Chapitre 2 : crises et cycles au 19ème siecle-debut 20ème





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- 1er facteur : influence des guerres. Continuité de KONDRATIEV. (Acte politique) Les guerres nationales se produiraient dans les phases A, et la paix généralement dans les phases B.

De 1850 à 1873, phase d’essor. Guerre de Crimée, Sécession, Mexique…

De 1873 à 1896 : Grande dépression. Phase de détente et quelques conquêtes coloniales. (Exemple : Tonkin.)

Après 1896 : guerre hispano-américaine ; russo-japonaise, 1ère GM.

Selon Johan AKERMAN,  les guerres ont une incidence démographique qui induit l’explication des cycles longs. Dans la phase ascendante, les guerres qui dévorent toute une génération d’hommes adultes. Tant qu’il y a des hommes, les guerres sont possibles : colonies, production d’armes

Puis rareté d’hommes, il faut cesser la guerre. On rentre dans la phase B de paix. La population se « régénère ». Il faut à peu près 25 ans.

- 2ème explication : la découverte de nouveaux marchés. Difficulté de faire ici la différence entre exogène et endogène. Ici, on insiste sur le cas irrégulier de la découverte des marchés. Ex : expansion du marché US.

III) 2 exemples de crise au 19ème :


    1. La grande crise du milieu du siècle : crise de 1846-1851

Cette crise démarre comme 1 crise d’Ancien Régime : 1 crise d’origine agricole, mais elle se révèle être 1 crise mixte, intermédiaire pour des auteurs comme E. LABROUSSE, LEVY-LEBOYER et F. BOURGUIGNON.


    1. Dernière grande crise d’Ancien Régime…

L’année 1846, après celle de 1845, est 1 année de crise agricole en Europe.

Raisons : mauvaises récoltes, liées aux mauvaises conditions climatiques : des hivers rigoureux 1844-45 et 1845-46, auxquels il faut rajouter la maladie de la pomme de terre, et pour certains pays et régions l’archaïsme des transports.

Conséquences :

- En conformité avec la loi de G. KING, les prix agricoles augmentent de façon + que proportionnelle à la baisse des récoltes. Ainsi, en France, les prix doublent en moyenne entre 1845 et 1847. Le prix de la pomme de terre augmente de 400%.

- Disettes mais absence de famine.

- appauvrissement des campagnes, en vertu de la loi de KING, car même si les prix augmentent, cette hausse ne compense pas les pertes liées à la baisse des quantités vendues. Effet-prix ne compense pas l’effet-quantité.

- d’où 1 « sous-consommation industrielle », selon E. LABROUSSE, du fait de la chute de la demande de produits industriels, non seulement des ruraux, mais aussi de l’ensemble de la population, surtout textile. Baisse liée à la perte de pouvoir d’achat (effet revenu négatif) et à l’effet de substitution : le pouvoir d’achat se reporte sur les produits essentiels. Ainsi, selon LABROUSSE, « sur 1 salaire ouvrier de 2 à 2.5F/jour, il faut prélever 1.5 F pour le pain/jour ».

La crise agricole se répercute sur le secteur industriel.
Cependant, sur cette crise agricole, classique d’1 crise d’Ancien Régime, s’articule 1 crise spéculative, lui conférant le caractère de crise mixte.
2)….. Elle se combine avec 1 crise boursière et financière ….

Pour B. GILLES : cette crise n’est pas 1 crise dont le foyer est agricole. La crise agricole a 1 origine industrielle. Pour lui, le surinvestissement ferroviaire aurait détourné les propriétaires de la rentabilité agricole.

En effet, à partir de 1842, débute la fièvre du chemin de fer, d’où le boom des investissements, qui prend des allures spéculatives. Secteur où les investissements lourds nécessitent des capitaux très élevés. Aussi, les compagnies de chemin de fer émettent des actions : 1843 : 318600 actions ; 1846 : 2 millions. Afin d’acquérir ces actions, les spéculateurs empruntent, anticipant sur les perspectives de dividendes, de plus-values, du fait de la rentabilité élevée attendue des investissements.

Expl : en France : le profit/kilomètre : 9000 francs en 1845 ; 23 000 en 1847.

Donc les anticipations sur les taux de profits des compagnies de chemin de fer alimentent la spéculation. Et certaines banques prennent des risques en prêtant à leurs clients.

