Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle





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J.P BIASUTTI Colles transformations sectorielles de l’activité (Q4) ECE 1 2008 2009

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle
NB : Ce programme de colles prolonge l’analyse de l’industrialisation en s’intéressant à la dimension sectorielle du processus de croissance. Il permet de réutiliser les acquis des cours jusqu’à présent.

1) La mesure de l’activité de service permet de comprendre les difficultés que rencontrent les comptables nationaux dans la mesure du PIB et des indicateurs de productivité

2) La question de la contribution productive des services permet de reprendre l’histoire de la pensée économique et les oppositions au sein de la pensée classique ainsi que de comprendre l’importance de l’analyse historique. Elle utilise aussi des éléments de micro-économie de la consommation (élasticité-prix, élasticité-revenu, nouvelle théorie du consommateur).

Enfin, il accompagne le chapitre sur la croissance économique et prépare la partie du cours suivante (Titre II) sur les transformations de l’entreprise capitaliste et du système capitaliste (état, finance, qui sont des activités de service !)
Les pays européens vont s’industrialiser tour à tour au XIXème c-a-d qu’ils vont déplacer des ressources depuis les activités agricoles vers les activités de transformation, ou des services liés à l’industrie (transports, banques, commerces) et modifier en conséquence les structures de leurs économies. A partir de là, l’analyse des transformations de la répartition sectorielle des activités (population active employée et production réalisée) s’est appuyée le plus souvent sur un postulat évolutionniste que semble vérifier l’évolution historique: les sociétés connaîtraient un glissement progressif des activités vers le secteur tertiaire, vérifiant la «loi du déclin relatif» des secteurs. Comme le note un de ses promoteurs, Allan G.B Fisher en 1935, «(...) The «tertiary» stage begins in the twentieth century ... it becomes possible to divert an increasing proportion of time and effort and of capital equipment into the production of goods and services, which do not fall readily, in the ordinary sense of the word, into either of the categories of primary or secondary production ». La trisectorisation traditionnelle de l’activité va privilégier ces approches évolutionnistes (tertiarisation, désindustrialisation) ; chaque secteur étant pris séparément, l’évolution de l’un ne pouvant se faire qu’au détriment des autres. La tertiarisation donnerait aujourd’hui son impulsion principale à la croissance économique par la dynamique de la demande de services et des gains de productivité plus faibles, après les sociétés agricoles à croissance lente et la société industrielle à croissance rapide. (Paragraphe 1)

Il existe pourtant chez les analystes de très fortes divergences quant au rôle des services dans la dynamique économique et quant aux enjeux de la croissance tertiaire. A la suite des travaux précurseurs d’Allan Fisher, Colin Clark et Jean Fourastié, de nombreuses thèses ont vu le jour et sont venues enrichir deux conceptions opposées de l’économie et de la société de services : une conception post-industrialiste et une conception de nature néo-industrialiste. Cette opposition s’est incarnée dès les années 1960 aux Etats-Unis chez deux auteurs :

Le sociologue américain Daniel Bell (1919-) annonce par exemple l’avènement d’une société postindustrielle1, en reprenant l’explication du glissement des activités de Clark et Fourastié (dynamique de la demande, gains de productivité plus faibles) en utilisant l’expression introduite par le sociologue Alain Touraine en 19692 . Bien qu’il soit sociologue, Bell est l’un des auteurs les plus connus en économie des services. Pour lui, la loi d’Engel conduirait à une demande décalée au cours de la croissance économique (d’abord les services accompagnant la Révolution Industrielle, puis la consommation de services de masse comme celui des banques, du commerce et de l’immobilier puis de services à caractère collectif). Le triomphe du «tertiaire supérieur à caractère collectif» (bien être, formation, culture, services scientifiques) marquerait l’avènement de la «société de services», dans laquelle l’activité serait modifiée (au profit des relations entre personnes et des échanges d’informations et de savoir)3, et qui serait marquée par la primauté du savoir théorique sur les forces productives et la montée des professionnels et des techniciens (Bell néglige ici les cadres) dans une organisation sociale structurée autour du savoir4. Cette société serait à la fois une société de services, une société d’abondance, une société urbaine, une société de savoir et enfin une société plus juste(évaluation plus «sociologique», rôle accru de l’Etat, rôle moteur des services collectifs). Ce thème sera repris au tournant du XXème siècle à travers la «nouvelle économie» ou l’«économie fondée sur le savoir ou sur la connaissance».

