Les Nonières, histoire d’Hommes, du xviiième siècle à aujourd’hui





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Les Nonières, histoire d’Hommes, du XVIIIème siècle à aujourd’hui

Village pluriséculaire dont l’origine du nom est imprécise : neuvième col sur la route de Napoléon, village de nones, …, la Noneyre comme on l’appelle parfois par ici possède comme tous les endroits au monde une histoire. Il fut un temps haut lieu de la route impériale n°109 et de la route départementale n°1, le village étant situé à la jonction de quatre axes de circulation majeure menant en direction du Le Puy, de Privas, Tournon sur Rhône, Valence et La Voulte. Vous lirez ici le récit d’un historique bref et non exhaustif de ce que notre charmante commune a pu être le théâtre.

Il convient tout d’abord de préciser que ce travail n’est le résultat que de quelques semaines de recherches aux archives municipales et qu’il pourra être enrichi à l’avenir par le concours d’autres sources. Le problème principal lorsqu’on s’intéresse à l’histoire d’un petit village, d’aujourd’hui 230 âmes, est la fragilité et la rareté des sources disponibles. Ces dernières nous permettent toutefois de se représenter ce que fut la vie au cours des derniers siècles, au sommet d’un col ardéchois, culminant à 671 mètres d’altitude. Ces sources nous offrent le moyen de remonter jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. A ce moment là, le village est alors libéré des œillères de l’Ancien Régime, le servage a pris fin, et le fief n’est plus qu’une unité administrative en devenir.

Les faits que vous rencontrerez plus bas peuvent paraître insignifiants mais dans la plupart des cas, ils chamboulèrent la vie quotidienne des noniérois ! Notre présentation se fera en plusieurs points qui se sont dégagés au fil de nos recherches. A l’orée des derniers virages, un clocher perce l’horizon. Le clocher de l’église ! Notre église – et celles qui l’ont précédée – a joué un rôle important dans notre village, qui bien qu’un bref temps protestant, fut à large dominante catholique. A partir de la Révolution Française (et même avant), on réalise à quel point l’action administrative – au sens large l’action de l’Etat soit directe soit par l’intermédiaire de la municipalité ou du préfet, fonction créée par le premier Consul Bonaparte par la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) – est la cheville ouvrière du développement de la commune, un véritable chef d’orchestre. De plus, en lien avec cette seconde partie mais qui mérite néanmoins d’être dissociée, une troisième peut être ouverte sur l’instruction qui revêt une dimension de plus en plus importante à partir de la Troisième République (1870-1940). S’en suivra un point un peu plus spécifique s’agissant du Chemin de Fer Départemental dont le tunnel et la gare, en amont du village, en sont le vestige. Pour finir, à l’occasion du centenaire de la Première guerre mondiale, un dernier point sera dévolu à relater son empreinte dans nos contrées.

Les noms propres sont ci-dessous retranscrits tels que notés dans les documents consultés.

Les Nonières, village catholique

Les documents les plus anciens dont nous disposons sont des registres de naissance tenus alors par le curé du village en plein cœur de la période révolutionnaire, en l’occurrence en 1791, 1792 et 1793. La commune située sur le diocèse de Viviers a connu maints édifices religieux. Aujourd’hui, en parcourant le village, on peut découvrir de multiples croix plus ou moins anciennes, dont la grande sœur, trône en majesté sur la place du village, face à l’église. La plupart des églises construites (l’actuelle datant de 1846) le furent peu ou prou sur l’espace actuel, au centre du village. A noter, la présence d’une petite chapelle dédiée à la Saint Vierge en direction de Vernoux-en-Vivarais. Le rôle de l’Eglise catholique a été fondamental dans la vie nonièroise, ou tout du moins, l’a rythmé pendant de nombreuses années.

On ne sait que peu de choses sur l’empreinte catholique avant le XVIIIème même s’il semblerait qu’au XVIIème une forte concentration de population de conversion protestante s’y trouvait. En conséquence de la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 par Louis XIV, la grande majorité de cette population fut contrainte de fuir. Ainsi, en 1860, on compte uniquement seize personnes de religion protestante sur la commune, réparties en quatre familles, alors que la population totale est alors proche des sept cent cinquante personnes. On s’oppose donc à l’époque à la participation de la commune, par exemple, au financement d’une église protestante au Cheylars, la plus proche se trouvant à Saint Pierreville à l’époque.

