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«révolutionnaires» irréfléchis et semaient la méfiance à l'égard des chefs fermes et résolus. Et c'est seulement grâce à une lutte opiniâtre, implacable, contre les éléments démagogiques de tout genre et de tout ordre au sein du socialisme, que le so­cialisme allemand a tant grandi et s'est fortifié. Or, en cette période où toute la crise de la social-démocratie russe s'ex­plique par le fait que les masses, spontanément éveillées, n'ont pas de dirigeants suffisamment préparés, développés et ex­périmentés, nos sages viennent nous dire sentencieusement avec la profondeur de pensée d'un Gribouille: «C'est chose fâcheuse lorsqu'un mouvement ne vient pas d'en bas!»

«Un comité d'étudiants n'est pas ce qu'il nous faut: il est instable.» Tout à fait juste. Mais la conclusion qui en découle, c'est qu'il faut un comité de révolutionnaires professionnels, ouvriers ou étudiants, peu importe, ils sauront faire leur édu­cation de révolutionnaires professionnels. Tandis que votre conclusion à vous, c'est qu'il ne faut pas stimuler du dehors le mouvement ouvrier! Dans votre ingénuité politique, vous ne remarquez même pas que vous faites ainsi le jeu de nos économistes et de nos méthodes artisanales. Permettez-moi de vous poser une question: comment nos étudiants ont-ils «stimulé» nos ouvriers? Uniquement en leur portant le peu de connaissances politiques qu'ils avaient eux-mêmes, les bribes d'idées socialistes qu'ils avaient pu recueillir (car la principale nourriture spirituelle de l'étudiant contemporain, le marxisme légal n'a pu lui donner que l'a b c, que des bribes). Il n'y a pas eu trop, mais au contraire trop peu, scandaleusement et hon­teusement peu, de cette «stimulation du dehors» dans notre mouvement; car jusqu'ici nous n'avons fait que cuire plus que de raison dans notre jus, nous incliner trop servilement devant l'élémentaire «lutte économique des ouvriers contre le pa­tronat et le gouvernement». Nous, révolutionnaires de pro­fession, nous devons cent fois plus nous occuper et nous nous occuperons de cette «stimulation». Mais justement parce que vous employez cette expression odieuse de «stimulation du dehors», qui inspire inévitablement à l'ouvrier (du moins à un ouvrier aussi peu développé que vous l'êtes vous-même) la méfiance envers tous ceux qui lui apportent du dehors les con­naissances politiques et l'expérience révolutionnaire, et suscite en lui le désir instinctif d'envoyer promener tous ces gens-là, -vous vous montrez un démagogue; or les démagogues sont les pires ennemis de la classe ouvrière.

Parfaitement! Et ne criez pas trop vite aux procédés «inad­missibles entre camarades» de ma polémique! Je ne songe même pas à suspecter la pureté de vos intentions; j'ai déjà dit que l'on pouvait aussi devenir démagogue uniquement par ingénuité politique. Mais j'ai montré que vous vous étiez laissé aller jusqu'à la démagogie. Et je ne me lasserai jamais de répéter que les démagogues sont les pires ennemis de la classe ouvrière. Les pires, précisément, parce qu'ils attisent les mau­vais instincts de la foule, et qu'il est impossible aux ouvriers peu développés de reconnaître ces ennemis, qui se présentent, et parfois sincèrement, comme leurs amis. Les pires parce que, dans cette période de dispersion et de flottement où notre mouvement se cherche encore, rien n'est plus facile que d'en­traîner démagogiquement la foule, que seules les épreuves plus amères pourront ensuite convaincre de son erreur. Voilà pourquoi le mot d'ordre de l'heure pour
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les social-démocrates russes doit être la lutte résolue contre la Svoboda qui se laisse aller à la démagogie, et contre le Rabotchéié Diélo, qui, lui aussi, se laisse aller à la démagogie (nous reviendrons encore là-dessus*).

