce les paroles que Dieu lui transmet et prêche l’abandon des anciennes croyances. Mais les Mecquois tiennent à leur religion. Menacé, Mohammed décide donc de partir pour Yathrib en 622 : c’est l’Hégire, qui marque le début de l’ère musulmane.

3/ Les Arabes adoptent l’islam

A Yathrib, Mohammed parvient à convertir les habitants à l’islam. Il devient le chef de la ville, qui prend le nom de Médine (« la ville du Prophète » en arabe). Puis il engage la lutte contre les Mecquois ; en 630, il s’empare de La Mecque et y détruit les idoles.

Quand Mohammed meurt, en 632, l’Arabie est presque entièrement soumise à son autorité et la plupart des Arabes sont devenus musulmans.

Le Coran et l’islam :

Dans la religion musulmane, il n’y a qu’un dieu. Il s’est d’abord fait connaître à Abraham puis a choisi Moïse, Jésus et enfin Mohammed comme prophètes. Mohammed est présenté comme le dernier des prophètes et donc le plus important. Le livre sacré des musulmans est le Coran : c’est le recueil des paroles que Dieu aurait transmises à Mohammed. Le Coran donne les bases de la croyance musulmane, insiste sur les 5 obligations fondamentales des musulmans – les piliers de l’islam- et indique aux croyants comment ils doivent se comporter entre eux et dans la vie quotidienne.

La mosquée de Kairouan :

Les moquées sont les lieux de culte des musulmans. On distingue les Grandes Mosquées, où tous les croyants viennent prier le vendredi midi sous la direction de l’imam, et les mosquées de quartier, simples lieux de prière. Après la mort de Mohammed, les Arabes font la conquête de l’Afrique du nord. Ils y construisent alors de nombreuses mosquées dont la Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie actuelle ; elle prend son allure définitive au IXe siècle.

 

Vocabulaire :

L’Hégire : « émigration » en arabe, le départ de Mohammed de La Mecque pour Yathrib, en 622. L’Hégire marque le début de l’ère musulmane.

L’islam : « soumission à Dieu » en arabe, la religion enseignée par Mohammed

Un musulman : de l’arabe muslim, croyant.

Un prophète : un homme chargé par Dieu de transmettre ses paroles.

Le Coran : « récitation » en arabe.

Un pèlerinage : un voyage effectué jusqu’à un lieu saint pour prier.

Les 5 piliers : la profession de foi ou Chahada qui consiste à dire que l’on croit en un seul Dieu et en son prophète Mohammed, la prière cinq fois par jour en se tournant vers La Mecque, le jeûne du lever au coucher du soleil durant le mois du ramadan, l’aumône aux pauvres, le pèlerinage à La Mecque au moins une fois dans sa vie.

L’imam : « le guide » en arabe, un religieux musulman qui dirige la prière.

 

L’expansion de l’islam

1/ L’étendue des conquêtes

Après la mort de Mohammed, les Arabes attaquent les empires perse et byzantin : c’est la guerre sainte ou Djihad. Ils veulent répandre l’islam et gagner ainsi plus facilement le paradis, mais aussi s’enrichir en pillant l’ennemi.

Les conquêtes sont très rapides du fait de l’enthousiasme des conquérants et de la fragilité des empires adverses, affaiblis par les conflits intérieurs et les guerres. En moins de 100 ans, les Arabes soumettent le Moyen-Orient, l’Afrique du nord et l’Espagne. Ils entrent dans le royaume des Francs mais ils sont repoussés à Poitiers, en 732.

Dans les territoires conquis, la plupart des habitants se convertissent rapidement à l’islam ; cependant, les chrétiens et les juifs sont tolérés. Peu à peu, l’arabe, langue du Coran et de l’administration, se diffuse, sauf en Perse et dans les montagnes d’Afrique du nord.

2/ L’organisation de l’empire

L’empire arabo-musulman est dirigé par le calife, qui est considéré comme le successeur de Mohammed et qui est en même temps le chef politique et religieux de l’empire. Jusqu’en 750, il appartient à la dynastie omeyyade et siège à Damas en Syrie. A partir de 750, il est membre de la dynastie abbasside et vit à Bagdad en Irak.

Le calife est aidé par une sorte de premier ministre appelé vizir ; dans les provinces, il nomme les gouverneurs militaires, les émirs, et des cadis qui exercent la justice à l’aide du Coran. Il y a de nombreux employés au service de ces grands personnages.

L’unité d’un si vaste empire est difficile à maintenir. Au Xe siècle, l’empire éclate en trois califats (territoire sous l’autorité d’un calife) rivaux : le califat abbasside de Bagdad au Moyen-Orient, le califat du Caire en Egypte et dans ses environs, le califat de Cordoue en Espagne.

Un carrefour commercial :

Les grands marchands sont nombreux en terre d’islam. Ils font du commerce à l’intérieur du monde musulman ou vont en Afrique noire, en Inde et en Chine chercher des produits qu’ils revendent ensuite aux populations musulmanes, aux Byzantins et aux marchands italiens. Principaux produits : or, ivoire, épices, soie mais aussi papier et esclaves.

Les marchands musulmans voyagent rarement seuls. Ils forment des caravanes et font étape dans les hôtels-entrepôts, les caravansérails. Ils empruntent aussi les voies fluviales et maritimes : la voile triangulaire, le gouvernail, l’astrolabe et la boussole leur facilitent la navigation. Pour les paiements, ils utilisent des monnaies de forte valeur et le chakk, l’ancêtre du chèque.

 

Bagdad, ville musulmane

1/ Une ville immense

Bagdad a été fondée au VIIIe siècle en Irak par le calife abbasside. Il fait construire une ville ronde sur une ville du Tigre. Par la suite, la ville s’est rapidement développée pour atteindre un million d’habitants au Xe siècle, ce qui en fait une des plus grande ville du monde.

