1. caractéristiques du secteur de la grande distribution





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1. CARACTÉRISTIQUES DU SECTEUR DE LA GRANDE DISTRIBUTION

En France, la branche du commerce affiche en 2003 une croissance légèrement positive (+ 0,8% en volume) avec un chiffre d'affaires supérieur à 1 100 milliards d'euros (hors taxes) [Insee Premières, 2004], dont 400 milliards pour l'ensemble du commerce de détail et de l'artisanat à caractère commercial. Les grandes surfaces alimentaires représentent à elles seules 44% des ventes. Le nombre des entreprises a augmenté plus fortement dans le commerce que dans le reste de l’économie française, mais ces nouvelles unités n’emploient pas nécessairement beaucoup de personnes. Dans la même année, le commerce occupe plus de trois millions de salariés et 350 000 non-salariés. À ceux-ci s’ajoutent 244 000 personnes employées dans l’artisanat commercial, dont un quart sont des non-salariés. Alors qu’il diminue dans l’ensemble de l’économie, l’emploi salarié progresse, dans ce secteur, de 1,2 %.

C’est un secteur qui a connu des mutations radicales depuis la dernière guerre mondiale. A partir des années 60, c’est toute la chaîne de la relation entre la production et la consommation qui a progressivement été transformée, au point que certains auteurs parlent de l’émergence d’une « société marchande », voire d’une « société de consommation » en Europe occidentale et aux États-unis. Quoi que l’on puisse penser de ces appellations, les mutations industrielles et technologiques, celles de l’aménagement du territoire, le développement de la population urbaine et du salariat et, plus récemment l’accélération de la mondialisation économique ont modifié en profondeur les modes de commercialisation et de consommation, aboutissant au regroupement de denrées dans des commerces de plus grande taille, à une complexification des méthodes d’approvisionnement et de vente et à une formidable concentration économique du secteur du commerce [Carluer-Lossouarn et Dauvers, 2004].

La structure de la branche du commerce demeure cependant d’une extrême complexité, et sa définition même répond à une multiplicité de critères. Il est divisé en trois principaux sous-secteurs : le commerce de gros, le commerce de détail non alimentaire (spécialisé, par exemple dans les articles vestimentaires, d’ameublement, ou électroménager) et le commerce de détail à prédominance alimentaire. Il comprend différentes modalités de vente, soit à distance par correspondance ou Internet (en expansion), soit en magasin. C’est à la grande distribution en magasin de grande taille (hypermarché) à prédominance alimentaire que nous nous sommes intéressés. Celle-ci a connu un fort mouvement de concentration au cours des dernières années, au point qu’il ne reste aujourd’hui plus que six groupes (Auchan, Casino, Leclerc, Les Mousquetaires, Système U, Louis Delhaize et, surtout, Carrefour) et cinq grandes centrales d’achat. Les notions de grande distribution et d’hypermarché, cependant, font l’objet de diverses définitions qui s’appuient sur des critères agrégés qui empêchent de faire la part des choses entre la surface du magasin, les types et le nombre de produits commercialisés, et le nombre de salariés1. La plupart de ces caractéristiques entrent ainsi dans la définition présentée par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD)2, organisme patronal qui regroupe l’ensemble des sociétés de la grande distribution, selon laquelle «l’hypermarché » est un magasin d’une surface de vente au détail égale ou supérieure à 2 500 m2, dont l'offre en produits alimentaires varie de 3 000 à 5 000 références, où les articles sont majoritairement vendus en libre-service à des prix compétitifs3. L’implantation périphérique ou suburbaine des hypermarchés explique que, dans 80% des cas, les clients disposent d'une vaste zone de stationnement automobile4.

Depuis l'ouverture du premier hypermarché5, le 15 juin 1963, en région parisienne (Sainte-Geneviève-des-Bois, sous l’enseigne Carrefour), le développement de ce secteur a continûment modifié le paysage commercial en France6. Le concept du « tout sous un même toit » installé en périphérie des villes a suscité de nombreuses controverses. La satisfaction des gouvernements, liée a l’effet anti-inflationniste relatif de la grande distribution7, a rencontré le mécontentement du « petit commerce traditionnel » qui a exigé des pouvoirs publics et du Parlement la mise en place de garde-fous afin d'en limiter l'expansion. Entre les années 1970 et l’actuel projet de loi8, plusieurs textes ont été votés pour réglementer la grande distribution en France. Ce processus commence en 1973, au moment du vote de la « loi Royer » qui sera dite « loi cadenas » à cause des dispositions qui ont limité la croissance des enseignes des hypermarchés en France. Cette loi a de fait accéléré le développement international de certaines entreprises françaises qui tentaient depuis quelques années de contourner la « saturation du marché national ».

