Chapitre 1 Le processus migratoire de la fin du 19ème jusqu’en 1914





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SYNTHESE DE COURS
Histoire de l’immigration en France

Introduction :
Le territoire français n’a jamais été un vase clos : des invasions barbares de la fin de l’Antiquité jusqu’aux migrations pacifiques de l’époque contemporaine, des groupes humains plus ou moins importants passèrent ou s’établirent dans l’Hexagone.
A compter de la moitié du 19ème siècle on assiste à plusieurs grandes vagues migratoires en provenance des pays limitrophes ou voisins de la France (Italiens, polonais, Belges, Espagnols). Par la suite la vague européenne va laisser place à un afflux de populations différentes : maghrébins, turcs, africains et asiatiques.
Aujourd’hui 20 % des personnes nées en France possèdent au moins un parent ou un grand parent ayant immigré au cours du siècle écoulé.

Quoiqu’il en soit l’immigration fut et reste un des problèmes fondamentaux auxquels est confrontée la société française.
Selon les moments et les hommes en charge de l’autorité, l’accueil se révéla tour à tour libéral ou restrictif, généreux parfois ou hostile à certains moments. Face à l’immigration, on ne peut que constater une absence de consensus : si certains Français tiennent le droit d’asile pour un devoir et l’immigration économique pour une nécessité, d’autres au contraire attribuent toutes les difficultés du pays à la présence étrangère et récusent le bien fondé de celle-ci

CHAPITRE 1

Le processus migratoire de la fin du 19ème jusqu’en 1914



Les origines du phénomène :

L’anémie de la population française :



En 1876, la France comptait 36,9 millions d’habitants, en 1911 il était de 39,6 millions.

Tout le 19ème siècle va constater le déclin de la démographie française, les familles ont un comportement malthusien (2,2 enfants par famille) et le taux de natalité est relativement faible (18,8 pour mille entre 1911 et 1913).

La situation économique de la France :



La tendance globale est à la croissance, et l’année 1890 marquera la sortie d’une crise dépressionnaire (1880/1890). La reprise économique sera tangible grâce au développement industriel. Ce sont dans les secteurs modernes que le taux de croissance sera le plus important (électricité, caoutchouc, métallurgie : + 6 à 9 %), les secteurs traditionnels connaissent également ce phénomène mais de manière plus mesurée (+ 2 à 3 % - mines, textiles, alimentation).

Pour l’année 1913/1914 la France assure 7 % de la production planétaire et se classe au rang de 4ème puissance mondiale.

Cette économie en plein essor exige de la main d’œuvre (création de 1 600 000 emplois industriels entre 1901 et 1911). L’immigration semble être le remède le plus apte pour introduire des hommes jeunes dans le système productif. Aussi pour permettre aux étrangers de s’installer en France, une loi est adoptée le 26 juin 1889 afin de définir les modalités d’accès à la nationalité française : tout individu né en France de parents nés à l’étranger devient français à sa majorité sauf s’il le refuse expressément

Les caractères de la population immigrée avant 1914 :



Le groupe national le plus important est celui des Belges (46,7 % de la population étrangère en 1876). Viennent ensuite les italiens (qui prendront la 1ère place en 1901), les espagnols et les suisses.

89 % des étrangers présents sur le territoire national viennent de pays limitrophes de la France. La population étrangère est essentiellement jeune et masculine, elle est employée majoritairement dans l’industrie et affectée à des tâches pénibles, dangereuses ou répétitives (les Belges travaillent le plus souvent dans l’industrie textile, les italiens dans le bâtiment ou les mines).

CHAPITRE 2

La vague migratoire des années 20



Les conséquences de la guerre rendent inéluctable le recours à l’immigration, cependant la présence de nouveaux arrivants souleva de nombreux problèmes économiques et politiques, ainsi l’immigration se trouve au cœur d’un grand débat national.

Section 1 : Le bilan de la Grande Guerre



Sur 8 millions de Français mobilisés, 1 400 000 sont morts et l’on dénombre 3 millions de blessés parmi les survivants.

La population active masculine est ponctionnée à hauteur de 10, 5 %.

