Histoire de la vie politique





télécharger 0.82 Mb.
titreHistoire de la vie politique
page1/25
date de publication19.10.2016
taille0.82 Mb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   25
Histoire de la vie politique

Ce cours d'Histoire de la Vie Politique, après l’Introduction, va se diviser ensuite en trois grandes parties. Quatre séances donc, quatre CD 1, 2, 3, 4, seront consacrés à la Vie Politique sous la IIIe République et depuis l'avènement du Suffrage Universel.

Trois CD ensuite, 6, 7, et 8, seront consacrés à la Vie Politique depuis 1944, depuis la libération et enfin deux CD, 9 et 10, seront consacrés aux groupes d'intérêts et aux mobilisations en France.

Première séance en guise d'Introduction, une réflexion à la fois sur la Science Politique et ce que signifie penser l'Histoire de la Vie Politique Française. Ce cours d'Histoire de la Vie Politique Française est parfois assuré par des Politistes, les Enseignants en Sciences Politiques, parfois par des Juristes en Droits Publics, parfois par des Historiens du Droit.

C'est évidemment un point de vue de Sciences Politiques que je développerai ici ce qui implique quelques précisions sur cette discipline.

En guise de définition de ce qu'est la Science Politique, nous pourrions adopter la suivante. La Science Politique est une discipline des Sciences Sociales dont le but est l'analyse des phénomènes Politiques. Cela paraît un peu plat et pourtant cela renvoie à trois aspects que je vais développer ici dans ce premier point donc, Sciences Politiques et Politique.

I LA SCIENCE POLITIQUE

Historiquement il y a toujours eu des personnes qui réfléchissaient aux phénomènes Politiques, Platon, Hoobs, Machiavel Montesquieu, Rousseau, faisait-il de la Science Politique, pas exactement. Ce qui différencierait beaucoup de ces Théoriciens de la Science Politique contemporaine c’est qu'ils avaient ces grands ancêtres délibérément une visée normative, c'est-à-dire que leur travail visait à définir, quel était le bon Régime Politique.

Leur travail partait dès l'origine d'un jugement de valeur.

Or c'est précisément ce que nous allons essayer d'éviter ici, pour plusieurs raisons. Dire que la Science Politique est une Science Sociale, cela veut tout d'abord dire, que sa démarche se caractérise par la neutralité. Neutralité donc de la démarche de la Science Politique, j’utilise le terme de neutralité plus que celui d'objectivité, l'objectivité supposerait une séparation radicale entre l'observateur et l'objet observé, nous ne sommes évidemment pas en tant qu'êtres humains séparés des Sociétés que nous observons. Neutralité donc, le Sociologue Max Weber utilisait le terme de Neutralité Axiologique, de Neutralité en Valeur pour expliquer que l'on devait rompre avec ses préjugés avec ces préférences, quand l’on étudiait ces Sociétés. Et bien de la même façon, discuter de la Politique, ne signifie pas ici que des valeurs doivent intervenir dans le jugement. Neutralité, mais dire que la Science Politique est une Science Sociale cela veut dire aussi qu'elle utilise les Méthodes des Sciences Sociales, des Méthodes Empiriques et Théoriques.

La Science Politique essaie de rompre avec l'opinion commune, avec le sens commun, avec ce que l'on appelle la Doxa, la Doxa au sens des préjugés ordinaires, les préjugés de ce qui apparaît parfois comme le bon sens, les préjugés comme ce que l'on appelle aussi l'Ethnocentrisme, tendance à juger les autres Groupes Sociaux, les autres Humains à partir de nous-mêmes. Rupture donc avec la Doxa, mise en place également d'hypothèse, c'est un autre critère de la démarche en Sciences Sociales, mettre en place des hypothèses. On observe jamais la réalité au hasard, on observe la réalité en général à partir de questions que l'on pose, ainsi on peut observer un Régime Politique à partir d'une idée de ce qu'est le Totalitarisme, à partir d'une idée de ce qu'est la Démocratie.

