Les enjeux d’une production cinématographique en France





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Les enjeux d’une production cinématographique en France


Présenté par Delphine Jaquet, réalisatrice et productrice (Société Banshee Films).
Introduction

Cette intervention s’appuie sur mon parcours de réalisatrice et de productrice indépendante. A ce titre, elle n’est ni générale , ni exhaustive.

Le regard et les éléments que je pourrai apporter sur ce thème concernent effectivement un certain aspect du cinéma en France, le cinéma d’auteur. Les gens qui soutiennent ce cinéma-là pensent que le cinéma n’est pas seulement un produit de divertissement.

C’est sur cette conviction que mon travail est construit, et c’est donc dans ce sens que j’aborderai ce thème.
Les enjeux d’une production cinématographique indépendante en France
Avant d’entrer dans cette question, il faut d’abord définir le contexte du cinéma en France. La France, par son histoire particulière avec le cinéma, par une politique gouvernementale de fonds publics et d’éducation à l’image, occupe une place spéciale dans le paysage européen.
1. la France produit beaucoup de films.
Nombre de longs métrages produits en France en 2005 : 187 films d’initiative française

240 avec les copro minoritaires
En comparaison

- longs métrages produits en Angleterre en 2005 : 124 chiffre incluant les films entièrement financés par des sociétés américaines au Royaume-Uni

- longs métrages produits en Allemagne en 2005 : 103
2. la France se bat pour faire exister la notion « d’exception culturelle », notion qui a fait débat. La culture n’est pas un bien ou une marchandise comme les autres. Le cinéma fait partie de cette notion.

Evidemment ce contexte (forte production nationale, pays fer de lance de l’exception culturelle) favorise la présence d’une production indépendante.
Qu’est-ce qu’on appelle un producteur indépendant ?
La notion officielle, juridique de production indépendante est

toute production qui n’est pas liée à un groupe ou à une chaîne de TV.
Dans les faits, certaines productions, sans être liées à des groupes sont importantes, on peut citer Claude Berri producteur et réalisateur (Germinal, Astérix) ou Marin Karmitz qui gère un réseau de salles (les cinémas MK2), possède des cafés et des librairies, est aussi considéré comme un producteur indépendant (films de Michael Haneke, Code inconnu, La pianiste ).
Ici quand je parle de producteur indépendant je veux dire un producteur qui défend à travers les films qu’il produit, une certaine idée du cinéma. C’est-à-dire une certaine forme, un certain engagement politique, que le film n’est pas seulement un divertissement
Etre producteur indépendant ne veut pas dire ne pas rechercher le succès en salles (Etre et Avoir, de Nicolas Philibert, produit par Maïa Films Gilles Sandoz)
Cette notion d’indépendance s’applique aussi aux réalisateurs.

Et elle n’est pas seulement européenne. Elle existe aussi aux Etats-Unis, avec un cinéma et des réalisateurs indépendants, à New York mais aussi dans tous les Etats-Unis. Les gens qu’on appelle indépendants aux USA ne sont pas liés à des majors (John Cassavetes, Jim Jarmush)
Cassavetes était acteur à Hollywood. Avec l’argent gagné, il a financé ses propres films en tant que réalisateur. Il travaillait avec sa femme Gena Rowlands, également actrice, à Hollywood et dans ses films.
Réalisateurs indépendants en France,

- Alain Cavalier : Thérèse, La rencontre, Vies, René

- Robert Guédiguian qui travaillé à Marseille. A essayé de travailler comme Cassavetes, avec sa femme, des amis, un lieu. A la vie à la mort, Marius et Jeannette. Robert Guédiguian a créé la société de production Agat Films).

Maintenant que le contexte du cinéma en France et la notion du cinéma indépendant ont été rappellés, je vais aborder notre sujet :
la production cinématographique en France

Racontée à travers mon propre parcours et mes deux « casquettes » de réalisatrice (courts métrages et documentaires, long métrage en préparation) et de productrice (court métrage et documentaire, prépa 1er long).
Très rapidement, je vais présenter mon parcours.