La main d’œuvre nationale est insuffisante pour répondre tant aux besoins de l’industrie que des travaux publics. Il faut donc recourir à l’immigration. Cependant cette immigration doit répondre à un certains nombres de critères qui vont conduire à mettre en place une sélection des demandes d’accueil

Section 2 : La recherche d’une sélection




Les nationalités indésirables :


Selon une idée largement partagée, il importe de réduire au maximum la part de la main d’œuvre coloniale et exotique (« trop lents, moralité contestable, difficultés d’adaptation …).

Vif rejet quant aux chinois (joueurs effrénés, voleurs incorrigibles, fumeurs d’opium, pourris de maladies …), aux allemand (les boches), et aux russes (peur du rouge, du bolchevik).

« Les bons immigrés » :


Le classement prioritaire établit par le gouvernement affiche les préférences suivantes : Les italiens du Nord (sobres, vigoureux, actifs), les polonais, les tchécoslovaques, les portugais, les espagnols, les grecs.

En 1924, à l’initiative de différentes associations industrielles et agricoles, est créée la Société Générale d’Immigration, chargée de la sélection, de l’embauche et de l’acheminement de la population étrangère au profit de tous les employeurs qui en faisaient la demande. Cette institution va acquérir le quasi-monopole du recrutement collectif en France (400.000 travailleurs entre 1924 et 1930).

Parallèlement vont se développer des agences d’immigration clandestines qui font rentrer des immigrés en fraude, et qui de plus leur vendent de faux papiers (fausse identité, faux contrats de travail).

La massification du phénomène entre 1920 et 1930 :



Si la part des Belges et des Suisses tend à diminuer, celle des italiens se renforce significativement (30 % des étrangers en France).

En 1931, sur une population totale de 41 800 0000 personnes la population étrangère représentait 7 % soit 2 890 923 personnes.

Les étrangers dans les grands débats des années 20 :


Entre 1920 et 1930 des crises économiques ponctuelles ainsi que des crises politiques vont se faire jour, et les étrangers seront alors souvent mis en cause.

La Gauche affichait une vive sympathie pour les étrangers, et s’indignait de la répression policière contre les immigrés et des expulsions injustes.

Evolution du droit de la nationalité :


La loi adoptée le 10.08.1927 n’a pas d’autre finalité, selon son rapporteur (Mallarmé), que d’accroître la population nationale. Aussi cherche-t-elle à accorder de manière automatique la nationalité française aux enfants nés de parents étrangers sur le sol français, en outre elle assouplit les conditions d’accès à la naturalisation. Enfin, une femme française épousant un étranger n’est plus déchue de sa nationalité sauf si elle souhaite adopter la nationalité de son époux. Entre 1927 et 1940, il sera fait droit à 452 000 demandes de naturalisation.

Section 3 : La vie quotidienne entre les deux guerres




L’immigration une réalité au quotidien :


L’étranger devient à cette période une réalité familière pour les français (3 millions d’étrangers en 1930).

Les noyaux numériques les plus importants se rencontraient dans les vieux centres urbains ou dans les quartiers populaires dans lesquels les loyers restent abordables. Les nouveaux venus se groupèrent aussi dans les banlieues (ex : Le Nogent des Italiens, doublement de la population italienne entre 1911 et 1931).

Les immigrés qui n’étaient pas logés par leurs employeurs étaient souvent réduits à s’entasser dans des espaces confinés (chambres meublées) dépourvus de tout confort et souvent en proie à l’insalubrité.

L’état sanitaire des immigrés était le plus souvent déplorable (outre les accidents du travail, ils étaient frappés par des affections respiratoires diverses, par la tuberculose, par des maladies vénériennes).

En conséquence, la fréquence et la longueur des séjours hospitaliers des immigrés seront supérieurs à ceux des nationaux.