Production d'hypothèse, utilisation de Théories, et surtout ancrage empirique. La Science Politique est une discipline Empirique, ce n'est pas ou très rarement une Science en Chambre. Elle suppose une démarche de vérification, d'enquête, une démarche qui permettrait à d'autres personnes faisant cette enquête, faisant cette observation de contester ces résultats. Les techniques d'enquêtes qui peuvent être d'une part des techniques que l'on appelle quantitatives, les techniques chiffrées, qu'il s'agisse par exemple d'une analyse de sondages, qu'il s'agisse de l'analyse de résultats électoraux, on peut par exemple croiser des résultats électoraux avec d'autres éléments, un taux de chômage, un taux d'urbanisation dans une région. Analyse quantitative mais aussi qualitative par Méthode Directe, entretiens, observations sur le terrain, refus de croire sur parole. On connaît ainsi d'excellents travaux de Sciences Politiques dans lesquels les chercheurs se sont immergés pendant extrêmement longtemps dans le milieu qu'ils observaient. L'ouvrage de Vincent Dubois, « La vie aux guichets » par exemple est une observation quotidienne de ce qui se déroule aux guichets des Caisses d'Allocations Familiales et c'est un grand travail de Science Politique qui permet de comprendre ce que c'est que la gestion quotidienne de la misère par l'État.

Méthodes qualitatives, donc qui peuvent aussi passer par l'utilisation des Archives par exemple.

Conséquence donc du statut de la Science Politique comme Sciences Sociales empiriques, les enquêtes doivent être vérifiables. Ce que l'on ne peut pas vérifier empiriquement au travers de l’observation n'est pas scientifique. Enfin dire que la Science Politique est une Science Sociale, cela veut dire aussi qu'elle peut essayer de dégager des tendances, parfois peut-être même des Lois. Le débat est ouvert sur cette question au sein même de la Science Politique, tous les chercheurs en Sciences Politiques ne sont pas d'accord sur ce que cette possibilité ou pas, de dégager des Lois. Il reste néanmoins possible de dégager des régularités, par exemple, des régularités dans la façon de voter. On sait aujourd'hui, c'est presque une Loi de l'observation Politique dans les Démocraties contemporaines que l'intérêt pour la Politique augmente de façon très régulière avec le niveau d'études, on sait à l'inverse que la propension à s'abstenir aux élections a tendance à augmenter au fur et à mesure que le niveau d'études baisse, il y a ici une régularité extrêmement forte qui se rapproche d'un raisonnement en termes de Loi.

D'autres chercheurs en revanche refusent cette idée selon laquelle la Science Politique pourrait établir des Lois, et considèrent plutôt que la Science Politique est une science de type historique. Qu'elle n'a rien à gagner à limiter les sciences dures, les sciences de la nature, et que même deux objets comparables de Révolution par exemple sont, finalement dès lors qu'ils sont distants historiquement, difficilement rapprochables l'un de l'autre.

Des Lois, des généralisations, des observations à partir de notions adéquates, dans tous les cas vous comprenez bien que ces aspects différencient la Science Politique du journalisme, de la prospective, il ne s'agit pas de jouer à Madame Soleil et d'expliquer de quoi sera fait le futur, ou encore de l'activité Politique. Faire de la Science Politique, faire de la Politique ce n'est pas pareil, et on ne fait pas en général d'études de Sciences Politiques pour faire de la Politique.

II LE RAPPORT DE LASCIENCE POLITIQUE:

La Science Politique comme Sciences Sociales, alors poser cette question, cela suppose d'envisager, deuxième point, le rapport de la Science Politique aux autres disciplines des Sciences Sociales et Juridiques. Il ne suffit pas de dire intellectuellement ce qu'est la Science Politique, il faut essayer de comprendre aussi qu’elle est la relation, la relation parfois un petit peu compliquée avec d'autres disciplines comme le Droit, comme l'Economie, comme la Sociologie. La Science Politique dont on peut faire la brève histoire, la Science Politique est la dernière-née des Sciences Sociales du XXe siècle. La Science Politique pour qu'elle apparaisse nécessitait tout d'abord certaines transformations Sociales, une Révolution Industrielle qui change le monde, le regard que l'on porte sur lui, un certain individualisme, une certaine valorisation de la science, la croyance en la rationalité, autant d'éléments qui permettaient l'émergence de la Science Politique.

Et cette discipline de la Science Politique commence peu à peu à se constituer au XXe siècle, alors on peut bien entendu rappeler historiquement la fondation en 1871 de l'Ecole Libre, des Sciences Politiques, l'ancêtre de Sciences-Po Paris, mais au sein de cette Ecole Libre de Sciences Politiques sont rassemblés finalement des professeurs, des enseignants, qui ne se définissent pas encore véritablement comme Politistes.