«Il est plus facile de repérer une dizaine de têtes douées d'intelligence qu'une centaine d'imbéciles » Cette magnifique vérité (qui vous vaudra toujours les applaudissements de la centaine d'imbéciles) parait évidente uniquement parce que, dans le cours de votre raisonnement, vous avez sauté d'une question à l'autre. Vous avez commencé et vous continuez à parler de l'arrestation du «Comité», de « l'organisation», et maintenant vous sautez à une autre question, au repérage des «racines» du mouvement «en profondeur». Certes, notre mou­vement est insaisissable parce qu'il a des centaines et des cen­taines de milliers de racines en profondeur; mais il n'est pas du tout question de cela. Même maintenant, malgré toutes nos méthodes artisanales, il est impossible de «se saisir» de nous, de nos «racines en profondeur»; et pourtant nous avons à déplorer et ne pouvons pas ne pas déplorer le repérage d'«or­ganisations», qui empêche toute continuité dans le mouvement. Or, si vous posez la question du repérage des organisations et que vous vous en teniez à cette question, je vous dirai qu'il est beaucoup plus difficile de repérer une dizaine de têtes douées d'intelligence qu'une centaine d'imbéciles. Et je soutiendrai cette thèse, quoi que vous fassiez pour exciter la foule contre mon «antidémocratisme», etc. Par «têtes intelligentes », en matière d'organisation, il faut entendre uniquement, comme je l'ai indiqué maintes fois, les révolutionnaires professionnels, étudiants ou ouvriers d'origine, peu importe. Or, j'affirme: 1° qu'il ne saurait y avoir de mouvement révolutionnaire solide sans une organisation de dirigeants stable et qui assure la continuité du travail; 2° que plus nombreuse est la masse en­traînée spontanément dans la lutte, formant la base du mou­vement et y participant, et plus impérieuse est la nécessité d'avoir une telle organisation, plus cette organisation doit être solide (sinon il sera plus facile aux démagogues d'entraîner les couches incultes de la masse); 3° qu'une telle organisation doit se composer principalement d'hommes ayant pour pro­fession l'activité révolutionnaire; 4 °que, dans un pays autocratique, plus nous restreindrons l'effectif de cette organisation au point de n'y accepter que des révolutionnaires de profession ayant fait l'apprentissage dans l'art d'affronter la police poli­tique, plus il sera difficile de «repérer» une telle organisation et 5° d'autant plus nombreux seront les ouvriers et les éléments des autres classes sociales qui pourront participer au mouve­ment et y militer d'une façon active.

J'invite nos économistes, nos terroristes et nos «économistes terroristes**» à réfuter ces thèses, dont je ne développerai en ce moment que les deux dernières. La question de

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* Notons seulement ici que tout ce que nous avons dit au sujet de la stimulation du dehors », ainsi que de tous les raisonnements ultérieurs de la Svoboda concernant l'organisation, se rapporte entièrement à tous les économistes, y compris les « rabotchédiéltsv» qui, ou ont activement pré­conisé et défendu les mêmes façons de voir les problèmes d'organisation, ou se sont égarés là-dessus.

** Ce terme serait peut-être plus juste que le précédent en ce qui concerne la Svoboda, car, dans la Renaissance du révolutionnisme, on défend le terrorisme, et dans l'article envisagé, l'économisme. II y a loin de la coupe aux lèvres! peut-on dire en général de la Svoboda. La Svoboda a d'ex­cellentes aptitudes et les meilleures intentions, et pourtant elle n'aboutit qu'à la confusion principalement parce que, préconisant la continuité de l'organisation, la Svoboda ne veut rien savoir de la continuité de la pensée révolutionnaire et de la théorie social-démocrate. S'efforcer de ressusciter le révolutionnaire professionnel (la Renaissance du révolutionnisme) et proposer pour cela d'abord la terreur excitative et, ensuite, l' «organisation des ouvriers moyens » (Svoboda N° r, pp. 66 et suiv.) aussi peu que possible « stimulés du dehors», c'est en vérité démolir sa maison afin d'avoir du bois pour la chauffer.
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savoir s’il est plus facile de repérer une «dizaine de têtes douées d'intel­ligence» ou une «centaine d'imbéciles» se ramène à la question que j'ai analysée plus haut: une organisation de masse est-elle possible dans le cadre d'un régime strictement clandestin?

