Les principales productions industrielles de la Corse (1830-1960)





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Les industries agroalimentaires (IAA).


Malgré la législation douanière, plusieurs productions destinées à la consommation connaissent une courbe ascendante dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le cédrat, le raisin, le lait ou encore le tabac sont autant de matières premières transformées dans des établissements insulaires. Une lecture attentive permet de constater que ces produits de l’agriculture s’insèrent dans des circuits industriels.

En Corse, la culture du cédrat remonterait à la première moitié du XIXe siècle. Les récoltes deviennent importantes dans les années 1860, pour atteindrent les 66 000 quintaux métriques en 1880 et faire de l’île l’un des principaux fournisseurs européens47. Par la suite et selon les années, les chiffres se maintiennent jusque dans l’entre-deux-guerres.

La culture du cédrat se structure progressivement à partir des années 1850. Les producteurs se regroupent, d’importants entrepôts sont créés à Bastia (Vincentelli, Gregorj, Mattei, Paoli, etc.). Des sociétés centralisent l’achat et la vente des fruits, partie frais, partie en saumure. L’activité entraîne également l’installation de confiseries artisanales dans la plupart des villes. En 1866, on en compte neuf à Bastia, quatre à Ajaccio, trois à Calvi, etc.48. Par la suite, des établissements plus importants se rencontrent à Bastia. En 1876, Vincent Canugli crée une société par action, « La Confiserie de Cédrat de la Corse »49. Signalons également la société « Gregorj et Cie », elle regroupe des producteurs du Cap Corse et des négociants bastiais sur la propriété de récoltes, une confiserie à Bastia et une succursale à Livourne50. Un autre établissement se trouvait dans les magasins généraux du nouveau port. Il est repris par l’industriel Louis Napoléon Mattei en 1896. Cette société exporte avant la première guerre mondiale, entre 500 et 1 000 tonnes de fruits confits par an, dont près de 50 % à destination de l’étranger (Angleterre, Hollande, Belgique, Italie)51.

Le vin, les alcools et le fromage sont des produits traditionnels de la Corse. Ils se présentent comme des fabrications artisanales issues de l’agriculture. La viticulture se transforme en quelques années. Cette évolution est provoquée par l’intégration brutale au marché national. Tout commence avec l’arrivé du phylloxera en France, détruisant une grande partie du vignoble dans les années 1870-1880. La hausse des prix et la recherche de terroirs de remplacement ouvre des perspectives, notamment en Corse et en Algérie52. Les marchands de vin et des sociétés de capitaux investissent dans ces régions53. Occupant environ 10 000 hectares au cours du siècle, le vignoble corse atteint plus de 19 000 hectares et des productions records qui dépassent les 300 000 hectolitres dans les années 1880 /189054.

Dans le même temps, des distilleries prennent de l’importance, pensons aux entreprises Mattei, Damiani ou Casabianca. L’histoire de la Société L. N. Mattei et Cie est bien connue − les archives de l’entreprise sont déposées au service des Archives départementales de la Haute-Corse55. Louis Napoléon fonde une maison de commerce à Bastia en 1872. Orienté à l’origine vers la production et le commerce de vin, l’industriel s’oriente vers la fabrication et à la vente d’autres produits. Citons principalement, les liqueurs, les cigares et cigarettes, les cédrats et les bouchons. En 1885, Mattei reprend les établissements viticoles Gantel et Cie qui possèdent notamment les chais de Morsiglia et le domaine de Pineto (447 hectares). Pour répondre à l’extension de ses affaires, l’entreprise s’installe dans l’usine de Toga, fermée depuis 1885. En 1894, débute la commercialisation du vin au quinquina sous l’appellation « Vin du Cap Corse au quinquina L. N. Mattei ». Cet apéritif devient un produit phare avec plus de 50 médailles d’or et d’argent, diplômes d’honneur et de grands prix, dans différentes expositions internationales56. Le succès commercial est tout aussi prestigieux. Le produit voyage dans de nombreux pays, entraînés par une diaspora conquérante dans tout l’empire colonial français. Pour répondre à la demande, l’entreprise importe même du vin tunisien et algérien.

Entre 1881 et 1921, le cheptel ovin de la Corse est multiplié par dix57. L’installation de laiteries-fromageries Roquefort est déterminante dans cette évolution. La première cave ouvre en 1891, elles sont seize en 1904 et 180 en 192258. Entre 1885 et 1900, l’exportation de fromage passe de 500 à 2 780 quintaux métriques, et on dépasse même les 30 000 quintaux métriques par an dans les années 192059.

Ces exemples montrent que l’économie de la Corse propose d’autres activités que l’agriculture. Le milieu financier bastiais vient d’ailleurs nuancer l’image traditionnelle d’une île sans système monétaire. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, on rencontre, à coté des grandes maisons de crédits nationales (Banque de France, Caisse d’Épargne et Société Générale), des banques locales à Bastia et Ajaccio60. La famille Gregorj témoigne de cette présence. Entre négoce et affaires de banques depuis le XVIIIe siècle, les Gregorj s’investissent progressivement dans l’industrie. En 1854, avec d’autres notables comme les Piccioni ou les Gavini, on les rencontre dans le financement de l’usine à gaz de Bastia61. Ils participent également à la croissance de la Compagnie bastiaise de navigation à vapeur des frères Valery. De six navires en 1844, cette société devient en 1871, avec vingt-deux bâtiments vapeur et neuf millions de francs de capital, l’une des principales compagnies maritimes du pays62. Dans les dernières années du siècle, les frères Gregorj prennent directement part à la production industrielle, comme concessionnaires et exploitants de mines63.

La banque Fantauzzi est un autre exemple. En 1863, après une fortune faite en Amérique, Ange-François Fantauzzi revient dans son île natale et installe une maison de crédit à Bastia. En 1884, son fils Gaston rentre dans l’affaire64. La banque Fantauzzi s’investit dans l’industrie locale, elle tisse notamment des liens avec la société L. N. Mattei65.

En Corse aussi on rencontre, surtout autour de Bastia, la capitale économique, de véritables dynamiques industrielles. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs secteurs émergent, les principaux indicateurs économiques, population, production et commerce sont à la hausse. Pourtant la situation est moins prospère qu’il n’y paraît… la grande dépression de fin de siècle révèle rapidement les limites de ce développement.
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