Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème





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Werner SOMBART établit une causalité entre la découverte d’or et la prospérité économique. Elle induit 1 hausse de la quantité de monnaie en circulation, d’où 1 hausse de la demande et 1 hausse des prix quasi-mécanique, d’où1 incitation à produire +.

Mais, la poussée de la production se prolonge au-delà de ce que le stock d’or peut permettre comme transactions, d’autant + que le rendement des mines d’or est décroissant. Les entreprises étant habituées à produire +, car, elles prévoient une hausse de la demande, sont en surproduction. Il faut réduire les stocks et la production : contraction économique et baisse des prix.

Ainsi, 1 désaccord entre le mouvement économique et le mouvement monétaire est observé dont l’origine est les fluctuations de la quantité de monnaie métallique.
NB : après la guerre franco prussienne de 1870 : la France, indemnité : transfert d’or à l’Allemagne, d’où prospérité de l’Allemagne vers 1873, et dépression en France.
* 2ème forme : monnaie fiduciaire. Elle prend le pas sur la monnaie métallique. Celle-ci est rigide car son expansion n’est pas infinie : elle dépend des dotations naturelles (mines d’or.)

Alors que la monnaie fiduciaire plus élastique pourrait croître à l’infini.

Débat entre la banking school (FULLARTON…) et la currency school (RICARDO) :

Pour la BANKING school, si la quantité de billets, émise par les banques, satisfait les besoins économiques, il n’est pas constaté de disharmonie entre la sphère économique et la sphère monétaire. L’émission de monnaie fiduciaire sans équilibre avec le stock d’or détenu ne peut que contribuer à l’expansion. Le ralentissement se fait par l’insuffisance de la monnaie métallique.

Pour la CURRENCY school, le danger de l’émission fiduciaire est réel, perpétuel. Les banques ont tendance à adopter un comportement d’émission excessive de la monnaie fiduciaire. D’où inflation. Il faut donc réglementer l’émission de la monnaie fiduciaire par les banques centrales. (Les billets sont convertibles en or).
* 3ème forme : la monnaie scripturale. Monnaie émise par les banques elles-mêmes. Monnaie dématérialisée. C. JUGLAR, HAWTREY, Knut WICKSELL.

Monnaie très élastique, qui peut être produite de façon quasi-infinie. En contrepartie d’un actif financier (effet de commerce…..), le compte d’un agent économique est crédité.

- C. JUGLAR : Titre de son ouvrage : (1860) « Des crises commerciales et du retour périodique de ces crises en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. »

Il a observé les bilans des banques de ces 3 pays. Ces bilans contiennent de plus en plus d’effets de commerce (créances), traduisant la multiplication des opérations d’escompte, liées à la multiplication des transactions entre les entreprises.

Il considère que la phase d’expansion a pour origine l’essor du crédit. La phase de crise montre que les banques ont accordé trop de crédit et qu’il y a un risque d’insolvabilité. D’où l’assainissement est nécessaire et il faut aller jusqu’au bout du processus : l’ajustement se fait par l’augmentation des taux d’intérêt.

Le mécanisme cyclique est décrit par le premier schéma ci- dessous.




- (Schéma ci-dessus). L’analyse de HAWTREY : « Trade and credit » (1928)

Pour lui, la responsabilité des cycles est le système de l’étalon-or (parité de la monnaie par rapport à l’or) et l’erreur d’appréciation des banques.

Le but est de maintenir une monnaie stable plus proche de la parité.

Si un pays est peu compétitif, sa monnaie perd de sa valeur par rapport aux autres monnaies. En effet, le déficit extérieur doit être réglé non pas avec de la monnaie scripturale (on en veut pas) mais avec de l’or : d’où sorties d’or.

Le risque : trop émettre de monnaie, d’où perte de sa valeur, et donc, perte d’or. L’émission monétaire bute sur la limite physique en or.
Conséquence : pour HAWTREY, il faut changer les règles, les conventions. Or, elles sont discutées dans cadre du système monétaire international. Il faut lever la contrainte du système étalon-or pour permettre le crédit, et, ainsi répondre aux besoins de l’activité économique en expansion au fil de temps. (Accepter un peu d’inflation)
- Knut WICKSELL (1861-1926) « Intérêt et prix » (1898)

Appartient à l’école suédoise d’économie.

WICKSELL est amené à distinguer 2 types de taux d’intérêt.