Exp : en GB : la Royal Bank of Liverpool dont le capital est de 600 000 livres, et accorde 500 000 livres de prêts (et qui a fait faillite en 1947).

Certaines banques n’hésitent pas à utiliser les dépôts de leurs clients pour prêter aux compagnies de chemin de fer ou autres clients.
Conséquence : le krach de 1847. J.M. KEYNES : « Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel ». En effet, à 1 moment donné, les anticipations se retournent. Certains opérateurs prennent conscience de la surévaluation des cours des titres, et des profits anticipés ; les coûts de production étant à la hausse, de même pour les taux d’intérêt.

Le facteur déclenchant cette crise est la suspension des travaux de la ligne Paris-Lyon, car, les besoins de financement ont été sous-évalués : 200 millions, or il manque 100 millions supplémentaires, et les dividendes surévalués : 7%, or il ne sont que de 4%.

Cette suspension conduit à la panique des actionnaires et des créanciers. Cette panique se diffuse aux autres compagnies ferroviaires (effet de mimétisme des comportements), d’où la chute des cours des actions ; de 50% environ. De nombreuses lignes sont fermées, et l’Etat en France rachète la ligne Paris-Lyon.
Conséquences de ce krach :

- crise du chemin de fer touche les industries en amont : mines, sidérurgie, et, par 1 effet boule de neige, les autres branches : textiles, proto-industrie….. Production et prix s’effondrent, de 25% à 50%, selon les branches.

- crise sociale : chômage, qui amplifie encore + la crise. E. LABROUSSE : « dans le secteur public, 1 million de Francs de travaux publics ont été ajournés, cad, on renonce à 500 millions de journées de travaux au taux de 2F/jour ».
3)…et peut-être perçue comme 1 crise de régulation, et non du mode de régulation du système économique :

Crise de régulation, et non du mode de régulation, du fait des dimensions sociales et politiques de la crise, mais aussi financières, affectant le fonctionnement des marchés du travail et de l’argent.


  1. Crise du marché de l’argent :

Intervention des Banques Centrales, afin de sortir de la crise a été inévitable. L’insolvabilité des clients fragilise les banques, et les menacent de la banqueroute. Pour éviter ces faillites, la Banque d’Angleterre décide

- d’accroître les taux de réescompte : aussi les taux d’intérêt sont à la hausse : 4% ; 4.5 ; 5% en début de krach ; 12% à la fin 1947.

(En France, la même mesure a été prise : hausse des taux d’intérêt, suite à la faillite en 1947 de la Caisse générale du Commerce et de l’industrie, créée en 1837 par LAFFITTE.)

- elle suspend provisoirement L’Act de Peel, qui, en vertu des principes du Currency principle limitait l’émission de billets à sa stricte couverture en or.

Ainsi, la Banque Centrale a joué le rôle de prêteur en dernier ressort, en acceptant d’alimenter en Monnaie Banque Centrale, les banques. D’où pas de retrait précipité sur les dépôts, ni de faillites.

Remarques : * l’effet d’annonce de cette mesure a suffit à calmer le jeu. La crise entre alors dans sa phase de liquidation.

* la Banque d’Angleterre n’a pas eu à dépasser le plafond fixé par l’Act de Peel dans l’émission des billets.
Cette crise montre la nécessité d’1 réforme du système bancaire, d’1 recomposition du système bancaire, notamment la Haute Banque, et les banques d’affaires.


  1. Crise du marché du travail, des rapports sociaux :

En France, la crise économique se transforme en 1 crise politique. La question sociale prend toute sa dimension ici. La prise de conscience du paupérisme de la classe ouvrière est forte, suite notamment au rapport Villermé. Aussi, la « classe » ouvrière exige le suffrage universel et le droit au travail, la création d’1 ministère du travail. Réforme politique et sociale.

*Son opposition se manifeste sous la forme d’1 « Campagne des banquets ». Mais le ministre GUIZOT interdit celui de Paris, d’où émeutes, conduisant à la Révolution de 1848. C’est la fin de la Monarchie de Juillet (1830-1848), et, la Républiques est proclamée le 25/2/1848 (officiellement le 4/5/1848). Aussi le suffrage universel est proclamé, de même la liberté de la presse, de réunion, l’abolition de la peine de mort en matière politique, de l’esclavage …..

