Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance





télécharger 146.71 Kb.
titreQuelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance
page5/5
date de publication06.11.2017
taille146.71 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > économie > Documentos
1   2   3   4   5

e. Comment la grande distribution accentue-t-elle son rôle de débouché de l’industrie au sein de la société de consommation ?
Si le système économique de l’organisation du mode de vie autour de la société de consommation s’est diversifié et par conséquent fragmenté (cf. ci-dessus), la force de frappe commerciale reste un moteur clé de l’expansion et ainsi une animatrice essentielle du renouvellement et de l’extension de la société de consommation, élargie à de nouveaux espaces sociaux et géographiques à travers le monde.
Or la distribution elle-même change profondément en un quart de siècle. La puissance des centres commerciaux polyvalents s’affirme, en banlieue ou aussi en centre-ville. Les grandes surfaces polyvalentes poursuivent leur marche en avant ; mais elles sont accompagnées par des grandes surfaces spécialisées de plus en plus robustes (communication au sens large, comme la FNAC ; sport et loisirs ; bricolage comme le leader américain Home Depot, avec 250 000 salariés en 2002, etc.). Le groupe Pinault-PPR regroupe ainsi : FNAC, Conforama, Le Printemps, Redcats (avec La Redoute) ; le groupe britannique Kingfisher rassemble du bricolage (le leader anglais B&Q, Castorama) et les meubles (Comet, Darty, Comet). Le petit commerce s’est rénové avec la multiplication des ‘chaînes’ de boutiques affiliées à des marques commerciales ou industrielles, dans l’habillement et la chaussure (comme Vivarte, l’ex-Groupe André, avec André, Orcade-Minelli, Kookaï, Caroll, Creeks, Halle aux Vêtements, Halle aux Chaussures, etc., face aux concurrents européens, dont les cinq premiers : Marks & Spencer, C&A, H&M, Arcadia, Zara), les produits de beauté (l’allemand Douglas, les français Sephora ou Marionnaud), le luxe ou le haut de gamme, etc. Certaines de ces chaînes dépendent d’industriels (l’italienne Benneton, l’espagnole Zara), mais d’autres ne sont que des groupes commerciaux, reliés à des fournisseurs à façon.
A la place du gigantisme standardisé des années 1960-1980, les mots d’ordre sont désormais (comme d’ailleurs dans la banque) : diversité (chaque groupe disposant de plusieurs filières de distribution et marques adaptées à chaque clientèle, comme Carrefour avec les hypermarchés Carrefour, les supermarchés Champion, les boutiques Shopi, Huit à Huit, les supermarchés de discount Ed), afin d’être présent sur tous les segments de marché et capter tous les niveaux de marge bénéficiaire, faible ou élevée ; proximité (d’où le regain des supermarchés au cœur des quartiers et des boutiques, indépendantes – mais ces petits commerçants fréquentent les centres d’approvisionnement en gros comme ceux de l’allemand Metro ou du groupe Carrefour – ou intégrées) ; services (services après-vente, livraison à domicile, cartes de crédit, internet, etc.).
C. Peut-on affirmer que tout est tertiaire ? qu’on est dans une société ‘postindustrielle’ ?
Au tournant du 21e siècle, on peut penser que l’économie tertiaire est dominante. Le ‘tertiaire supérieur’ est devenu un enjeu dans l’aménagement du territoire – car une grande métropole se reconnaît à sa capacité à drainer et conserver des pôles de services de haut niveau – et dans la compétition internationale – car une capitale se doit de garder le siège de pôles de décision internationaux dans les branches des services, fortement créateurs d’emplois, de valeur ajoutée et de revenus.
a. Le tertiaire a-t-il vaincu l’industrie ?
Pourtant, les ‘capitaines d’industrie’ insistent sur le fait que, sans l’industrie, une bonne part du secteur tertiaire perdrait des débouchés énormes, puisque les services aux entreprises sont nombreux et parce que, in fine, la production de biens matériels et leur acquisition restent les clés de la croissance. Sur les 500 premières entreprises françaises en 2001, 228 seulement appartiennent au tertiaire : 56 dans la distribution, 54 dans les services aux entreprises et collectivités, 37 dans les télécommunications et le tertiaire lié aux technologies nouvelles, 35 dans la communication, 20 dans les services informatiques, 14 dans la banque et finance, 12 dans les transports. L’industrie reste un fort levier de la croissance.


