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3. L’expatriation et la question culturelle


L’interdépendance du phénomène d’expatriation professionnelle et de la question culturelle est un des enjeux majeurs des formations interculturelles. De manière à mieux comprendre cette relation, une explication des termes « interculturel » et « culture » est nécessaire. Le terme « interculturel » englobe toutes les relations et interactions dans lesquelles les individus impliqués ne peuvent se référer à leurs propres codes, points de vue ou façons de se comporter mais sont confrontés à d’autres codes, points de vue et façons de se comporter, ce qui les amène à définir cette différence comme étant étrangère (Bruck, 1994, p. 345). Cette divergence a comme origine la culture  dans laquelle les individus sont nés et ont évolué. Ainsi, le terme « culture » représente un système d’orientation propre à une société, une organisation ou un groupe et construit sur des symboles, des valeurs, des coutumes et des croyances spécifiques. Cette construction établit ensuite les normes culturelles, c’est-à-dire les perceptions, les attitudes, les motivations et les façons de penser ou de se comporter, qui sont considérées par la majorité des membres d’une certaine culture comme normales, évidentes, typiques et obligatoires. Ces normes culturelles, couplées aux symboles, aux valeurs, aux coutumes et aux croyances, orientent les individus sur quel comportement est socialement acceptable et définissent leur appartenance à cette culture (Lüsebrink, 2008, p. 10 et pp. 18-19). La culture est toutefois difficile à définir, car plus de 200 définitions existent dans la littérature spécialisée (Schugk, 2004, p. 28).
D’une manière générale, les individus ne pensent pas consciemment à leur bagage culturel. Par exemple, le fait de s’asseoir avec les jambes croisées dans un pays occidental est socialement acceptable, alors que dans les cultures arabes, ce type de comportement est offensant (Forster, 2000, p. 64). Ainsi, ce genre d’exemple explique pourquoi la culture est souvent comparée à un iceberg, dont une partie est clairement visible, comme le langage, les habitudes culinaires ou les façons de s’habiller, alors qu’une autre, plus importante, est invisible au premier abord, et inclut les valeurs morales, les relations entre hommes et femmes, les styles d’apprentissage, les motivations professionnelles ou encore la loyauté (ibid, pp. 63-64). De ce fait, les différences culturelles, mises en avant par les travaux d’Hofstede (2001) et de Hall (1990), représentent souvent un des facteurs du choc culturel et un frein à l’ajustement interculturel. Par exemple, la distance hiérarchique peut être source de malentendus dus aux différences dans les interactions entre subordonnés et supérieurs d’une culture à une autre ; aux Etats-Unis, un subordonné est censé regarder dans les yeux son supérieur lors d’une discussion alors qu’en Corée, un contact visuel est requis uniquement pour répondre aux questions posées par le supérieur (Ward et al, 2001, p. 60 ; Earley, 1987, p. 690).
Dans ce contexte, la communication interculturelle peut être particulièrement sensible pour les expatriés. En effet, celle-ci représente une forme de communication entre des membres de cultures diverses dans laquelle les différences culturelles influencent le processus de communication, à savoir son contexte, son déroulement et ses conséquences. Ainsi, non seulement les informations transmises ainsi que les buts et les attentes de la communication peuvent être différents et sources d’incompréhension, mais un sentiment de frustration de ne pas être compris ou d’être mal compris peut en résulter (Thomas et al, 2003, p. 101). Ces malentendus viennent de la différence d’interprétation des messages, faite selon le bagage culturel de chaque individu, et qui implique que plus ce bagage est différent d’un autre individu, plus l’interprétation sera différente. Par exemple, présenter une suite de chiffres se terminant par quatre à un Chinois est une erreur à ne pas commettre, car, en cantonais, le mot « quatre » signifie également « mort » (Adler, 2003, p. 249). De plus, les différences de communication peuvent être d’ordre non verbal, comme représentées par les salutations qui se font aussi au travers de gestes et de mouvements du corps. En Allemagne, la coutume est de simplement se serrer la main, ce qui laisse une impression de froideur a une personne venant d’Amérique du Sud qui, elle, a l’habitude de faire la bise à son interlocuteur (Heringer, 2007, p. 165).
Ces différences culturelles représentent donc un nouveau défi pour les Ressources Humaines des entreprises internationales qui doivent de plus en plus inclure une orientation interculturelle à leurs activités (Lüsebrink, 2008, p. 2). Ceci a eu pour conséquence le développement des formations interculturelles qui seront abordées au point 3.2 de ce travail. Ce chapitre s’attèlera ainsi à définir les concepts de choc culturel, d’ajustement interculturel, d’intelligence culturelle et de compétences interculturelles, à démontrer leur importance pour l’expatriation et à observer leur interdépendance. De plus, ces notions permettront de comprendre en quoi les formations interculturelles sont bénéfiques à leur amélioration ou à leur développement.


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