Nous ne pourrons jamais donner à une organisation large le caractère clandestin sans lequel il ne saurait être question d'une lutte soutenue où la continuité serait assurée contre le gouver­nement. La concentration de toutes les fonctions clandestines entre les mains du plus petit nombre possible de révolutionnaires professionnels ne signifie nullement que ces derniers «penseront pour tous», que la foule ne prendra pas une part active au mouvement. Au contraire, la foule fera surgir ces révolutionnaires professionnels en nombre toujours plus grand, car alors elle saura qu'il ne suffit pas à quelques étudiants et à quelques ouvriers menant la lutte économique de se rassem­bler pour constituer un «Comité », mais qu'il est nécessaire pendant des années de faire son éducation de révolutionnaire professionnel, et la foule ne «pensera» pas uniquement au tra­vail artisanal, mais précisément à cette éducation. La centralisation des fonctions clandestines de l'organisation ne signifie nullement la centralisation de toutes les fonctions du mouve­ment. Loin de diminuer, la collaboration active de la masse la plus large à la littérature illégale décuplera lorsqu'une «dizaine» de révolutionnaires professionnels centraliseront entre leurs mains l'édition clandestine de cette littérature. Alors, et alors seulement, nous obtiendrons que la lecture des publications illégales, la collaboration à ces publications et même, jusqu'à un certain point, leur diffusion, cessent presque d'être clandestines: la police aura bientôt compris l'absurdité et l'impossibilité de la filière judiciaire et administrative à pro­pos de chaque exemplaire de publications répandues par mil­liers. Et cela est vrai non seulement pour la presse, mais aussi pour toutes les fonctions du mouvement, jusques et y compris les manifestations. La participation la plus active et la plus large de la masse à une manifestation, loin d'avoir à en souf­frir, gagnera beaucoup si une «dizaine» de révolutionnaires éprouvés, au moins aussi bien dressés professionnellement que notre police, en centralisent tous les côtés clandestins: confec­tion de tracts, élaboration d'un plan approximatif, nomina­tion d'une équipe de dirigeants pour chaque quartier de la ville, chaque groupe d'usines, chaque établissement d'enseignement, etc. (On objectera, je le sais, que mes vues «n'ont rien de démo­cratique», mais je réfuterai plus loin en détail cette objection qui n'est rien moins qu'intelligente.) La centralisation des fonctions les plus secrètes par l'organisation des révolution­naires, loin d'affaiblir, enrichira et étendra l'action d'une foule d'autres organisations qui s'adressent au grand public et qui, pour cette raison, sont aussi peu réglementées et aussi peu clan­destines que possible: associations professionnelles des ou­vriers, cercles ouvriers d'instruction et de lecture de publica­tions illégales, cercles socialistes, et aussi cercles démocratiques pour toutes les autres couches de la population, etc, etc. Ces cercles, associations professionnelles des ouvriers et organisa­tions sont nécessaires partout; il faut qu'ils soient le plus nom­breux et que leurs fonctions soient le plus variées possible; mais il est absurde et nuisible de les confondre avec l'organisa­tion des révolutionnaires, d'effacer la ligne de démarcation qui existe entre eux, d'éteindre dans la masse le sentiment déjà incroyablement amorti que, pour «servir» un mouvement de masse, il faut des hommes qui se consacrent spécialement et entièrement à l'activité social-démocrate, et qui, patiemment, opiniâtrement, fassent leur éducation de révolutionnaires pro­fessionnels.

Oui, ce sentiment s'est incroyablement amorti. Par nos méthodes artisanales, nous avons compromis le prestige des révolutionnaires en Russie; c'est là notre péché capital en matière d'organisation. Un révolutionnaire mou, hésitant dans les problèmes théoriques, avec un tour d'horizon borné, justi­fiant son inertie par la spontanéité du

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mouvement de masse, plus semblable à un secrétaire de trade-union qu'à un tribun populaire, incapable de présenter un plan vaste et hardi qui force le respect même de ses adversaires, un révolutionnaire sans expérience et peu habile dans son art professionnel - la lutte contre la police politique, - est-ce là un révolutionnaire, voyons? Non, ce n'est qu'un pitoyable artisan.

