La Bibliothèque électronique du Québec





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se ficeler (en terme d’atelier), et ils se mirent dans leur tenue superlative pour se présenter au pavillon du régisseur où les conduisit Jacques Moreau, l’aîné des enfants, un hardi garçon vêtu à l’anglaise d’une jolie veste à col rabattu, vivant pendant les vacances comme un poisson dans l’eau, dans cette terre où sa mère régnait en souveraine absolue.

– Maman, dit-il, voici les deux artistes envoyés par monsieur Schinner.

Madame Moreau, très agréablement surprise, se leva, fit avancer des sièges par son fils, et déploya ses grâces.

– Maman, le petit Husson est avec mon père, ajouta l’enfant dans l’oreille de sa mère, je vais te l’aller chercher...

– Ne te presse pas, amusez-vous ensemble, dit la mère.

Ce seul mot, ne te presse pas, fit comprendre aux deux artistes le peu d’importance de leur compagnon de voyage ; mais il y perçait aussi le sentiment d’une marâtre pour un beau-fils. En effet, madame Moreau, qui ne pouvait pas, au bout de dix-sept ans de mariage, ignorer l’attachement du régisseur pour madame Clapart et le petit Husson, haïssait la mère et l’enfant d’une manière si prononcée, que l’on comprendra pourquoi le régisseur ne s’était pas encore risqué à faire venir Oscar à Presles.

– Nous sommes chargés, mon mari et moi, dit-elle aux deux artistes, de vous faire les honneurs du château. Nous aimons beaucoup les arts, et surtout les artistes, ajouta-t-elle en minaudant, et je vous prie de vous regarder ici comme chez vous. À la campagne, vous savez, l’on ne se gêne pas ; il faut y avoir toute sa liberté, sans quoi tout y est insipide. Nous avons eu déjà monsieur Schinner...

Mistigris regarda malicieusement son compagnon.

– Vous le connaissez, sans doute ? reprit Estelle après une pause.

– Qui ne le connaît pas, madame ? répondit le peintre.

– Il est connu comme le houblon, ajouta Mistigris.

– Monsieur Grindot m’a dit votre nom, demanda madame Moreau, mais je...

– Joseph Bridau, répondit le peintre excessivement occupé de savoir à quelle femme il avait affaire.

Mistigris commençait à se rebeller intérieurement contre le ton protecteur de la belle régisseuse ; mais il attendait, ainsi que Bridau, quelque geste, quelque mot qui l’éclairât, un de ces mots de singe à dauphin que les peintres, ces cruels observateurs-nés des ridicules, la pâture de leurs crayons, saisissent avec tant de prestesse. Et d’abord, les grosses mains et les gros pieds d’Estelle, la fille de paysans des environs de Saint-Lô, frappèrent les deux artistes ; puis, une ou deux locutions de femme de chambre, des tournures de phrase qui démentaient l’élégance de la toilette, firent promptement reconnaître au peintre et à son élève leur proie ; et, par un seul coup d’œil échangé, tous deux convinrent de prendre Estelle au sérieux, afin de passer agréablement le temps de leur séjour.

– Vous aimez les arts, peut-être les cultivez-vous avec succès, madame ? dit Joseph Bridau.

– Non. Sans être négligée, mon éducation a été purement commerciale ; mais j’ai un si profond et si délicat sentiment des arts, que monsieur Schinner me priait toujours de venir, quand il avait fini un morceau, pour lui donner mon avis.

– Comme Molière consultait Laforêt, dit Mistigris.

Sans savoir que Laforêt fût une servante, madame Moreau répondit par une attitude penchée qui montrait que, dans son ignorance, elle acceptait ce mot comme un compliment.

– Comment ne vous a-t-il pas offert de vous croquer ? dit Bridau. Les peintres sont assez friands de belles personnes.

– Qu’entendez-vous par ces paroles ? fit madame Moreau sur la figure de laquelle se peignit le courroux d’une reine offensée.

– On appelle, en termes d’atelier, croquer une tête, en prendre une esquisse, dit Mistigris d’un air insinuant, et nous ne demandons à croquer que les belles têtes. De là le mot : Elle est jolie à croquer !

– J’ignorais l’origine de ce terme, répondit-elle, en lançant à Mistigris une œillade pleine de douceur.

– Mon élève, dit Bridau, monsieur Léon de Lora montre beaucoup de dispositions pour le portrait. Il serait trop heureux, belle dame, de vous laisser un souvenir de notre passage ici en peignant votre charmante tête.