  1. Université de Paris.

J’ai commencé à étudier les arts plastiques à l’Université de Paris-Sorbonne / rue Saint Charles. Il y avait un certain «  esprit » à Saint Charles. Cette faculté a été créée à la suite de mai 68, quand on a pensé que la réflexion sur l’art devait entrer dans le domaine universitaire. Les études étaient surtout composées de théorie sur l’art, et un peu de pratique.

A cette université de Saint Charles, il y avait un atelier de cinéma expérimental. Cet atelier avait été créé par quelques passionnés de cinéma expérimental, eux-mêmes des réalisateurs reconnus en France (Stéphane Marti)

Dans les années 90, le cinéma expérimental était moribond en France après avoir vécu des heures de gloire dans les années 70. Aujourd’hui il y a un regain d’intérêt pour cette forme, et de nouveaux jeunes cinéastes se constituent en collectifs. A la cinémathèque de Paris, il y a une programmation régulière de jeunes réalisateurs expérimentaux, le label Lowave diffuse des films en DVD.
A ce cours de cinéma expérimental, j’ai pu découvrir de nombreux chefs d’œuvre du cinéma expérimental, ramenés des Etats-Unis, spécialement de New York très actif en ce domaine. J’ai donc vu les films de l’underground américain (Jonas Mekas, Stanley Brakhage, Maya Deren), mais aussi des films d’artistes français utilisant la pellicule (Christian Boltanski) ou du cinéma lettriste (Maurice Lemaître).
Il y avait une section théorique et un atelier de réalisation en Super 8. C’est là que j’ai commencé à tourner mes premiers films.
On travaillait avec du film muet, principalement la Kodachrome 40, qui coûtait l’équivalent de 15 Euros pour 3 minutes développement compris. On n’avait pas de négatif. La K40 étant de l’inversible (comme les diapositives), on avait directement notre copie film. Il fallait la monter avec une visionneuse et une petite colleuse.

Pour le son, on lançait séparément une bande son au besoin, pendant la projection. Pas question donc de synchronisme.

J’étais intéressée par une narration très libre, et je m’appuyais sur des récits existants (bandes-sons, poèmes, musiques) sur lesquels je construisais par la suite les films.
La démarche était aussi expérimentale au niveau de l’image

-interventions directes sur la pellicule, GRATTAGE, PEINTURE, DECOLORATION

- déformations au moment du filmage, FLICKAGE, SURIMPRESSIONS

Diffusion

Ces films expérimentaux en S8 n’avaient pas une large diffusion publique. Ils pouvaient être dans quelques catalogues comme Light Cone (distributeur de cinéma expérimental en France), festivals comme Bandes Images, des projections spéciales, ou montrés dans des galeries.

Aujourd’hui il y a des projections à la cinémathèque de Paris et des éditions DVD de jeunes réalisateurs de cinéma expérimental.


  1. Ecole des Beaux-arts de Paris, section multimédia

J’ai continué ce travail avec les images en mouvement à l’école des beaux-arts de Paris. J’ai réalisé des films en Vidéo et des installations de diapositives en fondu enchaîné qui questionnaient à chaque fois la narration, le récit, et intégraient aussi des notions de mise en scène.
La transition vers le cinéma s’est faite avec mon travail de diplôme. J’ai décidé d’utiliser le support photographique pour raconter une histoire qui réponde aux codes du scénario de cinéma.

C’est Affaire Libinski, un court métrage en 35 mm et en images fixes.
J’ai travaillé avec un scénariste et fait appel à une équipe de techniciens et des acteurs professionnels pour interpréter les rôles. Denis Lavant rôle principal (films de Léos Carax, Jean-Pierre Jeunet, Veit Helmer), joue aussi au théâtre. D’autres acteurs chevronnés sont aussi venus sur le projet.

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