L’économiste américain John Kenneth Galbraith(1908-2006) va opposer ses thèses dites «néo-industrielles», en particulier dans son livre Le nouvel état industriel  paru en 1968, en soulignant la croissance dépendante des services, subordonnée aux exigences du nouveau système industriel (fonctions de conception des produits, fonctions nécessaires à la mise en place de la fameuse «filière inversée» : marketing, publicité, etc ...  colles suivantes sur l’entreprise).

Ces deux analyses sont excessives car toutes deux partielles et partiales mais elles ont le mérite de souligner deux réalités: la croissance d’un ensemble d’activités qui ne peut plus être traité comme un résidu (faisant du secteur tertiaire un secteur «fourre-tout») et son rapprochement avec l’activité de production et son intégration à la production de biens. Ceci justifie le passage d’une approche évolutionniste à une approche en termes d’interdépendance entre secteurs autour des idées transversales suivantes:

1) La croissance du secteur tertiaire ne se fait pas par vie et mort des autres secteurs. S’il est vrai que le recul de l’agriculture s’explique par la stagnation de la demande alimentaire, la demande de produits industriels se maintient pour contribuer à la croissance globale d’autant plus que la production de certains services est très utilisatrice de biens industriels (santé, transports, télécommunications).

2) Le tertiaire doit être appréhendé de manière moins globale et son évolution doit être interprétée en liaison avec celle de l’industrie (services informationnels pour les entreprises)

3) A partir de ces analyses, on peut alors nuancer le constat du déclin de l’industrie et faire l’hypothèse d’une société «transindustrielle» ou «hyperindustrielle» (selon les mots de l’économiste français Christian Stoffaës) dans laquelle l’industrie structure l’ensemble de l’appareil productif puisqu’elle achève de pénétrer les autres secteurs après s’être autonomisée avec la Révolution Industrielle. A la limite, le terme «industrie» ne fait que retrouver le sens qu’il avait au XVIII ème et pour certains classiques c-a-d toute activité de production (cf Say) (Paragraphe 2)
Paragraphe 1: La société «post-industrielle»: un aboutissement du développement économique?
La tripartition sectorielle de l’activité apparaît dans les pratiques statistiques australiennes et néo-zélandaise de l’entre-deux-guerres et ce sont deux économistes anglais ayant travaillé dans ces pays, Allan B. Fisher et Colin Clark, qui ont commencé à s’intéresser au secteur tertiaire. Le premier suggère, dès 19355, le nécessaire glissement dans le temps des activités de secteur à secteur. C’est à lui que l’on doit sans doute l’invention du terme tertiaire. Mais c’est le second, Colin Clark, dans son ouvrage principal The conditions of economic progress  paru en 1940 mais réécrit dans sa plus grande partie en 1957, qui fonde, de manière certes marginale par rapport au contenu de l’ouvrage (chapitres III à V), cette «trinité sectorielle» ou cette «trilogie sectorielle».
I) Une montée évidente du secteur tertiaire dans l’activité
L’accroissement de la productivité et le déplacement de la demande sont historiquement des éléments clés de la réallocation des facteurs entre les différents secteurs de l’économie. Dans la plupart des pays industrialisés à la fin du XIXe siècle, près de 50 % de la main d’œuvre était mobilisée dans l’agriculture. Avec d’une part, la diffusion du progrès technique et l’amélioration de la productivité dans l’agriculture et d’autre part, une évolution de la demande des produits agricoles vers les produits manufacturés et les services au fur et à mesure du développement économique, la part des emplois agricoles dans l’économie diminue fortement dans l’ensemble des pays industrialisés au profit de l’industrie et des services, qui bénéficient du transfert de la main d’œuvre durant les années 1870-1970.

Le mouvement de tertiarisation de l’emploi existait au cours de la première moitié du XX ème siècle mais de manière timide pour la France (de 28% de l’emploi total en 1906 à 38 % en 1954). Mais certains auteurs en repèrent la genèse dès le début du XIX ème siècle. Le tertiaire connaît cependant une progression rapide après la seconde guerre mondiale que ce soit dans la phase de croissance rapide des années 1960 ou dans la phase de croissance ralentie qui l’a suivie.

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