Les lois dites Raffarin et Galland de 1996 ont porté sur les conditions d'ouverture et la réglementation de certaines pratiques commerciales jugées désavantageuses à la fois pour le petit commerce traditionnel et pour les producteurs de l'agro-alimentaire. En voulant limiter l’implantation des grandes surfaces, la loi Galland de 1996 a indirectement induit l’agrandissement des établissements. Le pouvoir de la grande distribution à l’égard des producteurs est d’autant plus fort que les centrales d’achat sont désormais très peu nombreuses.

Après une forte croissance de leur chiffre d’affaires dans les années 1980 et 1990, la progression des grandes surfaces s’est ralentie et leur part de marché s’érode depuis 2002. Toutefois, l’INSEE relève qu’en dépit du caractère déprimé de l’évolution du commerce en 2003, le chiffre d’affaires de la grande distribution à prédominance alimentaire s’élève en 2003 à 151,1 milliards d’euros [FCD, 2003]. Le classement des quarante premières entreprises françaises de la grande distribution selon ce paramètre indique une incontestable suprématie de Carrefour9.
1. Structuration du secteur de la grande distribution à prédominance alimentaire en France

Le fort mouvement de concentration des entreprises de ce secteur s’est accompagné d’une rotation de la main d’oeuvre et de la restructuration de l’organisation du travail pour obtenir gains de productivité et de rentabilité.

C’est dans les années 1980 que certaines enseignes ont décidé de ne plus se limiter à des stratégies de concurrence par les prix et d’opter pour la différenciation dans l’assortiment et le nombre total de références, donc de marques. C'est pour échapper aux contraintes liées aux différents textes de lois limitant leur expansion que, selon Sébastien Seguin « les hypermarchés (...) ont diversifié leurs ventes en investissant le marché des produits non alimentaires dont la présence est passée de 36% des ventes dans les années 70 à 46% à la fin des années 1990 » [Seguin, 2001]. Sur ce nouveau créneau, les hypermarchés à prédominance alimentaire entrent directement en concurrence avec les enseignes du commerce spécialisé dans l'habitat, la radiotélévision, la micro-informatique… En 1999 le grand commerce alimentaire représentait par exemple 50,7 % des parts de marché de la parfumerie et des produits d'hygiène, 30,3% de celui de l'électroménager et 22% de celui des textiles, alors que les grandes enseignes spécialisées ne représentaient dans ces mêmes domaines que respectivement 8,5%, 27,9% et 22,1%10.

Plus récemment le développement d’un nouveau type de grande surface, les « Hard Discount » ou « maxi-discompteurs », leur fait directement concurrence. Leur nombre n’a cessé d'augmenter passant de 2.291 en 1998 à 3.205 en 2003, alors que celui des hyper et supermarchés reste relativement stable, voire diminue [FCD, 2003]. Cependant, au risque de se faire concurrence à lui-même, chaque groupe a diversifié sa propre gamme de magasins en créant des enseignes distinctes (Ed a été créé à l’intérieur de Carrefour par exemple).

La récente et rapide concentration des entreprises a abouti à la constitution de grands groupes d'enseignes. Six d'entre eux font désormais partie des cinquante plus grands groupes français de l’industrie et des services, dont deux dans les dix premières places. En France, ils contrôlent plus de 90% du commerce alimentaire11. En 2003 ils représentaient un chiffre d’affaires de 202.340 millions d'euros, soit 18,5% de celui des cinquante plus importants groupes français et ils employaient 951.183 personnes soit 18,8% de la main d’oeuvre de ces mêmes groupes.

Tableau 1 : Les 50 principaux groupes français de l'industrie et des services en 200312RANG *

SOCIETE

CA HT**

(en millions d'euros)

Résultat net

(en millions d'euros)

Effectifs

2

CARREFOUR

70 486

1 629

419 040

7

Les Mousquetaires**

38 400



112 000

11

Groupe Auchan

28 700

575

165 000

13

Centres Leclerc

27 200



84 000

17

Rallye (Finatis)

23 768

108

124 143

28

SYSTEME U CENTRALE NATIONALE

13 786



47 000


Ces chiffres cachent des différences considérables dans le mode de fonctionnement des diverses enseignes. Certaines d'entre elles s'affichent comme un système coopératif implanté essentiellement en France (mais comprenant tout une gamme de magasins, des supérettes aux hypermarchés) dans lequel chaque adhérent (en l'espèce le propriétaire du magasin) devient propriétaire d'une part du groupe (Magasins U, par exemple). D’autres, tels Leclerc ou Intermarché, se présentent comme un regroupement de chefs d’entreprise indépendants ; d’autres encore sont formés d’entreprises partiellement intégrées ou associant tout un éventail de magasins franchisés.