Défense identitaire :


L’immigration reste fortement marquée par un caractère temporaire, aussi pour atténuer les effets de la « transplantation », les étrangers essayaient de se rassurer en se groupant, c’est ainsi qu’apparaissent des entités spatiales qui leur sont propres (« petites italies », « petites espagnes »), à l’intérieur de ces quartiers individualisés les habitants se rencontraient dans des lieux où peu de français s’aventuraient. Les usages traditionnels restaient vivants. Dans ces milieux clos, la langue et la culture d’origine se maintenaient.

Chapitre 3 : De 1930 à 1945.




Section 1 : 1930/1940 ou le temps des crises



Les conséquences de la crise de 1929 provoqueront un renforcement des tensions sur le marché du travail, les étrangers se trouvèrent rejetés et durent traverser de rudes épreuves. En 1935, le chômage touche 16 % de la population active soit environ 2.000.000 de personnes, les étrangers sont les victimes toutes désignées de la situation et une vague xénophobe sans précédent va déferler sur la France.

La vague d’antisémitisme des années 30 :


Certains partis politiques, proches des milieux conservateurs, préconiseront des mesures drastiques à l’encontre des juifs de France : dénaturalisation voire dénationalisation, définition d’un statut propre aux juifs visant à les exclure de la fonction publique et des activités culturelles.
Les tensions sur la scène internationales mais aussi les difficultés rencontrées par la France finirent par provoquer un sentiment hostile à l’encontre de ces personnes déracinées.

Section 2 : Les étrangers pendant la seconde guerre mondiale - Drames et héroïsme -




Vichy et la politique d’exclusion des étrangers :


Vichy donnera une existence légale à l’anti-sémitisme des années 30, en fixant le statut des juifs par une loi adoptée le 2 Juin 1941. Le 22 juillet 1940 est initié le processus de révision des naturalisations accordées depuis 1927, et 15 154 personnes dont 6000 juifs seront déchus de la nationalité française.

Les premières rafles débutent en zone occupée en 1941. La rafle du Vel’ d’Hiv organisée le 16/07/1942 avec la collaboration de la Police Française et des forces collaborationnistes (soit 900 équipes d’arrestation) fera 12884 victimes dont 5802 enfants et 4051 femmes.

Au total 76 000 juifs seront déportés vers les camps de la mort entre 1941 et 1944.

Le rôle des étrangers dans la victoire des Alliés :


Il importe de remarquer que les étrangers se sont largement impliqués dans les réseaux de la résistance (notamment les espagnols), ainsi la résistance n’a jamais été purement française ; ensuite ils jouèrent un rôle significatif au sein des forces armées tant au niveau des affrontements directs que des opérations de libération.

Chapitre 4 : L’immigration en France depuis 1945




Section 1 : Le bilan de la Seconde Guerre Mondiale



La reconstruction nécessite de la main d’œuvre, aussi les pouvoirs publics vont chercher à organiser l’immigration en France, pour ce faire deux textes vont rapidement être adoptés : il s’agit de l’ordonnance du 19.10.1945 consacrée au Code de la Nationalité, et de celle du 2.11.1945 qui fixe les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France.

Section 2 : Les grands rythmes de l’immigration française depuis 1945




De 1945 à 1955 : une période de stagnation


Jusque dans les années 50, le mouvement migratoire ne reprend pas son ancienne ampleur. Les français qui prenaient conscience de l’insuffisance de la population nationale préféraient reconstituer celle-ci par une reprise de la natalité plus que par un recours à l’immigration.

De 1955 à 1974 : les vingt glorieuses de l’immigration


Au milieu des années 50, la France connaît une phase d’expansion économique. Or, la population active française est insuffisante : sur le marché du travail se présentent les classes d’âge creuses, l’allongement des études rallonge l’entrée des jeunes dans la vie active, et la guerre d’Algérie mobilisera les forces vives de la nation (en 1956, 500 000 hommes sont mobilisés en Algérie, envoi du contingent).

Aussi le IIIème plan, couvrant les années 1958/1961 précisa que l’introduction de travailleurs étrangers ne devait plus être envisagée comme « un palliatif […] mais comme un apport continu, indispensable à la réalisation des objectifs économiques.

Les autorités firent durant cette période preuve d’un grand laxisme et laissèrent les entrées, ainsi que les embauches s’effectuer selon les lois de l’offre et la demande.