Bagdad possède plusieurs palais et Grandes Mosquées. Les artisans et commerçants se regroupent par métier dans les souks. Les étudiants peuvent suivre leurs cours dans les nombreuses madrasas, où l’on étudie le Coran et le droit.

Les rues de la ville sont étroites et sinueuses. Elles sont bordées de maisons aux façades aveugles dont les pièces donnent sur des petites cours carrées. Dans chaque quartier, on se regroupe par origine ou religion ; la vie s’organise autour de la mosquée de quartier et du hammam.

2/ Un grand centre culturel

Bagdad est un grand centre culturel. Les califes y font traduire en arabe les œuvres de la Grèce ancienne, de la Perse ou de l’Inde ; les traductions sont ensuite déposées dans une grande bibliothèque accessible au public. Les califes entretiennent aussi de nombreux savants et ils ont fait construire un observatoire pour permettre aux astronomes d’étudier les planètes.

Les savants de Bagdad, comme de tout le monde musulman, excellent dans l’astronomie, les mathématiques (ils utilisent le zéro et les chiffres dits arabes), la médecine. Les médecins savent coudre les artères, anesthésier les malades et opérer les yeux. A Bagdad, il y a aussi de bons géographes qui parcourent les régions les plus diverses et en font des descriptions précises.

La poésie est très appréciée par le calife et sa cour. Les fables et les contes, comme ceux des Mille et Une Nuits, sont de grands succès populaires.

Les palais d’Andalousie :

Il ne reste rien des palais médiévaux de Bagdad. Mais les villes andalouses, dans le sud de l’Espagne, en ont gardé de magnifiques vestiges : ainsi le palais de l’Alhambra de Grenade ou l’Alcazar de Séville. L’intérieur de ces bâtiments est couvert de marbre, de stuc, de céramiques et agrémenté de multiples formes d’arcs. L’islam interdisant la représentation des êtres vivants, le décor est composé de figures géométriques, de phrases du Coran stylisées ou d’arabesques.

Vocabulaire :

Un souk : « marché » en arabe, le quartier commerçant d’une ville musulmane, chaque rue étant spécialisée dans un type de produits.

Un hammam : « bains » en arabe, un établissement où l’on prend des bains, souvent de vapeur.

Une arabesque : un dessin stylisé de végétaux.

Le stuc : un enduit fait avec un mélange de plâtre, de marbre et de céramique.

Note: Document proposé le 28/05/04 par leeloo261.

Du Moyen Age à la naissance des temps modernes
Les royaumes germaniques

La formation des royaumes

Au Ve siècle, les peuples germaniques envahissent l’Empire d’Occident et y forment des royaumes. Parmi ces peuples, les Francs s’étendent peu à peu sur l’ensemble de la Gaule. Les Germains sont peu nombreux par rapport aux populations romaines (moins de 5% de la population). Au début, ils vivent séparés des Romains et gardent leur langue, leurs coutumes et leurs lois. Mais peu à peu, les deux populations se mélangent. Les langues latines s’imposent, sauf en Angleterre, où l’on adopte l’anglo-saxon. Les guerres sont fréquentes entre les nouveaux royaumes. A cause de l’insécurité, le commerce décline. Les villes se vident et les monuments tombent en ruine. Les écoles se raréfient et on sait de moins en moins lire et écrire. Seules la métallurgie et l’orfèvrerie font des progrès.

2/ La christianisation de l’Occident

A l’époque des invasions, les habitants des villes sont catholiques ; ils pratiquent leur religion sous l’autorité des évêques. Mais la plupart des paysans sont encore païens et les Germains sont soit païens, soit hérétiques. A la suite du roi franc Clovis, les rois germaniques se convertissent au catholicisme. Dès lors, les conversions se multiplient : les habitants suivent l’exemple de leur souverain ou sont christianisés par des missionnaires. Un peu partout, on construit des églises. En un siècle, l’Occident devient entièrement catholique. Des chrétiens de plus en plus nombreux se consacrent à la prière : ce sont les moines. Certains vivent seuls, en ermites, mais la plupart se regroupent dans les monastères en suivant une règle de vie ; presque tous les monastères choisissent la règle rédigée par saint Benoît vers 530, appelée règle bénédictine.

Clovis, roi des Francs :

A la fin du Ve siècle, le roi franc Clovis (481-511) se lance à la conquête de la Gaule romaine. Vers 496, il se fait baptiser à Reims et devient catholique. Sa conversion lui permet d’obtenir le soutien de l’Eglise contre les autres rois germaniques qui ne sont pas encore convertis : il bat les Wisigoths et conquiert un vaste territoire. Selon la coutume franque, le royaume de Clovis est partagé entre ses descendants, les Mérovingiens. Ces derniers se font des guerres incessantes mais parviennent malgré tout à étendre le territoire des Francs.

Vocabulaire :

Un missionnaire : un homme d’Eglise qui part christianiser les païens.

Un hérétique : un chrétien dont les croyances et les pratiques ne sont pas conformes à celles enseignées par l’Eglise catholique.

Un évêque : le chef d’une communauté chrétienne.

Un païen : personne qui croit en une religion polythéiste.

Un baptême : le rite par lequel on entre dans la communauté chrétienne.

 

 

Charlemagne, nouvel empereur

1/ Le début des Carolingiens

En Gaule, les Mérovingiens laissent peu à peu la réalité du pouvoir aux chefs de leur cour, les maires du palais. En 732, Charles Martel, un puissant maire du palais, repousse les arabes à Poitiers (commandé par Abd el-Rahmann, émir de Cordoue) et en tire un immense prestige. Après sa mort, son fils Pépin le Bref renverse le dernier Mérovingien et devient roi des Francs ; il fonde la dynastie des Carolingiens. Pépin qui veut donner un caractère religieux à la royauté se fait sacrer roi par le pape. Pour le remercier, il enlève aux Lombards des territoires au centre de l’Italie et les lui offre : c’est la naissance des Etats de l’Eglise (ou Etats du pape).