Les huit branches les plus créatrices d’emplois en France entre 1991 et 2000

(source : L’Expansion)

Services aux entreprises

888 000

Santé, action sociale

301 000

Commerce de détail

190 000

Hôtels et restaurants

171 000

Activités informatiques

153 000

Activités récréatives, culturelles, sportives

132 000

Transports terrestres

109 000

Services auxiliaires des transports

75 000




Parmi les 20 plus importantes entreprises françaises en 2000 par le chiffre d’affaires figurent 12 firmes tertiaires :

1. TotalFinaElf

2. Carrefour

4. Vivendi Universal

6. Suez

8. France Télécom

9. Intermarché-Groupement des Mousquetaires

12. Pinault-Printemps-Redoute

14. Leclerc

15. Auchan

15. Leclerc

17. Rallye (Casino)

18. SNCF

19. Bouygues (BTP mais avec aussi communication, télécommunications et gestion de services publics)


b. Pourquoi la limite entre industrie et tertiaire devient-elle floue ?
Cependant, cette troisième révolution industrielle intrigue car la frontière entre industrie et tertiaire devient confuse : beaucoup de groupes industriels multiplient leurs activités de services. General Electric proclame son désir de devenir une société de services, ajoutant une ample part de prestations (maintenance, gestion, ‘vente de solutions’ complètes par la conception de l’architecture d’un système de production ou de transport) à ses livraisons de matériels (réacteurs, équipements électriques). Les industriels, du coup, conçoivent de plus en plus leur relation avec leur client dans le cadre d’une prestation ‘globale’, par le biais de l’intégration de la fourniture d’un équipement et de services de conseil, d’ingénierie, en amont, puis de gestion en aval. Les firmes énergéticiennes interviennent désormais ‘au-delà du compteur’, en prenant en charge la gestion des installations de l’entreprise (génie thermique, pôle énergétique, etc.), tout comme les sociétés postales (gestion des flux de courrier). Les producteurs de moyens de transport ferroviaire et de centrales thermiques en deviennent souvent aussi les gestionnaires (dans le cadre de contrats à long terme) ; les fournisseurs d’équipements informatiques se veulent dorénavant des firmes de services où la part du conseil et de l’ingénierie devient prépondérante, par le biais de ‘solutions globales’ destinées à promouvoir la réorganisation du mode de fonctionnement de la firme générée par l’introduction de nouveaux matériels informatiques ; c’est le cas ainsi d’IBM (qui a acheté la firme de progiciels Lotus) où les prestations de services assurent plus d’un tiers du chiffre d’affaires en 2001. D’ailleurs, les firmes d’ingénierie technique (la française Technip, l’américaine Bechtel, etc.) sont à la fois des industriels concevant des ensembles et systèmes productifs et des pépinières de matière grise, tout comme les firmes de prospection pétrolière mêlent technicité industrielle et ingénierie (Schlumberger, etc.).
On ne sait plus ce qu’est un industriel ! Tertiaire et industrie s’entremêlent… La part des prestations de services dans le chiffre d’affaires des firmes industrielles devient substantielle, soit par croissance interne, organique, soit par croissance externe. Des filiales de services acquièrent même une telle importance au sein certains groupes industriels qu’elles s’érigent en véritables grandes entreprises en soi : le groupe de travaux publics Vinci dispose ainsi de Vinci Park, qui gère des dizaines de milliers de places de parcs automobiles, tandis que plusieurs filiales gèrent des équipements collectifs que la firme a construit et gère ensuite en concession (autoroutes, ponts, etc.). Le groupe d’électrotechnique General Electric est devenu un géant tertiaire en laissant ses filiales financières se déployer mondialement (crédit-bail pour avions ; General Electric Capital Services, lancée pour aider les acheteurs de matériels à les financer, et désormais un géant du crédit à la consommation) et lui procurer la moitié de son chiffre d’affaires ! Les firmes automobiles mobilisent leur réseau commercial pour y multiplier les services aux clients et l’offre de crédit et d’assurance et Peugeot dispose même d’une grosse filiale de transport routier pour ses voitures et ses pièces, Gefco. La quête de la proximité vis-à-vis du marché (pour en détecter les mutations), de débouchés ‘captifs’ et d’une plus grande part de la marge bénéficiaire explique la percée vers l’aval, comme les pétroliers dans la distribution (stations services, vente de fioul) pour contrer la grande distribution, comme Saint-Gobain, dotée depuis les années 1990 d’une branche de négoce de gros (Poliet, etc.).
Souvent, le cœur d’activité des firmes industrielles ressemble à une gestion de l’immatériel tant la fabrication des produits elle-même est sous-traitée ou déléguée à l’extérieur, ce qui en fait des entités de conception, d’ingénierie, de gestion de flux. Par ailleurs, la percée des marques de distributeur au sein de la grande distribution et des chaînes de boutiques affiliées fait des groupes commerciaux de plus en plus des ‘donneurs d’ordre’ qui font fabriquer des produits par des fournisseurs industriels – un peu comme le faisaient les négociants pendant la première révolution industrielle… La réalité du fonctionnement de l’économie fait s’estomper la limite entre industrie et tertiaire : dans le ‘secteur marchand’, si les services rendus à l’industrie se développent largement, les services au client assumés par l’industrie deviennent aux aussi nombreux.
Inversement, le tertiaire se pare des atours de l’industrie… Comme celle-ci, la distribution génère par elle-même une économie des services, car la troisième révolution industrielle consiste pour elle dans l’incorporation de principes de gestion industriels, notamment les économies d’échelle et, parfois, le ‘zéro stock’. D’énormes plates-formes d’entreposage et de redistribution aux magasins sont constituées par la grande distribution, qui doit comprimer les frais logistiques, ce qui explique d’ailleurs le mouvement de concentration au nom de la rationalisation des investissements (Carrefour et Promodès, Auchan et Docks de France, alliance entre Leclerc et Système U, etc.) ; Easidys, qui gère les 44 entrepôts de Casino en France (avec 2 500 camions), est le troisième logisticien du pays, derrière Geodis (SNCF) et Hays, mais ITM Logistique International, la filiale du groupe Intermarché anime 45 bases en Europe (avec 2 000 semi-remorques). La gestion de certains pans de ces plates-formes est externalisée quand des groupes la délèguent à des transporteurs logisticiens responsables de l’approvisionnement d’un espace plurirégional dans un pays. Par ailleurs, la gestion informatisée des flux, ventes, stocks, génère une sous-économie des services informatiques pour les groupes commerciaux, ce qui facilite notamment le passage des commandes ‘en juste à temps’ auprès d’industriels eux-mêmes adaptés à ce mode de fonctionnement en flux tendu, tant pour leurs usines locales que pour leurs fournisseurs étrangers. De même qu’on parle de plus en plus ‘d’industrie bancaire’ – à cause des gros investissements en informatique et en réseaux –, on peut parler d’une ‘industrie tertiaire’, à cause de cette économie de la logistique, consommatrice d’équipements (entrepôts, télétransmission, transports par norias de camions, etc.). Le tertiaire génère ainsi de plus en plus du tertiaire !
The services sectors played some key roles in the first industrial revolution as wholesale trading provided main initiatives in the emergence of several industries and as railway services was a cornerstone of that aupward move. Although industry prevailed as the basic force of the second industrial revolution, services were an essential stimulus to industrial growth either within large integrated industrial firms themselves or more and more owing to consulting and engineering supply functions to companies. As the consumer society gathered momentum huge services sectors enlarged their scope (retail sales, urban services). One can say that the third industrial revolution has been sustained by services : many firms are externalising large parts of their non-core activities ; services to personal welfare, to entertainment, to city life are asserting themselves as major leverage forces to growth and job offer. That supposed postindustrial society depends anyway on industry developments to sustain its services economy ; but the border between industry and services gets blurred as both sectors present mixed aspects.


