Avec la collaboration de Jean-Philippe Cherel3 Résumé





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I. 3. Aujourd'hui: Montpellier, ville de la connaissance


Au début des années 1980, la firme IBM s'offrait dans la presse nationale (Le Monde), une pleine page publicitaire sur le thème: "IBM fait parler de Montpellier au pays du soleil levant". Même euphorie dans un cahier rédactionnel, du journal Le Monde où on pouvait lire: « Montpellier la Studieuse... championne de l'informatique »23. Au-delà de l’euphorie, ces titres rendaient cependant compte d'une certaine réalité: l'arrivée d'IBM en 1964 a renversé la tendance à la déprise industrielle régionale; elle a mis à l'ordre du jour les activités de la haute technologie et de fait, aujourd'hui, Montpellier compte au nombre des acteurs de la haute technologie et peut prétendre être une ville de la connaissance (« Knowledge cities »). L’une de ses sources de dynamisme économique reste l’émulation de l’économie de la connaissance, à l'articulation du potentiel de recherche (universités, laboratoires, grandes institutions, centres de recherches reconnus dans leurs spécialités) et des entreprises de Haute technologie. Les autorités territoriales restent dans la recherche incessante du développement d'une synergie entre le potentiel de recherche local et les entreprises implantées. Dans une volonté affirmée d'attirer toujours plus de nouvelles entreprises et créer de l’emploi, Montpellier soigne son marketing territorial « Montpellier la surdouée ».
Dans cette perspective des pôles d’excellence, aujourd’hui reconnus, se sont constitués: les technologies de l’information, le pharmaceutique et médical, les biotechnologies (imagerie 3D), l’environnement, l’agronomie tropicale et méditerranéenne.

Dans le secteur entrepreneurial, ces pôles trouvent différentes concrétisations : le secteur pharmaceutique et médical autour de Sanofi Adventice par exemple, des entreprises autour de l’automatique, la productique et les simulations numériques de biotechnologies. L’émulation de TPE innovantes s’effectue au travers d’actions d’aménagement de la municipalité et de l’Agglomération comme les pépinières et hôtels d’entreprises (le MIBI, Cap Gamma, Cap Delta, Cap Sigma, Cap Alpha et Cap Oméga), ou des politiques d’incubation comme le LRi24 et le BIC 25. A l’intérieur de cette sphère entrepreneuriale locale, les Tic y occupent une part toute particulière puisqu’ils représentent 2 900 établissements et 17 200 salariés en Région dont 40% des établissements et 60% des effectifs salariés simplement à Montpellier (2006). De nombreuses entreprises du secteur y ont implantés des établissements tels DELL Europe du Sud, IBM (Pompignane et Dual Site), AwoX, Wyplay, Aquafadas ou Silkan. Le secteur des serious games26/casual games reste par ailleurs l’un des plus réputés de France (Genious Interactive, Casual box, Didact Système, Primal Cry), structuré autour d’associations (ex : Pix LR) et d’entertainment encore récents (ex : « Montpellier In Game », salon du jeu vidéo de Montpellier Agglomération initié en Juin 2010).
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L'établissement IBM en 1969 Les parcs technologiques situés à l'Est de la ville en 2009



IBM (en vert); Eureka (en jaune, extension rouge); Mermoz (en bleu)

Illustration Jean-Philippe Cherel, sept. 2011.

Source: IGN, couverture aérienne (2009, BD Ortho).
Illustration 5 : IBM et les parcs technologiques au Nord-Est de Montpellier
Dans le secteur universitaire, ces pôles d’excellence ont trouvé différentes déclinaisons sur plusieurs niveaux: la Recherche, la Formation et la R&D par le biais d’une bi-culturalité université-entreprise liant recherche ‘fondamentale’ et ‘action’. Le milieu universitaire montpelliérain contribue d’autant plus à cette dynamique de la connaissance que la ville dispose d’une forte proportion d'étudiants dans sa population (plus d’un habitant sur quatre est étudiant soit près de 70 000 étudiants).

