Note de l'historien





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Lecture spectacle à partir du texte :

« La pomme et le couteau »

de Aziz CHOUAKI

d'après les écrits de Abdelmalek Sayad et Jean-Luc Einaudi
mise en scène Adel HAKIM
vidéo Michaël DUSAUTOY
avec

Michaël DUSAUTOY, Le Professeur Porot, Cotillon,

Malik FARAOUN, Barnabé, Nasser

Raymond HOSNI, Ali, Kouider

M’hamed KAKI, Ramdane

Michel QUIDU, Le Préfet, François

Lara SUYEUX, Sylvie

Production : LES PETITS RUISSEAUX en partenariat avec le collectif DAJA et l'association Les Oranges

Avec le soutien du Conseil Régional d’Île-de-France (participation citoyenne et démocratique en Ile-de-France), de l’IRIS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), de la Ville de Nanterre, du Théâtre des quartiers d’Ivry

Remerciements à Amin PEREZ

Contact : Martine Derrier (Les petits Ruisseaux) 01 49 59 93 69 / 06 81 13 69 68 martinederrier@lespetitsruisseaux.com site : www.lespetitsruisseaux.com

informations complémentaires dans www.daja.fr et www.lesoranges.com

PROCHAINES DATES DE LA LECTURE-SPECTACLE prévues pour célébrer le cinquantenaire du 17 octobre 1961




Ce projet a reçu l’intérêt du crips, de la Ville de Bagnolet, de la Ville d’Ivry-sur-Seine, de la Ville du Blanc Mesnil, des CEMEA, des Amandiers de Nanterre, de La Maison des Métallos, de Fleur de canne 1973, de la Fol 93, de la Maison des initiatives citoyennes de Nanterre, de l’Espace Jemmapes
I LE PROJET p 2

II LA COMMÉMORATION DU 17 OCTOBRE 1961 p 7

III LES PORTEURS DU PROJET p 8

IV DONNÉES TECHNIQUES p14
I LE PROJET
Note de l'historien

Le 17 octobre 1961, la manifestation organisée par le FLN pour protester contre la guerre d’Algérie et le couvre-feu imposé aux Algériens de France est violemment réprimée par le préfet de police Maurice Papon. La répression fera plusieurs centaines de victimes.

Dans le cadre des événements prévus pour commémorer le cinquantenaire de cette page sombre de l’histoire contemporaine de la France, l'association Les Oranges de Nanterre, le collectif DAJA, et des comédiens du théâtre des Quartiers d’Ivry dirigé par Adel Hakim, ont décidé de travailler ensemble sur un projet de spectacle consacré à cette tragédie.

En braquant les projecteurs sur la communauté algérienne du bidonville de Nanterre, on se propose de mettre en relief les raisons qui ont incité ces travailleurs immigrés à participer massivement à cette manifestation. Dans le reportage publié par France-Observateur le 9 novembre 1961, Marguerite Duras avait demandé à un ouvrier algérien de ce bidonville de lui résumer sa vie et celui-ci avait répondu : « Terrorisés. Nous vivons une existence terrorisée ». Pour les Algériens de Nanterre, participer à cette manifestation interdite par la police était une manière de « relever la tête », de défendre leur dignité et d’alerter l’opinion publique française sur leur désespoir. Malgré la féroce répression policière, ce cri sera entendu. C’est grâce à la manifestation du 17 octobre 1961 que les Français découvrent l’existence des bidonvilles et l’existence de parias que mènent les immigrés.

Gérard Noiriel

Note du metteur en scène

17 octobre 1961. Trente mille Algériens, souvent en famille, manifestent pacifiquement à l’appel du FLN dans les rues de Paris contre le couvre-feu raciste qui leur est imposé par le préfet de police, Maurice Papon, et le gouvernement.

Une répression d’une férocité inouïe s’abat sur eux. La police tire sur les cortèges. Quinze mille manifestants sont arrêtés et parqués dans des stades. Rafles, passages à tabac, ratonnades, assassinats, tortures.

Les estimations sérieuses parlent de près de trois cents mort. Autrement dit, des manifestants pacifiques identifiés par l'administration comme "des Français musulmans" ont été, pour avoir osé s'élever contre un couvre-feu discriminatoire qui ne concernait qu'eux, massacrés et jetés à la Seine.

 Relater ces faits qui se sont produits à Paris et en banlieue parisienne n'est pas une chose simple. Ce n'est pas simple car en une nuit se cristallise toute une partie de l'histoire de France impliquant des personnages liés à l'occupation nazie tout autant qu'à la colonisation.