2/ Les conquêtes de Charlemagne

Pépin meurt en 768 et son fils Charlemagne (Charles le Grand en latin) lui succède. Il désire étendre la puissance des Francs et faire triompher partout le christianisme. En Italie, Charlemagne écrase les Lombards qui menaçaient les Etats de l’Eglise et s’empare de la Lombardie. En Germanie, il conquiert la Saxe païenne et la Bavière où il entreprend de christianiser les populations. En Espagne, il se bat contre les musulmans, mais il n’a pas le même succès ; au retour d’une de ses expéditions, son arrière-garde est massacrée par les Basques au col de Roncevaux en 778 (Roland, duc de Bretagne et neveu de Charlemagne y perdit la vie).

3/ Charlemagne, couronné empereur

A la fin du VIIIe siècle, Charlemagne domine une grande partie de l’Europe occidentale et apparaît comme le défenseur du christianisme et de la papauté. En 800, il se rend à Rome où il est couronné empereur par le pape dans la basilique Saint-Pierre. Après la mort de Charlemagne, en 814, Louis le Pieux, seul survivant de ses fils, lui succède comme roi des Francs et empereur d’Occident.

Canonisé le 29 décembre 1165 sur l'initiative de l'empereur Frédéric Barberousse, Charlemagne devint l'objet d'un culte liturgique dans de nombreuses églises d'Allemagne, de France, et même d'Espagne et d'Italie.

Vocabulaire :

Sacrer : donner un caractère sacré à une personne par l’application d’une huile sainte. Le sacre, qui manifeste l'élection divine, fonde :

- l'hérédité royale dynastique

- les rois thaumaturges (ils disposent du pouvoir de guérir les écrouelles, maladie de peau assez fréquente due à la sous-nutrition : le roi te touche, Dieu te guérisse ...)

Pour asseoir la légitimité de la nouvelle dynastie franque, des "intellectuels" comme Hincmar de Reims affirment que le saint chrème est renouvelé par Dieu lui-même, et que c'est la même huile sainte, amenée dans une ampoule par une colombe, qui a servi au baptême de Clovis. Il s'agit de montrer que si Pépin le Bref a déposé le dernier roi mérovingien, les Carolingiens sont bien les héritiers du premier roi catholique Clovis. A leur tour, les Capétiens, autres usurpateurs, reprennent le rituel du sacre.

 

 

L’organisation de l’Empire

1/ L’administration de l’Empire

L’empereur gouverne avec quelques conseillers qui sont aussi ses serviteurs. Il se déplace d’abord de palais en palais puis se fixe à Aix-la-Chapelle. Une ou deux fois par an, il réunit les Grands du royaume dans des assemblées, les plaids, ou il fait approuver les lois, regroupés ensuite dans des capitulaires. L’Empire est divisé en près de 300 comtés administrés par des comtes. Ce sont les délégués de l’empereur : ils font appliquer les lois, rendent la justice, lèvent l’armée et reçoivent des terres pour leurs services. L’empereur exige d’eux un serment de fidélité et les fait contrôler par ses envoyés, les missi dominici.

2/ Une économie liée à la terre

Les habitants de l’Empire vivent essentiellement de l’agriculture. La terre est cultivée dans de petites propriétés ou dans d’immenses domaines, les villas. Chaque villa est divisée en 2 parties : l’une est exploitée par le maître et ses esclaves, l’autre est composée de lots distribués à des paysans contre des taxes et des corvées. Les outils sont simples et les récoltes faibles. Le commerce se ranime sous Charlemagne, facilité par la frappe d’une monnaie d’argent, le denier, et surtout par la paix. Mais il est essentiellement local et régional.

3/ La renaissance culturelle

Charlemagne s’entoure de lettrés et encourage les évêques à développer des écoles. Dans les monastères, on recopie de nombreux manuscrits en utilisant une nouvelle lettre, la minuscule caroline, dont dérive notre écriture. Les arts se réveillent : on construit beaucoup d’églises que l’on décore de mosaïques ou de peintures murales (des fresques). L’orfèvrerie et le travail des ivoires font des progrès remarquables.

Le palais d’Aix-la-Chapelle :

A la fin du VIIIe siècle, Charlemagne fait construire un palais sur le site d’Aix, dans l’Allemagne actuelle. L’endroit est situé non loin de Saxe, qu’il est en train de conquérir, et possède des sources d’eau chaude réputées, bonnes pour ses rhumatismes. En 800, le palais devient la résidence permanente de l’empereur. Il y installe sa cour, son trésor et sa bibliothèque, qui, jusqu’alors, le suivaient dans ses déplacements.

 

L’Empire se disloque

1/ Le partage de l’Empire

Louis le Pieux succède à Charlemagne. Mais à sa mort, en 840, une guerre de succession s’ouvre entre ses fils, Charles, Louis et Lothaire. En 842, par le serment de Strasbourg, Charles et Louis jurent de s’entraider contre leur frère aîné, Lothaire, qui veut régner seul. Finalement, en 843, les trois frères se partagent l’Empire par le traité de Verdun. Charles le Chauve obtient la Francie occidentale (la France) et Louis la Francie orientale (la Germanie). Lothaire reçoit le titre d’empereur et la Lotharingie, qui finira par tomber aux mains des rois de Germanie.

