Chapitre Quels acteurs interviennent dans l’activité économique ?





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Graphique n°1. Le carré magique de Kaldor en France en 2014



Source : http://www.ses.ac-versailles.fr/extras/bd/carre/carre.html

Pour atteindre ces objectifs, l’Etat et en place des politiques économiques. Traditionnellement, on distingue deux typologies.


Rappel n°7 : Les fluctuations économiques
Variations de l'activité économique qui peut obéir à une certaine régularité permettant ainsi de faire apparaître des cycles économiques. Toutefois, ces régularités sont parfois critiquées.
On distingue trois formes de fluctuations :

  • l’expansion : Désigne une phase d'accélération de la croissance économique ou bien une période au cours de laquelle la croissance est supérieure à son trend de long terme. C'est une augmentation de plus courte durée que la croissance.

  • La récession : Désigne la phase de ralentissement de la croissance économique.
    Ce terme peut aussi désigner une période d'au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.

  • La dépression : Baisse du PIB pendant plusieurs années.


Source : http://ses.webclass.fr/




Une seconde typologie entre les politiques monétaires et budgétaires :

  • La politique monétaire désigne l’action sur les variables économiques au moyen de la quantité de monnaie en circulation et des taux d’intérêt.

  • La politique budgétaire concerne l’ensemble des mesures qui déterminent aussi bien le budget de l’Etat, ie aussi le montant, que la structure (dépenses et recettes) et son solde dans le but d’agir sur les variables macroéconomiques.


Les politiques monétaire et budgétaire sont fortement liées aux politiques conjoncturelles et structurelles. En simplifiant, on peut présenter les premières comme des instruments des secondes. En ce sens, les politiques monétaire (hausse ou baisse des taux d’intérêt) et budgétaire (la fiscalité) sont les instruments d’une politique conjoncturelle ; la politique budgétaire, un instrument de la politique structurelle (dépenses pour les infrastructures routières par ex).
L’ensemble de ces politiques peut s’inscrire dans le cadre d’une politique de relance ou d’austérité :

  • Dans le cadre d’une politique de relance, la politique monétaire peut se traduire par une baisse des taux d’intérêt et la politique budgétaire par une hausse des dépenses publiques ou une baisse de la fiscalité.

  • Dans le cadre d’une politique d’austérité, la politique monétaire peut se traduire par une hausse des taux d’intérêt et la politique budgétaire par une baisse des dépenses publiques ou une hausse de la fiscalité.



3. Les autres acteurs importants : ménages, banques et institutions financières, l’extérieur
A. Les ménages : une hausse du niveau de vie ?

En comptabilité nationale, la notion de ménage revêt une acception très large : tout individu ou groupe d’individus, habitant sous le même toit, constituant ménage.
En 2011, la France compte 28 millions de ménages. Un tiers d'entre eux est constitué d'une seule personne. En moyenne, il y a 2,2 personnes par ménages contre 3,1 en 1970 en raison du vieillissement de la population et de la recomposition des familles.
On mesure souvent le revenu des ménages à l’aune du revenu disponible, ie le revenu réellement mis à la disposition des ménages pour consommer et épargner.
Revenu disponible = revenus primaires + revenus de transfert – prélèvements obligatoires (impôts direct + indirects + cotisations sociales).


  • Les revenus primaires sont issus de la participation directement ou indirectement aux activités productives. On distingue trois formes de revenu primaire : les revenus du travail en échange d’une force de travail (=salaire), les revenus du capital en échange de la mise à disposition d’un patrimoine matériel (un hangar) ou financier (crédit) et les revenus mixtes qui rémunèrent l’apport d’une force de travail et d’un capital.

  • Les revenus de transfert (=prestations sociales) prennent la forme d’allocations sociale ou de revenus issues de l’assistance sociale (RSA…).

  • Les cotisations sociales sont prélevées sur le salaire brut pour financer la sécurité sociale qui les redistribue sous forme d’allocations.


