Avec la collaboration de Jean-Philippe Cherel3 Résumé





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II- Montpellier dans les treillages numériques: un hub régional favorisé par la confluence de backbones nationaux et continentaux




Nombreux sont les chercheurs ayant démontré les corrélations spatiales existantes entre « la densité d’habitat, le niveau de revenus, la présence d’activités universitaires ou de recherche » et la concentration des entreprises d’un côté, avec la structuration des infrastructures de télécommunications de l’autre45. Des études empiriques font même état de la nécessité qu’ont aussi certaines activités tertiaires/quaternaires à se localiser près de hubs Internet majeurs46. Fermement convaincu qu’un réseau métropolitain ne peut se développer qu’au regard d’une masse critique d’abonnés « solvables », Vicente47 ajoute que les attraits technico-commerciaux des opérateurs « offreurs d’infrastructures » se portent avant tout sur les aires urbaines majeures. Ces aires constitueraient ainsi des espaces capables de rassembler une demande suffisamment élevée pour atteindre l’objectif d’une masse critique de rentabilité48 avant un temps « t ».

Pour l’ensemble de ces raisons, les réseaux télécoms épousent donc les hiérarchies urbaines préexistantes à macro et micro échelle, ce que tend à valider les hypothèses de travail de chercheurs comme Edward John Malecki raisonnant à l’échelle des « world cities »49 (classement GaWC, étude Loughborough) et de l’armature urbaine des Etats-Unis: « L’évolution du réseau des réseaux et ses réseaux d’interconnexion et de Data Center renforce une nouvelle fois les hiérarchies urbaines. […] Les agglomérations urbaines restent mieux connectées aux marchés et aux produits et services compétitifs innovants. » 50 .

Montpellier regroupe l’ensemble de ces particularités et constitue une de ces métropoles régionales en devenir qui polarise à méso échelle le territoire dans lequel elle s’inscrit. Dans l’espace languedo-roussillonnais cette polarisation passe par l’attraction de capitaux, d’êtres humains (dont une population estudiantine importante) et d’activités innovantes (tertiaire supérieur, quaternaire) générées par les universitaires et les entreprises de l’agglomération. Elle passe également par cette attraction des principales infrastructures de communications51 (dont l’Internet) qui trouvent preneurs à leurs offres en biens réseaux. Ainsi, la connectivité des réseaux électroniques de Montpellier est importante, s’accompagnant d’une morphologie optimales à de bons raccordements en tout point de la ville.


II. 1. L’héritage oligopolistique de l’opérateur historique (France Télécom): un réseau centralisé sur Montpellier en voie de distribution


La situation télécom de la ville doit en premier lieu être décrite à la vue du réseau France Télécom. L’opérateur historique, ex-Direction Générale des Télécommunications devenue la société anonyme France Télécom-Orange à actionnariat majoritairement privé (2004, 2005) et à rayonnement paneuropéen, hérite du réseau électronique le plus ramifié et le plus étendu de France52. De par sa propriété à la quasi-ubiquité au regard des jeunes opérateurs alternatifs53 et leurs réseaux peu ramifiés, France Télécom tire son poids sur le secteur des aménagements numériques par sa capacité à raccorder des espaces géographiquement difficiles d’accès (ex: zones blanches). En cela, et jusqu’à l’orée des années 2000, France Télécom-Orange est restée seule sur le secteur, constituant un oligopole unique où une relation de proximité et de confiance avec l’ensemble des élus locaux (les maires notamment) s’est constituée. Aujourd’hui, bien que l’oligopole unique de la firme ne soit pas fondamentalement remis en cause par les opérateurs alternatifs à méso échelle, et notamment grâce à ses filiales (Nordnet, BLR) et ses sociétés ad-hoc créées lors de projets d’aménagements numériques publics, il se doit d’être nuancé. L’image de proximité cultivée par France Télécom auprès des élus est en recul, Montpellier en est un exemple.

Quant au réseau en lui-même, bien qu’il se soit constitué au fil du temps les informations sur sa structuration et ses composantes d’équipements à Montpellier sont distribuées au compte goutte54. La carte 1 a été réalisée dans l’objectif de rassembler sur un même support le maximum d’informations spatialisant le réseau France Télécom à Montpellier. Malgré un long travail de vérification (sur le terrain, via Google Street View® et des cartes réseaux pour localiser les NRA), de recoupements des données ARCEP et France Télécom, cette carte ne peut en aucun cas avoir la prétention d’être un état précis du réseau historique à Montpellier. Elle reste toutefois suffisamment précise et synthétique pour y dégager les grandes tendances de structuration et de couverture xDSL dans la ville-centre et de ses périphéries, opérées par l’opérateur historique depuis 1950.