La vague migratoire durant ces 20 ans fut telle que la population étrangère avait en 1975 retrouvée son pourcentage de 1931.

A l’intérieur de ce flot migratoire, la répartition par nationalité connut des mutations importantes : les italiens conservèrent une forte représentation en chiffres absolus (463 000 en 1975), mais ils furent moins nombreux à venir en France en raison du développement économique de l’Italie (au nord notamment). L’immigration ibérique et maghrébine prit un grand essor. Ainsi en 1974, les immigrés d’origine méditerranéenne représentaient 86 % du total des étrangers.

Certaines études ont mis en évidence que depuis 1945 les étrangers ont construit en France plus de la moitié des logements de l’après guerre, et que sur 100 kilomètres d’autoroutes 90 sont attribuables à des travailleurs étrangers.
Immigration familiale et natalité :

A la fin des années 60, l’immigration familiale prit un essor de plus en plus marqué. Le rajeunissement de la communauté immigrée fit augmenter le nombre de naissances enregistrées en France, le poids des étrangers dans la natalité légitime atteignit les 10 % au début des années 70, au moment où chutait la natalité autochtone.
Répartition spatiale des immigrés et habitat:

Les principales destinations des étrangers dans les années 70 correspondent avec la France urbanisée et industrielle (région parisienne, PACA, région lyonnaise, Nord-Est et Nord Pas de Calais). Les conditions de logement faites aux immigrés se révèlent généralement médiocres. La gravité de cette situation fut dénoncée par les médias, et dès 1964 le FAS (fonds d’action sociale) s’occupa en priorité de l’amélioration du logement. Cette même année, des plans de suppression des bidonvilles furent préparés, et les anciens habitant des taudis reçurent des appartements dans des cités de transit. Des associations alimentées par des fonds publics (par exemple la SONACOTRA : société nationale de construction de logements pour les travailleurs) furent constituées pour bâtir des foyers réservés aux célibataires.
Les étrangers : une population en devenir depuis 1974

Depuis le milieu des années 70, la France subit une crise économique qui l’a conduit à modifier son appareil productif et à supprimer de nombreux emplois non qualifiés De plus, depuis 1974 il a été décidé d’un arrêt officiel de l’immigration. Ainsi, la période 75/82 se caractérise par un net ralentissement de l’immigration, et la phase suivante 82/90 par une légère décrue des effectifs. En vérité, depuis l’arrêt officiel de l’immigration, un appréciable mouvement d’entrées s’est maintenu depuis 1974 : entre 75 et 86, 830 000 étrangers (hors immigrants algériens) ont vu leur situation « régularisée » notamment au titre du regroupement familial.

Pour les années 90, environ 100 000 étrangers sont devenus français annuellement soit par le biais de la naturalisation, d’un mariage mixte, ou de l’octroi automatique de la nationalité française à des enfants nés en France dont l’un des parents y est lui-même né (« double droit du sol »).
Aujourd’hui on constate que l’Afrique constitue désormais, avant l’Europe, la première ère géographique de provenance des étrangers.

Les réponses politiques aux inquiétudes de l’opinion depuis 1974


La montée du chômage, la visibilité de certains étrangers, les heurts de la vie quotidienne ont réveillé des préventions contre les immigrés.

De nombreux sondages effectués depuis le début des années 80 ont permis de préciser la nature des craintes, des griefs et des exigences formulés dans le grand public, et beaucoup considèrent qu’au-delà d’un certain pourcentage (« seuil de tolérance ») de présence étrangère les affrontements deviennent quasi inéluctables. En 1989, 74 % des français estimaient que ce seuil était atteint, et pensaient que la France risquait de perdre son identité nationale.

La montée du racisme


Selon Michel Hannoun, député de l’Isère, « La France n’est pas raciste, mais il y a des racistes en France ». Aussi chaque année la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme dresse un bilan des menaces racistes mais aussi des actes de violence motivés par un rejet de l’autre. Le racisme implicite ou affiché se manifeste sous différentes formes : certains commerçants, cafés, restaurants, boîtes de nuit refusent de laisser entrer des gens de couleur. La discrimination à l’embauche est aussi une réalité.

