Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème





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CHAPITRE 2 : CRISES ET CYCLES AU 19ème SIECLE-DEBUT 20ème


    1. La croissance n’est pas 1 long fleuve tranquille : elle est ponctuée de crises :

A) A chaque type de société correspond 1 type de crise :

  1. Typologie de Ernest Labrousse

  2. Petites et grandes crises selon l’école de la Régulation

B) La survenance de ces crises met à l’épreuve les théories économiques

  1. La crise durable de surproduction est  niée  dans la pensée classique et néo-classique

  2. Ce qui est réfuté par les thèses de la sous-consommation de R.T. Malthus et de S. de Sismondi

  3. et par K. MARX, le mode d’accumulation du capital spécifique au capitalisme engendre la crise




    1. La récurrence des crises porte à appréhender la crise comme un moment paroxysmique du cycle :

  1. L’observation du mouvement économique …..

  1. L’analyse d’Ernest LABROUSSE

  2. Le triptyque : Cycle Kitchin ou hypo-cycle, Juglar ou cycle des affaires et Kondratiev ou hyper-cycle

  3. L’articulation des principaux mouvements économiques




  1. ….conduit à l’ébauche de la réflexion sur les cycles

  1. Les 1ères théories des cycles classiques

  1. Les explications marxiennes du cycle dynamique de l’accumulation du capital

  2. HAWTREY, C. JUGLAR, K. WICKSELL …. : Monnaie et crédit sont à l’origine des crises

  3. La répartition au cœur des crises : HOBSON ; FOSTER ; CATCHINGS ; H. MOULTON.

Jean LESCURE : rupture d’équilibres dans la séquence coûts/prix/profits.

  1. L’investissement au coeur des crises et cycles : TUGAN- BARANOWSKI ; A. SPIETHOFF ; M. BOUNIATIAN ;

A. AFTALION : la question de l’ajustement des capacités de production, prélude à l’analyse de l’accélérateur

e) Des facteurs exogènes expliquent les crises et cycles : PARETO ; G. TARDE ; LAVINGTON ; J. AKERMAN ; A. LÖSCH


  1. et des cycles longs : ruptures dans les conditions de la dynamique d’accumulation du capital :

  1. Analyse de Nicolas KONDRATIEV : cycles d’investissement et le problème de l’épargne

  2. François SIMIAND ; G. CASSEL ; C. RIST… : explication monétaire

  3. J. LESCURE, J.A. SCHUMPETER : l’innovation

  4. Facteurs exogènes




    1. Deux exemples de crise au 19ème :

  1. La grande crise du milieu du siècle : crise de 1846-1851

    1. Dernière grande crise d’Ancien Régime…

    2. ….. Elle se combine avec 1 crise boursière et financière ….

    3. …et peut-être perçue comme 1 crise de régulation et non du mode de régulation du système économique :

  2. La Grande Dépression (1873-1896)

    1. La Grande Dépression se caractérise surtout par une baisse des prix,

    2. mais son ampleur demeure limitée.

    3. Sa voie de sortie conduit à une intervention limitée de l’Etat ;

    4. Elle peut être aussi perçue comme 1 crise de régulation.


CRISES ET CYCLES AU 19EME SIECLE - DEBUT 20EME.
Introduction : l’histoire économique est marquée par l’irrégularité de l’activité économique dans le temps. Celle-ci s’exprime par des fluctuations : l’alternance de mouvements tantôt ascendants, tantôt descendants de l’activité économique de périodicité et d’intensité variables ; mouvements observés à partir de divers indicateurs : niveau de la production, de l’investissement, de l’emploi, des prix.

Les fluctuations économiques peuvent, dans leur observation, présenter un caractère régulier : les fluctuations deviennent des cycles économiques : l’intensité, la périodicité des mouvements sont constantes ou régulières. La notion de cycle est avant tout une hypothèse théorique : les statisticiens et économistes par l’observation de plusieurs siècles font apparaître l’existence des cycles.

