Note de l'Éditeur





télécharger 0.83 Mb.
titreNote de l'Éditeur
page17/19
date de publication05.03.2017
taille0.83 Mb.
typeNote
h.20-bal.com > économie > Note
1   ...   11   12   13   14   15   16   17   18   19
fait, l'auteur de cette brochure me prie de faire savoir que, comme ses brochures antérieures, elle a été envoyée à l' »Union», dans l'hypothèse que le rédacteur de ses publications était le groupe «Libéra­tion du Travail" (étant donné certaines conditions, il ne pouvait, à ce moment, c'est-à-dire en février 1899, supposer un changement de rédac­tion). Cette brochure sera rééditée incessamment par la Ligue 63

98

perfection»)*. La proposition de faire reparaître la Rabotchaia Gazéta n'est point réalisée, et les articles ne sont pas imprimés.

Quatrième fait. Le membre du Comité organisant le deuxième congrès ordinaire de notre Parti fait connaître à un membre du groupe Iskra le programme du congrès et propose la candidature de ce groupe pour les fonctions de rédacteur de la Rabotchaia Gazéta reconstituée. Sa démarche pour ainsi dire préalable est ensuite sanctionnée aussi bien par le Comité auquel il appartenait que par le Comité central du Bund 65; le groupe Iskra est informé du lieu et de la date du congrès, mais (n'étant pas assuré qu'il pourrait, pour certaines raisons, en­voyer un délégué à ce congrès) il rédige également un rapport écrit à l'intention du congrès. Le rapport exprime cette idée que l'élection du Comité central à elle seule ne nous permettra pas de résoudre le problème de l'union en cette période de pleine dispersion que nous vivons, mais que, dans le cas d'un nouveau raid brutal et radical de la police, qui est plus que probable dans les conditions actuelles du travail insuffisam­ment clandestin, nous risquons encore de compromettre la grande idée de la fondation d'un parti; qu'il faut donc com­mencer par inviter tous les comités et toutes les autres organi­sations à soutenir l'organe commun reconstitué, qui attachera réellement tous les comités d'un lien pratique, préparera réellement un groupe qui assumera la direction de l'ensemble du mouvement; les comités et le Parti pourront alors sans peine faire de ce groupe créé par les comités un Comité central, dès l'instant que ce groupe aura grandi et pris des forces. Le congrès cependant ne peut se réunir à cause d'une série de coups durs, et le rapport est détruit pour des raisons de sé­curité, après avoir été lu par quelques camarades seulement, y compris les délégués d'un comité.

Que le lecteur juge maintenant de la nature des métho­des employées par le Bund comme son allusion à une usurpa­tion de notre part ou l'argument du Rabotchéié Diélo prétendant que nous nous proposons de renvoyer les comités au royaume des ombres, de «substituer » à l'organisation du Parti l'organisation de la diffusion des idées d'un journal. Oui, c'est justement aux comités, sur leur invitation répétée, que nous avons rapporté sur la nécessité d'accepter un plan déterminé de travail en commun. C'est justement pour l'organisation du Parti que nous avons élaboré ce plan dans des articles destinés à la Rabotchaia Gazéta et dans un rapport au congrès du Parti, cette fois encore après y avoir été conviés par ceux qui occu­paient une situation si influente dans le Parti qu'ils assumaient l'initiative de sa reconstitution (pratique). Et c'est après l'échec définitif de la tentative répétée par l'organisation du Parti pour renouveler avec nous l'organe central du Parti officiellement, que nous avons jugé de notre premier devoir de lancer un organe non officiel afin que, à la troisième tentative, nos camarades puissent avoir devant eux certains résultats d'expérience, et non pas seulement des conjectures hypothé­tiques. A l'heure actuelle, certains résultats de cette expérience se trouvent déjà devant tous les yeux, et tous les camarades peuvent juger si nous avons bien compris notre devoir et ce qu'il faut penser de ceux qui cherchent à induire en erreur les personnes ignorant le récent passé, par dépit que nous ayons montré aux uns leur inconséquence dans la question «nationa­le», aux autres l'inadmissibilité des flottements sans principes.
b) UN JOURNAL PEUT-IL ETRE UN

ORGANISATEUR COLLECTIF?
L'article « Par où commencer ? » a cela d'essentiel qu'il pose précisément cette question et la résout par l'affirmative. La seule personne qui, à notre connaissance, ait essayé d'analyser la question quant au fond et de prouver la nécessité de la ré­soudre négativement, c'est L. Nadiéjdine, dont nous repro­duisons en entier les arguments:
« . . . La façon dont l'Iskra (N° 4 ) envisage la nécessité d'un journal pour toute la Russie nous plaît fort, mais nous ne pouvons en aucune manière

--------

*Voir V. Lénine: Œuvres, tome 4.. (N. R.)