*Pour faire face à la question du chômage, le ministre des travaux publics Alexandre-Thomas MARIE met en place des Ateliers Nationaux (projet de Louis BLANC) : 1ère tentative d’application des idées socialistes. Au départ, L. BLANC avait imaginé la Création d’1 Ministère du Progrès : 1 « organisation du travail » pour les chômeurs, sur 1 base associative. L’Etat avance l’argent nécessaire pour créer des ateliers sociaux, qui vendent – chers, tout en étant compétitifs, et, à terme, évincent l’entreprise privée capitaliste. Mais le projet de L. BLANC est dénaturé : emplois peu productifs, fastidieux, discipline de caserne… d’où le mécontentement et l’agitation politique. D’où leur suppression dès 1948, à l’arrivée de L.N. BONAPARTE.



    1. La grande dépression (1873-1896)

Jacques TAÏEB et Bruno MARCEL dans « Crises d’hier, crises d’aujourd’hui » (1989). Ces deux auteurs considèrent la grande dépression comme la première crise moderne.

Une crise précédée par une phase d’essor (de 1850 à 1873) qui correspond au Second Empire. Période dite de la fête impériale. Cette grande dépression suivie d’une phase d’essor économique : la Belle époque de 1895-96 jusqu’à 1913-14.
Pourquoi est-ce une crise moderne ?

  • une crise qui s’entête, très longue. Elle connaît en elle-même 3 crises économiques.

  • elle a un caractère quasi-universel de l’Europe jusqu’en Argentine… (caractère global signifiant une économie interdépendante : plus de poids à la dépression.)

  • le point de départ n’est pas agricole mais de crises bancaire et financière qui révèle les crises industrielles d’après LABROUSSE. Crise agricole touchée indirectement.


David LANDES considère l’expression « grande dépression » inventée par ces historiens britanniques inspirés de KONDRATIEV. Pour lui, ce terme n’est pas adéquat car la croissance économique s’est poursuivie au cours de cette période mais à rythme décroissant. (Relève d’un cycle majeur et non long.)

Pas véritablement de dépression économique, ce n’est qu’une récession.

NB : on parle du 4ème KONDRATIEV avec les 30 glorieuses. La phase B très faible : 2 années de croissance négative. Le terme de grande dépression exagéré.

HOBSBAWM : traduit le premier fléchissement séculaire de la croissance anglaise montrant les difficultés de la GB. (cf. British Disease) à prendre le virage de la seconde RI.

La crise, de nature structurelle. Ce sont les structures qui ont permis la hausse de 1850 à 1873 s’épuisant annonçant la dynamique d’autres structures productives industrielles. On serait dans une logique schumpétérienne : la première RI part au profit de la deuxième.
L’école de la Régulation (R. BOYER…) considère que la grande dépression ne traduit pas encore la fin du mode de régulation qui caractérisait le 19ème siècle : le mode concurrentiel. Il traduit les difficultés de ce mode de régulation concurrentiel. La nature du mode de régulation ne change pas mais est chahutée. Le capitalisme n’a pas été mis en cause. C’est une crise de régulation et non une crise de mode de régulation .


  1. La grande Dépression se caractérise surtout par une baisse des prix (phase déflationniste :

Se déroule en 3 phases :

1873-1882 (exclu) : choc initial.

1882-1886 : la crise se creuse.

1890-1895 : la crise persiste.

La première phase est le choc initial. En 1873, choc arrivé en Allemagne et en Autriche.

Mai 1873 : Bourse allemande s’effondre et s’accompagne de faillites en Autriche. (Crack de la bourse de Vienne)

Sept 1873 : aux Etats-Unis, effondrement d’une grande firme US : JAY - COOK.

La firme JAY – COOK chargé de la Northern Pacific Railway. (En faillite) Cette firme est avec des capitaux étrangers notamment anglais. En Angleterre, les banques qui portent le même nom font faillite.

Ces difficultés découlent des mauvais résultats des compagnies de chemin de fer : les vagues spéculatives s’effondrent et les attentes sont déçues.

Mauvais résultats ----- augmentation des coûts de production des voies ferrées + faillite dans le chemin de fer (réseau) ayant des ramifications sur les autres branches. Les dividendes sont à la baisse, celle versée par les banques aussi. Au niveau social, c’est le chômage.

