Cent ans, mais après ?





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CGT IBM Paris-banlieue

12 mai 2014
Cent ans, mais après ?



Trois ans après le centenaire d’IBM, la direction s’agite pour fêter le centenaire d’IBM France. A l’époque, notre entreprise s’appelait ITR (International Time Recording) et résultait de la décision en 1914 de la société américaine CTR (future IBM) de s’implanter en Europe, alors que celle-ci s’embrasait pour un premier conflit mondial meurtrier...

La naissance d’IBM est liée à l’histoire de son fondateur, Thomas Watson, dont tout le monde connaît le nom mais fort peu l’histoire. Il travaillait pour la NCR et avait monté pour elle une opération illicite de caisses enregistreuses d'occasion afin d’anéantir la concurrence. Avec succès, sauf qu’en 1912 le gouvernement américain se lançait dans la lutte antitrust, et que Th. Watson s’est retrouvé devant un tribunal fédéral. Il fut reconnu coupable de violation de la loi antitrust. Il n’évita la geôle qu’en signant un engagement qui allégea sa culpabilité. C’est alors qu’il prit la tête de la CTR (fondée par H. Hollerith) pour prouver au monde qu’il pouvait aussi être un homme d’affaires intègre … Rapidement, la CTR domina la technologie, et la société (renommée IBM en 1924) fut la plus grande pourvoyeuse d’inventions dans son domaine (essentiellement les machines mécanographiques).

Th. Watson était un puritain qui imposa sa vision à ses salariés. Il fallait être « dans le moule », coller au plus près à l’idéologie maison, mais le paternalisme savait en échange récompenser ses fidèles salariés.

L’épisode en 1937 de la médaille nazie et de la rencontre avec Hitler failli ruiner la réputation montante de Thomas Watson, qui prêchait « la paix par le commerce ». Cela n’empêcha pas que les années de guerre 1940-1944 soient florissantes : le chiffre d’affaires annuel d’IBM Corp. passa de 63 millions de dollars à 143 millions ... Les révélations récentes sur IBM et l’holocauste éclairent d’un jour nouveau

cette époque, mais laissons les historiens faire la lumière sur cette histoire dévastatrice.



Quant à IBM France, nommée à l’origine ITR (International Time Recording), elle elle connut une progression remarquable. Relativement « chouchoutée » par

la dynastie Watson, elle avait à son actif lors des « 30 glorieuses » toute la gamme industrielle et commerciale : recherche & développement, fabrication des composants électroniques, des machines et consommables, logiciels, services …

Le développement de l’électronique booste le secteur informatique. IBM France (moins de 15000 salariés dans les années 60) embauche alors à tout va. Mais

le premier choc pétrolier de 1973 marquera la fin de l’expansion.


1991 sera la date de « retournement ». IBM était sur la voie d’un premier démantèlement. L’arrivée d’un PDG (Lou Gerstner) non issu du sérail IBM marque un changement de cap majeur : recentrage sur les services et, au fil des ans, abandon d’une réelle politique industrielle au profit d’une politique de plus en plus financière. Avec les dérives et les drames humains que nous connaissons ... La politique salariale se désagrège, les plans sociaux et les ventes d’activités se multiplient (dont toutes celles de fabrication, qui étaient pourtant la vache à lait de notre entreprise). Après avoir plafonné fin des années 80 à 24200 salariés, les effectifs fondent, malgré les rachats massifs de sociétés de software.

Le bilan des deux dernières décennies est accablant :

  • 24000 emplois IBM + 8500 emplois intégrés = 32500 emplois à IBM sur la période ;

  • il n’en reste à ce jour que 7500 ! Soit seulement 23 % d’emplois maintenus chez IBM.

Le pire est que sur les 77 autres pourcents, seulement 4 % se maintiennent encore

dans d’autres sociétés (sans compter les 300 supplémentaires qu’IBM veut vendre cette année à Lenovo et Sopra).


En clair, IBM est un « Serial Job Killer ». Le Personnel n’est plus considéré, il n’est qu’une variable d’ajustement que la DRH considère du seul point de vue arithmétique et financier. Dans

ces conditions, comment faire la fête et célébrer le centenaire d’IBM France avec un cœur léger ? Trop d’entre nous s’angoissent de leur manque d’avenir, et subissent des conditions de travail néfastes à leur santé. Un repas, un amusement passager, une virée hors d’IBM, même si cela permet aux collègues de se retrouver dans une atmosphère moins délétère, ne changera rien

à la réalité : la Compagnie IBM-France est en cours de démantèlement.

La CGT a analysé ce phénomène sur ces cinq dernières années. Elle a informé autant que possible

la communauté de travail IBM France, et fait le maximum pour entraver le processus destructeur imposé par la Corp et appliqué servilement par sa filiale française. Notre contestation du PSE 2013 était dans cette logique.

Aujourd’hui, nous demander de nous retourner sur les cent ans d’IBM France, c’est nous mettre devant une réalité insupportable : notre entreprise se désagrège, et nous sommes tous confrontés

à une forte probabilité de perdre notre emploi, dans des conditions de plus en plus défavorables.

Ce constat amer ne donne pas envie à la CGT de faire la fête. Mais peut-être certains préfèrent-ils parfois forcer l’oubli, juste un peu, sachant que le principe de réalité les rattrapera vite …

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Soixante-huit ans, mais après ?



Depuis sa création en 1946, la Mutuelle a suivi une évolution parallèle à celle d’IBM.

La chute des effectifs IBM a entraîné une chute des adhérents à la Mutuelle, mais la situation financière reste bonne du fait des réserves accumulées sur les excédents de cotisations des années précédentes. Il n’y avait donc ni nécessité ni urgence à ce que

la Mutuelle IBM vote une double adhésion : à la société de groupe d’assurance mutuelle (SGAM) de la MACIF, régie par le code des assurances, et à MACIF-Mutualité, régie par

le code de la mutualité.

Les délégués CGT, qui se sont opposés à cette tutelle MACIF, constatent que celle-ci n’apporte rien pour l’élargissement de la base des cotisants à la Mutuelle du Personnel IBM. La chute des effectifs IBM et l’inefficacité du lien MACIF rendent hypothétique à terme la survie de la mutuelle IBM actuelle. La création des options IBaMéo, dont plusieurs forfaitaires, ont signé la mort lente des cotisations liées au revenu, niant ainsi la raison même d’exister d’une mutuelle d’entreprise.

La majorité sortante affirme qu’il n’y aurait pas d’autre politique possible que la sienne. Ceci est faux : les délégués des « syndicats d’accompagnement » (ils se qualifient ainsi) sont d’un suivisme rigoureux derrière la direction d’IBM, qu’ils se refusent à affronter. Les délégués CGT tentent de faire barrage aux évolutions néfastes pour le personnel actif d’IBM. Ils se sont engagés à mettre

leur force syndicale pour garantir le respect des principes mutualistes, et pour rendre la fixation

des cotisations plus solidaire, en refusant notamment le système actuel des planchers et plafonds

et en luttant contre tout ce qui tend à la forfaitisation.

Si ce n’est déjà fait, il vous reste jusqu’au 15 mai pour faire valoir votre voix à l’élection des délégués à l’AG de la Mutuelle IBM. Soutenez les délégués CGT dans leurs actions pour l’accès aux soins selon ses véritables besoins, et postez votre courrier avant le 15 mai !

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