Outre ces pratiques, certains actes de violence, relativement rares toutefois, tendent à démontrer qu’il existe en France des pratiques extrêmes : incendies de foyers SONACOTRA, tentatives de destruction des lieux de cultes (mosquées, synagogues), et malheureusement agressions contre des personnes : l’un des faits marquants des années 90 fut la noyade d’un Malien à Paris organisée par 7 hard rockers qui voulaient se « payer un noir ou un arabe »….

Les sondages démontrent que les principales victimes du racisme sont les Maghrébins.

Les réseaux communautaires :


Les réseaux construits sur des bases ethniques rassemblent des personnes poursuivant des objectifs communs, plus ou moins précisés selon le degré d’organisation du groupe.

La perception des points de ressemblance immédiats : origine et apparence, âge, voisinage, entraînent des rassemblements assez frustres, particulièrement dans les grands ensembles.

CHAPITRE 5

Les immigrés en devenir



Les immigrés se trouvent ordinairement dans un « entre deux socio-culturel ». Ils restent fidèles à des comportements et une identité d’origine, amenés de leur pays ou transmis par les parents. Mais, dans le même temps, la vie en France, l’éducation et la socialisation des jeunes dans notre pays, transforment plus ou moins profondément les modes de pensée et les pratiques. L’interaction de tous ces facteurs explique la complexité des évolutions que connaissent les immigrés. Mais, quelles qu’en soient la vitesse et la profondeur, ce sont des modifications sociales et culturelles majeures qui s’opèrent.

Les espaces ethniques :


Les Français fixent fréquemment leur attention sur telle banlieue de grande ville ou quartier central dans lesquels domine une population immigrée d’origine plus ou moins homogène.

Les quartiers dits ethniques se sont parfois constitués en fonction d’une stratégie délibérée de regroupement. Dans ce cas, une chaîne migratoire organisée relie un lieu de départ et un lieu d’arrivée. Ce sont souvent de vieux centres urbains qui possèdent un parc immobilier de médiocre qualité, proche des lieux de travail. Il apparaît ainsi que le regroupement ethnique peut résulter autant de la volonté des intéressés que d’une forme d’exclusion socio-géographique.

Les grands ensembles de HLM des banlieues sont souvent vus comme des exemples de quartiers ethniques. Là vivent en effet 28 % des ménages étrangers, avec une forte représentation de certaines nationalités : 43 % des algériens, 44 % des turcs. Or, ces zones d’habitat social fortement marquées par l’immigration ne sont pas nées à l’initiative de leurs hôtes actuels : elles résultent essentiellement d’une politique d’attribution des logements sociaux par l’administration. Celle-ci profitant dès les années 60, du départ progressif des locataires français dont le niveau de vie s’améliorait, a dirigé vers les grands ensembles les anciens habitants des bidonvilles et des cités de transit, ainsi que les nouveaux arrivants des années 70 et les familles nombreuses souvent d’origine maghrébine. C’est cette réunion mise en œuvre par l’Administration, « productrice d’ethnicité », qui a conduit les résidents à essayer de reconstituer des réseaux communautaires.

Les réseaux communautaires :


Les réseaux construits sur des bases ethniques rassemblent des personnes poursuivant des objectifs communs, plus ou moins précisés selon le degré d’organisation du groupe.

La perception des points de ressemblance immédiats : origine et apparence, âge, voisinage, entraînent des rassemblements assez frustres, particulièrement dans les grands ensembles. Cette vie communautaire s’incarne surtout dans les bandes de jeunes qui, à partir de leurs codes de langages, de leurs tenues vestimentaires, de leurs goûts musicaux, essayent de bâtir une identité collective rassurante en regard des difficultés de la vie quotidienne. Ces bandes s’approprient certains espaces, y imposent leurs règles, et s’opposent souvent de manière violente à d’autres bandes.

Chez les adultes les comportements communautaires s’enracinent dans une même origine ethnique ou nationale : l’objectif est de maintenir une identité.