  • le taux d’intérêt naturel (in)

  • le taux d’intérêt monétaire. (im)

L’écart entre ces 2 taux est à l’origine soit d’un processus cumulatif à la hausse ou à la baisse.
In ? C’est un taux qui existerait si aucun usage de l’argent n’était fait : pas de système monétaire. + sur une économie de troc.

Ce taux naturel est déterminé par la confrontation entre une offre de capitaux réels et une demande de capitaux réels. Ces capitaux réels sont des biens de production : c’est comme si les épargnants offraient des biens réels et les investisseurs font une demande de biens réels.

Les épargnants veulent céder ces biens que si le taux d’intérêt est à la hausse (fonction croissance du taux d’intérêt). Quant aux investisseurs, leur demande est fonction décroissante du taux d’intérêt.

La confrontation de l’offre et de la demande de capitaux  permet de déterminer le taux d’intérêt naturel.

Au final pour WICKSELL : ce taux naturel est égal au rendement ou productivité marginale des biens de capitaux. NB : KEYNES l’appellera efficacité marginale du capital.
Im ? Le taux monétaire existe dans un cadre de système bancaire complexe. Les banques sont des institutions gérant la monnaie. Le taux d’intérêt se forme sur un marché : celui du crédit par confrontation d’une demande de crédit émanant des investisseurs et d’une offre de crédit bancaire et financier. (Taux au jour le jour).

WICKSELL considère que la coïncidence de ces 2 taux est fortuite.

On a donc 2 taux différents : cette différence génère un processus cyclique.

° Si le taux naturel est supérieure au taux monétaire : le crédit bancaire est peu onéreux au regard de la rentabilité. Les prix augmentent, l’investissement, la demande augmentent, les emplois augmentent …

Mais cette phase cumulative ne peut se poursuivre car elle donne naissance à des dérapages : l’inflation, le surendettement. On s’aperçoit que la création monétaire est excessive.

Il faut inverser le mouvement : soit les banques s’inquiètent du surendettement des clients soit intervient la banque centrale pour limiter le crédit.

Conséquence : la hausse du taux d’intérêt monétaire amène la demande de crédit à baisser. On cherche à se désendetter. Ainsi, l’écart entre le taux monétaire et le taux naturel diminue.

° Si im>in : la phase de contraction est extrême : baisse de l’investissement sauf si autofinancement.

Conclusion : la politique monétaire des Etats ou de la banque centrale est efficace. Si elle est bien orientée, elle permet de jouer un rôle stabilisateur pour éviter les débordements à la hausse et à la baisse. La politique monétaire doit être active.
c) La répartition au cœur des crises :

* Rappel : SISMONDI ou MARX : ces deux auteurs considèrent que la société est divisée entre les forts (riches) et les faibles (pauvres). Conséquence : la société connaît une tendance à la paupérisation absolue ou relative, et, à des phases de crises de surproduction relative ou de sous-consommation.

* D’autres auteurs (lignée de MALTHUS) insistent sur le comportement des riches et des plus forts : leur revenu est le plus élevé et a tendance à s’accroître + rapidement que les autres revenus, et, plus leur épargne est forte.

Ainsi, HOBSON, FOSTER, CATCHINGS considèrent qu’1 telle évolution de la répartition des richesses conduit à un manque de demande de biens de consommation. (Lignée de MALTHUS)

Harold MOULTON : même idée, mais, il fait le constat qu’il existe une différence entre la hausse de l’épargne sur la période précédant la crise et les investissements réalisés.

Cette différence a été affectée à la bourse à des fins spéculatives, et est à la source d’un déséquilibre fatal (Logique court termiste). La spéculation génère une hausse des cours des actions bien supérieure à l’augmentation des richesses créées par les entreprises.

Si ce type de comportement ne se produit pas : c’est que l’épargne est l’objet d’une dépense immédiate. Biens de consommation.

Le problème des cycles se situe dans le comportement des plus riches.
* Jean LESCURE : rupture d’équilibres dans la séquence coûts / prix / profits : Auteur le + important. Analyse des cycles par J. LESCURE : 1906 « Des crises générales et périodiques de surproduction. »
Différences entre les analyses de LESCURE et de JUGLAR :

  • sur la conception de la crise. Pour JUGLAR, crise est 1 purge. Pour LESCURE, la crise est un mal, 1 déperdition.