L’analyse des cycles s’appuie sur la durée des phases croissantes et décroissantes donnant naissance aux cycles KITCHIN, JUGLAR ou KONDRATIEV …

Mais aussi, cette analyse porte sur l’amplitude des mouvements : 3 types de cycles sont distingués :

- les cycles réguliers : amplitude du cycle constante : comme si des mouvements autoentretenus relançaient à chaque fois le cycle de façon régulière.

- les cycles amortis : le cycle meurt progressivement de lui-même ; l’amplitude s’affaiblit et se rapproche du trend.

- cycles explosifs : l’amplitude du mouvement s’intensifie et le cycle s’éloigne du trend.
C. JUGLAR a été le 1er à considérer que la dynamique des économies de marché était impulsée par 1 mouvement cyclique à 4 temps enchaînant 1 période d’expansion, 1 moment de rupture ou crise, 1 phase de dépression et 1 processus de reprise. Ceci à partir d’1 analyse statistique retraçant des évolutions de prix et de productions.

La morphologie d’1 cycle permet ainsi de dégager différentes phases:

  1. Phase d’expansion : les indicateurs économiques augmentent de façon croissante.

  2. Point de retournement haut : c’est la crise, les indicateurs se retournent de façon brutale : les prix chutent ainsi que le cours des actions.

  3. Récession : les indicateurs économiques diminuent : la croissance économique est négative

  4. Point de retournement bas ou reprise : les indicateurs sont à nouveau à la hausse, ce qui annonce la fin de la phase de baisse et le démarrage de la phase d’expansion ou d’essor.


Le 19ème siècle est fortement marqué par des phases de fluctuation qui s’accompagnent de crises. Il y a à peu près 14 crises observées sur la période 1816-1929 (sans compter la crise de 1929). 2 sont particulièrement intenses : la crise de 1846-51 et la Grande Dépression.

A l’origine, le terme de crise relève du vocabulaire médical : moment de fièvre qui précède le rétablissement du malade. Par analogie, en économie, toute crise, se traduit par 1 détérioration brutale de la conjoncture économique et se mesure par la dégradation sévère des principaux indicateurs macroéconomiques. Mais si on dépasse cette approche de court terme, elle est aussi la manifestation de distorsions du système économique en profondeur et de ses structures.

La répétition de ces crises conduit à l’investigation théorique : terrain fertile pour la pensée économique. Pour SCHUMPETER : « les idées essentielles concernant l’analyse des crises ont émergé avant 1914 ».


  1. La croissance n’est pas un long fleuve tranquille : elle est ponctuée de crises.

Multiplicité de crises, d’où la nécessité d’un classement par nature des crises pour permettre une clé de lecture.


  1. A chaque type de société correspond un type de crise :

1) La typologie de Ernest LABROUSSE :

« Esquisse du mouvement des prix et du revenu en France au 18ème siècle » (1933)  d’Ernest LABROUSSE. « Les économies ont les crises de leurs structure » (mode de fonctionnement, principales caractéristiques.)

Il distingue 3 types de crises :

  • les crises d’Ancien Régime.

  • les crises mixtes.

  • Les crises dites « industrielles ».




  1. les crises d’Ancien Régime : crises des économies encore traditionnelles, à dominante agricole, économies cloisonnées où les activités industrielles sont marginales. A l’origine de la crise : 1 choc exogène : les caprices de la nature, révélant ainsi la dépendance de ces économies à l’égard de la nature c'est-à-dire des maladies, des conditions météorologiques touchant l’agriculture. Il faut aussi ajouter les effets des guerres, de l’insécurité et des troubles politiques et sociaux. Crise de sous-production agricole dont les ramifications touchent la demande, la population (clochers de surmortalité, suite aux famines, disettes…). Le secteur artisanal et industriel est contaminé. (ex : phylloxera)



  1. Crises mixtes :

La population rurale reste majoritaire, mais, l’industrie dispute à l’agriculture sa position dominante. Les investissements de l’industrie sont encore incertains et hasardeux. Les rentabilités attendues ne sont pas toujours observées. Ces crises sont fréquentes au cours de la première moitié du 19ème siècle. Elles ont des ramifications sur le secteur bancaire voire le secteur financier.