En 2013, le revenu disponible annuel moyen était de 35 950 euros et médian 29 540 euros.
Historiquement, on peut dégager deux tendances au cours du XXème siècle, la salarisation et la moyennisation, qui marquent une progression du niveau de vie global de la population et l’émergence d’une société de consommation.
Le processus de salarisation a bien été décrit par Robert Castel (1933-2013) dans un ouvrage publié en 1995, les métamorphoses de la question sociale. Sans remonter au Moyen Âge, si on s’en tient à son analyse au cours du XXème siècle, il montre comment une « société salariale » s’établit sous l’influence d’un « Etat social ». Les salariés acquiert alors des droits sociaux, ce que Castel appelle « la propriété sociale » qui leur apporte plus de sécurité. C’est surtout après que la création de la Sécurité Sociale que ces droits sociaux deviennent protecteurs. Ainsi le salariat raisonne comme un statut protecteur. En cas de risque social (maladie, chômage…), la Sécurité Sociale verse des allocations aux salariés qui ne peuvent pas percevoir leurs revenus habituels. Auparavant, on était salarié lorsqu'on n'avait rien d'autre à échanger que la force de ses bras. On "tombait" dans le salariat (ruine de l'artisan, du tenancier), soit un état de dépendance contraignant à vivre au jour le jour sous l'emprise du besoin. Par ailleurs, d’un point de vue économique, le salariat se traduit également par des revenus plus réguliers pour les ménages.
La moyennisation accompagne ce mouvement de salarisation. Henri Mendras (1927-2003) soutenait la thèse d’une moyennisation de la société dans son ouvrage "la seconde Révolution française (1965-1984)" paru en 1988. Pour lui, les multiples transformations qu’a connues la société française des années 1960 aux années 1980 ont tellement bouleversé la structure sociale qu’il les compare à une « Seconde Révolution française ». Le principal changement réside dans le passage d’une « structure (sociale) de classes » à une structure sociale faite de strates où l’on assiste à une moyennisation. Il identifie plusieurs facteurs qui expliquent cette « seconde révolution française » : l’évolution de la population active ; l’enrichissement de la société française ; la forte croissance des classes moyennes avec la multiplication des emplois intermédiaires ; les phénomènes de diffusion culturelle (la généralisation de la scolarisation, le développement des médias de masse).
Si on prolonge les observations de MENDRAS jusqu’à aujourd’hui, les changements qu’il a identifiés sont visibles :

  • On peut observer que la tertiairisation de l’économie s’est traduite par une diminution du nombre d’ouvriers (40% de la population active en 1970 contre 25% en 2005), classe sociale caractéristique d’une structure sociale de classes, au profit des professions intermédiaires (10% de la population active en 1970 contre 23% en 2005) ou des cadres (5% en 1970 contre 15% en 2005), groupes sociaux qui forment le gros de la classe moyenne.

  • L’enrichissement de la société française se traduit par une réduction des inégalités économiques si l’on regarde l’évolution le rapport interdécile (D9/D1) entre le début des années 1960 et 2004 : 4,6 en 1970 et 3,5 en 2013.


Depuis le début des années 1980, la multiplication des emplois atypiques et la montée du chômage fragilisent ces dynamiques d’intégration sociale et, ce faisant, la société de consommation. Ainsi, Robert Castel (1995) parle alors d’une « nouvelle question sociale » et d’une « déstabilisation des stables » : la précarité met à mal la position sociale d’individus que la société avait préalablement intégrées. Si l’on regarde les données statistiques, on constate cette déstabilisation :

  • Le taux de chômage est passé de 2,5% en 1975 (au sens du BIT) à 10% en 2013. Celui des 15-24 ans de 5,4% à 23,7%.

  • Les formes particulières d’emploi : en 1982, les CDD représentaient 4% de l’emploi total des 15 ans et plus et l’intérim 0,5% ; en 2013, respectivement 8,4% et 2%. La part des FPE reste cependant minoritaire : 12% de l’emploi total.


Cette déstabilisation touche principalement les moins qualifiés et les plus jeunes : en 2013, chez les 15-24 ans, plus de la moitié des emplois occupés sont des formes particulières d'emploi, contre un emploi sur six en 1982. A l’inverse, elle ne touche pas les ménages les riches. D’après les données de l’INSEE, entre 2008 et 2011, le niveau de vie moyen des 10% les plus riches a augmenté de + 1 800 euros alors qu’il a baissé de 400 euros pour les 10 % les plus pauvres. Plus on monte en haut de l’échelle des revenus, plus les revenus augmentent : les revenus annuels déclarés par personne ont augmenté de 9800 euros entre 2004 et 2001 pour les 1% les plus riches, 48 400 euros pour les 0,1% les plus riches et 243000 euros 0,01% (Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1456&id_groupe=9&id_mot=164&id_rubrique=1)
Ces écarts grandissants remettent en cause la thèse d’une moyennisation et font dire à certains sociologues qu’il y aurait un retour des classes sociales. On pourra lire à profit :


Graphique n°2. Développement des formes particulières d’emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans


Graphique n°3. Développement des formes particulières d’emploi tous âges confondus


Source : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=irsocmartra14
Outre la moyennisation, la salarisation, une dynamique a accompagné l’élévation du niveau de vie des ménages : la progression du taux d’activité des femmes. Chez les femmes de 25 à 49 ans, le taux d'activité passe ainsi de 59 % en 1975 à 84 % en 2013.
Précisons pour terminer, qu’au sens économique, les ménages ont pour principale fonction de consommer et d’épargner. Nous allons revenir dessus dans la partie suivante.
Graphique n°4. Evolution du taux d’activité des femmes en France



2. Le système financier : désintermédiation, décloisonnement et déréglementation
Précédemment, nous avons vu le rôle des entreprises, qui correspondent dans la comptabilité nationale aux sociétés non financières (SNF). Les sociétés non financières doivent être distinguées des sociétés financières (SF) dont l’activité principale est de financer (c’est-à-dire connectés, transformer et repartir des moyens de financement) ou alors de gérer des moyens de financement. On trouve une hétérogénéité d’acteurs parmi les SF. Dans la comptabilité nationale, on distingue trois groupes :