Exemple : perte du capital humain (chômage), perte du capital technique. (Faillite ou oisiveté du capital.). Perte de moyens de subsistance, de ressources monétaires. Les inégalités ne peuvent que s’accroître. Cela induit un climat social et politique altéré : malaise social, immoralité, criminalité… Tout l’ordre politique, social, juridique est mis en question.

  • au niveau méthodologique :

JUGLAR a travaillé sur des bilans statistiques alors que LESCURE a une profonde défiance vis-à-vis des statistiques.

D’où une méthode historique : observation des faits historiques qui doivent permettre de dégager des invariances (régularités) pour déduire des crises économiques.

  • au niveau de l’explication des crises :

Monétaire pour JUGLAR, économique pour LESCURE. La dynamique économique du capitalisme repose sur le profit qui est le moteur de l’esprit d’entreprise. Ce sont finalement les variables économiques qui affectent le profit qui sont à l’origine de la phase A, mais aussi de la phase de crise et de la phase B

Quelles sont les variables qui affectent le profit ?

° Pour lui, le profit est la différence entre le prix de vente et l’ensemble des coûts de production.

Or, il existe une différence d’élasticité entre les prix de vente et les facteurs de production. Les prix de vente sont élastiques, réagissent immédiatement aux variations de l’activité économique. Alors que les coûts de production connaissent une certaine rigidité : manque de fluidité, de flexibilité.

° De +, il faut aussi que la répartition des revenus soit favorable aux profits de l’entreprise. (Sinon crise)
Le déroulement des différentes phases du cycle est résumé dans le schéma ci-dessous :





LESCURE considère que toutes les branches sont liées, et donc affectées par la crise. Cependant,  celle qui fabrique les biens de production a une importance centrale, aussi, il considère que ce secteur est le plus touché par l’essor ou la dépression.

Les crises sont périodiques et d’ordre décennal. (Cycle majeur)
LESCURE propose les solutions suivantes pour atténuer la crise économique :

- solutions préventives Dans la phase d’essor, il faut que la hausse des prix soit plus modérée ce qui induit une action de l’Etat : Fixation de certains prix.

- solutions curatives : politique de grands travaux pour endiguer le chômage.

Il faut pratiquer des politiques douanières : politique commerciale : protectionnisme en phase de dépression ; libre-échangiste en phase d’essor.

Ne pas hésiter à dévaluer sa monnaie pour rester compétitif (plus d’exportations).

Politique de taux d’intérêt : hausse du taux d’intérêt pour attirer les capitaux de l’extérieur, moins de crédit.

1 crise généralisée, pour LESCURE, justifie une véritable intervention de l’Etat.
d) L’investissement au coeur des crises et cycles : TUGAN-BARANOWSKI ; A. SPIETHOFF ; M. BOUNIATIAN ;

A. AFTALION : la question de l’ajustement des capacités de production, prélude à l’analyse de l’accélérateur
Ces auteurs ont travaillé sur la surcapitalisation des économies. L’investissement est la source d’oscillations économiques. Les premières analyses mettent l’accent sur le comportement des capitalistes, d’autres mettent l’accent sur les nécessités techniques conduisant à la suraccumulation du capital.

* Les premières analyses de MARX : l’accumulation du capital au cœur du comportement du capitaliste. Suraccumulation …. « Accumulez, accumulez, c’est la loi des prophètes». Il parle de la rotation du capital qui génère (traduit) une dévalorisation du capital soit par usure normale, soit par usure morale précipitant la suraccumulation du capital (voir ci-dessus).

* TUGAN-BARANOWSKI : En 1897, « Crise industrielle en Angleterre. » L’origine des crises repose sur un processus de surcapitalisation par rapport à l’épargne disponible. Il n’y a pas d’excès d’épargne, mais, insuffisance d’épargne. Le système capitaliste est incapable d’ajuster l’épargne et les besoins d’investissement de l’économie.

Les projets d’investissement sont onéreux : d’où la difficulté de les soutenir jusqu’au bout, et, donc l’entrée dans la crise économique. La solution serait la création monétaire.

Il ne prend pas en compte le mouvement monétaire.

* Différentes analyses considèrent que la suraccumulation est le fait de nécessités techniques.

Dans la lignée de BÖHM-BAWERK : le capital forme 1 « détour de production fécond ».

Exemple : consommer l’eau. Il faut créer des seaux et des canalisations par exemple. La structure de production est davantage capitalistique.

