La civilisation des mœurs ~





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Les relations sexuelles

Les sentiments de pudeur qui entourent les relations sexuelles entre l’homme et la femme se sont considérablement précisés et modifiés pendant le processus de civilisation. Il est de nos jours ardu de parler aux enfants et aux adolescents de cette relation. C’est en examinant le comportement correspondant des hommes d’une autre phase de la civilisation que l’on prend conscience du fait que cette situation est rien moins que normale et découle au contraire du processus de civilisation. Les Colloques d’Erasme ont été transformés en manuels scolaires pour jeunes garçons.

Des pédagogues du XIX° trouvent scandaleux ces écrits. Dès leur parution, l’Eglise catholique combattait en particulier avec acharnement les Colloques qui contiennent des attaques impitoyables contre certains ordres et institutions ecclésiastiques. Erasme parle dans son ouvrage de bien des choses non tolérées au XIX° siècle dans les livres d’enfants.

Cet ouvrage montre qu’Erasme était sensible à tout ce qui regarde la réglementation de la vie pulsionnelle, même si ses normes ne correspondent nullement aux nôtres. La nouveauté des écrits humanistes et plus spécialement des écrits humanistes d’Erasme réside précisément dans le fait qu’ils ne reflètent pas les normes du clergé mais celles de la société séculière de leur temps. Les humanistes sont les artisans de cette modification, les représentants officiels de ce besoin de la couche supérieure. Leurs écrits reflètent fidèlement les expériences de cette vie et sont immédiatement insérés dans la littérature érudite.

La pudibonderie était à peu près inconnue au XVI°, c’est pourquoi les manuels comportent des phrases propres à faire sursauter bien des pédagogues du XIX°. Erasme n’a jamais oublié ses visées pédagogiques mais le niveau de la pudeur a changé, voilà tout. Il veut présenter aux jeunes gens une image du monde, il veut leur montrer ce qu’il faut fuir et comment on peut accéder à une vie tranquille. Il s’agissait toujours d’initier les garçons à la vie, celle des adultes, sans transition. On leur montrait ce que les adultes devaient ou ne devaient pas faire. Les adultes ignoraient donc l’obligation de cacher aux enfants leurs manifestations pulsionnelles, tout cela contribuait à réduire l’écart des normes affectives des adultes et des enfants.

Erasme présente aux enfants les prostituées et les bordels, fait inenvisageable et immoral de nos jours. La simple illusion à de telles institutions est illicite, leur évocation en présence d’enfants est un crime. Au temps d’Erasme, personne ne songeait à leur cacher. On les mettait en garde contre elles.

On désapprouvait les rapports extraconjugaux dans les milieux ecclésiastiques et séculiers. Cependant, l’interdiction sociale n’était pas devenue autocontrainte au point de ressentir comme pénible l’évocation publique de cette conduite. La position sociale des filles publiques était comparable à celle des bourreaux, on la tenait pour basse et méprisable mais tout se passait au grand jour et sans la moindre cachotterie.

Lors du mariage, le cortège de noces se rendait dans la chambre nuptiale sous la conduite de tous les garçons d’honneur.la mariée était déshabillée par les filles d’honneur. Pour que le mariage fût valide, les mariés étaient tenus de gagner le lit conjugal en présence des témoins. Cette habitude s’est modifiée vers le Moyen-âge, les jeunes mariés pouvaient gagner le lit habillés. Dans la société absolutiste en France, les mariés étaient accompagnés par les invités dans la chambre nuptiale.

A travers tous ces exemples transparait le caractère spécifique des normes de pudeur telles qu’elles se répandirent peu à peu au XIX°. Dorénavant, même les adultes relèguent tout ce qui a trait à la vie sexuelle derrière les décors de la vie sociale.

Dans la société aristocratique de cour, la vie sexuelle était déjà bien plus cachée que pendant la période médiévale. Mais comparée aux normes de la régulation des instincts de la société bourgeoise, la mise à l’index de la sexualité ne va, pendant cette période, jamais très loin de la conscience des hommes (exemple de la petite Bouillon).

Il faut laisser le plus longtemps possible croire aux enfants que ce sont les anges qui apportent les enfants au berceau. Une fille bien élevée et vertueuse ressentira une sorte de pudeur quand elle entendra parler de ces choses sexuelles au XIX°. Une atmosphère de gêne et de peur sociale baigne cette sphère de la vie humaine. Même entre adultes on n’en parle qu’en périphrases. La tâche essentielle de l’éducateur, du parent, consiste donc à diriger l’enfant dans le cadre même de ce qu’il a appris par la force des choses, dans la bonne direction, celle désirée de l’éducateur. Tout cela contribue à ériger autour de l’adolescent un mur de mystères plus ou moins infranchissable.