Dans le secteur alimentaire, les achats constituent plus de 80% du chiffre d’affaires global d’une entreprise, et les stratégies de réduction des coûts concernent les modalités d’achats et la logistique [Colla, 2001]. A cette fin, les entreprises ont progressivement mis en place des centrales d’achats (nationales et internationales). Ces centrales varient en fonction de leur origine historique et du statut de leurs membres :

- les groupements d’achats rassemblent des entrepreneurs indépendants, propriétaires d’un ou plusieurs magasins portant la même enseigne, tels Leclerc, Intermarché, Système U ;

- les chaînes volontaires regroupent un nombre limité d’entreprises régionales. À l’origine il s’agissait de grossistes qui se sont ouverts au commerce au détail comme Spar et Sélex, actifs dans plusieurs pays européens ;

- les coopératives de consommateurs regroupent des coopératives initialement très morcelées qui ont modifié leur structure face au durcissement de la concurrence, réduit leurs coûts et réalisé des opérations de concentration, comme dans le cas de Coop en Italie ;

- les centrales des succursalistes sont des groupements d’entreprises cherchant à minorer les coûts de leurs achats tout en conservant leur autonomie. Ils essayent de généraliser au profit des autres partenaires les meilleures conditions obtenues pour l’un d’entre eux, ce qui conduit parfois à des alliances très éphémères.
L’augmentation du volume des achats donne aux distributeurs un pouvoir de négociation. Pour alléger les frais de gestion des stocks des magasins, ces entreprises procèdent à la centralisation de la distribution physique des marchandises, au regroupement des livraisons, aux techniques de flux tendus, au système PDP (profit direct du produit) grâce aux nouvelles technologies informatiques et à des accords avec des sociétés prestataires.

Le nombre, la surface des magasins sous enseigne, ainsi que leur implantation à l’étranger, qu’elle soit directe ou sous couvert de marques partenaires, sont également très divers. Il est parfois difficile de se repérer dans la profusion des enseignes et sous-enseignes qui peuvent soit désigner des secteurs d’activité comme l’alimentaire, le bricolage, l’habillement… soit se référer directement à la taille des magasins. Ainsi le groupe Carrefour décline-t-il, en France, des hypermarchés et des « hard discounts » intégrés au groupe à plus de 80%, des supermarchés à près de 58% (Shopi) ainsi que des supérettes (8 à huit) et des supermarchés à « vocation urbaine » (Marché M plus), totalement franchisés13. Ces trois dernières représentent plus de 2.600 points vente dont seuls 22% sont directement intégrés au groupe, les autres étant des franchisés indépendants auxquels le groupe Carrefour « propose de devenir patron de leur propre entreprise en bénéficiant des formations, encadrement, logistique et d’une proximité relationnelle ». Ce type de magasin fonctionne avec un effectif réduit allant de deux à une vingtaine de personnes : sur les 4 900 entreprises appartenant au grand commerce alimentaire, près de 3 200 ont un effectif de moins de 50 salariés. Cependant selon Sébastien Séguin [2001], elles « adhèrent presque toutes à des centrales d'achat (et) peuvent ainsi négocier leur approvisionnement avec le même poids qu'une entreprise intégrée (tout en) bénéficiant d'une enseigne nationale leur conférant un pouvoir de marché important ».

Le groupe Carrefour issu de la fusion de Continent et Carrefour en 1999, se présente comme le second groupe mondial de la distribution (derrière l'américain Wal-Mart) en Europe, en Amérique du sud et en Asie. Avec 34,84% du chiffre d’affaires et 44,05% de la main d’oeuvre des six groupes cités dans le tableau 1, Carrefour domine largement ses concurrents nationaux tels que Auchan, enseigne également bien implantée à l’échelle internationale (plus de 160 hypermarchés dont une quarantaine sous sa marque). En France, en revanche, Carrefour, ne se situe qu'au second rang en nombre d'hypermarchés (216 magasins) derrière Leclerc (408).

La presse spécialisée met, depuis 2000, l’accent sur les « signes d’essoufflement » des hypermarchés en France au profit des supermarchés et des commerces de proximité. Un article du journal économique La Tribune, intitulé « Hypermarché, un concept en question »14, souligne que celui-ci, « qui représente 60% des ventes du numéro deux mondial de la distribution rencontre de plus en plus de difficultés malgré une nouvelle diversification dans les services (assurances, voyages…) qui a permis d’étoffer l’offre et de fidéliser la clientèle ». La même revue signale un peu plus tard (3/02/05) qu’après avoir dominé le paysage de la distribution française, les hypermarchés de Carrefour « sont à la peine depuis 2001 ». Au lendemain de la fusion avec Promodès, en 1999, en effet, Carrefour et Continent pesaient 17,8% du chiffre d’affaires total des grandes surfaces. À la fin de 2003, ils n’en représentaient plus que 14,9% et en 2004, 13,2%.
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