La Bibliothèque électronique du Québec





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il se soucie bien de Presles ! et il est si riche ! dit l’aubergiste. Je ne l’ai jamais vu, moi.

– Ni moi, dit le père Léger ; mais il va finir par habiter, autrement il ne dépenserait pas deux cent mille francs à restaurer l’intérieur. C’est aussi beau que chez le roi.

– Ah ! bien, dit l’aubergiste, il était temps que Moreau fît son beurre.

– Oui, car une fois les maîtres là, dit Léger, ils ne mettront pas leurs yeux dans leurs poches.

Le comte ne perdit pas un mot de cette conversation tenue à voix basse.

– J’ai donc ici les preuves que j’allais chercher là-bas, pensa-t-il en regardant le gros fermier qui rentrait dans la cuisine. Peut-être, se dit-il, n’est-ce encore qu’à l’état de plan ? peut-être Moreau n’a-t-il rien accepté ?... tant il lui répugnait encore de croire son régisseur capable de tremper dans une semblable conspiration.

Pierrotin vint donner à boire à ses chevaux. Le comte pensa que le conducteur allait déjeuner avec l’aubergiste et le fermier ; or, ce qu’il venait d’entendre lui fit craindre quelque indiscrétion.

– Tous ces gens-là s’entendent contre nous, c’est pain bénit que de déjouer leurs plans, pensa-t-il.

– Pierrotin, dit-il à voix basse au voiturier en s’approchant de lui, je t’ai promis dix louis pour me garder le secret ; mais si tu veux continuer à cacher mon nom (et je saurai si tu n’as ni prononcé mon nom, ni fait le moindre signe qui puisse le révéler jusqu’à ce soir, à qui que ce soit, partout, même jusqu’à l’Isle-Adam), je te donnerai demain matin, à ton passage, les mille francs pour achever de payer ta nouvelle voiture. Ainsi, pour plus de sûreté, dit le comte en frappant sur l’épaule de Pierrotin devenu pâle de plaisir, ne déjeune pas, reste à la tête de tes chevaux.

– Monsieur le comte, je vous comprends bien, allez ! c’est par rapport au père Léger ?

– C’est vis-à-vis de tout le monde, répliqua le comte.

– Soyez paisible... – Dépêchons-nous, dit Pierrotin en entrouvrant la porte de la cuisine, nous sommes en retard. Écoutez, père Léger, vous savez qu’il y a la côte à monter ; moi, je n’ai pas faim, j’irai doucement, vous me rattraperez bien, ça vous fera du bien de marcher.

– Est-il enragé, Pierrotin ? dit l’aubergiste. Tu ne veux pas venir déjeuner avec nous ? Le colonel paie du vin à cinquante sous et une bouteille de vin de Champagne.

– Je ne peux pas. J’ai un poisson qui doit être remis à Stors à trois heures pour un grand dîner, et il n’y a pas à badiner avec ces pratiques-là, ni avec les poissons.

– Eh ! bien, dit le père Léger à l’aubergiste, attèle à ton cabriolet ce cheval que tu veux me vendre, tu nous feras rattraper Pierrotin, nous déjeunerons en paix, et je jugerai du cheval. Nous tiendrons bien trois dans ton tape-cul.

Au grand contentement du comte, Pierrotin vint pour rebrider lui-même ses chevaux. Schinner et Mistigris étaient partis en avant. À peine Pierrotin, qui reprit les deux artistes au milieu du chemin de Saint-Brice à Poncelles, atteignait-il à une éminence de la route d’où l’on aperçoit Écouen, le clocher du Mesnil et les forêts qui cerclent tout un paysage ravissant, que le bruit d’un cheval amenant au galop un cabriolet qui sonnait la ferraille, annonça le père Léger et le compagnon de Mina qui se réintégrèrent dans la voiture. Quand Pierrotin se jeta sur la berme pour descendre à Moisselles, Georges, qui n’avait cessé de parler de la beauté de l’hôtesse de Saint-Brice avec le père Léger, s’écria : – Tiens ! le paysage n’est pas mal, grand peintre ?

– Bah ! il ne doit pas vous étonner, vous qui avez vu l’Orient et l’Espagne.

– Et qui en ai deux cigares encore ! Si ça n’incommode personne, voulez-vous les finir, Schinner ? car le petit jeune homme en a eu assez de quelques gorgées.

Le père Léger et le comte gardèrent un silence qui passa pour une approbation, ainsi les deux conteurs furent réduits au silence.