 Ce qui nous intéresse ici, c'est, à travers un théâtre des idées, de retracer le processus qui conduit à un massacre. Ce processus remonte à 1830 lorsque la France colonise l'Algérie et s'y installe par la force.

 On ne connaît pas le nombre exact de "disparus" (c'est-à-dire d'assassinés) puisque les archives relèvent jusqu'à ce jour (et jusqu'en 2021) du secret d'Etat et qu'aucune plainte n'a été portée (si elle avait été portée, elle n'aurait pas été enregistrée par la police) par les familles de ces travailleurs, immigrés et solitaires, familles qui se trouvaient souvent dans des villages d'Algérie en pleine guerre d'Indépendance.

Le silence est ordonné, l’oubli organisé. La date même du 17 octobre effacée des consciences et de l’histoire.

Sachant que le gouvernement français actuel revendique "les bienfaits de la colonisation", on comprendra que toute la vérité sur la nuit du 17 octobre 1961 n'est pas prête à surgir à la lumière.

Adel Hakim

Note de la Production

Les Disparus d'une nuit d'octobre aborde l’un des événements les plus tragiques de l’histoire de la France contemporaine : la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961, qui fit plusieurs centaines de morts parmi les immigrés algériens venus protester contre le couvre-feu du préfet de police : Maurice Papon. Malgré cette violence, le peuple algérien a relevé la tête et a trouvé plus tard son indépendance.

Nous avons demandé à Aziz Chouaki d'écrire le texte en prenant appui, notamment, sur les écrits d'Abdelmalek Sayad et de Jean-Luc Einaudi.

Une résidence artistique a eu lieu à Nanterre et une première restitution publique du projet a été donnée le 28 mai à 14h30 et le 29 mai à 17h suivie d'une rencontre avec le public, animée par Gérard Noiriel en présence de Gilles Manceron (Ligue des Droits de l'Homme).
Nous souhaitons proposer cette forme lecture en jeu à d'autres municipalités dans n'importe quelle structure pouvu que la fiche technique (légère ) puisse être respectée.
Martine Derrier

Note des oranges

Dimanche 17 Octobre 2010 à 11h en face de la préfecture de Nanterre devant la plaque commémorative, nous serons au rassemblement avec le Maire de Nanterre, des associations et tous ceux qui le souhaitent, pour rendre hommage aux 300 Algériens massacrés le 17 Octobre 1961 lors d’une manifestation pacifique à Paris, par la police sous les ordres du Préfet de Paris Maurice PAPON.

MEMOIRE DE LA DIGNITE

Le 17 Octobre 1961, les Algériens de la région parisienne manifestaient pacifiquement contre le couvre feux raciste qui leur était imposé par la préfecture. Durant cette période, la violence raciste était courante contre les supposés « Algériens » que ce soit dans l’espace public par les forces de l’ordre dans les commissariats ou à la sortie des usines par les supplétifs des dominants. Les Algériens subissaient la double peine par le fait d’être des travailleurs non reconnus dans cette identité de prolétaire et celle d’ être considérés comme des indigènes ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.

Leur lutte en ce 17 Octobre 1961 est exemplaire compte tenu du contexte de l’époque. Ils luttaient pour leur dignité et pour laisser les traces d’une mémoire de la dignité aux générations futures.

NANTERRE FIEF HISTORIQUE DE LA MEMOIRE DE COMBAT DES ALGERIENS

Nanterre depuis les années 1920 a connu la présence des Algériens qui s’établirent en intégrant très tôt la dimension des luttes syndicales et politiques comme en témoigne la création du parti du peuple Algérien (PPA) de MESSALI Hadj dans un café de Nanterre en 1937. C’est dans cette histoire de combat pour l’émancipation que les Français Héritiers de l’immigration coloniale s’identifient pour que s’inscrive dans les manuels scolaires, l’histoire des combats pour la liberté de leurs parents, car cette histoire fait partie intégrante de l’histoire de France. Nous sommes donc loin de la mémoire du pathos et du misérabilisme fabriquée par les faiseurs d’opinion omnipotents dans l’espace médiatico-politique.