2/ Une vague d’envahisseurs

A peine formés, les nouveaux royaumes affrontent une vague d’envahisseurs. Les Vikings, venus de Scandinavie, remontent les fleuves sur leurs drakkars en pillant les villes et les monastères. Ils s’installent dans certaines régions comme la Normandie. Les Sarrasins (ou musulmans) d’Afrique et d’Espagne attaquent les côtes méditerranéennes, forçant les villageois à s’installer sur les hauteurs. Ils sont repoussés à la fin du Xe siècle. Les cavaliers hongrois ravagent l’Europe de l’Est. Battus en 955 par le roi de Germanie, ils finissent par se fixer dans l’actuelle Hongrie.

3/ La fin d’une dynastie

Les rois carolingiens, incapables de défendre leurs peuples, perdent de leur autorité ; les comtes puis les grands propriétaires profitent de leur faiblesse pour s’emparer des pouvoirs royaux autour de leurs châteaux ou abbayes. Très affaiblie, la dynastie carolingienne disparaît. En Germanie, le duc de Saxe devient roi et son fils Otton se fait couronner empereur par le pape en 962. En France, Hugues Capet devient roi en 987.

 

 

Les chrétiens d’Occident

1/ L’Occident est chrétien

Vers l’an mil, la plupart des occidentaux sont des chrétiens catholiques. Ils croient en Dieu, en Jésus-Christ et en son message. Ils sont persuadés qu’ils seront jugés par le Christ après la mort, au moment du Jugement dernier : les bons iront au paradis, les mauvais en enfer. La chrétienté d’Occident est divisée en diocèses dirigés par les évêques. Les diocèses se subdivisent en paroisses, confiées à des prêtres appelés curés. Dans chaque paroisse, l’église, entourée du cimetière, est le centre de la vie religieuse.

 

 

2/ Une religion très présente

Le baptême, la confirmation, le mariage à l’église sont les sacrements et de grands moments dans la vie d’un chrétien. Chaque jour, les chrétiens récitent des prières comme le Credo ou le Pater. Le vendredi, ils jeûnent. Le dimanche, ils vont à l’église pour assister à la messe où, parfois, ils communient. Ils confessent leurs fautes au curé au moins une fois dans l’année. De nombreuses fêtes sont consacrées au Christ, à la Vierge et aux saints. La principale est la fête de Pâques qui rappelle la mort et la résurrection du Christ ; elle est précédée d’une période de jeûne de 40 jours, le carême.

3/ Sur les routes des pèlerinages

Les chrétiens entreprennent souvent des pèlerinages. Ils se rendent sur les innombrables lieux de culte qui abritent les reliques des saints ou sur les lointains tombeaux de saint Jacques à Compostelle, de l’apôtre Pierre à Rome ou du Christ à Jérusalem. Le pèlerin espère que ses fautes seront pardonnées par Dieu et que ses vœux seront exaucés.

L’Eglise Sainte-Foy de Conques :

Les églises sont les lieux de culte des chrétiens : on y assiste à la messe, on y reçoit les sacrements, on y conserve parfois des reliques, ce qui en fait alors des lieux de pèlerinage. De l’an mil au milieu du XIIe siècle, les églises sont construites dans un style particulier qu’on appellera plus tard le style roman. L’église Sainte-Foy de Conques, bâtie au XIe siècle dans l’Aveyron est un exemple d’église de cette époque. Les églises romanes sont décorées de fresques et de sculptures représentant des scènes de la Bible, des monstres et des démons. Les portails des églises sont toujours magnifiquement sculptés. Sur le tympan du portail de Conques, les artistes du Moyen Age ont représenté le Jugement dernier.

 

 

Le clergé catholique

1/ Clergé séculier et clergé régulier

Les clercs sont les chrétiens qui se consacrent entièrement à l’Eglise. Les évêques et les curés, qui vivent parmi les laïcs et s’occupent d’eux, constituent le clergé régulier. Le clergé possède des terres, reçoit un impôt, la dîme, ainsi que des dons. Il forme un groupe à part dans la société : les clercs portent des habits spéciaux, sont célibataires et ne peuvent être jugés que par des tribunaux d’Eglise.

2/ Le pape, chef de l’Eglise catholique

Depuis le début du Moyen Age, l’autorité du pape ne fait que grandir. Elu par les cardinaux, il s’impose peu à peu comme le chef de l’Eglise d’Occident (ou Eglise catholique). Il fait surveiller les évêques par ses envoyés, les légats, et devient le supérieur direct des grands abbés. Il essaie même d’imposer son autorité aux rois ou à l’empereur. Pour gouverner l’Eglise, le pape s’entoure de bureaux spécialisés qui forment la curie romaine. Pour les décisions importantes, il convoque et préside les conciles œcuméniques, assemblées d’évêques venus de tout l’Occident.

3/ La naissance des ordres religieux

A partir du Xe siècle, les monastères se regroupèrent en ordres religieux comme ceux de Cluny ou de Cîteaux. L’ordre de Cîteaux a un grand succès au XII e siècle grâce à l’action de saint Bernard (1090-1153). Au début du XIIIe siècle, apparaît l’ordre des Franciscains fondé par François d’Assise et celui des Dominicains fondé par Dominique. Les religieux de ces ordres parcourent les villes pour dire les paroles de Dieu et enseigner. Ils vivent de la mendicité, d’où leur nom de Mendiants.

Le clergé dans la société :

Le clergé dirige le culte et donne les sacrements. Mais il a d’autres fonctions. C’est lui qui se charge des pauvres et des malades. Il s’occupe aussi de l’enseignement qui a lieu dans les monastères, dans les écoles urbaines dépendant de l’évêque ou dans les universités directement placées sous l’autorité du pape. Enfin, il donne l’asile à toute personne poursuivie et cherche aussi à contenir la violence entre les fidèles ; pour se faire obéir, il dispose de l’excommunication.