Joseph Bridau fit un signe à Mistigris, comme pour dire : – Allons, pousse ta pointe ! Elle n’est pas déjà si mal, cette femme. À ce coup d’œil, Léon de Lora se glissa sur le canapé, près d’Estelle, et lui prit une main qu’elle se laissa prendre.

– Oh ! si pour faire une surprise à votre époux, madame, vous vouliez me donner quelques séances en secret, je tâcherais de me surpasser. Vous êtes si belle, si fraîche, si charmante !... Un homme sans talent deviendrait un génie en vous ayant pour modèle ! On puiserait dans vos yeux tant de...

– Puis, nous peindrons vos chers enfants dans les arabesques, dit Joseph en interrompant Mistigris.

– J’aimerais mieux les avoir dans mon salon ; mais ce serait indiscret, reprit-elle en regardant Bridau d’un air coquet.

– La beauté, madame, est une souveraine que les peintres adorent, et qui a sur eux bien des droits.

– Ils sont charmants, pensa madame Moreau. Aimez-vous la promenade le soir, après dîner, en calèche, dans les bois ?...

– Oh ! oh ! oh ! oh ! oh ! fit Mistigris à chaque circonstance et sur des tons extatiques ; mais Presles sera le paradis terrestre.

– Avec une Ève, une blonde, une jeune et ravissante femme, ajouta Bridau.

Au moment où madame Moreau se rengorgeait et planait dans le septième ciel, elle fut rappelée, comme un cerf-volant par un coup de corde.

– Madame ! s’écria sa femme de chambre en entrant comme une balle.

– Eh ! bien, Rosalie, qui donc peut vous autoriser à venir ici sans être appelée ?

Rosalie ne tint aucun compte de l’apostrophe, et dit à l’oreille de sa maîtresse : – Monsieur le comte est au château.

– Me demande-t-il ? répliqua la régisseuse.

– Non, madame... Mais... il demande sa malle et la clef de son appartement.

– Qu’on les lui donne, fit-elle en faisant un geste d’humeur pour cacher son trouble.

– Maman, voilà Oscar Husson ! s’écria le plus jeune de ses fils en amenant Oscar qui, rouge comme un coquelicot, n’osa s’avancer en retrouvant les deux peintres en toilette.

– Te voilà donc enfin, mon petit Oscar, dit Estelle d’un air pincé. J’espère que tu vas aller t’habiller, reprit-elle après l’avoir toisé de la façon la plus méprisante. Ta mère ne t’a pas, je crois, habitué à dîner en compagnie, fagoté comme te voilà.

– Oh ! fit le cruel Mistigris, un futur diplomate doit être en fonds... de culotte. Deux habits valent mieux qu’un.

– Un futur diplomate ? s’écria madame Moreau.

Là, le pauvre Oscar eut des larmes aux yeux en regardant tour à tour Joseph et Léon.

– Une plaisanterie faite en voyage, répondit Joseph qui par pitié voulut sauver Oscar de ce mauvais pas.

– Le petit a voulu rire comme nous, et il a blagué, dit le cruel Mistigris, maintenant le voilà comme un âne en plaine.

– Madame, dit Rosalie en revenant à la porte du salon, Son Excellence ordonne un dîner pour huit personnes, et veut être servie à six heures. Que faire ?

Pendant la conférence d’Estelle et de sa première femme, les deux artistes et Oscar échangèrent des regards où se peignirent d’affreuses appréhensions.

– Son Excellence ! qui ? dit Joseph Bridau.

– Mais monsieur le comte de Sérisy, répondit le petit Moreau.

– Était-il, par hasard, dans le coucou ? dit Léon de Lora.

– Oh ! fit Oscar, le comte de Sérisy ne peut voyager que dans une voiture à quatre chevaux.

– Comment est-il arrivé, monsieur le comte de Sérisy ? dit le peintre à madame Moreau quand elle revint assez mortifiée à sa place.

– Je n’en sais rien, dit-elle, je ne m’explique point l’arrivée de Sa Seigneurie, ni ce qu’elle vient faire. Et Moreau qui n’est pas là !

– Son Excellence prie monsieur Schinner de passer au château, dit un jardinier en s’adressant à Joseph, et il le prie de lui faire le plaisir de dîner avec lui, ainsi que monsieur Mistigris.

– Nous sommes cuits ! fit le rapin en riant. Celui que nous avons pris pour un bourgeois dans la voiture à Pierrotin est le comte. On a bien raison de dire qu’on ne trousse jamais ce qu’on cherche.

Oscar se changea presque en statue de sel ; car, à cette révélation, il sentit son gosier plus salé que la mer.