99

admettre que ce point de vue s'identifie au titre de l'article « Par où commencer ? C'est là indéniablement une chose d'une extrême im­portance, mais ce n'est pas cela, ni toute une série de feuilles populaires, ni une montagne de proclamations qui peuvent jeter les fondements d'une organisation de combat dans un moment aussi révolutionnaire. II importe d'aborder la création de fortes organisations politiques locales. Celles-ci nous manquent, nous avons travaillé surtout parmi les ouvriers cultivés, alors que les masses ont mené à peu près exclusivement la lutte économique. Sans de fortes organisations politiques locales bien éduquées, à quoi servirait un journal pour toute la Russie, fût-il parfaitement agencé ? Un buisson ardent qui brûle sans se consumer, et qui n'enflamme personne ! Autour de ce journal, pour ce journal, le peuple se rassemblera et s'organi­sera dans l'action, ainsi pense l'Iskra. Mais il aura beaucoup plus vite fait de se rassembler et de s'organiser autour d'un travail plus concret ( Celui-ci peut et doit être: créer des journaux locaux sur une vaste échelle, préparer dés à présent les forces ouvrières aux manifestations; les organisations locales mèneront une action constante parmi les sans-travail (diffuser sans relâche parmi eux des feuilles volantes et des tracts; convoquer les sans-­travail aux réunions, les exhorter à la résistance au gouvernement, etc.). II faut entreprendre sur place un travail politique vivant; et lorsque sur ce terrain réel l'union deviendra nécessaire, elle ne sera pas artificielle, elle ne restera pas sur le papier. Ce n'est pas avec des journaux que l'on peut unifier, sur le plan de la Russie, le travail local» (A la veille de la Révolu­tion, p.54 ).
Nous avons souligné dans cette tirade éloquente les pas­sages qui font le mieux ressortir la fausse idée que l'auteur se fait de notre plan et, en général, la fausseté du point de vue qu'il oppose ici à l'Iskra. Sans de fortes organisations poli­tiques locales bien éduquées, le meilleur journal pour toute la Russie ne servirait à rien. C'est tout à fait juste. Le malheur est précisément que pour é d u q u e r de fortes organisations politiques il n'y a pas d'autre moyen qu'un journal pour toute la Russie. L'auteur n'a pas remarqué la déclaration essentielle de l'Iskra: celle qui précède l'exposé de son «plan»: il faut rappeler à mettre sur pied une organisation révolutionnaire capable de rassembler toutes les forces et d'être le dirigeant non seulement en titre, mais réel du mouvement, c'est-à-dire une organisation toujours prête à soutenir chaque protestation et chaque explosion, en les mettant à profit pour accroître et endurcir une armée apte à livrer le combat décisif». Mainte­nant, poursuit l'Iskra, après les événements de février et de mars, tout le monde s'accordera en principe là-dessus; or ce qu'il nous faut, ce n'est pas une solution de principe, mais une solution pratique de la question. Il faut formuler tout de suite un plan précis de construction pour que, immédiatement et de tous côtés, tout le monde puisse se mettre à cette construc­tion. Or, de la solution pratique, l'on veut encore nous ra­mener en arrière, vers cette grande vérité juste en principe, incontestable, mais absolument insuffisante et incompréhen­sible pour la masse profonde des travailleurs: «éduquer de fortes organisations politiques »! Ce n'est plus de cela qu'il s'agit, respectable auteur, mais de la façon dont il convient justement de faire l'éducation et de l'achever.