POUR UN AVENIR COMMUN CONSTRUIT SUR LE RESPECT DE TOUS

Le peuple Français n’est ni responsable du massacre des Algériens le 17 Octobre 1961 à Paris, ni dans la guerre d’Algérie et les autres guerres coloniales. Les Français Héritiers de l’immigration coloniale ne demandent pas la repentance, ils souhaitent la reconnaissance par l’Etat, car c’est lui qui au nom des Français est responsable du massacre des Algériens dans la ville des lumières ce 17 Octobre 1961. La reconnaissance permettra la construction de nouveaux liens d’amitié et de confiance entre le peuple Algérien et Français.

UN BOULEVARD POUR L’AVENIR DE NANTERRE.

Après la plaque commémorative des victimes du 17 octobre 1961 devant la préfecture de Nanterre en 2003 par la ville, le nouveau maire M. Patrick JARRY a proposé au conseil municipal : Le Boulevard 17 Octobre 1961 qui sera inauguré le 17 Octobre 2011 le long de la préfecture de Nanterre. Nous saluons le Maire de Nanterre et les Elus qui ont voté ce projet inédit en France qui s’inscrit clairement dans la reconnaissance de la mémoire de combat des victimes du massacre d’état du 17 octobre 1961. Cependant nous devons rappeler que ces projets sont aussi le résultat de la mobilisation des associations militantes de Nanterre depuis de nombreuses années.

M’hamed Kaki

Synopsis 


17 octobre 1961. Le FLN organise une manifestation pour protester contre la guerre d’Algérie et le couvre-feu imposé aux Algériens de France. Les habitants algériens du bidonville de Nanterre y participent massivement. Pour eux c’est une manière de "relever la tête", de défendre leur dignité et d’alerter l’opinion publique française sur leur désespoir. "Terrorisés. Nous vivons une existence terrorisée", dit un de ces ouvriers.
Et c’est encore par la terreur et le massacre que répondra la police dirigée par le préfet Maurice Papon. Plusieurs centaines de victimes, morts ou disparus, et des milliers de blessés.
Braquer les projecteurs sur cet événement, c’est éclairer une des pages les plus noires de l’histoire de France.
Abdelmalek SAYAD : quelques mots de présentation

Abdelmalek SAYAD est né en 1933 à Aghbala, commune de Beni Djellil en petite Kabylie, région berbère du nord de l'Algérie. Entré à l'école à l'âge de sept ans, il fait ses études primaires dans son village natal. Il poursuit ses études au lycée de Bgayet (Bougie), puis à l'école normale de Bouzareah à Alger. Nommé instituteur à l'école du quartier Barberousse dans la casbah d'Alger, il complète sa formation à l'université d'Alger où il fait la rencontre de Pierre Bourdieu. En 1963, il s'installe en France. D'abord vacataire à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il intègre le CNRS en 1977. Abdelmalek SAYAD est mort le 13 mars 1998.

Son œuvre se prête particulièrement bien à une démarche artistique. C’est un sociologue qui a toujours accordé un grand soin à l’écriture. Il a notamment traduit en français des poèmes ou chansons kabyles, ce qui l’a parfois fortement rapproché de l’écriture théâtrale (cf. par exemple la chanson « A madame, encore à boire » de Slimane Azem, traduite et présentée à la manière d’une scène de théâtre à trois personnages). Plus généralement, grâce aux entretiens et aux documents écrits qu’il a publiés (comme ces « lettres de femmes » envoyées par des mères et des épouses à leurs enfants émigrés en France), SAYAD a peuplé sa sociologie de personnages qui illustrent toutes les facettes de la condition d’émigré/immigré. Certains de ces textes ont d’ailleurs déjà été mis en scène au théâtre (cf. notamment les extraits de la Misère du monde montés par Dominique Féret ou Didier Bezace).

SAYAD affirmait souvent : « exister, c’est exister politiquement ». Tel est l’un des principaux messages qu’il a voulu faire passer à la génération suivante pour inciter les jeunes à prendre en main leur propre destin, pour les pousser à agir au lieu de s’enfermer dans une posture de victime. Intellectuel épris de vérité, il était animé par un « désir passionné de savoir » pour comprendre le monde « et se comprendre lui-même » (Bourdieu). C’est ce qui l’a conduit à refuser toutes les formes d’assignation identitaire, et les discours de repli à l’intérieur de la culture d’origine.
Jean-Luc Einaudi

Jean-Luc Einaudi est un historien français.

Il a témoigné en 1997 devant la Cour d'assises de Bordeaux, sur le massacre des Algériens du 17 octobre 1961, lors du procès de Maurice Papon pour son action de 1942 à 1944
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