Chapitre Quels acteurs interviennent dans l’activité économique ?





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Tableau n°7. Répartition de l’emploi par tranche de taille


Source : « Depuis trente ans, les grandes entreprises concentrent de plus en plus d’emplois », INSEE première, n°1289, avril 2010.

Plusieurs évolutions sont à noter :

2. Internationalisation des firmes croissante
Une firme transnationale (ou multinationale) est une entreprise possédant au moins une unité de production (pas seulement de commercialisation)  à  l'étranger. Cette unité de production est alors sa filiale.
L’internationalisation des entreprises revêt des formes très différentes :

  • les exportations : souvent le premier pas vers une internationalisation car il s’agit d’une première prise de contact ;

  • création de filiales de commercialisation pour être en prise directe avec les marchés et mieux contrôler la politique commerciale ;

  • délocalisation de la production pour se rapprocher des marchés, contourner les obstacles protectionnistes…

  • la globalisation : la multinationale gère ici sa stratégie et ses ressources au niveau mondial.


Le nombre de firmes transnationales augmente très fortement puisqu'il est passé selon la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) de 7000 au milieu des années 1960 à  37 000 en 1993 et à  63 000 en 2000. Aujourd'hui, la quasi-totalité des grandes entreprises sont des multinationales : elles sont implantées à l'étranger (production, réseau de distribution) sur les marchés internationaux, emploient du personnel de nationalités différentes. Ce phénomène est ancien, mais les coûts élevés des transports et des télécommunications freinaient la généralisation qui date des années 1960 et s’accentue actuellement.
Les flux d’IDE donne une idée du mouvement d’internationalisation des firmes. Rappelons que l’IDE consiste en la création ou l’acquisition d’une unité de production située à l’étranger ; l’investisseur doit en détenir au moins 10% sinon il s’agit d’un investissement de portefeuille ou placement.
Tableau n°8. Flux d’IDE entrants et sortants en millions de dollars et %



Plusieurs faits sont à noter :


Tableau n°9. Critères des entreprises dans leurs choix de localisation


On peut regrouper, en partie, les stratégies des FMN autour de quelques objectifs :

  • L’amélioration de la compétitivité-prix par la recherche d’un coût du travail plus faible, d’une fiscalité plus avantageuse ;

  • La recherche d’une meilleure compétitivité hors-prix à travers la qualification de la main d’œuvre ;

  • La qualité des infrastructures ;

  • L’environnement politique.


On note que la recherche d’une compétitivité-prix n’est le premier objectif. A ce titre, Une étude1 menée sur les firmes industrielles françaises montre ainsi que 95 000 emplois industriels supprimés entre 1995 et 2001 auraient été des victimes directes de délocalisations, soit en moyenne 13 500 sur un total de 500 000 emplois supprimés dans l'industrie par an, soit 2,7%. L’essentiel des destructions d’emplois procède surtout du progrès technique et la désindustrialisation et non de la recherche d’une main d’œuvre à bas coût.


Rappel n°6 : La compétitivité
On distingue deux types de compétitivité :

  • la compétitivité-prix : capacité à conquérir des parts de marché en raison d'un niveau de prix plus faible que les concurrents. Cette compétitivité est plutôt de l'ordre du court terme car les concurrents vont réagir ;

  • la compétitivité hors prix ou structurelle : capacité à conquérir des parts de marché indépendamment du niveau de prix grâce à l'adaptation à la demande, à la qualité réelle ou supposée du produit, au service après vente, à l'image de marque, aux délais de livraison, etc…). Cette compétitivité est plutôt de l'ordre du long terme et elle demande du temps pour se construire.