Il est faux que «nous ayons travaillé surtout parmi les ouvriers cultivés, alors que les masses ont mené à peu près ex­clusivement la lutte économique ». Sous cette forme, cette affirmation dévie vers la tendance radicalement fausse qu'a tou­jours la Svoboda à opposer les ouvriers cultivés à la «masse». Durant ces dernières années, les ouvriers cultivés eux aussi ont mené chez nous «à peu près exclusivement la lutte écono­mique». C'est un premier point. D'autre part, les masses n'apprendront jamais à mener la lutte politique, tant que nous n'aiderons pas à former des dirigeants pour cette lutte, aussi bien parmi les ouvriers cultivés que parmi les intellectuels. Or, de tels dirigeants ne peuvent s'éduquer qu'en s'initiant à l'appréciation quotidienne et méthodique de tous les aspects de notre vie politique, de toutes les tentatives de protestation et de lutte des différentes classes à différents propos. C'est pourquoi parler d'«éduquer des organisations politiques» et en même temps opposer «la besogne paperassière» d'un journal politique au «travail politique vivant à l'échelon local» est tout bonnement ridicule! L'Iskra ne cherche-t-elle pas à ajuster le «plan » de son journal au «plan » qui consiste à réaliser un «degré de préparation » permettant de soutenir à la fois le mouvement des sans-travail, les soulèvements paysans, le mé­contentement des membres des zemstvos, «la colère de la

100

population contre un bachibouzouk tsariste déchaîné», etc, De fait, tous ceux qui connaissent le mouvement savent fort bien que l'immense majorité des organisations locales ne son­gent même pas à cela; que beaucoup de projets de «travail politique vivant», indiqués ici, n'ont encore jamais été mis à exécution par aucune organisation; que, par exemple, la ten­tative d'attirer l'attention sur la croissance du mécontentement et des protestations parmi les intellectuels des zemstvos dé­concerte aussi bien Nadiéjdine («Seigneur! N'est-ce pas aux membres des zemstvos que cet organe est destiné?» A la veille de la Révolution, p. 129), que les économistes (lettre dans le N° 12 de l'Iskra) et de nombreux praticiens. Dans ces condi­tions on ne peut «commencer» que par inciter les gens à penser à tout cela, les inciter à totaliser et à généraliser jusqu'aux moindres manifestations d'effervescence et de lutte active. A une époque où les tâches de la social-démocratie sont avilies, on ne peut commencer le «travail politique vivant » que par une agitation politique vivante, impossible sans un journal pour toute la Russie, paraissant fréquemment et régulièrement diffusé.

Ceux qui ne voient dans le «plan» de l'Iskra que de la «littérature» n'en ont pas du tout compris le fond; ils ont pris pour le but ce qui, au moment actuel, n'est que le moyen le plus indiqué. Ces gens n'ont pas pris la peine de réfléchir à deux comparaisons qui illustraient ce plan de façon saisissante. La mise sur pied d'un journal politique pour toute la Russie - était-il dit dans l'Iskra, - doit être le fil conducteur: en le suivant nous pourrons sans cesse développer, approfondir et élargir cette organisation (c'est-à-dire l'organisation révolu­tionnaire toujours prête à appuyer toute protestation et toute effervescence). Dites-moi, s'il vous plaît: lorsque les maçons posent en différents points les pierres d'un édifice immense, aux formes absolument inédites, ils tendent un fil qui les aide à trouver la place juste, leur indique le but final de tout le travail, leur permet de mettre en œuvre non seulement chaque pierre, mais même chaque morceau de pierre qui, cimenté, avec le morceau qui précède et celui qui suit, donnera la ligne définitive et totale. Est-ce là un travail «paperassier»? N'est-il pas évident que nous traversons aujourd'hui dans notre Parti une période où, ayant des pierres et des maçons, il nous manque justement ce fil visible à tout le monde et auquel chacun pourrait s'en tenir? Laissons crier ceux qui soutiennent qu'en tendant le fil, nous voulons commander: s'il en était ainsi, Messieurs, nous aurions intitulé notre journal, au lieu de l'Iskra N° 1, Rabotchaia Gazéta N° 3, comme nous le proposaient quel­ques camarades et comme nous aurions pleinement eu le droit de le faire après les événements ci-dessus relatés. Mais nous ne l'avons pas fait, parce que nous voulions avoir les mains libres pour combattre sans merci tous les pseudo-social-démo­crates: du moment que notre fil a été tendu correctement, nous voulions qu'il fût approuvé pour sa rectitude même, et non pour avoir été tendu par un organe officiel.