Aux Etats-Unis, la faillite de JAY – COOK déclenche la JAY – COOK panic. Hécatombe de compagnies de chemin de fer (15). Les coûts salariaux doivent baisser pour échapper à la faillite. (Idée qu’on retrouve aujourd’hui)

Le système bancaire est touché, la bourse de NY s’effondre et on a du la fermer pendant 10 jours. Diminution des dépôts, retire les avoirs. Run = course au retrait.

L’Etat a augmenté les taux d’intérêt pour attirer les capitaux ce qui accroît la crise.

Ainsi pour le secteur du chemin de fer : -71% concernant les attentes. (Dividendes) Idem chez les banques : -76% par rapport aux banques. –33% pour le secteur minier.

Nombreux faillites : 37 sociétés de chemin de fer qui font faillite aux Etats-Unis. Les salariés américains ont accepté une baisse du salaire de 10 à 20% pendant la crise. Phénomène du « run » :30% du dépôt sorti du client.

Ces crises bancaires se traduisent par un phénomène déflationniste (observation de prix de gros) : -20% des prix.

Vers 1878, on est sur la fin de cette crise (mais une fin très fragile).

1882 : nouvelle phase de crise. La crise se creuse. Comment se manifeste t-elle ? Elle a lieu en France avec la faillite de l’Union générale, banque française. A eu lieu pendant une crise politique. Le gouvernement de GAMBETTA renversé en 1882 (méfiance, défiance).  Crise politique.

Ainsi, refus de sorties de capitaux. Peu de confiance en la France : les capitaux partent à l’étranger.

Essentiellement les banques d’affaires souffrent car les capitaux sont plus volatiles.

Certaines banques dont le Crédit Lyonnais perdent la moitié de ses dépôts adoptent la spécialisation bancaire : banque de dépôt.

De plus, le comportement de l’Etat :

L’état français fortement déficitaire remet en question ces dépenses publiques, notamment les travaux publics. (Ex : chemin de fer, qui a des ramifications sur les autres branches.) Nombreuses faillites constatées. De 1882 à 1883 ,25 à 135 faillites dans le secteur du bâtiment.

3ème facteur : la Bourse :

Les cours s’effondrent à Lyon et Paris traduisant cette crise de confiance. La crise ne peut que perdurer.

Pour l’Union générale (Banque) : en 1881, son titre était de 2880 Francs et il était de 950 Francs après.

Autres causes :

  • une crise agricole : Essentiellement à la concurrence des Etats-Unis et des pays neufs. Coûts de production sont plus bas là bas qu’en Europe. Une agriculture française particulièrement touchée ----- phase de déflation économique.

Les autres pays sont eux-mêmes touchés :

  • les prix ont baissé de 30 à 40% (déflation économique.) Crise plus intense et plus générale.

Signalons le cas US : la crise a certes touchée les Etats-Unis mais sur une période courte (dure de 1882 à 1885) et jusqu’en 1888 en Europe.

En l’espace de 3 ans aux Etats-Unis, la production industrielle baisse de 1/3, alors que pour les 8 ans précédents (1873-1881), elle avait baisse d’1/3. Crise plus intense.

C’est avant tout une crise boursière qui débute dès 1883 : combat entre 2 compagnies de chemin de fer américaines----- l’Union Pacific et la Northern Pacific qui s’est reconstitué.

Concurrence anarchique : guerre des tarifs. On surenchère sur la baisse des prix et concurrence boursière. Spéculation à la baisse du cours de l’entreprise concurrente pour l’éliminer.

En 1881, le cours de l’Union Pacific était de 130$, il était de 28$ en 1884. (Victoire de la Northern Pacific.) Baisse de la production : -20% de la production de fonte entre 1883 et 1884. Cette crise US touche également le secteur bancaire qui accordait des « crédits de complaisance » (cf. JUGLAR) qui permettaient de soutenir artificiellement l’achat des titres en bourse.

Faillites en chaîne des banques US : 575 banques sur 3000 banques nationales.

Crise aggravée par de mauvaises récoltes en 1883 : hausse des prix car ces produits sont rares.

Pour s’en sortir, les Américains comptent sur la baisse des coûts de production : -30% pour le salaire. (Ajustement) Pas de rigidité contredisant l’analyse de LESCURE aux USA.

La reprise américaine a été plus rapide. Crise résorbée liée à la baisse des coûts de production. De plus, concentration des entreprises US. Elimination des plus fragiles.