Exemple : crise 1846-51 (cf. III).

Comment démarre la crise mixte ?

A l’origine : une crise agricole via les chocs exogènes (schéma précédant). Mais les conséquences au niveau de l’industrie vont être plus intenses. L’industrie est montée en puissance dans l’action productive.

La demande de biens industriels diminue. D’où 1 suraccumulation du capital. La crise économique nourrit des crises financière et bancaire. Sur le plan financier, les entreprises industrielles ne peuvent rembourser leurs dettes. Il est possible que les banques se retrouvent avec des créances insolvables. D’où 1 crise de confiance, les cours boursiers sont à la baisse. On rentre dans un cycle de dépression. Et les banques augmentent les taux d’intérêt pour résorber l’excès de crédit. Le crédit est cher. Cette réaction accentue dans un premier temps la dépression. Mais, les « canards boiteux » disparaissent, et, le système productif s’assainit quitte à ce qu’il y ait des concentrations d’entreprises.


Solution libérale : laissez - faire le jeu du marché, restreindre le crédit.


  1. Les crises industrielles :

Elles s’imposent dès la 2ème moitié du 19ème siècle. Le secteur industriel devient le secteur dominant au niveau des richesses créées. Le secteur agricole est marginalisé.

Economie très ouverte sur l’extérieur (amélioration des transports, extension des marché, déréglementation des marchés). La population active est ouvrière et salariée.

Le démarrage de la crise est un choc endogène : les structures internes du système productif sont à l’origine des crises. La suraccumulation du capital qui nourrit la crise économique. Trop d’investissement par rapport à la demande. Etat de surproduction. Tendance à la baisse des profits des entreprises, la rentabilité des entreprises baisse. De nombreuses branches d’activité sont touchées

Ce qui provoque une crise sociale : faillite, licenciement : le chômage augmente, pression à la baisse sur les salaires.

De plus, la crise économique débouche sur des crises bancaire et financière : car des entreprises ne sont pas en mesure de rembourser leurs dettes. Insolvables pour les banques : la confiance étant atténuée. De plus, cette crise alimente 1 crise boursière : anticipation de la baisse des cours du fait d’une mauvaise rentabilité. Ce qui accentue la crise. La crise boursière est souvent révélatrice de la crise du système productif, car les marchés financiers sont avant tout des marchés d’anticipation.

Expl : Grande Dépression, crise des 1930’s.
2) L’école de la Régulation distingue les petites et grandes crises (MISTRAL, LIPIETZ…)

Ils ont fondé le concept de « mode de régulation ». C’est un ensemble de formes institutionnelles assurant la compatibilité des comportements des agents économiques dans le régime d’accumulation du capital spécifique à une période donnée.

2 régimes d’accumulation du capital :

  • extensif : techniques de production intensives en main d’œuvre ; la croissance se fait par ajout en facteur travail.

  • intensif : amélioration de la productivité et de l’efficacité productive. Techniques capitalistiques.

Ces régimes s’inscrivent dans 1 paradigme technologique : 1ère RI, 2ème RI ……
5 formes institutionnelles selon l’Ecole de la Régulation :

  • celle du rapport salarial : statut du travailleur

  • celle de la concurrence : rapport entre les entreprises : marché plus ou moins proche de la CPP ? Structure moléculaire ?

  • Rôle de l’Etat : régulation par le marché ou plus administrée : Etat gendarme ou fonctions élargies ?

  • La contrainte monétaire : la création monétaire est-elle facilitée ou l’objet d’un contrôle strict dans le cadre d’un système monétaire international (Gold Standard) ? Est-ce un système de changes flottants sans parité, à l’image de SMI depuis 1976 ?