– Et vous qui lui avez parlé des adorateurs de sa femme et de sa maladie secrète, dit Mistigris à Oscar.

– Que voulez-vous dire ? s’écria la femme du régisseur en regardant les deux artistes qui s’en allèrent en riant de la figure d’Oscar.

Oscar resta muet, foudroyé, stupide, n’entendant rien, quoique madame Moreau le questionnât et le remuât violemment par celui de ses bras qu’elle avait pris et qu’elle serrait avec force ; mais elle fut obligée de laisser Oscar dans son salon sans en avoir obtenu de réponse, car Rosalie l’appela de nouveau pour avoir du linge, de l’argenterie, et pour qu’elle veillât par elle-même à l’exécution des ordres multipliés que le comte donnait. Les gens, les jardiniers, le concierge et sa femme, tout le monde allait et venait dans une confusion facile à concevoir. Le maître était tombé chez lui comme une bombe.

Du haut de La Cave, le comte avait eu effet gagné, par un sentier à lui connu, la maison de son garde, et y arriva bien avant Moreau. Le garde fut stupéfait en voyant le vrai maître.

– Moreau est-il là, que voici son cheval ? demanda monsieur de Sérisy.

– Non, monseigneur, mais comme il doit aller aux Moulineaux avant son dîner, il a laissé son cheval ici pendant le temps de donner quelques ordres au château.

Le garde ignorait la portée de cette réponse qui, dans les circonstances présentes, aux yeux d’un homme perspicace, équivalait à une certitude.

– Si tu tiens à ta place, dit le comte à son garde, tu vas aller à fond de train à Beaumont sur ce cheval, et tu remettras à monsieur Margueron le billet que je vais écrire. Le comte entra dans le pavillon, écrivit un mot, le plia de manière à ce qu’il fût impossible de le déplier sans qu’on s’en aperçût, et le remit à son garde, dès qu’il le vit en selle. – Pas un mot à âme qui vive ! dit-il. – Quant à vous, madame, ajouta-t-il en parlant à la femme du garde, si Moreau s’étonne de ne pas trouver son cheval, vous lui direz que je l’ai pris.

Et le comte se jeta dans son parc, dont la grille lui fut aussitôt ouverte à un geste qu’il fit. Quelque rompu que l’on soit au fracas de la politique, à ses émotions, à ses mécomptes, l’âme d’un homme assez fort pour aimer encore à l’âge du comte est toujours jeune à la trahison. Il en coûtait tant à monsieur de Sérisy de se savoir trompé par Moreau, qu’à Saint-Brice il le crut moins le collaborateur de Léger et du notaire qu’entraîné par eux. Aussi, sur le seuil de l’auberge, pendant la conversation du père Léger et de l’hôte, pensait-il encore à pardonner à son régisseur après lui avoir fait une bonne semonce. Chose étrange ! la félonie de son homme de confiance ne l’occupait que comme un épisode, depuis le moment où Oscar avait révélé les glorieuses infirmités du travailleur intrépide, de l’administrateur napoléonien. Des secrets si bien gardés n’avaient pu être trahis que par Moreau qui s’était sans doute moqué de son bienfaiteur avec l’ancienne femme de chambre de madame de Sérisy ou avec l’ancienne Aspasie du Directoire. En se jetant dans le chemin de traverse, ce pair de France, ce ministre avait pleuré comme pleurent les jeunes gens. Il avait pleuré ses dernières larmes ! Tous les sentiments humains étaient si bien et si vivement attaqués à la fois, que cet homme si calme marchait dans son parc comme va le fauve blessé.

Quand Moreau demanda son cheval, et que la femme du garde lui eut répondu : – Monsieur le comte vient de le prendre. – Qui, monsieur le comte ? s’écria-t-il.

– Monseigneur le comte de Sérisy, notre maître, dit-elle. Il est peut-être au château, ajouta-t-elle pour se débarrasser du régisseur qui, ne comprenant rien à cet événement, rabattit sur le château.

Moreau revint bientôt sur ses pas pour questionner la femme du garde, car il avait fini par trouver de la gravité dans l’arrivée secrète et dans l’action bizarre de son maître. La femme du garde, épouvantée en se voyant prise comme dans un étau entre le comte et le régisseur, avait fermé le pavillon et s’y était enfermée, bien résolue de n’ouvrir qu’à son mari. Moreau, de plus en plus inquiet, alla, malgré ses boues, au pas de course à la conciergerie où il apprit enfin que le comte s’habillait. Rosalie, que le régisseur rencontra, lui dit : – Sept personnes à dîner chez Sa Seigneurie...