Pratiques sociales et intégration :


L’analyse de la vie sociale des immigrés montre qu’ils se trouvent généralement dans une situation inférieure à celle des Français.

Blocages du niveau de vie des immigrés :


Exclusion et précarité : Particulièrement frappés par la crise économique et le chômage, les immigrés vivent souvent dans une précarité accrue surtout quand ils sont plusieurs enfants eux-mêmes sans emploi. Cependant le choc des difficultés matérielles peut se trouver atténuer par une plus grande solidarité familiale et communautaire (il y a moins de SDF chez les immigrés).

Santé : Relativement à l’état sanitaire des populations immigrées, on remarque que le SIDA touche significativement les populations noires (en général pathologie d’apport et non pas d’acquisition). Les maladies mentales, surtout les psychoses et les dépressions névrotiques associées à des plaintes hypocondriaques sont des révélateurs des difficultés d’adaptation à la vie française.

Depuis une dizaine d’années, les médecins ont constaté une recrudescence du saturnisme chez les enfants (intoxication contractée par le plomb contenu dans certaines peintures utilisées dans les logements anciens et vétustes).

Le logement : point central de la vie privée, véritable marqueur social par sa localisation géographique, révélateur de la sédentarisation des immigrés, il détermine en partie le rapport quotidien à la société, donc le degré d’insertion. En ce domaine règne la plus grande diversité. Les chiffres globaux montrent que les étrangers sont moins souvent propriétaires que les Français.

Les conditions de confort sont aussi moindres, le surpeuplement des logement chez les immigrés étant de l’ordre de 30 %.

L’évolution des structures familiales :


Un très net ébranlement des structures familiales traditionnelles s’opère dans le monde de l’immigration. Certes la famille patriarcale n’a pas disparu mais d’une manière générale l’emprise du père et des modèles coutumiers se relâchent. Cette évolution est prégnante chez les jeunes (ex : le mariage est souvent un sujet de conflits : les jeunes refusent de plus en plus les unions de convenance et veulent se déterminer librement : 11 % de mariages mixtes souvent vécus par les familles comme un renoncement de leurs enfants à une identité, 34 % de jeunes filles issues de l’immigration algérienne et nées en France n’ont pu choisir leur mari).

L’Islam en France




La fragmentation de l’Islam en France :


L’Islam se présente en France comme une véritable mosaïque, et cette diversité tient à la diversité des origines nationales et ethniques des musulmans. Cette fragmentation se retrouve dans les institutions (Conseil Consultatif des Musulmans de France, Fédération Nationale des Musulmans de France, Union des organisations islamiques de France, Groupement islamique de France, etc…) et ce malgré une tentative de conciliation et de fédération des différents mouvements entreprise par les pouvoirs publics cherchant à organiser l’Islam de France.

Le réveil d’une identité musulmane :


Ce réveil revêt tout d’abord une dimension psychosociale. Les immigrés de la première génération arrivent progressivement à l’âge de la retraite et, comme les personnes de la même génération appartenant à d’autres confessions, ils cessent d’être des fidèles « sociologiques » et retrouvent une pratique plus régulière. En outre, certains adultes redoutent les effets du relâchement des structures familiales ce qui entraîne un repli vers les valeurs traditionnelles comprises comme sources de sécurité.

La prise de conscience identitaire favorisée par ces crises coïncida avec la retombée du mouvement beur des années 80 et le déclin des espoirs suscités par la naissance de nombreuses associations de banlieues. Ces associations manquaient souvent de moyens et n’avaient guère amélioré la situation sociale et professionnelle des jeunes dont elles s’occupaient. Un tel contexte se révélait très favorable à la propagande religieuse. L’Islam rencontrait une masse d’individus déçus, désorientés, se sentant exclus ou méprisés. Les prédicateurs pouvaient alors présenter la religion comme un instrument de valorisation et de revanche sociale. Mais on peut se demander s’il n’est dès lors pas devenu une référence plus idéologique et identitaire que strictement religieuse.