Tout change en fait dans les années 1943 à 1956, qui sont des années pendant lesquelles la Science Politique apparaît dans les diplômes de Droit. Certains des ancêtres de la Science Politique Française sont en fait à l'origine des Juristes de Droit public, qui commençaient à s'intéresser non plus tant au Droit, qu'aux Partis Politiques, qu'à des éléments qui ne relevaient pas du Droit, et qui pourtant, permettaient de comprendre l'évolution du Jeu Politique, l'évolution de la Vie Politique. Et c'est en effet depuis ces années que se développent des cursus de Sciences Politiques, c'est aussi depuis les années 1970 que la Sociologie est utilisée de façon de plus en plus massive au sein de la réflexion de Sciences Politiques. Aujourd'hui les grands lieux de la Science Politique en France sont Paris I et Science Po Paris, ainsi qu'une série de grandes facultés de province, ou d'IEP, et de laboratoires notamment à Lille, à Bordeaux, ou à Grenoble. Cela suppose d'envisager le statut de discipline carrefour de la Science Politique et les problèmes de frontières disciplinaires que rencontre cette dernière. D'une certaine façon la Science Politique connaît aujourd'hui à la fois sa réussite et son éclatement. Son éclatement entre divers types de raisonnement, entre diverses sous disciplines, analyse des Politiques Publiques, Philosophie Politique, Relations Internationales.

Il faut souligner que l'idée de discipline, n'a pas toujours scientifiquement de sens, les raisonnements que l'on mène aujourd'hui en Sciences Politiques sont bien souvent des raisonnements de Sociologie Politique, et sont parfois moins souvent des raisonnements de philosophie. Si la notion de discipline n'a pas toujours Scientifiquement de sens, elle en a en revanche Socialement, au sens où, va se définir avant tout comme Politiste, comme Sociologue dans une faculté de Sciences Politiques ou de Sociologie. Parler de discipline frontière, c'est qu'en effet, la Science Politique est une Politique frontière à l'égard du Droit tout d'abord.

Ce qui oppose la Science Politique et le Droit, c'est souvent une attention différente, au formel du côté du Droit, à la règle écrite, et plutôt à l'informel, aux règles non écrites du côté de la Science Politique. En même temps la Science Politique ne peut ignorer certaines des règles Juridiques qui encadrent le Jeu Politique. Frontière à l'égard du Droit, frontière à l'égard de l'Economie de la même façon, la Science Politique ne peut ignorer certains des grands flux financiers qui transforment aujourd'hui le Jeu Politique. Frontière à l'égard de la Philosophie, frontière à l'égard également de l'Histoire, frontière enfin à l'égard de la Sociologie. Le résultat en est aujourd'hui que l'on parle parfois de la Science Politique, des Sciences Politiques, ou des Sciences Sociales du Politique.

La Science Politique est aujourd'hui une discipline de plus en plus influencée par la Sociologie, qui se subdivise en catégorie, avec les chercheurs qui vont davantage se pencher sur la Science Administrative, sur les Politiques Publiques, sur l'exercice concret du Gouvernement. D'autres chercheurs qui vont davantage se pencher sur les Relations Internationales, d'autres enfin qui seront plus attentifs à des réflexions de Philosophie et de Théories Politiques, et aujourd'hui il reste qu’une majorité de la Science Politique Française renvoie davantage à la Sociologie Politique. On pense par exemple au travail de Daniel Gaxi, « Le sens caché » qui porte attention aux logiques d'exclusions du jeu Politique, d'une partie de la population qui ne se sent pas toujours compétente pour intervenir dans le jeu Politique, on pense également aux travaux existant aujourd'hui sur les Mouvements Sociaux ou la Participation Politique.

III LA DELICATE DELIMITATION:

Délimiter la Science Politique ce n'est pas seulement délimiter cette discipline, c'est aussi délimiter le Politique lui-même. Cette délimitation du Politique apparaît extrêmement délicate.

Qu'est-ce qu'un Phénomène Politique.