Moreau se dirigea vers son pavillon, et vit alors sa fille de basse-cour en altercation avec un beau jeune homme.

– Monsieur le comte a dit l’aide de camp de Mina, un colonel, s’écriait la pauvre fille.

– Je ne suis pas colonel, répondait Georges.

– Eh ! bien, vous nommez-vous Georges ?

– Qu’y a-t-il ? dit le régisseur en intervenant.

– Monsieur, je me nomme Georges Marest, je suis fils d’un riche quincaillier en gros de la rue Saint-Martin, et viens pour affaire chez monsieur le comte de Sérisy de la part de maître Crottat notaire, de qui je suis le second clerc.

– Et moi, je répète à monsieur que monseigneur vient de me dire : « Il va se présenter un colonel nommé Czerni-Georges, aide de camp de Mina, venu par la voiture à Pierrotin ; s’il me demande, faites-le entrer dans la salle d’attente »

– Il ne faut pas badiner avec Sa Seigneurie, dit le régisseur, allez, monsieur. Mais comment Sa Seigneurie est-elle venue ici sans m’avoir prévenu de son arrivée ? Comment monsieur le comte a-t-il pu savoir que vous avez voyagé par la voiture à Pierrotin ?

– Évidemment, dit le clerc, le comte est le voyageur qui sans l’obligeance d’un jeune homme allait se mettre en lapin dans la voiture à Pierrotin.

– En lapin, dans la voiture à Pierrotin ?... s’écrièrent le régisseur et la fille de basse-cour.

– J’en suis sûr, précisément à cause de ce que me dit cette fille, reprit Georges Marest.

– Et comment ? fit Moreau.

– Ah ! voilà, s’écria le clerc. Pour mystifier les voyageurs, je leur ai raconté un tas de gausses sur l’Égypte, la Grèce et l’Espagne. J’avais des éperons, je me suis donné pour un colonel de cavalerie, histoire de rire.

– Voyons, dit Moreau. Comment est le voyageur qui, selon vous, serait monsieur le comte ?

– Mais, dit Georges, il a la figure comme une brique, les cheveux entièrement blancs et les sourcils noirs.

– C’est lui !

– Je suis perdu, dit Georges Marest.

– Pourquoi ?

– Je l’ai blagué sur ses décorations.

– Bah ! il est bon enfant, vous l’aurez amusé. Venez promptement au château, dit Moreau, je monte chez lui. Où vous a-t-il donc quitté ?

– En haut de la montagne.

– Je m’y perds, s’écria Moreau.

– Après tout, je l’ai blagué, mais je ne lui ai pas fait d’affront, se dit le clerc.

– Et pourquoi venez-vous ? demanda le régisseur.

– Mais j’apporte l’acte de vente de la ferme des Moulineaux, tout prêt.

– Mon Dieu ! s’écria le régisseur, je n’y comprends rien.

Moreau sentit son cœur battre à le gêner quand, après avoir frappé deux coups à la porte de son maître, il entendit : – Est-ce vous, monsieur Moreau ?

– Oui, monseigneur.

– Entrez !

Le comte avait mis un pantalon blanc et des bottes fines, un gilet blanc et un habit noir sur lequel brillait, à droite, le crachat des Grand-Croix de la Légion d’Honneur ; à gauche, à une boutonnière pendait la Toison d’Or au bout d’une chaîne d’or. Le cordon bleu ressortait vivement sur le gilet. Il avait lui-même arrangé ses cheveux, et s’était sans doute harnaché ainsi pour faire à Margueron les honneurs de Presles, et peut-être pour faire agir sur ce bonhomme les prestiges de la grandeur.

– Eh ! bien, monsieur, dit le comte en restant assis et laissant Moreau debout, nous ne pouvons donc pas conclure avec Margueron ?

– En ce moment il vendrait sa ferme trop cher.

– Mais pourquoi ne viendrait-il pas ? dit le comte en affectant un air rêveur.

– Il est malade, monseigneur...

– Vous en êtes sûr ?

– J’y suis allé...

– Monsieur, dit le comte en prenant un air sévère qui fut terrible, que feriez-vous à un homme de confiance qui vous verrait panser un mal que vous voudriez tenir secret, s’il allait en rire chez une gourgandine ?

– Je le rouerais de coups.

– Et si vous aperceviez en outre qu’il trompe votre confiance et vous vole ?

– Je tâcherais de le surprendre et je l’enverrais aux galères.

– Écoutez,
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