 

 

Les croisades en Terre sainte

1/ La première croisade

En 1095, le pape Urbain II appelle les fidèles à libérer la Terre sainte, alors aux mains des Turcs musulmans. Les candidats au départ devront coudre des croix sur leurs vêtements : d’où leur nom de croisés. Les croisés espèrent obtenir le paradis et faire fortune. Dès 1095, une foule de pauvres gens se met en marche ; mais elle est massacrée en Asie Mineure. En revanche, les chevaliers, partis peu après, parviennent au Proche-Orient ; ils s’emparent de Jérusalem en 1099, puis créent les Etats latins d’Orient dans les territoires conquis.

2/ Les Etats latins d’Orient

Les Etats latins d’Orient sont dirigés par les chefs de la croisade. Ils sont défendus par des moines soldats appartenant à des ordres militaires (Templiers, Hospitaliers…) qui tiennent aux frontières de puissantes forteresses. Es le milieu du XIIe iècle, les Etats latins ont du mal à repousser les attaques musulmanes. Ils font régulièrement appel aux chrétiens d’Occident qui organisent 7 croisades durant les Xie et XIIe siècles. Mais les musulmans reprennent Jérusalem en 1187 et la totalité des Etats latins en 1291.

3/ Le bilan des croisades

Les croisades ont éloigné encore davantage chrétiens et musulmans. Et lors de la quatrième croisade, les croisés ont pillé la capitale byzantine Constantinople (1204), ce qui a rendu définitive la division entre chrétiens catholiques et orthodoxes. Mais en entrant en contact avec la civilisation musulmane, les chrétiens ont pu étendre leurs connaissances. Les croisades ont par ailleurs permis aux marchands italiens de développer leur commerce avec le Proche-Orient.

L’expansion catholique (en Occident) :

- à l’intérieur de l’Occident chrétien. En Occident, on se met à persécuter les juifs, surtout à partir du XIIIe siècle. On les oblige à se regrouper, à porter des insignes qui les distinguent des chrétiens ; il arrive que les rois les chassent de leur royaume et leur confisquent leurs biens. L’Eglise s’attaque aussi aux hérétiques : au début du XIIIe siècle, le pape Innovent III envoie des chevaliers exterminer l’hérésie cathare dans le Sud-Ouest de la France ; puis il crée les tribunaux de l’Inquisition, chargés de trouver et de juger les hérétiques qui se cachent.

- aux frontières de l’Occident chrétien. A partir du XIe siècle, les petits Etats chrétiens du nord de l’Espagne, soutenus par le pape et des chevaliers européens, reprennent peu à peu la péninsule ibérique aux musulmans : c’est la Reconquista. Au nord de l’Europe, l’ordre des chevaliers Teutoniques et des missionnaires convertissent le pourtour de la mer Baltique.

Notre-Dame de Chartres :

A partir du milieu du XIIe siècle, de grands chantiers de construction sont ouverts dans les villes d’Ile-de-France : on élève à la gloire de Dieu des cathédrales (église d’un évêque) immenses. Ces cathédrales d’un nouveau style, appelé gothique, sont les plus impressionnants vertiges du Moyen Age en Occident. Notre-Dame de Chartres, élevée sur des fondations d’une église romane à partir de 1194, en est un des plus beaux modèles.

Les nouvelles techniques d’architecture permettent de percer de larges fenêtres dans les murs. A Chartres, comme dans les autres cathédrales gothiques, les vitraux forment désormais l’essentiel de l’ornementation. Ils donnent à la cathédrale une lumière puissante et irréelle.

Etats et féodalité

1/ Des Etats faibles

L’Europe occidentale est divisée en de nombreux Etats : un empire (le Saint Empire), des royaumes comme le royaume de France, un Etat appartenant au pape, des villes indépendantes comme Venise ou Gênes. L’empereur et les rois sont sacrés, ce qui leur donne un grand prestige. Mais leur pouvoir est faible. Depuis la fin de l’époque carolingienne, les grands propriétaires de la terre, les seigneurs, sont devenus les vrais chefs sur les territoires qui entourent les châteaux et les abbayes. Les rois n’exercent leur autorité que sur une petite partie du royaume. L’administration de l’Angleterre est particulière. En 1066, le duc Guillaume de Normandie a conquis le pays et en est devenu le roi ; il a pris soin de maintenir partout son autorité. Mais en 1215, les évêques et les seigneurs imposent l au roi Jean Sans Terre la Grande Charte qui l’oblige à gouverner avec eux.

2/ Seigneurs et vassaux

Le seigneur doit sa force à ses vassaux. Il se lie avec eux par la cérémonie de l’hommage. Le vassal met les mains dans celles de son seigneur (c’est l’hommage), puis lui jure fidélité ; le seigneur remet alors au vassal un objet qui représente le fief qu’il lui donne (c’est l’investiture). Le vassal a ses devoirs envers son seigneur. Il lui doit le conseil, l’aide militaire et une aide financière dans certains cas. En échange, le seigneur doit entretenir le vassal : c’est pourquoi il lui remet le fief. Les seigneurs deviennent les vassaux de seigneurs plus puissants. Le roi, le seul à n’être le vassal de personne, est le chef suprême de cette pyramide vassalique. Mais il a du mal à se faire respecter par les plus puissants de ses vassaux.

La vie des chevaliers :

Les seigneurs laïcs et leurs vassaux ont un même genre de vie : ce sont des chevaliers. Ils suivent une éducation sportive et militaire, puis, vers 18 ans, ils sont faits chevaliers par la cérémonie de l’adoubement. Les chevaliers font la guerre, aiment la chasse et participent à des tournois, jeux dans lesquels 2 troupes armées se combattent violemment. Le bon chevalier suit les règles de la chevalerie : il est courageux, généreux, loyal et fait la cour aux dames. Peu à peu, les chevaliers s’estiment différents des autres hommes et forment un groupe à part, la noblesse.