Oscar, irrité d’être appelé petit jeune homme, dit, pendant que les deux jeunes gens allumaient leurs cigares : – Si je n’ai pas été l’aide de camp de Mina, monsieur, si je ne suis pas allé en orient, j’irai peut-être. La carrière à laquelle ma famille me destine m’épargnera, j’espère, le désagrément de voyager en coucou, quand j’aurai votre âge. Après avoir été un personnage, une fois en place, j’y resterai...

– Et cœtera punctum ! fit Mistigris en contrefaisant la voix de jeune coq enroué qui rendait le discours d’Oscar encore plus ridicule, car le pauvre enfant se trouvait dans la période où la barbe pousse, où la voix prend son caractère. Après tout, ajouta Mistigris, les extrêmes se bouchent !

– Ma foi ! fit Schinner, les chevaux ne pourront plus aller avec tant de charges.

– Votre famille, jeune homme, pense à vous lancer dans une carrière, et laquelle ? dit sérieusement Georges.

– La diplomatie, répondit Oscar.

Trois éclats de rire partirent comme des fusées de la bouche de Mistigris, du grand peintre et du père Léger. Le comte, lui, ne put s’empêcher de sourire. Georges garda son sang-froid.

– Il n’y a, par Allah ! point de quoi rire, dit le colonel aux rieurs. Seulement, jeune homme, reprit-il en s’adressant à Oscar, il me semble que votre respectable mère est pour le quart d’heure dans une position sociale peu convenable pour une ambassadrice... Elle avait un cabas bien digne d’estime, et un béquet à ses souliers.

– Ma mère ! monsieur ?... dit Oscar avec un mouvement d’indignation. Eh ! c’était la femme de charge de chez nous...

– De chez nous est très aristocratique, s’écria le comte en interrompant Oscar.

– Le roi dit nous, répliqua fièrement Oscar.

Un regard de Georges réprima l’envie de rire qui saisit tout le monde, il fit ainsi comprendre au peintre et à Mistigris combien il était nécessaire de ménager Oscar pour exploiter cette mine de plaisanterie.

– Monsieur a raison, dit le grand peintre au comte en lui montrant Oscar, les gens comme il faut disent nous, il n’y a que des gens sans aveu qui disent chez moi. On a toujours la manie de paraître avoir ce qu’on n’a pas. Pour un homme chargé de décorations...

– Monsieur est donc toujours décorateur ? fit Mistigris.

– Vous ne connaissez guère le langage des cours. Je vous demande votre protection, Excellence, ajouta Schinner en se tournant vers Oscar.

– Je me félicite d’avoir voyagé, sans doute, avec trois hommes qui sont ou seront célèbres : un peintre illustre déjà, dit le comte, un futur général, et un jeune diplomate qui rendra quelque jour la Belgique à la France.

Après avoir commis le crime odieux de renier sa mère, Oscar, pris de rage en devinant combien ses compagnons de voyage se moquaient de lui, résolut de vaincre à tout pris leur incrédulité.

– Tout ce qui reluit n’est pas or, dit-il en lançant des éclairs par les yeux.

– Ça n’est pas ça, s’écria Mistigris. C’est : tout ce qui reluit n’est pas fort. Vous n’irez pas loin en diplomatie si vous ne possédez pas mieux vos proverbes.

– Si je ne sais pas bien les proverbes, je connais mon chemin.

– Vous devez aller loin, dit Georges, car la femme de charge de votre maison vous a glissé des provisions comme pour un voyage d’outre-mer : du biscuit, du chocolat...

– Un pain particulier et du chocolat, oui, monsieur, reprit Oscar, pour mon estomac beaucoup trop délicat pour digérer les ratatouilles d’auberge.

– Ratatouille est aussi délicat que votre estomac, dit Georges.

– Ah ! j’aime ratatouille, s’écria le grand peintre.

– Ce mot est à la mode dans les meilleures sociétés, reprit Mistigris.

– Votre précepteur est sans doute quelque professeur célèbre, M. Andrieux de l’Académie française, ou M. Royer-Collard, demanda Schinner.

– Mon précepteur se nomme l’abbé Loraux, aujourd’hui vicaire de Saint-Sulpice, reprit Oscar en se souvenant du nom du confesseur du collège.

– Vous avez bien fait de vous faire élever particulièrement, dit Mistigris, car l’Ennui naquit un jour de l’Université ; mais vous le récompenserez, votre abbé ?

– Certes, il sera quelque jour évêque, dit Oscar.

– Par le crédit de votre famille, dit sérieusement Georges.

– Peut-être contribuerons-nous à le faire mettre à sa place, car l’abbé Frayssinous vient souvent à la maison.

– Ah ! vous connaissez l’abbé Frayssinous ? demanda le comte.