Les automobiles japonaises, par exemple, ont mis du temps à percer en Europe, du fait d'une qualité jugée suspecte malgré leurs prix plus faibles que celui des voitures européennes comparables ; le fait que Toyota offre une garantie illimitée de trois ans a totalement modifié les conditions de la compétitivité de l'industrie automobile japonaise sur les marchés européens.
Source : http://ses.webclass.fr/cmH/notion/competitivite




3. Une décomposition internationale du processus productif (DIPP) croissante
Les FMN peuvent fragmenter leur processus productif. On parle de décomposition internationale du processus productif (DIPP). Il s’agit d’un processus de décomposition du processus de production d’un bien en plusieurs opérations prises en charge par des unités de production implantées dans différents pays. La DIPP correspond au fait que les firmes opèrent une externalisation de certains segments de la chaîne de valeur, ce qui peut donner lieu à une exportation préalable de certains composants, à des investissements directs étrangers ou à de la sous-traitance internationale. Les firmes multinationales sont des acteurs importants de la DIPP et sont à l’origine d’une croissance du commerce intra-firme.
Ce phénomène a pris une très grande ampleur. On peut l’observer à travers la hausse du volume des exportations mondiales. En effet, elles ont augmenté beaucoup plus vite entre 1950 et 2009 que la production mondiale : les premières ont été multipliées par 28, la seconde seulement par 7, 6. On peut également le constater à travers la multiplication des IDE entrants et sortants depuis les années 1970 (cf. supra).

Tableau n°10. Evolution d’indicateurs liés à l’économie internationale


On peut trouver identifier deux types de facteur à cette DIPP :

  • les facteurs techniques qui correspondent aux principes de modularité des produits ou des procédés ;

  • les facteurs économiques liés à l’exploitation des avantages comparatifs des lieux d’implantation.


On peut noter plusieurs phases dans la progression de la DIPP :


  • Des années 1950 jusqu’au début des années 1990, la DIPP concerne surtout la production manufacturière : dès les années 1950, Les FMN américaines avaient déjà recouru à la DIPP de manière massive avec les pays d’Asie du Sud-Est. Les produits électroniques grand public en provenance des pays d’implantation représentaient plus de la moitié des importations américaines. On trouve cette production modulaire dès les années 1970 dans le secteur de l’automobile avec la Ford Escort (Les USA conservent les activités de RD et de conceptualisation). Jusqu’aux années 1990, la DIPP concerne surtout la production manufacturière.

  • A partir du début des années 1990, la DIPP concerne les activités de services avec l’apparition des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) qui réduit presque à zéro les coûts de transport de communication et la libéralisation du commerce international des services. On parle de « Business Process Outsourcing » avec le transfert d’une partie de la production de services dans les pays à bas coût et la réimportation dans le marché domestique.

  • Aujourd’hui, « les cartes sont rebattues » pour reprendre l’expression de Mouhoub El Mouhoub2. Pour lui, la DIPP fait l’objet d’un redécoupage de la DIT et d’un mouvement de relocalisations industrielles et participe ainsi au passage d’une « hypermondialisation » à un processus de « postmondialisation ». Selon lui, cette redistribution des cartes se caractérise par :

  • L’émergence nouveaux concurrents entrés sur la scène internationale, remettant en cause le monopole de l'avance technologique et de la spécialisation manufacturière des pays anciennement industrialisés. Ensemble, les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine) représentent désormais entre 13 % et 15 % du commerce mondial de marchandises.

  • Le poids croissant du commerce intrafirme : la moitié du commerce entre les pays de l'OCDE et plus du tiers du commerce international sont désormais de nature intrafirme, c'est-à-dire qu'ils transitent à l'intérieur même des multinationales, d'une filiale à une autre, à des prix de cession interne échappant aux régulations de marché. C'est le résultat du choix des multinationales de fragmenter leur chaîne de valeur, donnant lieu à des échanges de morceaux de produits. Mesure directe du revenu dégagé par les activités délocalisées, les ventes réalisées par les filiales de groupes à l'étranger sont passées de 5 727 milliards de dollars en 1990 à 29 298 milliards en 2009, selon la Cnuced.

  • L’accélération du mouvement de délocalisations : Elle s'est accélérée et élargie dans les années 2000, tout en devenant plus sélective.

  • Des mouvements de relocalisation  sous l’effet d’une hausse des coûts de transport, des coûts de main d’œuvre (Alors que la progression annuelle était limitée à moins de 5 % avant 2005, le coût salarial chinois exprimé en euros connaît depuis une progression comprise entre 12 % et 18 %), des progrès de l’automatisation, de l’imperfection des produits et services finaux. Ces relocalisations ne profitent pas nécessairement aux pays dont les emplois ont été détruits : elles se font souvent vers les régions où se concentre la demande. Pour compenser le retour de la production manufacturière dans les zones à forts coûts salariaux, les firmes externalisent et délocalisent de plus en plus leurs services supports (centres d'appels, saisie informatique), les services de recherche et d'innovation continuant cependant à se concentrer dans les grandes agglomérations.