 

 

Seigneurs et paysans

1/ Les terres du seigneur

Chaque seigneur possède un vaste territoire, appelé seigneurie, qui se divise en 2 parties :

la réserve est la partie du domaine que le seigneur garde pour lui. Elle est cultivée par des ouvriers agricoles salariés et des paysans faisant leurs corvées, sous l’autorité d’un intendant.

Les tenures sont les terres accordées par le seigneur aux paysans. En échange de leurs terres, les paysans fournissent des corvées et le cens. Le paysan peut transmettre sa tenure et même la vendre, mais son successeur aura les mêmes obligations que lui envers le seigneur.

2/ Les pouvoirs du seigneur

Le seigneur n’est pas seulement un grand propriétaire. Il s’est souvent emparé des pouvoirs qui appartenaient jadis au roi. Dans ce cas, il est aussi un chef qui commande, juge et assure la sécurité de la population dans la seigneurie. En échange de sa protection, le seigneur exige des paysans de nouvelles corvées et la taille. Il fait payer les marchands qui traversent sa seigneurie. L oblige aussi les paysans à utiliser son four, son moulin et son pressoir en échange de taxes appelées banalités.

3/ Les vilains et les serfs

Les paysans sont tous soumis au seigneur mais ils se divisent en 2 catégories : les vilains, qui sont les hommes libres, et les serfs qui appartiennent à un maître. Les serfs ne peuvent pas témoigner en justice contre un homme libre ; de plus, ils ne peuvent ni se marier, ni hériter sans l’accord de leur maître et ils transmettent leur condition de serf à leurs enfants.

La vie des paysans :

Les paysans forment le neuf dixièmes de la population. Ils vivent dans des villages au centre de clairières entourées de forêts. Ils cultivent surtout des céréales, qui sont la base de leur alimentation ; ils utilisent peu d’engrais et des outils rudimentaires, ce qui ne leur permet pas d’obtenir de bonnes récoltes ; la plupart des paysans vivent misérablement. Les gens d’un même village se connaissent bien ; ils forment une petite communauté qui s’entraide.

 

 

L’évolution des campagnes

1/L’augmentation de la population

Au XIe et XIIIe siècles, l’Occident connaît une augmentation régulière de sa population. Elle passe d’environ 40 millions d’habitants vers l’an mil à 75 millions vers 1300. On explique cette croissance par une meilleure alimentation des hommes. Les récoltes sont plus abondantes grâce au réchauffement du climat et aux progrès agricoles.

2/ Les progrès agricoles

Des outils, de plus en plus souvent en fer, s’améliorent. Avec la charrue, le sol est mieux retourné qu’avec la houe ou l’araire ; avec le collier d’épaules, les chevaux font plus rapidement le travail qu’avec le collier de cou qui les étranglait. Les moulins à eau et les moulins à vent permettent de moudre le grain plus vite qu’avec les anciennes meules à bras. Les paysans doivent laisser la terre en jachère une année sur 2 ou 3 pour qu’elle se repose. Mais dans certaines régions, ils remplacent la jachère par des plantes fourragères qui ne fatiguent pas le sol : ils peuvent ainsi avoir davantage d’animaux et d’engrais.

3/ Les grands défrichements

Plus nombreux et mieux outillés, les paysans se lancent à la conquête de nouvelles terres. Ils défrichent les bois en bordure des clairières puis vont créer de nouveaux villages au milieu des forêts. Les seigneurs encouragent ces défrichements qui augmentent leurs revenus. Pour attirer des paysans dans leurs forêts, ils promettent des taxes moins lourdes qu’ailleurs et la liberté pour les serfs. C’est ainsi que peu à peu, le servage disparaît.

 

 

Le temps des crises

1/ Le retour des famines

Après 1315, les familles redeviennent fréquentes. Quand une région n’a pas suffisamment de nourriture, les villes sont en général plus gravement touchées que les campagnes. Les famines s’expliquent par le refroidissement du climat : des hivers rigoureux gèlent les semences et des étés pluvieux pourrissent les récoltes. Elles s’expliquent aussi par l’augmentation de la population, devenue trop nombreuse par rapport aux ressources alimentaires.

2/ Des pestes redoutables

L’homme, mal nourri, est sans défense contre les maladies. La peste, venue de Crimée, sur la mer Noire, se propage de 1348 à 1349 dans toute l’Europe en suivant les grandes voies de communication. Des grosseurs, des bubons, apparaissent sur le corps du malade puis noircissent, d’où le nom de peste noire. L’épidémie revient ensuite par vagues régulières jusqu’au milieu du XVe siècle. La peste entraîne presque toujours la mort. Là où elle apparaît, elle suscite la panique. Persuadés qu’il s’agit d’une punition de Dieu, les hommes développent une foi ardente pour se faire pardonner.

3/ Des guerres permanentes

Les guerres reprennent au XIVe et XVe siècles, avec leurs cortèges de malheurs. Les expéditions à cheval sont destructrices. Pendant les trêves, les soldats sans emploi se transforment en brigands qu’on appelle routiers ou écorcheurs. Pour entretenir leurs armées, les rois créent de nouveaux impôts, ce qui renforce la misère. Les famines, les pestes et les guerres entraînent un effondrement de la population de l’Europe qui diminue d’un tiers en 1 siècle.