-Sans citer tous les laboratoires existant à échelle locale, certains sont des exemples probants de cette matérialisation des pôles d’excellence montpelliérains dans les espaces universitaires. Nous pouvons citer le LIRMM27, traitant des domaines innovants de l’informatique, la robotique et la microélectronique au travers d’équipes-projets (ex: SMILE et ICAR28). Les secteurs de l’environnement, de l’agronomie tropicale et méditerranéenne trouvent aussi leurs déclinaisons dans les centres de recherche Cirad, Montpellier SupAgro, INRA, IRD ou l’Institut de Génomique Fonctionnelle CNRS.

-Des formations de qualité se sont structurées autour de ces centres, initiées par leurs universités et écoles de rattachement et en collaboration étroite avec les corps chercheurs. La ville s’est ainsi dotée de Masters traitant d’écologie, d’environnement, d’agronomie et de biodiversité, tous rattachés aux centres de recherche d’Agropolis Internationale (Ciheam-IAMM, SupAgro, IRD, …). Des formations inter-universitaires « Tic & Santé » se sont initiées, des laboratoires comme le LIRMM ont aussi développés des formations en collaboration avec les Universités Montpellier II et III29.

-Parmi l’éventail des recherche et formations innovantes cultivant les pôles d’excellence locaux, certaines planifient des actions communes coordonnées autour de projets pluridisciplinaires et pluri-universitaires. Des projets combinant le savoir-faire de différents secteurs au service d’une innovation. Ces derniers sont aussi l’occasion d’ouvrir la sphère académique au monde de l’entreprise en impulsant des interactions entre eux, permettant aux universités de développer une bi-culturalité très appréciée. Des associations comme Transfert LR30, le LRi (UM I, UM II, ENSCM et Cnrs) ou des réseaux comme Eurobiomed31 permettent d’optimiser de telles interactions. Et parmi les multiples projets collaboratifs cultivés à Montpellier, différents exemples peuvent être cités: MoJOS32, Eco Cité33, le pôle Eau, des projets autour des structurations informatiques multi-agents, ou bien des projets collaboratifs IBM-Polytech’ autour des gestions « intelligentes » de l’énergie, l’eau, et des architectures de systèmes d’information (ex : Rider34).
Cette combinaison d’un nombre important d’établissements de recherche et de zones d’activités économiques disséminés sur le territoire municipal, spécialisés autour de pôles d’excellence innovants, ne cesse d’attirer de nouvelles activités et de nouveaux besoins technologiques. Et parmi ces nouveaux besoins: des activités du tertiaire supérieur. Ces dernières, à la fois spécifiques et rares, constituent un des points d’orgue de cette Montpellier « championne de l’informatique ». S’agissant ici d’activités informatiques relevant de fonctions stratégiques majeures d’une ville, elles se matérialisent sous deux principales formes: le HPC et les Data Center IT.

Le High Performance Computing (ou “Calcul Informatique Haute Performance ») fait preuve de vitalité à Montpellier. Classifié en quatre niveaux de ressources calculatoires (classement PRACE), Montpellier regroupe à lui seul deux niveaux de centres HPC en 2012:

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Illustration 6 : Montpellier dans les quatre niveaux de ressources calculatoires : Tier-1 et Tier-2
- Depuis 1981, la ville dispose d’un centre HPC niveau Tier1: le Cines35 au campus St Priest (Nord-Est de la ville).

Ayant pour fonction le calcul intensif, les simulations numériques et l’archivage électronique pérenne de données scientifiques (thèses, revues SHS), le Cines dispose d’équipement calculatoires et de stockage hautes performances pour accueillir et traiter les flux de données électroniques aux provenances résolument multi-scalaires (de macro à micro échelle, des grands backbones nationaux aux laboratoires et entreprises locales). Doté de trois machines à architecture parallèle36 pour une capacité de calcul totale avoisinant 7.8 Tflop/s, l’architecture HPC Cines repose essentiellement depuis 2008 sur le supercalculateur Jade (SGI ALTIX ICE). D’une capacité initiale de 147 Tflops/s37, la nouvelle configuration de Jade opérée par le GENCI (2010) a ramené sa performance à 237 Tflops/s. Montpellier a ainsi détenu jusqu’en 2011 le premier supercalculateur français, classé 3e européen et 18e mondial38.