L’église actuelle, dite église Saint Jacques, connait une histoire mouvementée qui s’étend sur plus de soixante-dix ans. En effet, dès 1815 on commence à projeter la reconstruction de l’ancienne Eglise mais le premier projet concret ne sera réalisé qu’en 1844. Mêlant infortunes budgétaires, changements de régimes politiques et affluences fortes, la construction connait des remous inattendus. Par exemple, le bâtiment de 1844 connaissait une traverse et deux vitraux de moins que celui d’aujourd’hui. La façade était également renfoncée de trois mètres environ. On a en réalité en 1866 agrandit le bâtiment initial à la suite de la chute de la tribune au cours de l’office. On ne relate pas si des morts furent à déplorer, mais en tout cas, le Conseil municipal s’empressa de finaliser le projet initial face à l’urgence visible de la situation L’édifice de 1844 fut réalisé avec plus de facilités grâce à deux subventions émanant du Ministère de la justice et des cultes dirigé alors par Nicolas Martin du Nord, et avec l’intervention du député de l’Ardèche d’alors, Jean Gabriel Théophile de Boissy d’Anglas. Plusieurs lettres témoignent du chemin sinueux pour avoir quelques 2000 Francs. Bon nombre de personnes participent au financement de la nouvelle église. Ainsi, le curé de la commune Jacques Dugua donne 56 francs, le curé de Saint Félicien donne 100 francs, le Baron de Montureux 800 francs et un certain Monsieur Marqueier contribue à la Fabrique à hauteur de 200 Francs. Ils ne sont que quelques uns parmi d’autres, très nombreux, mais sont les plus importants donateurs. Au total, la somme des contributions de la commune en 1844, des particuliers et autres, s’élèvent à 8400 francs d’après les comptes de monsieur Armand, receveur municipal.

Dès le 16 décembre 1810 est établie la « Fabrique pour la reconstruction de l’Eglise des Nonières » citée ci-dessus. Guillaume Lacour est élu Présidant, Jacques Ladreit, Jacques Eygas et Jean Mathevon en seront les marguilliers, et Jacques Eygas sera également le trésorier. A partir du 19 septembre 1810, on peut constater que le Conseil réfléchit vis-à-vis de l’arrêté portant sur les subventions destinées à l’entretien et à la réparation des Eglises et presbytère, cela étant une urgence pour la commune du fait du manque d’un jardin adjoint au presbytère. Le Conseil n’omet toutefois pas de préciser que le manque criant de financements se fait sentir pour une telle acquisition et pour d’autres travaux d’une extrême nécessité : le planchage des trois chapelles, « le couvent est en si mauvais état que la voute de l’Eglise est en danger de croute », le blanchiment de l’église, la nécessité de crépir l’église, la sacristie et le clocher en dehors pour garantir des dégâts causés par les vents.

Au fil du temps, l’église a suivi une dynamique visant à son agrandissement. En février 1845, un nouvel architecte, Epailly de Valence, revoit le devis précédent à la hausse. On décide donc de réduire l’avancée de l’église jusqu’à avoir les fonds nécessaires. On peut lire dans ce même devis l’établissement d’un cimetière (il se trouverait aujourd’hui sur le terrain sous l’église en direction du Cheylard), la reconstruction du clocher et de la sacristie. Gilles Collomb, expert géomètre, intervient sur le terrain pour prendre les mesures. Les travaux commencent doucement et du fait de quelques contrefaçons, le Curé Bauméa, Monsieur Perfagnion, piqueur des Ponts et Chaussées et Jean Louis Duroux, maire, sont chargés de la surveillance des travaux. Le dernier fait don d’un terrain pour la reconstruction de l’Eglise en précisant toutefois que sus à la construction d’un mur marquant la démarcation entre cette parcelle et le reste de son terrain, il aura le droit de poser des « choses » sur ce dernier. A bon entendeur… Les travaux de l’église sont réalisés par Pierre Antoine Moulin dit Faure qui est un entrepreneur en bâtiment à Chalencon. Ils sont terminés dans les années suivantes.

Pour illustrer l’affluence importante qu’a connu notre petite église, il en résulte que le 1er novembre 1854, le curé va aller jusqu’à proposer l’établissement d’un vicariat sur la commune – sans donner suite toutefois – pour la commodité des catholiques et la possibilité de donner deux messes et non plus une seule par jour. Ce qui vise, in fine, à la mise en place d’un diocèse ! Pour ce faire, le curé obtient l’accord de Joseph Hippolyte Guibert, évêque de Viviers, par la suite Archevêque de Tours et de Paris, qui participera au conclave portant à l’élection canonique le futur Léon XIII en 1878.