– Il a des obligations à mon père, répondit Oscar.

– Et vous allez sans doute à votre terre ? fit Georges.

– Non, monsieur ; mais moi je puis dire où je vais, je vais au château de Presles, chez le comte de Sérisy.

– Ah ! diantre, vous allez à Presles, s’écria Schinner en devenant rouge comme une cerise.

– Vous connaissez Sa Seigneurie le comte de Sérisy ? demanda Georges.

Le père Léger se tourna pour voir Oscar, et le regarda d’un air stupéfait en s’écriant : – Monsieur de Sérisy serait à Presles ?

– Apparemment, puisque j’y vais, répondit Oscar.

– Et vous avez souvent vu le comte ? demanda monsieur de Sérisy à Oscar.

– Comme je vous vois, répondit Oscar. Je suis camarade avec son fils, qui est à peu près de mon âge, dix-neuf ans, et nous montons à cheval ensemble presque tous les jours.

Un clignement d’yeux de Pierrotin au père Léger rassura pleinement le fermier.

– Ma foi, dit le comte à Oscar, je suis enchanté de me trouver avec un jeune homme qui puisse me parler de ce personnage, j’ai besoin de sa protection dans une affaire assez grave, et où il ne lui en coûterait guère de me favoriser, il s’agit d’une réclamation auprès du gouvernement américain. Je serai bien aise d’avoir des renseignements sur le caractère de monsieur de Sérisy.

– Oh ! si vous voulez réussir, répondit Oscar en prenant un air malicieux, ne vous adressez pas à lui, mais à sa femme ; il en est amoureux fou, personne mieux que moi ne sait à quel point, et sa femme ne peut pas le souffrir.

– Et pourquoi ? dit Georges.

– Le comte a des maladies de peau qui le rendent hideux, et que le docteur Alibert s’efforce en vain de guérir. Aussi, monsieur de Sérisy donnerait-il la moitié de son immense fortune pour avoir ma poitrine, dit Oscar en écartant sa chemise et montrant une carnation d’enfant. Il vit seul retiré dans son hôtel. Aussi faut-il être bien protégé pour l’y trouver. D’abord, il se lève de fort grand matin, il travaille de trois à huit heures ; à partir de huit heures il fait ses remèdes : des bains de soufre ou de vapeur. On le cuit dans des espèces de boîtes en fer, car il espère toujours guérir.

– S’il est si bien avec le Roi, pourquoi ne se fait-il pas toucher par lui ? demanda Georges.

– Cette femme a donc un mari à la coque ? dit Mistigris.

– Le comte a promis trente mille francs à un célèbre médecin écossais qui le traite en ce moment, dit Oscar en continuant.

– Mais alors sa femme ne saurait être blâmée de se donner du meilleur... dit Schinner qui n’acheva pas.

– Je crois bien, dit Oscar. Ce pauvre homme est si racorni, si vieux que vous lui donneriez quatre-vingts ans ! Il est sec comme un parchemin, et, pour son malheur, il sent sa position...

– Il ne doit pas sentir bon, dit le facétieux père Léger.

– Monsieur, il adore sa femme et il n’ose pas la gronder, reprit Oscar, il joue avec elle des scènes à mourir de rire, absolument comme Arnolphe dans la comédie de Molière...

Le comte atterré regardait Pierrotin qui, le voyant impassible, imagina que le fils de madame Clapart débitait des calomnies.

– Aussi, monsieur, voulez-vous réussir, dit Oscar au comte, allez voir le marquis d’Aiglemont. Si vous avez ce vieil adorateur de madame pour vous, vous aurez d’un seul coup et la femme et le mari.

– C’est ce que nous appelons faire d’une pierre deux sous, dit Mistigris.

– Ah ! ça, dit le peintre, vous avez donc vu le comte déshabillé, vous êtes donc son valet de chambre ?

– Son valet de chambre ? s’écria Oscar.

– Dame, on ne dit pas ces choses-là de ses amis dans les voitures publiques, reprit Mistigris. La prudence, jeune homme, est mère de la surdité. Moi, je ne vous écoute pas.

– C’est le cas de dire, s’écria Schinner, dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu hais !

– Apprenez, grand peintre, répliqua Georges sentencieusement, qu’on ne peut pas dire de mal des gens qu’on ne connaît pas, et le petit vient de nous prouver qu’il sait son Sérisy par cœur. S’il nous avait seulement parlé de madame, on aurait pu croire qu’il était bien avec...

