Les principales productions industrielles de la Corse (1830-1960)





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La forêt


Dans la sylviculture, la plupart des productions développées au XIXe siècle repose sur un héritage ancien. Depuis au moins le XVIe siècle, les arsenaux génois puis français, ont cherché à exploiter les bois de Corse7. L’attention des ingénieurs de marine s’est rapidement portée sur le pin laricio, notamment ceux des forêts d’Aïtone et Vizzavona. Avant la fin du XVIIIe siècle et durant plusieurs décennies, l’île approvisionne l’arsenal de Toulon, en bois de mature, bordages et goudrons8.

Au milieu du siècle suivant, les transactions Blondel, sur la répartition des forêts, et la mise en place de chemins d’exploitation amorcent une nouvelle impulsion. Les initiatives d’entrepreneurs privées suivent. La croissance s’opère dans deux directions. Le charbon et les sciages prennent une place essentielle à l’exportation, alors que de nouvelles demandes se font sentir. Les résines, les extraits ou les lièges remplissent bientôt les cales des navires. En forêt, les chantiers se multiplient, des fours, des ateliers de distillation et des scieries à vapeur s’installent. Dans les années 1850, l’usine dite Georges-ville de Porto-Vecchio est un exemple remarquable9. L’établissement renferme onze scies entraînées par deux importantes machines à vapeur. On rencontre des établissements en forêt, à Valdoniello, Aïtone ou encore à Ghisoni, Zonza ou Vico, mais aussi près des ports, comme ceux de Billès à Toga (Bastia) et les scieries des Salines à Ajaccio. Plus tard, d’autres viendront se placer le long des voies de chemins de fer, à Francardo, Ponte-Leccia, Casamozza, Barchetta ou Ghisonaccia.

Dans son rapport sur les produits corses à l’exposition Universelle de Paris (1868), Charles Vernet présente l’activité forestière du département10. Il dresse même un tableau des exportations. Le charbon atteint 883 116 m3, auxquels il faudrait ajouter une quantité équivalente destinée aux usines à fer régionale. Suivent les bois de construction (sciages) 500 642 m3 essentiellement dirigés vers l’étranger. Les lièges 458 000 m3 et les résines 346 323 m3 sont en pleine croissance. Les bois bruts, à brûler (8 693 m3) et en grume (40 488 m3) conservent un certain poids. Ces chiffres révèlent l’importance de la sylviculture. Plus encore, ils nous renseignent sur la diversité des productions, autre indicateur des changements. Mais revenons sur quelques-unes de ces activités.

L’exploitation du liège prend de l’importance à partir des années 1830 avec plusieurs entreprises localisées dans la région de Porto-Vecchio/Bonifacio. À partir des années 1840, c’est entre 15 000 et 30 000 quintaux métriques de lièges qui sont récoltés chaque année. Si dans les premiers temps ils sont expédiés en planche et avec peu de préparation11, rapidement des usines à bouchons s’installent. Après l’usine du varois Delarbre, la maison Carrega et Santini construit des établissements à Bonifacio et Porto-Vecchio. Dans les années 1870, les deux tiers des lièges sont expédiés en planche, le reste sert à la fabrication de cinquante à quatre-vingts millions de bouchons12. Ce commerce s’inscrit comme une activité méditerranéenne traditionnelle. Au XIXe siècle, l’Espagne et le Portugal sont d’importants fournisseurs et des concurrents sérieux pour le principal centre français, situé dans le massif des Maures en Provence13.

Après plusieurs tentatives depuis la fin du XVIIIe siècle, la production des résines s’affirme dans les années 1850. À Corte, les frères Parodi et l’entrepreneur Decheneux possèdent des établissements qui occupent une grande partie de la population de la ville14. D’autres sont implantés dans la région d’Ajaccio, dans les forêts d’Aïtone ou de Melo. La plus importante entreprise reconnue se trouve dans le Niolo. La société Chauton et Cie exploite à partir de 1862 les forêts d’Aïtone et de Valdoniello. Elle est équipée de locomobiles à vapeur pour les coupes et sciages, de fours à goudron et d’un atelier de distillation des matières résineuses15.

Inaugurée dans les années 1870, la production d’acide gallique, obtenue par la décomposition du tan de châtaignier, ne cesse d’augmenter16. À l’origine, un atelier est installé à Scata sur le bord du Fiumalto, il occupe une vingtaine d’ouvriers17. En 1882, une première usine est construite à Campo Piano, sur la commune de Pruno. D’autres établissements voient le jour à Casamozza, Barchetta, Folelli, puis Ponte-Leccia18. Initié par des capitalistes bastiais, l’investissement attire des financiers français, allemands et anglais. À la veille de la grande guerre, un personnel nombreux, dans les usines (environ 400) mais aussi en forêt (bûcherons et muletiers), est occupé pour la fabrication d’environ 250 000 quintaux métriques d’extraits par an, expédiés par le port de Bastia vers diverses destinations (Autriche, Chine, Canada, Égypte, etc.). Deux tonnelleries industrielles, à Folelli et Bastia, approvisionnent en fûts les quatre usines de Castagniccia19.

Entre les années 1850 et la grande guerre, l’activité générée autour des forêts apparaît importante et variée. C’est plusieurs milliers de personnes qui travaillent dans et autour du bois. La sylviculture s’affirme bien comme l’une des principales richesses de l’île, elle entraîne même d’autres secteurs.
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