 

 

Les premiers Capétiens (XIe-XIIIe siècles)

1/ Des rois faibles…

En 987, Hugues Capet est élu roi de France par les grands seigneurs du royaume. Les rois de France qui lui succèdent du XIe au XVIIIe siècle sont tous ses descendants : on les appelle les Capétiens. Les premiers Capétiens ne sont obéis que dans le domaine royal qui s’étend de Paris à Orléans. Le reste du royaume est aux mains de seigneurs parfois très puissants qui sont les vassaux du roi. Les ressources du roi sont donc modestes, uniquement constituées des droits seigneuriaux versés par les paysans du domaine. Au début de leur règne, les rois reçoivent l’onction d’une huile sainte, ce qui en fait des personnages sacrés et leur donne une grande autorité morale. Ils gouvernent avec l’assistance d’une cour de seigneurs et d’évêques.

2/ … qui renforcent leur pouvoir

Les capétiens pacifient leur domaine ; puis ils l’agrandissent en rachetant des terres, en épousant de riches héritières ou en faisant la guerre aux seigneurs. Philippe Auguste (1180-1223) confisque les possessions françaises du roi d’Angleterre en France et bat les alliés de ce dernier, le comte de Flandre et l’empereur, à Bouvines, en 1214. En même temps, les rois améliorent leur administration. A partir du XIIIe siècle, ils sont assistés par des conseils spécialisés et ils nomment des baillis dans le domaine royal pour rendre la justice et les représenter. A partir de Louis IX (1226-1270), ils imposent leur monnaie dans la totalité du royaume. A la fin du XIIIe siècle, le roi Philippe IV le Bel (1285-1314) n’admet plus que le pape intervienne dans les affaires du royaume. Conseillé par ses légistes, il s’oppose au pape Boniface VIII et fait élire à sa mort un pape français qui lui est soumis.

Reims, cathédrale du sacre :

La cérémonie du sacre se déroule à Reims, en souvenir du baptême de Clovis. Du Xe siècle à 1825, tous les rois de France, sauf 3, s’y font sacrer : lors du sacre, le roi est marqué d’une huile sainte, puis il reçoit la couronne et les autres insignes de la royauté. La cérémonie a lieu dans la cathédrale de Reims, magnifiquement reconstruite au XIIIe siècle ; sur sa façade des sculptures évoquent la royauté et le sacre.

Paris, capitale du royaume :

A partir du règne de Philippe Auguste, les rois résident la plus grande partie de l’année à Paris, dans leur palais de l’île de la Cité. Paris devient la capitale du royaume. Centre politique, amis aussi religieux, économique et culturel du royaume –avec sa célèbre université-, Paris est la plus grande ville d’Occident : à la fin du C+XIIIe siècle, elle compte environ 200 000 habitants.

 

 

 

La France en guerre (XIVe-XVe siècle)

1/ Deux rois face à face

En 1328, le roi de France Charles IV meurt sans enfant. Il a deux héritiers possibles : Philippe de Valois et Edouard III, roi d’Angleterre. Les grands seigneurs du royaume choisissent finalement Philippe. Humilié, Edouard III entre alors en guerre contre le nouveau roi. Il remporte plusieurs victoires et finit par occuper tout le Sud-Ouest de la France. Mais Charles V (1364-1380), aidé de son connétable Du Guesclin, reconquiert la plus grande partie du territoire.

2/ La France envahie puis libérée

A la fin du XIVe siècle, le roi Charles VI (1380-1422) sombre dans la folie et les grands seigneurs du royaume se font la guerre pour s’emparer du pouvoir. Le roi d’Angleterre Henri V en profite : il débarque en France, remporte une grande victoire à Azincourt (1415) et occupe le nord du pays. Charles VII, le fils de Charles VI, s’est réfugié au sud de la Loire. En 1429, une jeune paysanne, Jeanne d’Arc, le rejoint et libère Orléans ; puis elle conduit le roi à Reims pour qu’il se fasse sacrer. Après le sacre, Charles VII reprend presque toutes les possessions françaises des Anglais.

3/ L’Etat transformé par la guerre

Durant la guerre, les rois ont créé une armée permanente et salariée, à côté de l’armée de vassaux. Ils ont aussi levé de nouveaux impôts sur tout le royaume comme la taille ; ils ont d’abord demandé aux Etats généraux de les voter, mais après 1440 ils ne prennent plus cette peine. A la fin du XVe siècle, Louis XI (1461-1483) s’attaque au puissant duc de Bourgogne, Charles le Téméraire (1467-1477). A sa mort, il s’empare d’une partie de ses terres, étendant encore le domaine royal.

La chevauchée de Jeanne d’Arc :

Jeanne d’Arc est une jeune paysanne originaire de Domrémy, en lorraine. Alors que le nord de la France est occupé par l’Angleterre, elle entend les voix de plusieurs saints qui lui ordonnent de chasser les Anglais hors de France. En 1429, Jeanne va retrouver le roi Charles VII réfugié au sud de la Loire, à Chinon, et le convainc de lui fournir une petite troupe…

Saint-Denis, abbaye des rois :

Située près de Paris, l’abbaye de Saint-Denis est un lieu très important pour la monarchie. On y enterre les rois de France, leurs femmes et les enfants royaux ainsi que certains grands personnages de l’Etat. L’abbaye a aussi la garde des instruments de la royauté : les objets du sacre (couronne, épée, sceptre…) et l’enseigne de Saint-Denis, appelée oriflamme, que le roi vient chercher lorsqu’il part en guerre.

 

 

Les humanistes

1/ La rupture avec le Moyen Age

A la fin du XVe siècle, les intellectuels, qu’on appelle les humanistes, ne se satisfont plus du savoir enseigné dans les universités. Ils se mettent à étudier avec passion les œuvres de l’Antiquité grecque et romaine oubliées ou négligées au Moyen age. Au Moyen Age, on s’intéressait surtout à Dieu et à l’au-delà. Les humanistes, qui reprennent les idées de l’Antiquité, mettent l’homme au centre de leurs préoccupations. Ils veulent qu’il entre dans une ère de progrès, de bonheur et de paix.