Adopte des stratégies anti-concurrentielles : beaucoup de branches ont constitué des pool (entente) du rail, de l’acier. Il s’agit de se répartir la quantité produite, les marchés. (Ententes verbales) Permet de stabiliser les prix et la production.

(cf. MARX) : la crise synonyme de concentration du capital. Reprise favorisée. Les américains malgré tout protectionnistes à travers le tarif MCKINGLEY en 1890 ou le tarif DINGLEY. (57%) NB : l’Angleterre refuse toute forme de protectionnisme.
Autre facteur (exogène) :

  • ils ont de bonnes récoltes : déverse leur surplus en Europe.

Jusqu’à 1891-1892, ils exportent des produits agricoles.

Conséquence : La GB perd des débouchés aux Etats-Unis, elle doit se tourner vers d’autres pays : les pays neufs + les colonies dont l’Argentine. Les entreprises anglaises investissent, placent dont la banque (maison) BARING qui sera à l’origine de la 3ème phase.
Origine de la 3ème phase : la crise persiste en 1890, elle est révélée par la faillite « partielle » de la Maison BARING . La situation en Argentine se dégrade : d’abord mauvaises récoltes puis difficulté lié à la crise politique. (Révolutions … mouvements politiques et sociaux, pertes dans le domaine du chemin de fer … les entreprises étrangères concernées par ces coûts de production à la hausse à cause de la hausse des salaires et la mise en place de lignes secondaires. )

Conséquence : la GB voit ses exportations vers ces pays diminuer : -30 millions de $ entre 1890 et 1892 et quasiment plus après. L’Australie connaît aussi les mêmes difficultés que l’Argentine mais à un degré moindre.

Conséquence : les faillites se multiplient, 5000 faillites au cours de 1893.

Difficulté accentuée : le marché US se ferme de plus en plus (vrai mouvement). L’Angleterre doit accepter une baisse des salaires de 15%, le taux de chômage est supérieur à 15%.

NB : contexte où le parti travailliste se crée.

Touche les autres pays d’Europe touchés mais la reprise va se faire non pas en Angleterre mais aux Etats-Unis. En 1893, les Américains sont un peu touchés par cette crise à cause du chemin de fer. Les entreprises comme la Northern Pacific cherchent les alliances : constitution de trusts. Leur permet de contrôler les prix et les marchés.

1 crise = 1 concentration aux Etats-Unis.

La crise sociale est un fait rare aux Etats-Unis. Pourtant, il y a un million de chômeurs. Les salariés commencent vraiment à se défendre vers 1893. Multiplication des grèves : ces mouvements sont qualifiés de COXEY’s Army. Ce dernier a voulu crée un mouvement de protestation ; cet ancien négociant voulait organiser des manifestations à Washington. Mais cela n’a pas marché ----- hostilité de l’opinion publique, le chômage n’est qu’un accident de parcours. Confiance dans l’initiative individuelle.

Enfin, si les Etats-Unis s’en sortent : bonnes récoltes agricoles dans les années 1890. Déverse sur les autres. Pour le chemin de fer, après une phase de rentabilité, cette dernière décroît. (cf. AFTALION)
2) son ampleur demeure limitée :

Au niveau des branches d’activité : toutes ne sont pas touchées par la crise. Cela concerne particulièrement les branches les plus fragiles comme l’agriculture (et industrie dérivée). Les industries traditionnelles comme le textile sont très touchées. (Celle de la 1ère RI)

Le chemin de fer aussi, mais demeure l’industrie motrice : les réseaux restent inachevés + pays neufs à conquérir.

Si on prend le cas US : la production de fonte (liée au chemin de fer) a quand même augmenté de 127% sur cette période. + 74% pour le fer et + 32% pour l’acier.

Des industries sont épargnés : 2nde RI ----- chimie, électricité, aluminium. Comme elles sont nouvelles, elles ne peuvent porter la croissance économique.

Par pays, certains sont plus touchés que d’autre : surtout pour les premiers pays de la RI et moins pour les Late Comers.

Ceci s’observe par la croissance de la production industrielle :

1850-1873 : +3% par an en GB puis 1874-1896 : + 1,8% par an.

Pour la France : 2,7 et 1,6.

Pour les Etats-Unis :5 et 3,9.

Pour l’Allemagne : 3,7 et 3,1.

La GB et la France ont des appareils vieillissants, de plus libre-échange des anglais.