- Mais les ressources calculatoires montpelliéraines ne s’arrêtent pas aux machines du Cines, les acteurs universitaires locaux ont aussi développés ces technologies à un niveau Tier2. Initié par l’Université Montpellier II, citons le projet HPC@LR39 qui est un mésocentre40 de calcul haute performance composé du supercalculateur hybride IBM avoisinant les 15 Tflops/s et les 150To de stockage données (fourni par le « Products & Solutions support center » d’IBM Montpellier). Ce centre de calcul scientifique, localisé dans les locaux du Cines, s’inscrit dans cette mouvance récente des grandes villes françaises à s’équiper de nouvelles ressources calculatoires locales, indépendantes des principales dynamiques HPC européennes. Ces équipements innovants contribueraient ainsi à la valeur ajoutée d’un territoire et ses pôles d’excellence, visant notamment « à renforcer l’excellence scientifique et industrielle dans le domaine du calcul intensif »41 à échelle régionale.

-Dans le secteur privé, l’entreprise IBM Montpellier a développé ses propres ressources calculatoires commerciales sur ses sites Pompignane (deux complexes) et Dual Site (un complexe), dont le « Deep computing capacity on demand center » pour les simulations numériques. Il s’agit là du deuxième ensemble calculatoire d’IBM au monde42, relié au premier via des projets de grid computing.

L’ensemble de ces ressources calculatoires combinées forment ce que nous pourrions appeler la « puissance calculatoire d’un territoire », c'est-à-dire la capacité d’un territoire à traiter une masse de données électroniques précise en un temps imparti par la mobilisation de ses équipements de calculs haute performance. Une puissance qui pourrait être évaluée en Tflops/s ou Pflops/s, et qui serait l’addition des performances de l’ensemble des équipements HPC inscrits spatialement sur un territoire donné. Ici, la puissance calculatoire montpelliéraine semble conséquente et pourrait ainsi prétendre se faire une place parmi les principales activités quaternaires HPC à échelle française et européenne. Elle permet par ailleurs une valorisation des pôles d’excellence de la ville, assure une partie de son rayonnement académique, constitue un instrument de la concurrence interuniversitaire, et contribue dans une moindre mesure au marketing territorial de Montpellier.

Cette puissance calculatoire de la ville s’accompagne parallèlement d’équipements de stockage importants, les « Data Center ». Bien qu’il ne nous soit pas permis de dénombrer exactement le chiffre des Data Center implantés à Montpellier, celui-ci ne doit pas excéder une dizaine d’équipement. Nous pouvons citer à titre d’exemple le SGI ALTIX 450 (Cines), le Green Data Center expérimental (IBM Montpellier), mais aussi des hébergeurs privés locaux comme MIT ou Ovea/Hosting France.

Le développement des recherches publiques et privées autour de ces thématiques innovantes a généré une attractivité telle que la ville de la connaissance est devenue une pépinière de mutations technologiques. Bien que l’emploi du terme « megalopolis » reste disproportionné au regard de cette métropole régionale incomplète qu’est Montpellier, la vision gottmannienne reflète toutefois certaines réalités de notre cas d’étude. L’apparition dans la ville d’un secteur quaternaire étendu, matérialisé notamment par des technopôles, une puissance calculatoire et des capacités de stockage élevées, vient parachever la consolidation de ce fortress effect43 (« effet forteresse numérique ») qui affecte Montpellier au regard de l’espace régional qui l’englobe.

L’inscription spatiale d’équipements informatiques hautes capacités émulées par le milieu universitaire et entrepreneurial bouillonnant est vecteur de nouvelles mobilités électroniques massives dans la ville. Et pour pallier aux besoins en débit de l’ensemble des espaces de la connaissance, pour répondre au célèbre paradoxe géographique d’une fixité (des équipements informatiques, des laboratoires de recherche, des entreprises) confrontée à la mobilité44 des données, Montpellier dispose d’un deuxième atout indispensable: une connectivité efficace de ses infrastructures électroniques.

Illustration 7 : Tensions entre ‘fixité’ et ‘mobilité’: les infrastructures très haut débit comme éléments de réponse aux problématiques circulatoires d’informations dans et hors d’une ville de la connaissance


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