- A. SPIETHOFF : école historique allemande. Met en valeur l’idée d’un déséquilibre vertical en distinguant plusieurs groupes de biens : d’une part des biens de production, de l’autre des biens de consommation.

Dans la phase d’essor, apparaît progressivement un déséquilibre vertical soit vers le bas : les industries de biens de consommation ont une croissance supérieure aux biens de production ; soit vers le haut : inversement.

Les 2 types de biens étant corrélés, ce différentiel de croissance conduit au déséquilibre.

Il donne l’exemple du gant. Si l’on perd un côté, il y a excès de gant et insuffisance de gant. Celui qui reste est inutilisable et celui qui manque représente une insuffisance réelle.

Il considère que dans une phase d’essor, pour répondre à la demande, il faut produire des biens de production. Nécessairement, la main d’œuvre est affectée en priorité à la fabrication de ces biens de production permettant de répondre après aux biens de consommation.

Progressivement : rareté des ressources et la production de biens de consommation est la première à être touchée. Ces branches connaissent une tendance au fléchissement. Les entreprises qui font des biens de production connaissent une suraccumulation du capital, manque de débouchés. Déséquilibre relatif vertical.
- Autre analyse : AFTALION, l’analyse la + importante. (Mais avant lui, M. BOUNIATIAN avait énoncé l’idée.

La longueur du processus de production à l’origine de la suraccumulation du capital. Il compare la lampe électrique et la poêle à chauffer. (Charbon)

La lampe électrique permet de satisfaire immédiatement les besoins en lumière (il suffit d’appuyer sur 1 bouton, et la lumière jaillit).

Pour la poêle à charbon : si on arrive dans une pièce froide, on l’alimente en charbon. Mais, il faut attendre pour que la pièce se réffauche. Si le consommateur est impatient, il a tendance à rajouter du combustible, comme s’il voulait accélérer le processus. Mais, à 1 moment donné, il s’apercevra qu’il a chauffé beaucoup trop (effet de chaleur), d’où, ouverture de la fenêtre.

L’outillage des pays capitalistes ressemble à ce poêle pour AFTALION.

Dans un premier temps, on a tendance à suraccumuler du capital. Dans la phase d’expansion, suite à la hausse de la demande, les entreprises augmentent leur investissement et leur capacité de production, mais, la production des biens d’investissement se fait avec un décalage d’où une expansion économique est un peu lente, puis, nourrit fortement l’essor économique. Mais, à un moment donné, est observée 1 surcapitalisation du capital par rapport à la demande : les entreprises ont une production excédentaire et il faut réajuster à la baisse.
Cette analyse donne naissance au mécanisme de l’accélérateur développé par HARROD et CLARK.

L’investissement est induit : une variation positive de la demande de biens de consommation provoque une variation plus que proportionnelle de la demande de biens d’investissement.

Il suffit que le rythme de croissance ralentisse, pour que l’investissement diminue. Si la variation de la consommation est négative, se forme du capital oisif ou 1 désinvestissement. (Revoir le mécanisme de l’accélérateur, étudié dans le chapitre sur la croissance)
e) À côté des explications endogènes, existe aussi des explications exogènes (environnement). * Oscillations liées au milieu physique dans le cas de l’agriculture.

- JEVONS père et fils : c’est la périodicité du retour des tâches solaires qui est à l’origine de l’alternance des cycles économiques. Le soleil tourne autour de lui-même en 10,5 ans. Etude sur la période 1721-1878. Il a trouvé 15 cycles économiques, soit un cycle de 10,4 ans ; et, il fait une corrélation entre la rotation du soleil et l’apparition de cycles économiques.

- MOORE : le mouvement de la planète Venus est à l’origine de ces cycles économiques. Il influencerait le niveau des récoltes.
* Autres causes exogènes : oscillations liées au milieu humain et non physique : notamment au niveau psychologique, au niveau démographique et politique.

- au niveau psychologique

° PARETO  La psychologie individuelle, mais, également collective, jouerait sur la formation de ces cycles. La cause principale est le cœur des hommes. (Confiance, méfiance)

Même si on changeait de système économique, ces facteurs psychologiques seraient maintenus. On aurait des vagues successives de hausse et de baisse de l’activité économique.

° Gabriel TARDE : « les crises étaient la marque inévitable des attentes déçues ».