2. Les pouvoirs publics

A. Qui sont les pouvoirs publics ?
D’après une définition de l’INSEE, il s’agit de l’« ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires. Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale »


  • Les administrations publiques centrales : ce sous secteur regroupe les administrations centrales de l’Etat (les principaux ministères assurant les fonctions régaliennes de l’Etat, justice, police, armée, éducation) et les organismes divers à compétence spécialisée qui en dépendent directement (universités, ANPE, théâtres nationaux, musées…). Elles ont une compétence nationale.

  • Les administrations publiques locales : Elles regroupent les collectivités locales (régions, départements, communes), à compétence générale étendue à une partie du territoire et les organismes divers d’administration locale à compétence spécialisée (DDE - Direction départementale de l'équipement -, état civil, théâtres municipaux…).




  • Les communes constituent l’échelon le plus ancien et le plus proche des citoyens au sein de l’organisation territoriale de la France. Au nombre d’environ 36 000, elles ont succédé en 1789 aux anciennes paroisses. Le maire, qui est élu par le conseil municipal, est à la fois un représentant de l’État dans la commune (il détient des compétences en matière d’état civil et de police administrative) et le détenteur du pouvoir exécutif local (il prépare et exécute les décisions du conseil municipal).

  • Les départements ont été créés également en 1789. Ils sont au nombre de 101, dont 96 en métropole. Ils constituaient à l’origine des circonscriptions d’action de l’État (qui y est représenté par le préfet) et ce n’est qu’en 1871 qu’ils sont devenus des collectivités territoriales. Dirigés par les conseils départementaux (depuis mars 2015). Les électeurs de chaque canton éliront deux membres de sexe (conseillers départementaux) différent se présentant en binôme de candidats. Les conseils départementaux se renouvelleront intégralement tous les six ans. Les département exercent leurs compétences dans le domaine social (insertion sociale et professionnelle, notamment en s'occupant du RSA), le domaine de la santé (accès aux soins des personnes démunies, âgées ou handicapés avec l’APA, la PMI), gestion de l’aménagement du territoire (voirie).

  • Les 13 régions  sont de création plus récente. Elles constituaient, dans les années 1960, de simples établissements publics, circonscriptions d’action régionale destinées à donner davantage de cohérence à la politique de l’État, à un échelon supérieur à celui du département. La loi du 2 mars 1982 leur a reconnu le statut de collectivité territoriale mais ce n’est qu’en 1986 qu’a eu lieu la première élection des conseils régionaux au suffrage universel. De 22 régions, elles passent à 13 au 1/1/2016. A leur tête, un conseil régional élu tous les 6 ans avec des conseillers régionaux. On retrouve surtout des compétences économiques : Aménagement et développement durable du territoire, Protection de la biodiversité - Climat, qualité de l'air, énergie, Développement économique, Soutien à l'innovation - Internationalisation des entreprises, Intermodalité et complémentarité entre les modes de transports, Soutien à l'enseignement supérieur et à la recherche

  • L’intercommunalité : la France est l’un des pays du monde qui compte le plus de communes. Pour faire face au risque d’émiettement des politiques publiques locales, s’est développé un échelon intercommunal, qui permet à plusieurs communes de mettre en commun la gestion de certains services publics et l’élaboration de certaines politiques. Pour ce faire, sont créés des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), qui sont des personnes publiques sans être des collectivités territoriales. Leur création résulte d’une démarche volontaire des collectivités qui en deviennent membres et elle n’entraîne pas leur disparition. La première génération d’EPCI est constituée des syndicats intercommunaux, qui sont aujourd’hui au nombre d’environ 11 000.


