Les monnaies de nécessité ou la grande débrouille dans le Nord occupé (1914-1918)





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A.A situation exceptionnelle remède d’exception


La rapidité de l’avance allemande, l’intensité des combats puis l’occupation d’une partie du Nord-Pas-de-Calais et la stabilisation de la ligne de front conduisent à une situation exceptionnelle difficile à prévoir.

A.1.Une situation diversment anticipée


La situation est peu anticipée par les autorités politiques françaises. Dès le 10 aout 1914, le préfet du Nord Trepont prévoit l’entrée des troupes allemandes à Lille et s’installe à Dunkerque où il restera pendant toute la guerre, laissant, Anjubault sous-préfet d’Avesnes, faire office de préfet. La légitimité d’Anjubault, devenu le seul représentant du pouvoir centrale et qui doit gérer les affaires politiques immédiates, est parfois contestée. De vives tensions se manifestent en particulier avec le maire de Lille, Charles Delesalle au sujet des émissions de monnaie de nécessité (cf. Infra).

En revanche, l’occupation des sites d’implantation des succursales de la Banque de France a été prévue par les autorités monétaires3. Les directeurs de ces succursales sont appelés à mettre leur stock d’or à l’abri dès le printemps 1914. La « circulaire bleue » du gouverneur de la Banque de France, Pallain, définit les modalités des évacuations des ressources des succursales des régions menacées par l’avance allemande. Seront successivement transférés vers Amiens, puis Rouen ou Limoges l’excédent de l’encaisse métallique, les excédents de billet, les titres, des billets et des documents comptables. Les évacuations de la plupart des réserves des succursales de Lille, Roubaix et Tourcoing sont achevées le 24 aout 1914 (Mastin 2014). Le reste des billets doit être incinéré en cas d’occupation. L’accalmie des combats en septembre favorise la reconstitution d’une partie des réserves puis la reprise de l’offensive allemande, les victoires qui s’enchainent, les principales villes étant déclarées ouvertes et occupées, aboutissent à des épisodes rocambolesques de mise à l’abri des stocks de billets. Les directives de la Banque de France étant différemment interprétées, tout n'est pas toujours sauvegardé.

Le défaut de liquidité provoqué par cette situation a déjà existé pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Pour répondre aux demandes des milieux économiques, dès le déclenchement du conflit, la Banque de France autorise la chambre de commerce de Paris à émettre de petites coupures de 2 francs, 1 franc et 0,50 centimes pour pallier la raréfaction de la monnaie divisionnaire (Eck, Touchelay 2014). Gagées sur des billets déposés à la Banque de France pour le même montant, cette émission ne représente pas une véritable création monétaire, mais consiste à remplacer une forme de monnaie par une autre. La Banque de France lui est peu favorable, mais elle doit céder à la pression des industriels. L’opération n’aura pas lieu, le gouvernement étant rapidement transféré à Bordeaux et le conflit de courte durée.

La situation est différente dans le Nord de la France en 1914. Dès le début de la première Guerre Mondiale, les liens entre les succursales et l’institut d’émission sont interrompus et les émissions de bons relevant des municipalités, des chambres de commerce ou des industriels se font sans le solliciter. Le gouvernement adopte le décret du 21 septembre 1914 qui autorise les départements ou villes à émettre des bons municipaux dans des circonstances exceptionnelles et en définit les modalités4. Les réticences à l’égard de ces opérations qu’avait manifestées la Banque de France en 1870 ne sont pas prises en compte.

Les entreprises souffrent de la faiblesse du pouvoir libératoire des bons et les commerçants et industriels s’en plaignent au préfet5. Ils réclament que la caisse municipale de Lille accepte tous les bons d’émission des localités des environs et qu’elle le signale dans le Bulletin de Lille. La concurrence entre les villes émettrice est également dénoncée. Les milieux économiques réclament au préfet la création d’une seule banque d’émission de billets pour les départements envahis, ou du moins pour le département du Nord6. Il suggère les billets de cette banque aient « cours partout, même à l’étranger » et qu’ils soient « à l’égal de ceux de la Banque de France  ». Inquiétées par la multiplication des bons, qui risquent de conduire à l’inflation, les autorités d’occupation poussent au regroupement des émissions et le 18 juillet 1915, elles décrétèrent que les bons de Cambrai, Douai, Lille, Valenciennes seront acceptés partout. Leurs interventions bouleversent l’équilibre des pouvoirs entre le préfet, représentant de l’Etat français, et les autorités municipales, déjà malmené par les circonstances (Hilaire, Trénard (dir.) 2011)7. Les tensions se manifestent aussi entre les émetteurs de bons et les autorités allemandes dont l’emprise s’accroit et profite des tensions entre les municipalités et le sous-préfet.
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