° En 1922, l’auteur LAVINGTON comparait le comportement des hommes d’affaires au comportement des patineurs sur un étang. La confiance du patineur sur la solidité d’un étang augmente s’il constate que le nombre de patineurs sur l’étang est important. C’est un mimétisme collectif qui s’applique aux hommes d’affaires. (Psychologie individuelle et psychologie collective). Idée que l’on retrouve chez PIGOU, KEYNES.

  • influence du milieu politique pour expliquer les crises :

° Johan AKERMAN (non Georges) : il a observé la politique économique américaine au 19ème siècle. il en conclut à la formation d’un cycle politique tous les 4 ans. Ce cycle politique se forme à chaque fois qu’un nouveau fait politique est constaté. (cf. élection d’une nouvelle assemblée, d’un nouveau chef). N’a étudié que les Etats-Unis.

Idée reprise par l’école du PUBLIC CHOICE, beaucoup + tard.

° David RICARDO aborde également ce type d’analyse. Met en valeur des décisions concernant l’impôt, la guerre, qui contribuent à l’essor ou à la dépression. (Il faut aussi une allusion à la mode qui donne naissance à la formation des cycles, idem pour les caprices et préjugés.)

  • facteur démographique :

Auguste LÖSCH : s’intéresse à l’augmentation de la population allemande surtout à la fin du 19ème siècle, après 1870. Pour lui, la démographie allemande aurait une allure cyclique. Il a donc superposé la croissance démographique et la croissance économique. Il constate une corrélation possible entre ces deux variables. La hausse de la population entraînerait une hausse de la croissance. Rejoint indirectement AFTALION, car cette hausse exige beaucoup d’investissement ; mais après il faut réduire drastiquement les investissements.
* Milieu technique : J. FOURASTIE évoquait pour le 19ème siècle le progrès technique, à la source de cycles économiques : dans l’ouvrage « Le grand espoir du 20ème siècle » (1949)

Pour lui, le progrès technique n’est pas constant, car irrégulier, imprévisible : le progrès technique est le fait de facteurs aléatoires. D’où la formation de cycles.
2) et des cycles longs : ruptures dans les conditions de la dynamique d’accumulation du capital.

Beaucoup moins d’analyse que pour les cycles majeurs. Etudes tardives. L’observation d’un cycle long est l’objet de contestation. On s’intéresse surtout aux facteurs endogènes.


  1. Analyse de N. KONDRATIEV : cycles d’investissement et le problème de l’épargne.

Il ne fait qu’appliquer la thèse de son maître TUGAN-BARANOWSKI au mouvement long. L’investissement est à l’origine des cycles longs : non seulement l’investissement de remplacement mais l’investissement net lui-même (pour augmenter la capacité de production)

IL met en valeur le rôle des investissements dits majeurs, cad des branches qui tirent les phases d’essor comme le chemin de fer.

Pour que l’accumulation du capital se réalise, il faut une épargne au moins équivalente. (Abondance d’épargne). Sinon l’investissement bute sur l’épargne. Rareté des capitaux, augmentation des taux d’intérêt et ralentissement de la phase de croissance.

Ci-dessous : analyse des cycles par N. KONDRATIEV.

KONDRATIEV est aussi l’auteur qui affirme que l’économie capitaliste est une économie qui connaît une succession de cycles… Le capitalisme est un « phoenix qui renaît toujours de ses cendres. » En affirmant ceci, KONDRATIEV apparaît comme un hérétique pour les officiers soviétiques. Aucune crise ne peut emporter le capitalisme même si la croissance est très irrégulière pour lui. Arrêté en 1930, exécuté en 1938.

L. TROTSKI va à l’ encontre de KONDRATIEV. Il représente la thèse officielle. Il admet l’existence de cycles classiques dans le système capitaliste. Des facteurs endogènes expliquent les crises classiques, mais, rejettent sur l’existence de ces cycles longs. Même en acceptant l’existence de cycles longs, ce sont des facteurs exogènes et non endogènes qui les expliquent. Exemples : conquêtes coloniales, découvertes de richesses en or, guerres, révolutions… Ne remet donc pas en cause la crise marxienne, et la disparition du capitalisme.
b) François SIMIAND : explication monétaire des cycles longs.

Conception quantitativiste. Fait premier : la monnaie. Ce sont les premières analyses sur les variations absolues de la production d’or.