En 2012, les dépenses des administrations publiques locales s’élevaient à 242,5 milliards d’euros, dont 45,4 milliards d’euros de dépenses d’investissement : à elles seules, les collectivités territoriales financent ainsi plus de 70 % de l’investissement public. Au total, les dépenses locales représentent environ 20 % de la dépense publique, soit près de 12 % du PIB.
Source : http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/les-institutions-francaises-generalites/l-organisation-territoriale-de-la-france


  • Les administrations de sécurité sociale : Elles se composent des régimes d’assurance sociale qui distribuent des prestations sociales à partir des cotisations sociales obligatoires, ainsi que les organismes qui dépendent des assurances sociales (hôpitaux publics…). La sécurité sociale assure donc unbnsystème de protection sociale. En France, le régime général de la sécurité sociale a été défini juste après la Seconde Guerre mondiale, par le Conseil national de la Résistance sous l'influence de Pierre Laroque et d'Ambroise Croizat. Il vise à unifier toutes les formes d'assurance sociale existant en France au sein d'une caisse unique, financée par une cotisation interprofessionnelle à taux unique et gérée par des représentants syndicaux. Selon l'ordonnance du 4 octobre 1945 : « art. 1er — Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent. » La Sécurité sociale en France comporte actuellement quatre branches qui organisent et gèrent les dépenses de la sécurité pour le régime général dans leur domaine : branche maladie ; branche famille ; branche recouvrement, branche vieillesse.



B. Dans quels domaines l’Etat doit-il intervenir ?
Cette question est une source de débats inépuisable en économie. Elle renvoie à des courants politiques et économiques très différentes, voire opposées. On ne va pas rentrer dans le détail de l’histoire de la pensée économique car nous allons y revenir dans le chapitre 3. Il s’agit d’effleurer ce débat en retenant quelques approches keynésiennes et libérales.
Voyons tout d’abord l’approche keynésienne puis libérale.
Dans sa « Théorie des finances publiques » (1959), l'économiste américain Richard Musgrave définit le rôle de l'Etat à travers trois fonctions, dont il soutient la séparabilité. Il s’agit d’une théorie normative au sens où il s’agit des fonctions que doit accomplir l’Etat. En ce sens, cette approche s’inscrit dans un courant keynésien :

Les trois fonctions sont :


Musgrave avance 5 raisons pour justifier cette intervention :

  • L’Etat doit fixer des règles et des droits, notamment de propriété, qui favorisent le jeu de la libre concurrence, quand les marchés concurrentiels constituent la solution la plus efficace ;

  • Le rôle des rendements croissants : en présence de rendements croissants, la concurrence oblige à pratiquer des prix inférieurs au coût moyen de production. Des productions utiles à la collectivité (énergie, transports collectifs, par exemple) sont ainsi condamnées à disparaître, faute de rentabilité, ou bien ne peuvent être maintenues que par un monopole ou un oligopole.

  • L’Etat doit faire en sorte que les agents économiques internalisent leurs externalités. Cf, le rôle des politiques climatiques par rapport à la dégradation de l’environnement (Pgm de terminale)

  • La production de biens publics que le marché ne peut produire faute de rentabilité (rivalité et exclusivité) ;

  • La production de biens tutélaires : Biens pour lesquels l'autorité publique considère qu'elle doit interférer avec la souveraineté du consommateur et imposer un usage plus important ou, au contraire, plus modéré (hygiène, éducation, santé, alcool, tabac…).


Source : J. Généreux, Les trois fonctions de l'Etat, selon Richard Musgrave, Alternatives Economiques n° 219 - novembre 2003
Cette perspective trouve son application à travers les politiques économiques d’obédience keynésienne. Néanmoins, le rôle de l’Etat est remis en cause dans une perspective libérale au moins de deux manières :

  • Une critique de l’intervention de l’Etat : on peut retenir un exemple, la critique des politiques économiques conjoncturelles keynésienne par la nouvelle économie classique (NEC). Dans une perspective keynésienne, l’Etat doit réguler la quantité de monnaie en circulation dans l’économie pour lutter contre le chômage ou l’inflation (cf Courbe de Phillips). S’il y a trop de chômage, une politique monétaire expansive permet de stimuler la demande, l’embauche et le retour à la création d’emplois quitte à accepter un peu d’inflation. A l’inverse, s’il y a trop d’inflation, l’Etat doit réduire la quantité de monnaie en circulation dans l’économie, mais prend le risque d’avoir plus de chômage. Pour des auteurs de la NEC (Lucas, Muth, Barro…), les politiques monétaires sont inefficaces en raison des anticipations rationnelles des agents économiques. Les agents économiques sont capables d’anticiper parfaitement les conséquences d’une décision. Ainsi, si l’Etat mène une politique expansive, les salariés anticipent une inflation et réclament des hausses de salaires. Ce faisant, le niveau de chômage ne baisse pas puisque les coûts salariaux des entreprises augmentent. La politique monétaire de relance ne se traduit que par une hausse de l’inflation.