Qu'aucun praticien ne m'en veuille pour cette épithète sévère, car, en ce qui concerne l'insuffisance de préparation, je m'applique cette épithète à moi-même tout le premier. J'ai travaillé dans un cercle* qui s'assignait des tâches très vastes, multiples; nous tous, membres de ce cercle, nous souf­frions, jusqu'à en éprouver une véritable douleur, de sentir que nous n'étions que des manouvriers à ce moment historique où l'on eût pu dire, en paraphrasant un mot célèbre: Donnez-­nous une organisation de révolutionnaires, et nous soulèverons la Russie! Plus souvent j'ai eu à me rappeler ce sentiment cuisant de honte que j'éprouvai alors, et plus j'ai senti monter en moi une amertume contre ces pseudo-social-démocrates dont la propagande «déshonore le titre de révolutionnaire», et qui ne comprennent pas que notre tâche n'est pas de défendre le rabaissement du révolutionnaire au niveau du manouvrier, mais d'élever les manouvriers au niveau des révolutionnaires.

d) ENVERGURE DU TRAVAIL D'ORGANISATION

Comme nous l'avons vu tout à l'heure B-v parle du «man­que de forces révolutionnaires propres à l'action, qui se fait sentir non seulement à Pétersbourg, mais dans toute la Russie». Je ne crois guère qu'il s'en trouve pour contester ce fait. Mais il s'agit de savoir comment l'expliquer. B-v écrit:
«Nous ne chercherons pas à approfondir les raisons historiques de ce phénomène; nous dirons seulement que, démoralisée par une réaction poli­tique prolongée et divisée par les changements économiques qui se sont accomplis et s'accomplissent encore, la société ne fournit qu'un nombre infiniment restreint de personnes aptes au travail révolutionnaire; que la classe ouvrière, en fournissant des révolutionnaires ouvriers, complète en partie les rangs des organisations illégales, mais que le nombre de ces révolutionnaires ne répond pas aux nécessités de l'époque. D'autant plus que l'ouvrier, de par sa situation, alors qu'il est occupé onze heures et demie par jour à l'usine, ne peut remplir principalement que des fonctions d'agitateur. Tandis que la propagande et l'organisation, la reproduction et la livraison de la littérature illégale, la publication de proclamations, etc., incombent forcément, pour une grande part, à un nombre infime d'in­tellectuels» (Rabotchéié Diélo, N° 6, pp. 38-39).

Sur bien des points, nous ne sommes pas d'accord avec cette opinion de B-v, notamment avec les mots soulignés par nous qui montrent à l'évidence que, ayant beaucoup souffert de notre travail artisanal (comme tout praticien qui pense tant soit peu), B-v ne peut, subjugué qu'il est par l'économis­me, trouver moyen de se sortir de cette situation intolérable. Non, la société fournit un très grand nombre d'hommes aptes au «travail», mais nous ne savons pas les utiliser tous. L'état critique, l'état transitoire de notre mouvement à cet égard peut être formulé ainsi: on manque d'hommes alors que les

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* Lénine fait allusion à son activité révolutionnaire à Pétersbourg de 1893 à 1899. (N. R.)