Carte 1 : Le réseau historique France Télécom (Montpellier et sa région) : une architecture centralisée et des NRA rayonnant au-delà de la ville-centre
Située au cœur de la plaque xDSL régionale LA155, l’unité urbaine de Montpellier présente plusieurs dichotomie spatiales au regard des dynamiques internet locales. Le premier constat relève de la répartition spatiale des NRA sur le territoire où on observe trois sous ensemble de NRA. Un premier sous ensemble localisé dans la ville-centre de Montpellier constitue le noyau dur des dynamiques internet locales : 15 NRA comptabilisés pour 57 Km2 de surface communale environ à raccorder (soit 1 NRA pour 3.8 Km2 en moyenne). Un deuxième sous-ensemble de 11 NRA se matérialise sous la forme d’un premier cercle concentrique ceinturant Montpellier, s’agissant là de nœuds positionnés dans six communes monopolarisées appartenant toutes à la banlieue de Montpellier ainsi que son pôle urbain56. Ici, le nombre de NRA au km2 diminue mais reste suffisant au regard des espaces à raccorder en haut débit (ex : Grabels possède 2 NRA pour 16.2 Km2 de surface soit 1 NRA pour 8.10Km2). Un troisième sous-ensemble de 13 NRA constitue le second cercle concentrique entourant Montpellier, il s’agit là d’un cercle plus excentré des dynamiques urbaines (6 des 11 communes du cercle sont intégrées simultanément à l’unité et au pôle urbains de Montpellier57), et plus excentré des dynamiques Internet de la ville-centre (plus d’espaces interstitiels à haute atténuation de signal entre les villes de ce cercle, ex : l’Est de Villeneuve-les-Maguelone, l’Est de St-Georges-d’Orques, Maugio).
La distribution spatiale des NRA par capacités de charge présente aussi des dichotomies en épousant globalement les dynamiques démographiques locales. Les NRA Zones très dense (20 000 lignes et plus) sont uniquement présents à Montpellier, situés stratégiquement entre les espaces ressources d’abonnés potentiels. Le NRA Paillade (PAI34, à l’Ouest de Montpellier) raccorde ainsi les grands ensembles du quartier La Mosson (plus de 20 000 personnes) et le parc d’activité Euromédecine (Nord-Ouest de la ville), le NRA du quartier Hopitaux-Facultés (FAC34) raccorde les lieux fortement peuplés par l’extension urbaine des années 1960 (universités décentralisées hors du centre-ville, habitats pavillonnaires), le NRA du quartier Croix d’Argent (CRO34, au Sud) dispose quant à lui d’une vaste réserve en abonnés. Montpellier dispose aussi de deux des trois NRA Grande taille (entre 10 000 et 20 000 lignes) de l’unité urbaine, organisés de façon duale autour, dans, et à proximité du centre-ville historique. Le troisième NRA Grande taille se situe à Vendargues (VEN34, Nord-Est de Montpellier), dans la deuxième couronne définie plus haut, où il bénéficie d’une réserve en population importante du fait de sa position stratégique aux portes de Montpellier, près d’une voie de communication, près d’une large zone d’activité, et aux raccordements étendus. On relève toutefois peu de NRA indépendant de Petite ou Très petite taille, majoritairement localisés au Nord de Montpellier dans des villes et villages de garrigues.
Nous pouvons enfin opérer des constats quant aux ramifications infrastructurelles aménagées par l’opérateur historique sur son réseau. Bien que les capacités de rayonnement de chaque NRA soit invariant dans l’absolue, certains présentes des spokes de plus longue portée que d’autres, agencés selon une logique spatiale parfois peu lisible. Quelques NRA périphériques présentent des spokes étendus, c’est le cas de St-Gély-du-Fesc (AIG34) qui présente des capillarités électroniques jusqu’à St-Clément-de-Rivière, ou encore Vendargues (VEN34) ou Mauguio (MAU34) qui étendent leurs ramifications sur l’intégralité de son vaste territoire communal. Montpellier reste toutefois la ville la plus « rayonnante numériquement ». Trois de ces NRA Zones très denses rayonnent au-delà des limites infra-communales et constituent de véritables interfaces, portes ouvertes sur l’espace circum-montpelliérain. Ce relatif « centralisme » numérique des NRA montpelliérains pose toutefois de nombreux problèmes d’aménagement numérique. En témoigne la commune de St-Georges-d’Orques qui, initialement irriguée en débit par l’unique NRA PAI34 (Montpellier), s’est vue dotée plus tard de son propre NRA (ORQ34) qui n’a pourtant pas repris certaines prises de PAI34 dans son architecture filaire propre. A terme, cet héritage numérique historique montpelliérain induit une dualité en termes de téléaccessibilité dans ce village aux portes de la ville-centre: une partie Nord à l’affaiblissement relatif théorique faible (<30 dB) puisque dépendant de ORQ34, et une partie Sud conservant son ancien raccordement de plus de 5 Km au NRA de Montpellier plus excentré.