  • Une critique de l’Etat en tant qu’institution. Cette critique est principalement formulée par l’école du choix public. Ce courant s’attaque à l’existence même de l’Etat comme institution et non plus seulement à l’efficacité de son action. On trouve plusieurs théories dans ce courant. On peut citer l’ouvrage de Gordon Tullock et James Buchanan, « The Calculus of Consent: Logical Foundations of Constitutional Democracy » (1962) dans lequel ils expliquent que les hommes politiques font prévaloir leurs intérêts en premier lieu, notamment à travers leur réélection, plus que l’intérêt général à travers notamment la régulation des activités économiques. C’est ainsi que s’explique la hausse des dépenses publiques : ce n’est pas pour des raisons économiques, mais parce que les gouvernements veulent donner satisfaction aux revendications des groupes des pression (Plus d’infos p. 603-604 du manuel Bréal).


Nous avons répondu de manière normative à la question « dans quels domaines doit intervenir l’Etat », c’est-à-dire que nous avons vu quelques théories qui disent ce que doit faire l’Etat. Il est possible d’avoir également une lecture plus historique de l’intervention de l’Etat pour savoir ce que fait et a fait l’Etat.
En ce sens, on peut distinguer deux temporalités associées à deux formes d’Etat différentes : l’Etat-gendarme et l’Etat-providence :

  • L’Etat-gendarme : selon les libéraux, au XVIIIe et XIXe siècles, l’Etat doit être un Etat-minimal qui se limite aux fonctions régaliennes. On qualifie cet Etat d’ « Etat-gendarme » au sens où il assure essentiellement la sécurité et la stabilité politique d’un territoire. Par exemple, Adam Smith dans « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » (1776) réduit l’intervention de l’Etat à trois pouvoirs régaliens : protéger la société contre toute violence intérieure ou extérieure ; protéger tous les membres de la société contre l’injustice ou l’oppression causée par un autre membre, ou bien établir une administration exacte de la justice ; fournir des infrastructures et des institutions publiques, qui sont bénéfiques à la société, mais qu’un entrepreneur privé ne peut pas financer lui-même profitablement.

  • L’Etat-providence : Progressivement, à la fin du XIXe siècle et surtout à partir de la seconde moitié du XXe siècle, les interventions économiques et sociales de l’Etat s’élargissent. L’Etat-gendarme se mue en un « Etat-providence ». Cette conception s’inspire des idées économiques de Keynes et du principe de solidarité établi par William Beveridge dans son livre « Du travail pour tous dans une société libre » dans lequel il montre qu’une économie capitaliste peut être à la fois solidaire et efficace. Même si elle s’exprime sous différentes formes (cf. Esping-Andersen), l’intervention de l’Etat-providence renvoie aux trois fonctions formalisées par Richard Musgrave (cf. infra)


3. Quels sont les objectifs et moyens de l’intervention publique ?
Q


uatre caractéristiques, figurant dans la presque totalité des programmes économiques gouvernementaux des démocraties occidentales, constituent les objectifs macroéconomiques fondamentaux :

Une représentation de ces quatre objectifs est donnée par le "carré magique" de l’économiste britannique post-keynésien Nicolas Kaldor dans « Conflicts in National Economic Objectives », in Economic Journal, 81(321), 1-16. 1971. Ce schéma permet de visualiser rapidement la situation économique et sociale d'un pays à un moment donné. Avec au nord le taux de croissance, au sud, le taux d’inflation, à l’est le solde commercial rapporté au PIB (en %) et à l’ouest, le taux de chômage, le carré est représentatif de la meilleure situation économique et sociale possible et doit être pris comme un objectif à atteindre. Les « mauvais chiffres » étant placés au centre du schéma à l’origine de chaque axe, lorsque la figure se réduit, cela signifie une dégradation des équilibres. Ci-dessous, vous trouverez le cas de la France en 2014.
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