Selon SIMIAND, il y aurait un parfait synchronisme entre la courbe de la production d’or et la production de richesses. (Et l’évolution des prix)

Or, les premières observations de la relation avec l’or donnent des résultats imparfaits. De 1815 à 1850 : phase de baisse de prix, or, elle s’accompagne d’une hausse de la production d’or. (Même si elle n’est pas soutenue.)

Concernant la France et l’Angleterre, de 1850 à 1873 : ces deux pays connaissent une phase d’essor, or, cette augmentation de la production a précédé véritablement l’augmentation de la production d’or.

Les quantitativistes persistent dans leur analyse. Il faut considérer non pas les variations absolues mais relatives de la production de l’or. On compare les deux taux de croissance : le taux de croissance du stock d’or et celui de la production des biens.

Si le rapport est supérieur à 1 : les prix monétaires augmentent, la hausse de la masse monétaire est supérieure par rapport à celle de la production. Permet la phase A d’1 cycle KONDRATIEV.

Si c’est l’inverse, on est dans la phase B.

Cette thèse est défendue par G. CASSEL en 1918 ou C. RIST.


c) J. LESCURE, J. A SCHUMPETER (JAS) : la thèse de l’innovation.
° Thèse largement admise. Avant JAS, LESCURE pensait que la dynamique des cycles longs reposait sur la dynamique de nouvelles branches d’activité.

Il parlait de la phase d’expansion de 1850-1873 liée à la construction de chemin de fer. (Angleterre, France, Allemagne) qui a eu des effets d’entraînement (sidérurgie…) Création d’emplois, de besoins. Phase cumulative.

Après 1873, les lignes les plus rentables sont achevées : on se contente d’entretenir le réseau ferré, ou, de mettre en place des lignes moins rentables. Ralentissement de la croissance économique. De nouvelles branches apparaissent. A la fin du 19ème, ces branches en place et nourrissent la croissance. (Chimie et électricité …). LESCURE s’appuie surtout sur le 19ème.
° Thèse reprise par SCHUMPETER

L’innovation est au cœur des cycles longs.

L’évolution économique se déclenche dans le capitalisme grâce aux innovations des entrepreneurs rompant ainsi le comportement habituel de routine. Profit est la récompense de l’innovation, de la prise de risques (outre des motivations + psychologiques : fonder 1 royaume ….).

L’innovation conduit à des combinaisons productives nouvelles, de nouvelles méthodes et techniques de production … 5 cas principaux d’innovations :

  1. la fabrication d’un nouveau bien de consommation destiné à la clientèle à laquelle l’entrepreneur s’adresse habituellement.

  2. L’introduction d’une nouvelle méthode de production dans l’industrie ou la distribution.

  3. L’ouverture d’un nouveau débouché économique ou nouveau marché.

  4. La conquête d’une nouvelle source de matières premières ou de produits semi-ouverts.

  5. Réalisation d’une nouvelle organisation de la production (nouvelle configuration du marché : trust, situation d’oligopole, monopole…)


Pour que cette dynamique de l’innovation opère, 2 types de propension doivent être réunies :

  • propension à innover, la prise de risque : cas de l’entrepreneur innovateur et du banquier (facteur financier : crédit)

  • propension des agents à accepter l’innovation qui dépend des degrés de réceptivité économique, mais aussi, des sources psychologiques (goûts, mœurs, habitudes). Ce qui conditionne la vitesse de l’étendue de diffusion des innovations.

L’innovation a des effets dynamiques positifs, source de croissance, par le processus de « destruction créatrice » : les éléments vieillis sont détruites et remplacés par du neuf. Ce qui, à long terme, se traduit par une amélioration du bien-être collectif.

Même si, à court terme, l’innovation s’accompagne de faillites d’entreprises, de la montée du chômage, de la montée de l’incertitude, alimentée par les risques encourus et par les entreprises innovantes. Ce qui nécessite des mesures temporaires de protection via les brevets.
Pour JAS, ce fonctionnement harmonieux se réalise dans le capitalisme concurrentiel, mais est partiellement rompu dans le capitalisme de trust : crépuscule de l’entrepreneur innovateur, les grandes firmes innovent moins, e,t peuvent s’opposer aux innovations, et ainsi, se contenter d’entretenir leur position sur les marchés. D’où un vieillissement du système capitaliste (ralentissement de la dynamique économique)
Caractéristique des innovations : elle sont groupées dans le temps et dans l’espace (c'est-à-dire par les branches), donc diffusées par des « grappes d’innovation ». C’est le « clustering ». C’est ce qui explique l’allure cyclique des mouvements économiques. 