1   2   3   4   5

similaire:

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconCroissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle...
«sociologique», rôle accru de l’Etat, rôle moteur des services collectifs. Ce thème sera repris au tournant du xxème siècle à travers...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconEssaire. Format des ressources
«autre» sur les enseignements et sur vos élèves que les outils de cette banque offrent. Ils cherchent à interroger les compétences...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconQuelques types de jeux (les plus vendus sur le marché actuellement)
«publicité intelligente» : en fonction de nos recherches documentaires, de notre profil, publicité ultra ciblée

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconIV. La vie politique en France, thème 4 : La Vème République à l'épreuve de la durée
«années Mitterrand», «années Chirac» dans le contexte d’absence de forte croissance depuis la fin des années 1970. Comprendre et...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconCours 1944-1946 Quelle est la fonction du général ? Président du...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconProgramme de seconde le programme
«évolution heurtée», par à-coups, en fonction des progrès des systèmes de production (ex révolution néolithique entre 10000 et 5000...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance icon1. caractéristiques du secteur de la grande distribution
«loi cadenas» à cause des dispositions qui ont limité la croissance des enseignes des hypermarchés en France. Cette loi a de fait...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconL’Initiative de recherches stratégiques et interdisciplinaires (iris) Etudes globales de
«area studies», en prenant l’Asie plutôt que l’Europe comme point de départ et point de référence et sur la très longue durée

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconRenee et Sinan célèbreront leur union le weekend des 13 et 14 juin...
«Jardins de Roquelin» à quelques pas de Meung sur Loire. Ce savant mélange de roses anciennes saupoudrées dans un jardin à l’anglaise...

Quelques mises au point sur la fonction des services dans la croissance iconRéflexions sur le caractère de quelques princes et sur quelques événements de leur vie
«premier jet» (expression elle-même contestable, à une époque où la composition est d’abord en grande partie mentale), ont disparu,...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com