Conséquence : la part de la France et de la GB dans la production manufacturière mondiale baisse par rapport à l’Allemagne et les Etats-Unis.
3) Sa voie de sortie conduit à une intervention de l’Etat limitée :

La théorie dominante reste la théorie classique et néo-classique. Elle n’a aucune perception des fluctuations longues sur cette période.

Pour elle, la crise n’existe pas. S’il y a crise, elle est de nature exogène. L’Etat n’a pas lieu d’intervenir. (cf. LEROY-BEAULIEU) ---- alourdissement administratif.

Le jeu du marché a primé sur l’intervention de l’Etat. Il ne faut pas nier que la CPP a laissé place à un marché concentré.
Intervention de l’Etat :

  • protectionnisme : laissez faire, mais pas toujours le laissez-passer.

BISMARCK en Allemagne dès 1879 : le tarif BISMARCK se traduisant par l’augmentation des droits de douane.

En France, le Tarif Méline (même si avant, il y avait des hausses continues des droits de douane). Seule l’Angleterre est véritablement libre-échangiste.

Le protectionnisme est à relativiser, sauf en France : pas de contingentement. Il y a des accords bilatéraux, ce qui limite l’efficacité de ce protectionnisme.

Ce mouvement de protectionnisme ne porte pas sur les mouvements de capitaux. En France, résultat mitigé notamment en Agriculture avec les petites structures.

  • plus ponctuel et ciblée :

All : WAGNER ou SCHMOLLER (école historique allemande), intervention forte de l’Etat . Forme une association : Verein für Sozial Politik.

Malgré ce mouvement, intervention dérisoire surtout pour les subventions ou industries touchées par la crise. L’état ne fixe que de nouvelles règles pour le secteur bancaire (en cas de faillite) ou concurrence.

Aux Etats-Unis, lois de 1897 : Interstate Commerce Act, sa finalité est d’interdire le dumping ou le partage de marchés aux compagnies de chemin de fer. Création de l’Interstate Commerce Commission pour contrôler la concurrence des entreprises. (Puis Anti-trust)

En France, intervention réelle mais peu longue : le Plan FREYCINET (1880-1882) touche les transports (5 milliards de francs), mais coûte cher et demeure marginal.
Ne conteste pas le libéralisme, il faut attendre les années 1930 : c’est une crise de régulation.
4) Elle peut être perçue comme une crise de régulation :

Des facteurs contingents :

  • concurrence entre les pays. (notamment dans les produits agricoles des EU ou des pays neufs.)

  • le phylloxera en France.

  • absence de volontarisme économique.

  • la psychologie de groupe (mimétisme) annonce KEYNES.

  • Les taux d’intérêt élevés sur l’ensemble de la période. A court terme : 4 à 5% et à long terme : 3 à 4%. N’encourage pas l’investissement au regard de la rentabilité du capital.

CASSEL : facteur monétaire, problème de l’or. La production d’or est ralentie. Frein à la masse monétaire. Mais l’or est peu utilisé et plutôt la livre dans les transactions.
Analyse structurelle du mode de régulation : chahuté mais ne plie pas : (l’Ecole de la régulation)

  • régime d’accumulation. Période de bouleversement, on tend vers une accumulation de plus en plus intensive.

  • phase où les innovations concernant les industries de la 1ère RI qui s’épuisent. Non relayés par la 2ème RI.

  • Pas de réelle modification : intervention de l’Etat limitée. D’où continuité.

  • Les relations internationales : passage de témoin. La puissance anglaise est remise en question par les Etats-Unis, mutations structurelles. Chahut.

  • Rapports salariaux : sauf le cas US, le salaire réel a augmenté et le salaire nominal est constant car contre-pouvoir, contre-feux … surtout en Europe dès les années 1850. Début de protection sociale.

  • Concurrence : pleine métamorphose. Recherche de la concentration. Le progrès technique impose la grande taille et non l’atomicité. Tend vers le moléculaire, transforme la nature de la concurrence. Peut être : action de l’Etat pour limiter les effets négatifs de la concurrence.

  • Au niveau monétaire : pas de remise en cause du système étalon - or avant 1922. Même si l’or est la référence, on utilise comme monnaie internationale la livre. Le principe de « currency principal » pas vraiment respecté. Cela traduit que les entreprises financées par l’appel à l’endettement. Crédits de plus en plus fragiles. Surinvestissement favorisant la crise économique.
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