  • Les rapports internationaux entre les pays. Création d’institutions internationales pour gérer les rapports entre différents pays même s’il y a un leadership pour un pays (Angleterre puis EU) imposant sa monnaie, ses capitaux … (ex : Plan MARSHALL)

Autres exemples montrant la gouvernance mondiale : GATT, FMI, Banque Mondiale.
Ainsi, l’école de la régulation distingue 2 types de crises :

  • les petites crises, ou crises conjoncturelles. Ce sont des crises de régulation à un moment donné. Elles ont pour fonction de purger les déséquilibres qui peuvent se manifester au cours de la croissance économique sans pour autant induire des modifications des formes institutionnelles. La plupart des crises du 19ème sont des petites crises. Des politiques déflationnistes sont mises en place pour les résorber. On laisse faire le jeu du marché pour retourner la situation économique en éliminant les « canards boiteux » sans modifier la nature des formes institutionnelles.

[NB : pendant les 30 glorieuses, politique de « stop and go » mais pas de changement profond ni de modification de « mode de régulation »].

  • les grandes crises ou crises structurelles. Elles marquent la fin d’un mode de régulation. Et la mise en place progressive de nouveaux traits de la croissance économique. L’ancien modèle de croissance s’épuise et doit être remplacé par un autre. Exemple : la Grande Dépression (à nuancer, cf. III), la crise des années 30, les années 70.


B) La survenance de ces crises met à l’épreuve les théories économiques. (revoir le chapitre sur le capitalisme)

Les économistes libéraux ont tendance à nier l’existence de crises durables, mais, cette négation a été critiquée par les libéraux et surtout par MARX.


  1. la crise durable de surproduction est niée dans la pensée classique et néo-classique :

Ecole classique.

Loi de SAY : toute offre trouve sa propre demande. Hypothèses :

  • la monnaie est neutre.

  • Les gens sont rationnels. (pas de thésaurisation) Epargne = investissement. Equilibre ex-ante.

  • Dichotomie (absence de pont) entre la sphère réelle et la sphère monétaire.

Les crises sont sectorielles, et, s’autorégulent grâce au jeu du marché, traduisant 1 phénomène de saturation. D’où la migration de capitaux entre différentes branches, des – profitables vers les + profitables.

Les crises de production sont surtout pour SAY issues de chocs exogènes (guerre, facteurs naturels, impérities des gouvernants : mauvaise politique comme le « trop de réglementation »)

Face aux critiques et à la fréquence des crises, SAY admet finalement des chocs endogènes, dus aux mauvaises anticipations des entrepreneurs, à leurs erreurs de calcul. Il reconnaît que l’économie n’évolue pas dans la certitude.

Plus grave encore, les néo-classiques ne s’inscrivent pas dans la dynamique mais dans la statique économique : ils ne se sont pas intéressés au problème de la croissance économique et de l’irrégularité de celle-ci. Par hypothèse, la loi de SAY est acceptée.


  • V. PARETO considère que des facteurs psychologiques expliquent les crises économiques : « l’homme exagère toujours, il passe de l’espoir à la crainte, d’un excès de confiance à un excès de méfiance. »



  1. Ce qui est réfuté par les thèses de la sous-consommation de MALTHUS et de SISMONDI.

* MALTHUS : manque de vouloir d’achat de la classe bourgeoise, épargnent trop. Hausse de la consommation improductive.

Solution : grands travaux.
* SISMONDI : vouloir d’achat, le pouvoir d’achat lui fait défaut. S’intéresse à la sous-consommation ouvrière, liée à la spoliation des salariés et au chômage.

Solutions :

  • modification du partage des richesses.

  • Garantisme social. (pour les ouvriers)




  1. et par K. MARX, le mode d’accumulation du capital spécifique au capitalisme engendre la crise.
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