La phase A est nourrit par la réussite d’un entrepreneur innovateur, qui suscite l’apparition d’autres entrepreneurs : les entrepreneurs imitateurs ou routiniers. Le comportement d’imitation (mimétisme) des firmes assure la diffusion rapide des innovations.
L’innovation, pour JAS, explique les 3 « business cycles ». Les innovations n’ayant pas toutes la même ampleur : majeure ou mineure. Leur effet économique est d’autant plus durable et étendue que l’innovation est importante. Seules les innovations majeures sont suivies de mouvements longs.
Les durées spécifiques de ces mouvements cycliques s’expliquent par les différentes périodes de gestation et d’assimilation des innovations par le système économique.
Comment l’innovation explique-t-elle l’ensemble du processus cyclique (essor, crise, dépression) ?

JAS introduit une autre condition à l’initiation et la mise en œuvre de l’innovation, hormis l’entrepreneur. C’est le crédit, non lié à une politique active des banques, mais, aux profits anticipés causés par le processus d’innovation.

« L’octroi de crédit permet à l’entrepreneur de détourner de leurs emplois actuels les moyens de production dont il a besoin et contraint l’économie nationale à entrer dans de nouvelles voies. » (JAS).

Donc transfert de crédit vers les branches innovantes.

L’entrepreneur innovateur est récompensé par un surprofit (profit d’innovation) car avantage concurrentiel sur les autres entreprises. (Quasi-rente) En cas d’échec, le risque financier incombe aux apporteurs de capitaux c'est-à-dire les banques.
* Phase 1 de prospérité : mise en œuvre de l’innovation et diffusion par « grappes » (entrepreneurs imitateurs) D’où une hausse de la demande de facteurs de production, de crédit, ce qui déclenche une vague secondaire d’essor. Effet d’entraînement à toute l’économie.

D’où une croissance soutenue : hausse de l’investissement, hausse des revenus, hausse de la consommation de tous les biens de consommation (hausse de la demande), ce qui alimente la hausse des prix de tous les biens. Les innovations ont donc dans un premier temps un effet inflationniste.

* Phase 2 de récession : la prospérité cesse avec le ralentissement, voire l’arrêt de l’investissement, avec la fin de la diffusion de l’innovation dans le système économique. Baisse des prix des biens.

Phase aussi du « déclassement des anciennes méthodes et faillite des « old firms » qui ne sont pas adaptées. Phase aussi de remboursement de crédit et de la déflation (contraction) du crédit.

* Phase 3 : dépression. Les opportunités de profit et d’investissement disparaissent. L’économie est précipitée dans une phase de croissance négative. Les faillites se multiplient, les risques augmentent, les entreprises sont confrontées à un risque d’insolvabilité.

De plus, phase de pessimisme et défiance contagieux.

* Phase 4 de reprise : les risques d’échec ont baissé. L’économie s’est assoupie. Les conditions pour que les innovations en gestation (durant la phase de la dépression, mais non diffusées car les conséquences d’échec étaient élevées) se mettent en place et se diffusent.
SCHUMPETER a distingué 3 cycles Kondratiev :

  • Kondratiev numéro 1 de 1787 à 1842 avec la machine à vapeur et le textile.

  • Kondratiev numéro 2 de 1842 à 1897 avec le chemin de fer et l’acier.

  • Kondratiev numéro 3 de 1897 à 1939 avec l’électricité, la chimie et l’automobile.


Conclusion sur les cycles longs : outre les facteurs endogènes, des facteurs exogènes expliqueraient leur formation.
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Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème iconLes cycles longs depuis le debut du XIX

Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème iconChapitre 3 : L’inégalité des salaires en France au 20ème siècle
«salariés à haut salaire» a une importance toute particulière du point de vue de la représentation sociale des inégalités, et l’étude...

Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème icon2002: En quoi les crises économiques et financières majeures marquent-elles...

Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème iconVers un ministère de la jeunesse et des sports En 1966 La js possède...
La France du début des année 70 apparait plus éloigné de 1945, que celle si pouvait l’être du 19eme siècle

Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème iconChapitre 1 Le processus migratoire de la fin du 19ème jusqu’en 1914






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