Cette centralité montpelliéraine de certains raccordements s’exprime aussi au travers du positionnement de nouvelles infrastructures d’accueil télécoms tels les NRA-HD58. Sur douze NRA-HD que compte l’unité urbaine de Montpellier, dix sont en contact directe avec la ville-centre. S’agissant là d’une nouvelle mouvance infrastructurelle à échelle locale: l’architecture centralisée de certains NRA de Montpellier adopte une nouvelle morphologie, davantage distribuée, où des relations unilatérales exclusives se tissent entre un NRA Origine Zone très dense (à Montpellier) et un nouveau NRA-HD de rattachement quelques kilomètres plus au loin. L’exemple du NRA Zone très dense CRO34 (Sud de Montpellier) est probant: par deux de ses « récents » NRA-HD (Saint-Jean-de-Védas et Montpellier-Garosud) ce dernier a pu améliorer la qualité de desserte d’espaces initialement trop excentrés de sa dynamique numérique. On peut observer un cas identique entre le NRA-HD de Castelnau-le-Lez qui, lié à RAB34 (Nord-Est de Montpellier), a permis à la commune de ne plus dépendre directement du NRA Origine montpelliérain mais d’un équipement palliatif connexe au premier. Tout en adoptant une nouvelle architecture distribuée, cette dernière ne remet toutefois pas en cause le centralisme montpelliérain de la boucle de desserte59, les NRA-HD restant dépendant « numériquement » de leurs grands frères montpelliérains.

La stratégie de déploiement des NRA-HD sur le territoire local a aussi permis à l’opérateur historique de renforcer ses positions de desserte en des lieux stratégiques de l’unité urbaine, et notamment par le biais de NRA-HD dédiés à des zones d’activités économiques60 et des locaux de France-Télécom Languedoc Roussillon.

Au-delà des analyses micro-locales, c’est toute l’architecture de collecte France télécom à échelle de l’unité urbaine qui s’est centralisée à Montpellier. La ville-centre se voit être un réceptacle à de grands hubs régionaux majeurs, centres névralgiques des plaques xDSL régionales LANG-1 et LANG-2, piquées de liaisons radiales optiques structurant l’ensemble des NRA régionaux (Carte 2). En cela l’architecture optique adopte une forme en étoile, voire radio-centrique, autour de Montpellier.


Carte 2 : Architecture optique de collecte internet France Télécom (Montpellier, France).
L’importante dynamique internet de l’opérateur historique dans l’unité urbaine de Montpellier se matérialise par une bonne couverture du réseau. Des équipements à bonne capacité, bonne capillarité, laissant transparaître un réseau à faible atténuation relative théorique61 (22 dB environ) et aux densités de drainages suffisantes à l’intérieur de Montpellier. Notre simulation de couverture théorique démontre que l’ensemble de Montpellier est très bien desservie par ses lignes cuivrées avec des affaiblissements relatifs plutôt bas. Quelques espaces intra-urbains sont à peine moins bien couverts, correspondants globalement à des poches de basses densités dans les Zones hautes densités telles que définies par l’ARCEP en 201162.
A terme, la couverture du réseau France Télécom à Montpellier témoigne d’une richesse en aménagements numériques historiques importants, indices potentiels quant au futur prometteur des aménagements numériques opérés à Montpellier à partir des années 1990.
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