La régulation des rapports sexuels se fait par la monogamie en Occident. Il n’en reste pas moins que la régulation et la formation des rapports entre les sexes se sont considérablement modifiés au cours des siècles. L’Eglise s’est faite de bonne heure le défenseur de la monogamie. Pendant les phases intérieures, les rapports extraconjugaux étaient tenus pour plus ou moins naturels. Les bâtards étaient considérés comme normaux. Lors de l’entrée dans la société absolutiste, la domination de l’homme sur la femme est complètement abolie. Les rapports extraconjugaux commencent à être considérés come illégitimes. D’autre part, de nombreuses anecdotes prouvent que l’aristocratie de cour considérait la limitation des rapports sexuels au mariage comme bourgeoise et indigne de la condition noble. Au XIX° les bourgeois ne subissent plus les contraintes extérieures qui les accablaient d’appartenir à des couches inférieures. Les mœurs bourgeoises deviennent plus auto contraignantes que celles de la cour. Elle condamne rigoureusement les rapports extraconjugaux et la puissance sociale de l’homme sur la femme et le non respect du tabou extraconjugal par l’homme est accueilli avec plus d’indulgence que celui de la femme. Quiconque veut se livrer à des rapports de ce type doit le faire dans la clandestinité.

Le processus de civilisation, concernant les mœurs sexuelles, a subi un mouvement de va et vient au fil des époques. L’après 1GM est marquée par un relâchement des mœurs. Il en est de même pour les activités balnéaires et les femmes en maillot de bain.

CHAPITRE VII

Les modifications de l’agressivité

Les structures affectives de l’homme forment un tout. L’agressivité est une fonction pulsionnelle déterminée qu’il faut ramener au tout de l’organisme et que ses modifications sont l’indice de modifications de sa structure d’ensemble. Les normes de l’agressivité varient actuellement parmi les nations occidentales. Mais ces variations qui, vue de près, peuvent être assez considérables, s’effacent et perdent toute signification quand on compare l’agressivité des peuples civilisés aux autres sociétés dites arriérées. L’affectivité a été affinée et civilisée comme toutes les autres pulsions sources de plaisir. De nos jours, le sentiment de satisfaction que nous procure notre supériorité physique est soumis à un contrôle social sévère et ancré dans l’organisation étatique. La vie dans la société médiévale suggérait une attitude opposée. La chasse aux hommes et aux animaux faisaient partie des nécessités de l’existence et étaient inscrites dans les structures même de la société.

La guerre consiste à être le plus fort pour bousculer l’ennemi, à dévaster son pays, et à tuer ses hommes. On éprouve aussi un plaisir particulier à mutiler les hommes, pas trop les chevaliers, car l’argent et la rançon occupaient déjà une place importante. La torture et la mutilation concernaient surtout les paysans. On leur crevait les yeux, coupait les seins et arrachait les ongles par exemples, afin qu’ils ne puissent plus être apte à se battre et à produire des richesses une fois libérés.

De telles charges affectives se produisaient encore dans les phases ultérieures mais étaient de plus en plus vues comme pathologiques. Au Moyen-âge, il n’y avait aucune force sociale pour punir de tels agissements.

Le guerrier du Moyen-âge passait sa jeunesse à se préparer au combat. Quand il avait atteint la majorité, on le faisait chevalier et il combattait jusqu'à ce que ses forces ne le permettent plus. Quand il vivait en paix, il simulait des combats qui ne se distinguaient que très peu des combats réels. Le mépris de la mort était pour le chevalier une nécessité vitale. Il devait lutter. Se tenir prêt au combat, l’arme à la main était une nécessité. Les vengeances familiales, les guerres privées, les vendettas n’étaient pas réservées aux nobles, elles concernaient également les bourgeois. Il y avait une rivalité perpétuelle entre les villages, territoires, fiefs, vallées, et les guerres entre voisins n’en finissaient pas.

De nos jours, il faut des troubles sociaux et une grande misère, et surtout une propagande puissamment orchestrée pour éveiller dans l’individu et légitimer les manifestations pulsionnelles refoulées. Aussi, le plaisir de la lutte et de l’agressivité trouve un exutoire dans la compétition sportive comme la boxe. Aux XVI°, lors des fêtes de la Saint-Jean on faisait brûler vif d’énormes quantités de chats. La répugnance que nous inspire la seule description de ce genre de réjouissances prouve une fois de plus combien notre économie affective s’est modifiée au cours des siècles.

De nos jours, on traiterait d’anormale une personne qui chercherait à satisfaire ses tendances de plaisir en brûlant vif des chats car le conditionnement normal de l’homme de notre phase de civilisation substitue au plaisir de la vue de tels actes, une peur qui retient l’homme de telles manifestations affectives.
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La civilisation des mœurs ~ iconNé le 4 mai 1963 à Antony (Hauts-de-Seine, France)
«Revue Mabillon», des «Cahiers de Civilisation Médiévale» et du «Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest», «Viator», «Studies...






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