«L'unification de l'activité locale dans les organes cen­traux est une question qui tourne dans un cercle vicieux, dit sentencieusement L. Nadiéjdine. Pour cette unification, il faut des éléments homogènes: or, cette homogénéité elle-même ne peut être créée que par quelque chose qui unifie; mais ce quelque chose ne peut être que le produit de fortes organisa­tions locales qui, à l'heure actuelle, ne se distinguent pas pré­cisément par l'homogénéité.» Vérité aussi respectable et aussi incontestable que celle qui affirme la nécessité d'éduquer de fortes organisations politiques. Mais vérité non moins stérile. Toute question «tourne dans un cercle vicieux», car toute la vie politique est une chaîne sans fin composée d'un nombre infini de maillons. L'art de l'homme politique consiste précisé­ment à trouver le maillon et à s'y cramponner bien fort, le maillon qu'il est le plus difficile de vous faire tomber des mains, le plus important au moment donné et


101

garantissant le mieux à son possesseur le maintien de toute la chaîne*. Si nous avions une équipe de maçons expérimentés, suffisamment soli­daires pour pouvoir, sans les aligner au cordeau, poser les pierres où il convient (à parler abstraitement, cela n'est pas du tout impossible), nous pourrions peut-être nous saisir d'un autre maillon. Le malheur cependant est que nous n'avons pas encore de ces maçons expérimentés et solidaires; que les pierres sont assez souvent posées au petit bonheur, sans alignement, disloquées au point que l'ennemi n'a qu'à souffler dessus pour les disperser, non comme des pierres, mais comme des grains de sable.

Autre comparaison: «Le journal n'est pas seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif; il est aussi un organisateur collectif. On peut à cet égard le comparer à l'échaufaudage dressé autour d'un bâtiment en construction; il ébau­che les contours de l'édifice, facilite les communications entre les différents constructeurs, à qui il permet de répartir la tâche et d'embrasser l'ensemble des résultats obtenus par le travail organisé** ». Peut-on vraiment dire qu'il y ait là de la part d'un littérateur, d'un homme spécialisé dans le travail de cabinet, une exagération de son rôle? Les échafaudages ne sont nullement nécessaires pour la bâtisse elle-même; ils sont faits avec un matériel de pire qualité; ils sont dressés pour un court laps de temps et jetés au feu dès qu'au moins le gros oeuvre est terminé. En ce qui concerne la construction d'or­ganisations révolutionnaires, l'expérience atteste que l'on réus­sit parfois à les construire même sans échafaudages, - ainsi entre 1870-1880. Mais à cette heure nous ne saurions même nous représenter qu'il soit possible d'élever sans échafaudages l'édi­fice dont nous avons besoin.

Nadiéjdine en disconvient; il dit: «Autour de ce journal, pour ce journal, le peuple se rassemblera et s'organisera dans l'action; ainsi pense l'Iskra. Mais il aura beaucoup plus vite fait de se rassembler et de s'organiser autour d'un travail plus concret !» Bon, bon: «beaucoup plus vite autour d'un travail plus concret». . . Le proverbe russe dit: «Ne crache pas dans le puits, tu auras besoin de son eau pour te désaltérer ». Mais il en est qui ne dédaignent pas de se désaltérer à un puits où l'on a craché. Dans cette recherche du plus concret, quelles vilenies nos remarquables «critiques du marxisme» légaux et les admirateurs illégaux de la
1   ...   11   12   13   14   15   16   17   18   19

similaire:

Note de l\Professions: enseignant, chercheur, consultant, editeur

Note de l\Titre Prénom Nom Style Editeur

Note de l\Professions: enseignant, chercheur, consultant, editeur

Note de l\Note d’intention et biographie Jean Claude Gallotta P. 8 : Le spectacle...

Note de l\Dossier de presse
«Jésuites dans les études religieuses» de l’Assistance d’Asie du Sud, éditeur de la revue de spiritualité ignatienne Ignis

Note de l\12 Bibliographie 12. 1 Généralités
«conçu et réalisé par un praticien de l'estampe, où l'artiste, se substituant à l'éditeur, construit tout le volume et ne se contente...

Note de l\Annuaire de la chronique du turf. Paris, Neuilly-sur-Seine, 1928-1944....

Note de l\Sommaire
«sa progression reste élevée : 15% par an», nuance Jérôme Bruet, ceo de e-doceo, éditeur de logiciels de blended Learning (formation...

Note de l\1. ali-bab : Gastronomie pratique. Etudes culinaires. Paris, Flammarion,...

Note de l\Institutions politiques et droit constitutionnel,Philippe Ardant,...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com