  • les intermédiaires financiers hors assurances et fonds de pensions :

  • la Banque centrale dont la fonction principale consiste à émettre la monnaie, à maintenir sa valeur interne et externe et à gérer une partie ou la totalité des réserves de change d'un pays

  • Les institutions de dépôts autres que la banque centrale dont l'activité principale consiste à recevoir des dépôts (ou de proches substituts), à octroyer des crédits ou à effectuer des placements en valeurs mobilières pour leur propre compte

  • Les fonds d'investissement monétaires

  • Les fonds d'investissement non monétaires

  • Les autres intermédiaires financiers




  • Les auxiliaires financiers et institutions financières captives et prêteurs non institutionnel : les sociétés et quasi-sociétés financières dont la fonction principale consiste à exercer des activités étroitement liées à l'intermédiation financière et celles qui ne partagent pas cette activité.

  • Les sociétés d'assurances et fonds de pension


Le système financier, sur lequel nous allons revenir dans le chapitre 2, fait l’objet d’un triple changement depuis les années 1980 : un décloisonnement, une déréglementation et une désintermédiation. Ces trois changements ont été synthétisés par Henri Bourguinat à travers « la règle des 3D » dans un ouvrage Finance Internationale, 1995.


3. L’extérieur : des mondialisations croissantes
Qu’est-ce que la Mondialisation ? Dans Mondialisation et délocalisation des entreprises, El Mouhoub Mouhoud (2006), distingue les différentes composantes de la mondialisation :

  • Les délocalisations des activités impliquant ou non des IDE ;

  • Les flux commerciaux de biens et services entre les filiales des firmes ou entre firmes, et les échanges de biens intermédiaires ;

  • Les flux financiers ou de capitaux à court terme ;

  • Les flux de connaissances et de technologies ;

  • Les migrations internationales de travailleurs, qualifiés et peu qualifiés.


Il y a donc plusieurs mondialisations qui concernent les hommes, les biens et services, les capitaux, les idées.

D’un point de vue historique, c’est à partir de la fin du XIVème siècle que se développe le grand commerce (la mondialisation du commerce) par voie maritime, mais c’est surtout à partir du XIXème siècle que se manifeste le commerce international. Pour avoir un ordre d’idée, selon Paul Bairoch, entre 1830 et 1913, la valeur des exportations nettes européennes a été multipliée par 16 grâce notamment à de meilleurs moyens de communication (locomotives, navires à vapeur…).
Pour reprendre les termes de Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme , XVè – XVIIIè (1979) c’est à partir du XIXème siècle qu’une « économie mondiale » succède progressivement aux « économies-mondes ». Avant le XIXème siècle, le monde est composé d’une juxtaposition d’économies-mondes ayant très peu de relations entre elles. Une économie-monde constitue pour Braudel une partie du monde formant un ensemble économique, cohérent, un système avec pour caractéristiques : un espace bien défini, limité géographiquement par des barrières naturelles ou zones à faible densité ; un pôle urbain, une ville capitaliste qui a un rôle de centre décisionnel ; des zones successives fortement hiérarchisées avec les zones les plus dynamiques proches du pôle puis, plus loin, les zones périphériques subordonnées et dépendantes. On trouve comme exemple d’économies-mondes, la Russie, L’Empire Ottoman, l’Europe…C’est avec la révolution industrielle que l’économie devient mondiale. Londres prend alors le relais de l’économie-monde européenne et étend cette économie à l’ensemble de la planète.
Signe de ce poids du « reste du monde » (ComptaNat), le taux d’ouverture ((X+M/2) / PIB), mesure la place que tient le reste du monde dans l'économie d'un pays, de l’économie française est passé de 13% à 28% entre 1965 et 2010.
Par ailleurs, l’ouverture financière est également forte :

  • La France accueille sur son territoire le 4ème stock mondial d’IDE entrants (1 095 Md$ en 2012 selon la CNUCED) derrière les Etats-Unis, la Chine et le Royaume-Uni

  • De même, avec 1 497 Md$ d’investissements à l’étranger en 2012, elle est le 5ème détenteur  d’IDE hors de ses frontières, après les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Chine.


Source : http://www.tresor.economie.gouv.fr/9431_investissements-directs-etrangers-ide-en-france-investissements-directs-francais-a-l-etranger

Si l’on regarde la mondialisation des hommes, on constate en France une augmentation du nombre d’immigrés depuis 1911 : à cette époque, environ 3% de la population totale était immigrée contre 8% en 2008.

Graphique n°5. Part des immigrés dans la population totale selon le sexe.




Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/IMMFRA12_g_Flot1_pop.pdf


1 " Délocalisations et réductions d'effectifs dans l'industrie française ", par Patrick Aubert et Patrick Sillard, dans L'Economie française : comptes et dossier, édition 2005-2006, Insee-Références.

2 Mouhoub El Mouhoub, « Mondialisation : les cartes rebattues », in Alternatives économiques Hors-Série, n°93, mai 2012.
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