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hommes sont en masse. Les hommes sont en masse parce que la classe ouvrière et des couches de plus en plus variées de la société fournissent chaque année un nombre sans cesse accru de mécontents, désireux de protester, prêts à concourir, selon leurs forces, à la lutte contre l'absolutisme, dont le caractère intolérable n'est pas encore reconnu par tout le monde, mais qui est cependant de plus en plus vivement ressenti par une masse toujours plus grande. Et en même temps, on manque d'hommes, parce qu'il n'y a pas de dirigeants, pas de chefs politiques, pas d'organisateurs doués pour faire un travail à la fois large, coordonné et harmonieux, permettant d'utiliser toutes les forces, même les plus insignifiantes. «La croissance et le développement des organisations révolutionnaires» retardent non seulement sur la croissance du mouvement ouvrier - B-v lui-même le reconnaît, - mais encore sur la crois­sance de l'ensemble du mouvement démocratique dans toutes les couches du peuple. (Au reste, il est probable qu'aujourd'hui, B-v souscrirait à ce complément de sa conclusion.) Le cadre du travail révolutionnaire est trop restreint par rapport à la large base spontanée du mouvement, trop comprimé par la maigre théorie de la «lutte économique contre le patronat et le gou­vernement ». Or aujourd'hui, ce ne sont pas seulement des agitateurs politiques, mais aussi les social-démocrates organi­sateurs qui doivent «aller dans toutes les classes de la popula­tion* ». Les social-démocrates pourraient parfaitement répar­tir les milliers de fonctions fragmentaires de leur travail d'or­ganisation entre les représentants des classes les plus diver­ses: nul praticien, je crois, n'en doutera. Le manque de spé­cialisation, que B-v déplore amèrement et à si juste titre, est l'un des plus grands défauts de nos procédés techniques. Plus les diverses «opérations » de l'action commune seront petites, et plus on pourra trouver de personnes capables de les exécu­ter (et tout à fait incapables, dans la plupart des cas, de deve­nir des révolutionnaires professionnels); plus il sera difficile à la police «de repérer » tous ces «militants spécialisés », plus il lui sera malaisé de monter avec le délit insignifiant d'un indi­vidu une «affaire » d'importance justifiant les fonds dépensés par l'Etat pour la «sûreté ». En ce qui concerne le nombre des personnes prêtes à nous fournir leur concours, nous avons déjà signalé, dans le précédent chapitre, le changement colossal qui s'est produit à cet égard depuis cinq ans à peine. Mais, d'un autre côté, pour grouper toutes ces menues fractions en un tout et pour ne pas fragmenter, en même temps que les fonc­tions, le mouvement lui-même, pour inspirer à celui qui exé­cute de menues fonctions la foi dans la nécessité et dans l'im­portance de son travail, foi sans laquelle il ne fera jamais rien**

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*Ainsi, dans les milieux militaires, on remarque ces derniers temps une reprise incontestable de l'esprit démocratique, en partie à cause de la fréquence, toujours plus grande, des combats de rue contre des «ennemis»" comme les ouvriers et les étudiants. Et, dès que nos forces nous le pet­mettront, nous devrons absolument accorder l'attention la plus sérieuse à la propagande et à l'agitation parmi les soldats et les officiers, à la création d' « organisations militaires » affiliées à notre Parti

**Un camarade, il m'en souvient, me racontait un jour qu'un inspecteur d'usine, qui avait aidé la social-démocratie et était prêt à continuer, se plaignait amèrement de ne pas savoir si ses «informations » parvenaient à l'organisme révolutionnaire central, si son concours était nécessaire et dans quelle mesure ses menus, ses infimes services étaient utilisables. Tout pra­ticien pourrait citer nombre de cas semblables, où nos méthodes artisanales nous ont enlevé des alliés. Or, non seulement les employés et les fonction­naires des usines, mais ceux des postes, des chemins de fer, de la douane, de la noblesse, du clergé et de toutes autres institutions, jusques et y com­pris la police et la Cour elle-même, pourraient nous rendre et nous ren­draient de «menus» services dont le total serait d'une valeur inappréciable! Si nous avions dès maintenant un parti véritable, une organisation véritable­ment combative de révolutionnaires, nous n'utiliserions pas directement ces auxiliaires, nous ne nous hâterions pas de les entraîner, toujours et nécessairement, au coeur de l'«action illégale»; bien au contraire, nous les ménagerions, nous formerions même spécialement des hommes pour ces fonctions, sachant que nombre d'étudiants pourraient être beaucoup plus utiles au Parti comme fonctionnaires «auxiliaires» que comme révolution­naires «à court terme». Mais, je le répète, seule une organisation déjà parfaitement solide et disposant de forces actives en quantité suffisante a le droit d'appliquer cette tactique.

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pour tout cela il faut justement avoir une forte organisation de révolutionnaires éprouvés. Avec une telle organisation, la foi en la force du parti s'affermira et se répandra d'autant plus largement que cette organisation sera plus clandestine; or, à la guerre, ce qui importe par-dessus tout, on le sait, c'est non seulement d'inspirer à son armée la confiance en ses pro­pres forces, mais aussi d'en imposer à l'ennemi et à tous les éléments
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