D’autres informations pêle-mêle peuvent également être citées. Ainsi, par exemple, on a déterminé que le baptistère situé aujourd’hui dans l’église date de la fin du XVème ou du début du XVIème siècle. Par ailleurs, on sait que la commune fut un lieu, dès le XVIème , siècle où maintes congrégations, confréries ou ordres, furent formés et établis, et qui ont pour certains perdurés plusieurs siècles. Nous pouvons en citer plusieurs :

  • Confrérie des saints anges gardiens

  • Confrérie du très saint sacrement établie canoniquement le 11 avril 1639 par le père Andol, perdurant jusqu’en 1822

  • Confrérie du Saint scapulaire établie canoniquement le 29 mai 1716

  • Confrérie du scapulaire de Notre Dame du Mont-Carmel établie canoniquement en 1720 et qui tiendra jusqu’en 1818 

  • Confrérie de Notre Dame du Saint Rosaire en 1745 par le père Desportes jusqu’en 1826

  • Confrérie du Sacré Cœur entre 1772 et 1806

  • Confrérie du Sacré Cœur Jésus établie canoniquement le 25 novembre 1826

  • Tiers ordre de la pénitence de Saint François Régis

  • Congrégation des sœurs du Tiers ordre des Nonières

  • Confrérie du très Saint Sacrement de l’autel entre 1827 et 1937

  • Congrégation de la très Saint Vierge dont les règles sont drastiques pour les jeunes filles qui y passent au cours du XIXème et de la première moitié du XXème siècle, car « seront suspendues un an celles qui iront danser à une vogue », on peut être puni pour lire de mauvais livres… Ses membres portent un voile et une médaille de la Sainte Vierge.

Au cours du temps, l’église est restée, de par son emplacement et de par son nombre de fidèles, centrale pour la commune. Si le nombre de pratiquants a drastiquement chuté, nombreuses sont les personnes se plaisant à parcourir l’édifice, à l’atmosphère apaisante, restauré au début du XXIème siècle. Vous pourrez peut-être, avec un peu de chance, entendre ses cloches raisonner. A ce propos, les deux cloches datent des années 1830. L’ancienne avait été démontée du fait de la fragilité du clocher pour être refondue en une nouvelle, agrémentée d’une petite sœur. L’église compte de nombreux trésors et vestiges du passé : ses trois autels, une vingtaine de statues, un chemin de croix, de multiples ornements, vases sacrés ou reliquaires ainsi que de très belles chapes ornées.

Parmi les multiples délibérations du Conseil municipal, ce dernier consacre pour la première fois à la rémunération publique du clocheron municipal en 1893. En effet, la commune joue un rôle essentiel dans le maintien et le bon fonctionnement de l’endroit car à l’époque, avant les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat donc, c’est bien les fonds publics qui étaient alloués aux différents évêchés et diocèses. Le clocheron municipal est alors rémunéré pour sonner l’Angélus du matin, le midi et l’Angélus du soir, et se voit alloué une indemnité de 100 Francs par an pour cela. Pour finir faisons remarquer le rappel, en 1918, de notre curé, Chambret, du front. En effet, le curé de Saint Pirx assurant les offices, se sentait mourir.

L’administration, cheville ouvrière depuis le XIXème siècle

Tout au long des années nous reliant à la Révolution Française, la commune a agit dans le but d’aller dans le sens de l’intérêt général. L’administration et sa conception ont par ailleurs beaucoup évolués au cours du temps et c’est la Révolution ainsi que Napoléon qui lui donne plus de corps et de profondeur. Lors du Conseil du 24 janvier 1817, le maire, Collanges-Valette, fait ainsi la réclamation de frais de « buro », pour la première fois. Néanmoins, devant la situation financière précaire de la commune, il y renonce et les paye lui-même. Dès 1824 (jusqu’en 1848 et la Seconde République, avec l’établissement du suffrage universel masculin), on constate de manière stipulée dans le procès verbal de chaque réunion, que les dix plus forts contribuables de la commune, autrement dits les dix personnes payant le plus d’impôts assistent à la dite réunion et sont listées au même titre que les conseillers municipaux. Leur rôle est primordial du fait que l’argent de la commune vient essentiellement, via des arrêtés d’imposition extraordinaire de leurs poches, mais avec leur accord. A noter que le maire et son adjoint sont nommés jusqu’en 1848 par arrêté préfectoral.

Maires de les Nonières

Date d’entrée en fonction

NOM Prénom

22/03/1999

FAYARD Raymond

17/06/1995

GONCALVES D'ARAUJOS Bernard

06/07/1986

CHANEAC Brigitte

12/03/1983

FAYARD Raymond

25/03/1977

CHARRIER Marcel

08/03/1959

CHEYRION Paul

05/05/1935

LACOUR Marius

12/05/1929

FUSTIER Paul

10/05/1925

CHEYRION Bernardin Félicien

30/11/1919

FAY Louis

03/05/1896

REY Régis

17/11/1895

FUSTIER Louis

15/09/1889

LACOUR Pierre

23/01/1881

FROMENTON Antonin

08/10/1876

FUSTIER Bernardin

15/02/1874

LACOUR Pierre

23/07/1865

FUSTIER Joachim

1843

DUROUX Jean Louis Isidore

26/10/1828

EYGAS Jacques

10/05/1826

FUSTIER Delphin

2/08/1821

FUSTIER Jean Antoine

5/05/1810

VALETTE Jean Pierre dit COLLANGE
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