Il faut tout d'abord, rappeler la diversité des phénomènes Politiques concrets. Il existe tout d'abord toute une série de phénomènes, d'objets, qui nous semblent évidemment Politiques, il n’est presque pas besoin de les rappeler, une série d'objets comme les Partis Politiques, les hommes Politiques, les Campagnes Electorales, les résultats des Elections, les Idéologies. Tous ceux qui exercent le Pouvoir, à qui l’on obéit, tous ceux qui veulent conquérir le Pouvoir, se donner des justifications de le faire, la Science Politique analyse bien sûr tout cela. Mais il existe d'autres phénomènes Politiques même s'ils n'en ont pas l'air, même si a priori nous ne les considérerions pas comme forcément Politiques. Je citais tout à l'heure l'exemple des Caisses d’Allocations Familiales, étudiées par Vincent Dubois dans « La vie au guichet », on pourrait de la même façon évoquer le Service des Etrangers dans une Préfecture, les travaux récents de Sciences Politiques analysent ce qui s'y passe comme quelque chose d'éminemment Politique. Il n'est pas jusqu'à telle émission de télévision, tel que le journal de 13 heures d’une grande chaîne Française, qui ne soit justifiable également d'une analyse Politique et il n'est pas jusqu'à également, une dame disant, «  moi je ne fais pas Politique », dont la Science Politique ne puisse analyser son comportement comme éminemment Politique.

Tout n'est pas Politique, mais tout peut le devenir, par exemple comme le travail des enfants, au XIXe siècle qui n'était pas considéré au début du XIXe siècle comme un problème Politique, et qui va peu à peu être posé comme un problème Politique.

Tout n'est pas Politique, tout peut le devenir, comme les accidents de la route, longtemps considérés comme fatalité, jusqu'à ce que à l'inverse le Pouvoir Politique s'en saisisse. De la même façon enfin pour choisir un dernier exemple, le cancer qui frappait les travailleurs de l'amiante a longtemps été considéré comme un problème qui ne relevait pas du Politique mais de la fatalité, avant que des Associations se mobilisent et le pose comme un problème Politique.

Tout n'est pas Politique, tout peut le devenir, cela dépend de la capacité des groupes à politiser des questions. Tout est potentiellement Politique, et ce faisant, le rapport de forces entre les groupes va déterminer les frontières du Politique, si un groupe, une minorité, n’est pas assez forte pour faire prendre en compte un problème par le monde Politique, il est probable que ce problème restera non Politique.

IV PENSER L'HISTOIRE DE LA VIE POLITIQUE

Alors ces quelques préalables posés sur la délimitation du Politique, la définition de la Science Politique, je vous propose de nous pencher sur quelques obstacles, quelques interrogations sur ce que signifie penser l'Histoire de la Vie Politique Française et sur les nécessités de Méthode y afférent.

Cinq écueils, cinq obstacles donc peuvent guetter qui s'intéresse à l'Histoire de la Vie Politique. Cinq écueils, cinq façons de faire de l'histoire ou des Sciences Sociales qui me semble contestable et je vais essayer d'expliquer ici pourquoi.

Cinq écueils
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   25

similaire:

Histoire de la vie politique iconVie politique française
«politique», utiliser les deux volumes très denses de la Nouvelle Histoire Politique de la France

Histoire de la vie politique iconLes lieux de la vie politique a rome de la republique a l’empire
«promenade à travers les lieux de la vie politique» et pour l’Urbs capitale, d’une «visite de l’Urbs». La leçon insiste, comme celle...

Histoire de la vie politique iconTravaux dirigés : Histoire de la vie politique en Europe

Histoire de la vie politique iconConférence de David Bellamy, 1er décembre 2004 I. L’Évolution historiographique...
«L’historien et la culture politique» qui est un article programmatique. En 1996, dans Pour une histoire culturelle (Seuil), Serge...

Histoire de la vie politique iconLa nourriture et les Français: Une histoire d’amour
«En Gaule, la bonne chère est inséparable de la vie politique et sociale» et c’est sur cet axiome que va se bâtir la tradition gastronomique...

Histoire de la vie politique iconInstruction civique
«La République et la citoyenneté», thème 2 «Nationalité, citoyenneté française et citoyenneté européenne»; partie II «La vie démocratique»,...

Histoire de la vie politique iconIV. La vie politique en France, thème 4 : La Vème République à l'épreuve de la durée
«années Mitterrand», «années Chirac» dans le contexte d’absence de forte croissance depuis la fin des années 1970. Comprendre et...

Histoire de la vie politique icon250- arnault, A. V. Vie politique et militaire de Napoléon

Histoire de la vie politique iconLa vie politique en france de 1945 a nos jours

Histoire de la vie politique iconTout public, histoire, sport, politique, économie, masculin, féminin,...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com