2/ La soif de connaissances

Les humanistes exercent leur curiosité dans tous les domaines. Le polonais Copernic démontre que la Terre tourne autour du soleil ; le Flamand Vésale fait progresser la connaissance du corps humain en pratiquant la dissection, longtemps interdite par l’église ; l’Italien Léonard de Vinci, peintre réputé, dessine le corps humain ou des machines de guerre… Les humanistes sont à l’origine de grandes œuvres littéraires. Alors que les intellectuels du Moyen age s’exprimaient en latin, ils utilisent souvent la langue de leur pays : Rabelais le français, Machiavel et Castiglione l’italien. Erasme de Rotterdam est le plus célèbre de ces humanistes. Il correspond avec les grands penseurs de son temps/ Dans l’Eloge de la folie, il critique les abus de l’Eglise.

3/ L’influence des humanistes

Les humanistes voyagent beaucoup et communiquent entre eux et avec les princes, auxquels ils transmettent leurs idées et leurs connaissances. Grâce au perfectionnement de l’imprimerie, leurs livres sont publiés à de nombreux exemplaires. L’humanisme se répand, surtout en Italie du nord, dans les Pays-bas et dans la vallée du rhin.

Gutemberg et l’imprimerie :

Au Moyen Age, les livres étaient recopiés à la main sur des parchemins, c’est-à-dire des peaux d’animaux traités. Ils étaient rares et chers, réservés à un petit nombre de personnes. Vers 1450, l’allemand Gutenberg (1397-1468) fabrique des caractères mobiles en métal. Avec ces caractères, une presse, de l’encre et du papier, il imprime les textes rapidement et en fait de nombreux tirages. Beaucoup moins cher, le livre commence à se répandre dans les diverses couches de la société.

 

 

François Ier et Henri II

1/ Des rois puissants…

Les rois François Ier (1515-1547) et Henri II (1447-1559) s’entourent d’une cour composée des conseillers, des membres de la famille royale, des grands seigneurs du royaume. Elle suit le roi en menant une vie de plaisirs (chasse, tournois, bals, concerts, théâtre). Jamais le roi de France n’a eu une telle autorité. L réunit toujours le Conseil mais prend les grandes décisions en petit comité dans le Conseil des affaires ; il ne convoque plus les Etats généraux et il n’accepte plus les remontrances du parlement de Paris. Il continue aussi d’agrandir le domaine royal et il n’y a plus de grand seigneur capable de lui résister. Enfin, grâce au concordat de 1516, il obtient du pape le droit de nommer évêques et abbés, qui lui sont donc désormais soumis. François Ier renforce l’unité du royaume en publiant l’ordonnance de Villers-Cotterêts : elle impose le français dans tous les actes administratifs et oblige les curés à tenir un registre des baptêmes.

2/ … avec des ambitions extérieures

Comme les rois précédents, François Ier a des vues sur l’Italie : en 1515, il remporte la victoire de Marignan et s’empare de la région de Milan. Il s’oppose ensuite au puissant empereur Charles Quint dont la puissance représente un grave danger pur le royaume. La guerre, entrecoupée de trêves, ne s’achève qu’en 1559 par la paix de Cateau-Cambrésis : la France renonce au Milanais mais gagne Calais et les 3 villes de Metz, Toul et Verdun. François Ier a aussi des ambitions coloniales. Il charge Jacques cartier d’explorer le nord de l’Amérique et d’y trouver un passage direct vers les Indes. En 1534, Cartier atteint le Canada et prend possession des terres découvertes le long du fleuve Saint-Laurent au nom du roi de France.

Vocabulaire :

Le Parlement de Paris : la cour qui reçoit les appels en justice, mais qui est aussi chargée d’enregistrer les décisions royales. Elle peut refuser l’enregistrement ou proposer des changements au roi (des remontrances).

Un concordat : un traité entre le pape et un roi sur les affaires religieuses.

Une ordonnance : une décision royale qui porte sur plusieurs sujets et qui concerne tout le royaume.

 

Les « guerres de religion »

1/ Catholiques contre protestants

Le protestantisme est né et s’est développé en France durant le règne de François Ier et Henri II. En 1559, les protestants, de foi calviniste, sont nombreux mais restent minoritaires. Les guerres de religion commencent en 1562, sous le règne de Charles IX (1560-1574). Elles opposent les protestants, qui veulent pratiquer librement leur religion, et des catholiques qui veulent interdire le protestantisme. Après avoir longtemps hésité entre les 2 partis, Charles IX, poussé par sa mère Catherine de Médicis, fait massacrer les chefs protestants réunis à Paris lors de la Saint-Bathélémy en 1572. Les protestants forment alors une Union calviniste, avec des troupes et un chef. Henri III (1574-1589), le successeur de Charles IX, leur donne davantage de libertés, amis cela entraîne sa perte : il est assassiné en 1589 par des membres de la Ligue catholique.

2/ Henri IV et l’édit de Nantes

Henri III meurt sans enfant et laisse la couronne à son parent le plus proche, le protestant Henri de Navarre, qui prend le nom d’Henri IV (1589-1610). C’est le début de la dynastie des Bourbons, la troisième dynastie capétienne. Henri IV comprend qu’il doit se convertir pour se faire accepter de ses sujets catholiques. En 1593, il adopte la foi catholique, puis se fait sacrer à Chartres. Il rallie ensuite à lui la plus grande partie de ses sujets. Après de difficiles négociations avec les partis protestants et catholiques, Henri IV promulgue l’édit de Nantes, en 1598 : cet édit rétablit partout la religion catholique mais garantit aux protestants la liberté de conscience, la liberté de culte, l’égalité devant la loi avec les catholiques. Les guerres s’achèvent et le roi rétablit son autorité sur tous les Français.

Note: Document proposé par leeloo261 le 28/05/04.
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