Conclusion :



Depuis un siècle la France a accueilli des vagues successives d’immigrés. Ceux qui restèrent s’intégrèrent progressivement et leurs enfants, en tout cas, devinrent des citoyens généralement comparables aux Français de souche. Mais des difficultés étaient sans cesse réactivées par le caractère répétitif du phénomène migratoire : tandis que les représentants d’une génération ancienne d’immigrés s’inséraient dans la société française, une nouvelle génération arrivait et se trouvait à son tour confrontée aux problèmes de leurs prédécesseurs. Aujourd’hui les personnes d’origine belge, italienne, arménienne, russe, espagnole, polonaise, russe ne se singularisent plus dans le contexte national. Quand les Français parlent des immigrés, ils évoquent surtout les derniers arrivés, les Maghrébins, les Africains noirs et les Turcs.

L’appartenance de nombreux immigrés à l’Islam amène certains Français à expliquer les difficultés actuelles par l’origine religieuse de ces personnes. Or, en leur temps, les étrangers de culture chrétienne se heurtèrent aussi à de sérieux obstacles sur la voie de l’adaptation et à de sévères critiques autochtones. En fait, c’est la prise de conscience d’une différence plus ou moins marquée entre les nationaux et les immigrés qui fait naître des tensions. A ce sentiment de différence s’ajoutent des facteurs qui influencent le jugement :le poids de la conjoncture économique, et de la perception d’intérêts à préserver, les attaches idéologiques et religieuses, le lieu de résidence, le niveau social et culturel, la nationalité des étrangers que l’on côtoie et la catégorie à laquelle il appartiennent : travailleurs, réfugiés, intellectuels, résidents fortunés. De la sorte, le comportement des Français est gouverné par une combinaison d’influences et l’idée d’un seuil unique de tolérance. Ainsi l’opinion fluctue selon une sorte d’échelle mobile variant selon les circonstances.

Aujourd’hui tous les Etats de la Communauté européenne sont tous plus ou moins confrontés au problème de l’immigration. Les Européens éprouvent des inquiétudes face aux quelques 8 millions d’étrangers, clandestins non compris, qui ne sont pas ressortissants de l’Union et qui vivent au sein de celle-ci. Les craintes qu’éprouvent les ressortissants de l’Union et leurs interrogations identitaires s’expriment vigoureusement dans le discours des partis nationaux-populistes et d’extrême droite, elles se traduisent par la montée du Front National en France, des attentats xénophobes en Allemagne, la victoire de Berlusconi en Italie.


ANNEXES

LES CHIFFRES DE L’IMMIGRATION EN France

(Source INSEE)




Nombre d’immigrés en France 4 308 527 (env. 4,5 millions)


  • En 1900, les étrangers représentaient 2,6 % de la population

  • En 1950, les étrangers représentaient 4 % de la population

  • En 1975, les étrangers représentaient 6,5 % de la population

  • En 1990, les étrangers représentaient 6,3 % de la population

  • En 2005, les étrangers représentaient 7,4 % de la population


Les clandestins : personnes entrées illégalement sur le territoire national

Selon le Ministère de l’Intérieur ils seraient entre 200 000 et 400 0000.
Les « sans-papiers » : personnes entrées légalement sur le territoire national puisque disposant alors d’un titre de séjour, mais pour lesquelles ce titre de séjour n’a pas été renouvelé.

En 1982, 132 000 personnes ont été régularisées (sur 145 000 demandes)

En 2000, au titre de la circulaire et de la loi Chevènement (11.05.98) 100.000 personnes ont été régularisées.

En 2004, 12 400 personnes en situation irrégulière ont été régularisées.
Les chiffres du regroupement familial :

(ne sont pas comptabilisés les ressortissants de l’Union Européenne)
Au titre du regroupement familial, les entrées suivantes ont été enregistrées :

  • 1990 : 36 949

  • 1995 : 14 360

  • 2000 : 21 404

  • 2003 : 26 768


71 % des arrivants venaient d’Afrique (dont 60,5 % du Maghreb), 14,2 % étaient issus de l’Europe hors communauté (dont 10,3 % de la Turquie), 7,5 % provenaient d’Asie.


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