– Pas un mot de plus sur la comtesse de Sérisy, jeunes gens ! s’écria le comte. Je suis l’ami de son frère, le marquis de Ronquerolles, et qui s’aviserait de mettre en doute l’honneur de la comtesse, aurait à me répondre de ses paroles.

– Monsieur a raison, s’écria le peintre, on ne doit pas blaguer les femmes.

– Dieu ! l’Honneur et les Dames ! J’ai vu ce mélodrame-là, dit Mistigris.

– Si je ne connais point Mina, je connais le Garde des Sceaux, dit le comte en continuant et regardant Georges. Si je ne porte pas mes décorations, dit-il en regardant le peintre, j’empêche d’en donner à ceux qui ne les méritent pas. Enfin, je connais tant de monde, que je connais monsieur Grindot, l’architecte de Presles... Arrêtez, Pierrotin, je veux descendre un moment.

Pierrotin poussa ses chevaux jusqu’au bout du village de Moisselles, où il se trouve une auberge à laquelle les voyageurs s’arrêtent. Ce bout de chemin se fit dans un profond silence.

– Chez qui va donc ce petit drôle-là ? demanda le comte en amenant Pierrotin dans la cour de l’auberge.

– Chez votre régisseur. C’est le fils d’une pauvre dame qui demeure rue de la Cerisaie, et chez qui je porte bien souvent du fruit, du gibier, de la volaille, une madame Husson.

– Qui est ce monsieur ? vint dire à Pierrotin le père Léger quand le comte eut quitté le voiturier.

– Ma foi, je n’en sais rien, répondit Pierrotin, je le conduis pour la première fois ; mais il pourrait être quelque chose comme le prince à qui appartient le château de Maffliers ; il vient de me dire que je le laisserai en route, il ne va pas à l’Isle-Adam.

– Pierrotin croit que c’est le bourgeois de Maffliers, dit à Georges le père Léger en rentrant dans la voiture.

En ce moment les trois jeunes gens, sots comme des voleurs pris en flagrant délit, n’osaient se regarder les uns les autres, et paraissaient préoccupés des suites de leurs mensonges.

– Voilà qui s’appelle faire plus de fruit que de besogne, dit Mistigris.

– Vous voyez que je connais le comte, leur dit Oscar.

– C’est possible ; mais vous ne serez jamais ambassadeur, répondit Georges ; quand on veut parler dans les voitures publiques, il faut avoir, comme moi, le soin de ne rien dire.

Le comte reprit alors sa place, et Pierrotin marcha dans le plus profond silence.

– Eh ! bien, mes amis, dit le comte en atteignant le bois Carreau, nous voilà muets comme si nous allions à l’échafaud.

– Il faut savoir se traire à propos, répondit sentencieusement Mistigris.

– Il fait beau, dit Georges.

– Quel est ce pays-là ? dit Oscar en montrant le château de Franconville qui produit un magnifique effet au revers de la grande forêt de Saint-Martin.

– Comment ! s’écria le comte, vous qui dites aller si souvent à Presles, vous ne connaissez pas Franconville ?

– Monsieur, dit Mistigris, connaît les hommes et non pas les châteaux.

– Les apprentis diplomates peuvent bien avoir des distractions, s’écria Georges.

– Souvenez-vous de mon nom ? répondit Oscar furieux. Je m’appelle Oscar Husson, et dans dix ans je serai célèbre.

Après ces paroles prononcées avec forfanterie, Oscar se tapit dans un coin.

– Husson de quoi ? fit Mistigris.

– Une grande famille, répondit le comte, les Husson de la Cerisaie ; monsieur est né sous les marches du trône impérial.

Oscar rougit alors jusque dans la peau de ses cheveux et fut travaillé par une terrible inquiétude. On allait descendre la rapide côte de La Cave au bas de laquelle se trouve, dans un étroit vallon, à la fin de la grande forêt de Saint-Martin, le magnifique château de Presles.

– Messieurs, dit le comte, je vous souhaite bonnes chances dans vos belles carrières. Raccommodez-vous avec le roi de France, monsieur le colonel : les Czerni-Georges ne doivent pas bouder les Bourbons. Je n’ai rien à vous pronostiquer, mou cher monsieur Schinner, car pour vous la gloire est tout venue, et vous l’avez noblement conquise par d’admirables travaux ; mais vous êtes tellement à craindre, que moi, qui suis marié, je n’oserais pas vous en offrir à ma campagne. Quant à monsieur Husson, il n’a pas besoin de protection, il possède les secrets des hommes d’État, il peut les faire trembler. Quant à monsieur Léger, il va plumer le comte de Sérisy, je n’ai qu’à le prier d’y aller d’une main ferme !

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